‹ Dictionnaire d'hygiène publique et de salubrité, ou, Répertoire de toutes les questions relatives à la santé publique considérées dans leurs rapports avec les subsistances, les épidémies, les professions, les établissements et institutions d'hygiène et de salubrité (volume 2)Chapitre 76 sur 81 · USU RAGE · texte numérisé non relu

USU RAGE

Observations de physique, par l'abbé Rosier, année 1773, vol. I, p. 109. — Journal des opérations, de M. Hecquet, sur les exhumations dans l'église Saint Eloi, à Dunlcerque, 1783. — Relation d'une épidémie de fièvre maligne, par de Lassone [Mémoires de la Société royale de médecine, année 1776, t. I). — De l'influence et de l'assainissement des salles de dissection, par Parent-Duchâtelet (Ann. d'hyg. et deméd. lég-, t. V, p. 243). — Hygiène de l'étudiant en médecine et du médecin, par Requin (thèse de concours). Paris, 1837. — Des obstacles que les préjugés médicaux apportent dans quelques circonstances à l'assainissement des villes et à l'établissement de certaines manufactures, par Parent-Duchâtelet (Ann. d'hyg. et de méd. lég., t. XIII, p. 245). — Mémoire sur la nature des émanations putrides, par Warren (Journal du progrès, Paris, 1830, t. IX, p. 66). — Collection complète des viémoires sur l'hygiène publique, par Parent-Duchâtelet. Paris, 1835, passim. — Mémoire sur les cimetières, par Wurzer (Annales de chimie, 1794, t. II, cahier 8, n° 1). — Mémoire sur les cimetières, les abattoirs et les voiries, par Eisenmann (Annalen der Sfaats Arzneikunde, 1840). — Recherches pour déterminer jusqu'à quel point les émanations putrides provenant de la décomposition des matières animales peuvent contribuer d l'altération des substances alimentaires, par Parent-Duchâtelet (Ann. d'hyg. et de méd. lég., t. V, p. 1, 1831). — Rapport sur tes émanations putrides, par Villermé ; et Disciission à l'Académie royale de médecine (Archives générales de médecine, 6e- année, t. XVIII, p. 659, Paris, 1828). — Mémoire sur les causes de la peste, par Pariset (Ann. d'hyg. et de méd. lég., 1831, t. V, p. 270). — Des fermentations, par Ch. Robin (thèse de concours). Paris, 1847. — Pe la décomposition putride, par Robinet (thèse de concours à l'école de pharmacie). Paris, 1853.

PYROGÉNÉE (Huile). — Voy. Gaz, Huile, Os.

QUARANTAINES. — Voy. Sanitaire (Régime).

QUININE. — Voy. Sulfate de quinine.

RAFFINERIES. — Voy. Sucre.

RAGE. — Nous avons à parler d'un des maux les plus horribles qui affligent l'humanité, et qui à ce titre est du domaine de l'hygiène publique. Cette question d'ailleurs a pris un intérêt nouveau depuis que, sur l'initiative de M. Dumas, alors ministre de l'agriculture et du commerce, une enquête générale et permanente a été instituée dans toute la France, sur tous les cas de rage qui [s'y produisent chaque année. Spécialement chargé au sein du Comité consultatif d'hygiène publique de résumer les résultats de cetteenquête, nous les avons consignés dans des rapports où se trouvent aussi posés les problèmes pratiques qui se rapportent à ce grave sujet, considéré au point de vue de l'hygiène.

Nous ferons précéder ces documents d'un court aperçu delà maladie chez l'homme et chez les animaux.

La rage est une maladie résultant, chez l'homme, de la transmission de la rage des animaux, et notamment du genre Canis,

caractérisée spécialement par un désordre général et profond des fonctions nerveuses, une grande exaltation de la sensibilité, l'horreur des liquides [hydrophobiè), parfois des accès de fureur, et se terminant constamment par la mort.

