CAMPAGNOL. — CAMPAGNOL
longueur du corps: on dit qu'il a une appa- | végétales. et émigrent par bandes innombrables.
rence éalpoide, et en effet, ses formes comme ses mœurs rappellent celles de la taupe. Il préfère
Lorsqu'une inondation subite les chasse des prairies où se trouvaient leurs terriers, on voit
les sols humides et argileux aux prairies sablon- | les levées et les collines voisines couvertes de
neuses, c'est pourquoi il se plait dans les jardins. Il y creuse des galeries très étendues qui lui servent non-seulement de gite, mais encore d’abri pour aller,à couvert,chercher sa nourriture:
c’est ainsi qu’il s’attaque aux racinés de carotte, de céleri.
d’artichaut, dont il fait provision. Il creuse avec rapidité et sort rarement de son terrier. Celui-ci ve est compliqué, muni de quatre à cinq galeries avec deux chambres plus spacieuses qui servent l’une de magasin, l’autre de chambre de repos: le nid, qui est construit sous terre, est distinct de cette dernière. Dans le magasin on trouve quelquefois amassés jusqu’à deux kilogrammes de bulbes de liliacées. Les plantes qu'il attaque par leur racine et le chevelu s’étiolent et meurent.
D'autres espèces, telles que le Campagnol des neiges (Arvicola nivalis), vivent dans les montagnes et ont d’ailleurs les mêmes mœurs.
D'autres encore, telles que le Campagnol roussâtre (Arvicola rubidus), vivent dans les forêts et sont surtout nuisibles par la destruction
Fig. 178. — Campagnol souterrain, Arvicola subterraneus.
qu'ils font des jeunes plants et des bourgeons, -grimpant même au tronc pour en ronger l'écorce, pendant l’hiver.
Certaines années sont restées célèbres dans nos fastes agricoles par la multiplication énorme des Campagnols et les dégâts qui en résultent. C’est ainsi qu’en 18:6 et 1817, le département de la Vendée éprouva, à lui seul, une perte de plus de deux millions du fait du Campagnol des champs, qui dévora presque entièrement la récolte du blé et du foin dans ce pays. Pressés par la faim, ces animaux, qui ont besoin chaque jour d’une grande quantité de nourriture, bien supérieure à ce qu’on pourraits’imaginer d’après leur taille, se jettent sur toutes les substances
Fig. 177. — Campaguol champêtre. Arvi’ola agrestis.
colonnes serrées de ces animaux qui cherchent leur salut dans la fuite et qu'il est facile d’assommer au passage.
Une foule de moyens ont été mis en pratique pour détruire les Campagnols. Pour le Campagnol souterrain.
on se sert surtout des pinces à ressort, du même type que celles usitées contre la taupe. Mais ce moyen ne peut servir lorsqu'il s’agit des autres espèces qui cherchent leur nourriture à la surface du sol, comme le Campagnol des champs. En temps ordinaire, Les labours sont employés pour couper les galeries de ses terriers et on choisit l’époque où les pe-
Fig, 179 — CAMPANULA PERSICIFOLIA L.
tits sont encore au nid; deux ou trois personnes suivent la charrue pour assommer tout ce qui cherche à s'échapper. On se sert encore des pièges inventés par Thieffries, un des grands propriétaires de la Vendée. en 1816. A l’aide d’une tarière gigantesque dont le cuilleron, terminé par une mêche à vis, mesure 244 mm. de
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