CAOUTCHOUC. 8M
oppe chez eux Tinhalation des vapeurs du sulfure de carbone, lissolvant énergique et presque seul employé aujourd'hui du caoutchouc.
Le sulfure de carbone, longtemps désigné sous le nom d'alcool de soufre, se présente sous la forme d'un liquide incolore, d'une densité de 1,263, d'une fluidité comparable à celle de l'éther, d'une odeur particulière, nauséabonde, insupportable. Le degré d'ébullition de ce liquide est de US degrés, et sa vapeur offre une densité de 2,67. D est livré à l'industrie à des prix minimes, et consommé en quantités énormes dans les ateliers.
Du reste, ce n'est pas seulement dans les fabriques que le sulfure de carbone est employé ; il l'est par un très grand nombre d'ouvriers en chambre, dont l'habitation est ainsi remplie de vapeurs délétères auxquelles restent incessamment exposés lui et les siens, sans distinction d'âge ni de sexe. L'atmosphère de ces chambres est infectée par une odeur insupportable qui s'attache aux ouvriers hors môme de l'atelier. Dans les fabriques les accidents sont plus rares, les appareils sont lûtes avec le plus grand soin, et les vapeurs du sulfure de carbone ne s'y répandent qu'accidentellement et en petite quantité ; eDcore a-t-on soin le plus souvent de n'établir les appareils que sous des hangars. Aussi dans ces circonstances les accidents qui se développent sont légers et se bornent à des vertiges, de la céphalalgie, de Tanorexie, des vomissements, un sentiment de vague dans les idées et un peu de propension au sommeil, symptômes qui disparaissent assez rapidement et spontanément à l'air libre.
Mais les effets des vapeurs de sulfure de carbone présentent une tout autre gravité chez les ouvriers qui travaillent dans des ateliers petits, bas, mal aérés, ou chez ceux qui se livrent aux opérations dans lesquelles de grandes cuves de dissolution de caoutchouc ou des piantilés considérables de pâte s'évaporent à l'air libre, ou encore loi étendent ces dissolutions sur de larges surfaces d'étoffe qui offrent me bien plus grande facilité à l'évaporation ; enfin et surtout chez es ouvriers adonnés à l'ivrognerie.
Tantôt la maladie débute brusquement et pour ainsi dire d'une nanière aiguë, à la façon d'un empoisonnement, et en quelques heures e montrent les symptômes les plus graves. Plus souvent le mal se léveloppe lentement d'une manière progressive, annoncé par quel- [ttes troubles légers, auxquels succèdent plus ou moins tardivement iprès quelques semaines, quelques mois, parfois môme après deux îu trois ans seulement, les accidents vraiment caractéristiques. Au début on observe de la céphalalgie, de l'inappétence, du dégoût; puis wie courbature générale, des frissons, des tremblements, des coH- <tues, des nausées, des vomissements, de la diarrhée. Les sens de