Chez les animaux, bien que l'on ait révoqué en doute le développement spontané de la rage, il paraît cependant bien démontré chez le chien, le loup, le renard, et peut-être le chat; et les causes qu'on lui a attribuées, d'ailleurs sans fondements bien positifs^ sont l'extrême chaleur, la sécheresse, les alternatives de froid et de chaud, une nourriture mauvaise, le manque d'eau, la continence forcée, etc. Mais le plus ordinairement la rage est l'effet de la contagion. Par cette voie elle se transmet des animaux, qui peuvent en être primitivement atteints, aux autres mammifères et même aux oiseaux, sans que ceux-ci puissent la communiquer à leur tour. Avant d'éclater, la maladie transmise reste à l'état d'incubation pendant un temps variable de quinze jours à six semaines, quelquefois même plus long, quatre-vingts jours par exemple. Les premiers signes de la rage chez les animaux domestiques, et notamment chez le chien, sont : l'abattement, la tristesse, l'inquiétude, le refus de boire et de manger. Plus tard il survient de l'agitation ; l'animal est sourd à la voix de son maître, erre sans but, les yeux enflammés et menaçants, l'oreille basse, la queue traînante, l'écume à la bouche, la voix éteinte ou enrouée ; quelquefois poussant des hurlements. Dans sa course tantôt rapide, tantôt incertaine, il fuit les ruisseaux, et se jette, soit de son propre mouvement, soit seulement lorsqu'on l'irrite, sur les animaux ou les hommes qu'il rencontre et qu'il mord avec fureur. Cet état ne persiste pas longtemps; après quatre, cinq ou six jours, les forces s'épuisent; l'animal enragé est tantôt paralysé des membres postérieurs, tantôt agité de convulsions qui reviennent par accès et au milieu desquelles il ne tarde pas à succomber. La rage ne se présente pas toujours avec les mêmes symptômes; l'hydrophobie n'est pas constante, non plus que les paroxysmes furieux. Certains chiens enragés sont restés jusqu'à la fin très attachés à leurs maîtres, de la main desquels ils n'ont pas refusé les boissons. Du reste, l'envie de mordre ne s'observe que chez les animaux qui se défendent avec les dents. Dans quelques cas elle est neutralisée par la paralysie de la mâchoire inférieure, qui reste pendante et immobile (rage mue). Aucun signe anatomique constant ne caractérise la rage chez les animaux. On a décrit à tort comme constante l'existence de vésicules sous-linguales, situées sur les côtés du frein de la langue, et suivies de petites ulcérations. Si cette lésion existe quelquefois, on peut affirmer qu'elle est rare, et dans tous les cas la sérosité qu'elles contiennent ne peut pas transmettre la maladie.

h 86 RAGE.

Chez l'homme, la rage, toujours communiquée, ne se développe qu'après une incubation souvent très longue, qui remonte au moment où le virus rabique a été déposé dans les tissus par une ou plusieurs morsures, et qui peut se prolonger de quinze à quarante ou soixante jours, et, dans quelques cas même, jusqu'à un an, rarement plus. Il est difficile d'admettre les cas où l'on dit avoir vu l'incubation dépasser cette limite déjà extrême.

L'invasion de la maladie est marquée par un sentiment de lassitude générale, de la céphalalgie, de l'agitation, de l'insomnie, une exaltation insolite des facultés intellectuelles, ou au contraire une tristesse inaccoutumée, un besoin marqué de solitude, de sombres pressentiments, quelquefois des mouvements spasmodiques, des frissons, des nausées et des vomissements. En même temps il survient non constamment, mais dans quelques cas, des douleurs sourdes ou lancinantes au niveau des plaies d'inoculation. La cicatrice qui s'est formée d'une manière régulière dès les premiers temps qui ont suivi la blessure peut devenir le siège d'un gonflement plus ou moins considérable, prendre une teinte livide, se rompre même, et la plaie donner issue à une sérosité roussâtre. Mais, nous le répétons, il n'est pas rare que ces phénomènes locaux manquent complètement. Cette période d'invasion peut durer de deux à trois, quatre ou six jours.

Elle est bientôt suivie d'accidents plus graves : l'agitation va croissant, il s'y joint un sentiment d'angoisse extrêmement pénible; les organes des sens acquièrent une sensibilité exagérée; le moindre bruit, la lumière, causent une impression presque- insupportable ; la vue des objets brillants, et particulièrement celle des liquides, détermine des spasmes violents ; l'hydrophobie arrive, dans le plus grand nombre des cas, à un degré tel que les malades repoussent toute espèce de boisson, éprouvent de véritables convulsions lorsqu'ils sentent le contact d'une goutte de liquide, ou qu'on veut les mettre dans le bain. Ce symptôme est cependant loin d'être constant, et certains malades peuvent boire pendant tout le cours de leur maladie, alors même qu'une vive lumière, un bruit de pas ou de voix, même léger, les jette dans les plus horribles convulsions. Ces paroxysmes, qui reviennent sous l'influence de la moindre cause, se présentent avec une intensité vraiment effrayante ; le corps tout entier se roidit pendant quelques secondes et est bientôt agité de secousses assez fortes pour rompre les liens les mieux assurés ; la tête et les membres se heurtent contre les murs. Dans les intervalles, on observe une sputalion continuelle, qui peut tenir autant au spasme qui empêche la salive d'être avalée, qu'à l'augmentation et à l'altération de la sécrétion salivaire qui peut devenir une véritable bave. La pupille est

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