AMMONIAQUE
point culminant du dépôt , sert à faire reconnaître l'ambulance. (Art. 1107.)
On ne doit faire décharger des caissons que le strict nécessaire, afin de rendre le rechargement plus facile en cas de mouvement. Une partie du personnel est dirigée avec des brancards derrière la ligne, pour relever les blessés et les transporter à l'ambulance.
C'est évidemment sur ce modèle des ambulances militaires qu'ont été établis dans les cités, en temps de troubles ou d'épidémies, les bureaux de secours, dont on a retiré dans tant de localités de si bons effets. Les détails relatifs à leur organisation seront mieux placés ailleurs. — [Voy. Conseils d'hygiène, Contagion, Épidémie, Militaire (Hygiène), Sanitaire (Régime).
Bibliographie. — Règlement du l" avril 1831, sur les hôpitaux militaires. — BégiD, Études sur le service de santé militaire en France, 1849. — Boudin, Supplément au Dictionnaire des dictionnaires de médecine, art. Ambulance, 1851. — Système des ambulances des armées françaises et étrangères. Instructions qui règlent celte branche du service administratif et médical (Ann. d'hyg. et de méd. lég., 2" série, t. III, p. 60 et 464).
AMIDON. — Voy. Fécule, Féculerie.
AMMONIAQVE, AMHO\I ACAUX (SELS). — La fabrication de l'ammoniaque ou alcali volatil, lorsqu'elle s'opère en grand avec les sels ammoniacaux, est rangée dans la troisième classe, à cause de l'odeur désagréable qu'elle produit. Mais celle du sel ammoniac, ou muriate d'ammoniaque, par le moyen de la distillation des matières animales ou par extraction des eaux de condensation du gaz hydrogène, et celle du sulfate d'ammoniaque parla distillation des matières animales, en raison de leur odeur très désagréable et portée au loin quand les appareils ne sont pas parfaits, sont rangées dans la première classe*
Les causes d'incommodité ou d'insalubrité et les prescriptions qui s'y rapportent sont les suivantes.
Pour l'ammoniaque, une odeur irritante se produit à l'instant où la chaux est mise en contact avec le sulfate ou le chlorhydrate d'ammoniaque. Du gaz ammoniac se dégage par les fentes quand les appareils sont mal lûtes; il faut donc éviter les fuites en lu tant avec soin les appareils* Ne pas se servir de vases de verre ou de grès, dans la crainte de ruptures et à cause des difficultés qu'on éprouve à les luter ; préférer les vases de fonte* Faire arriver les vapeurs d'eau ammoniacale dans un réservoir contenant de l'acide sulfurique faible, afin de les empêcher de s'échapper au dehors, et d'obtenir en les recueillant ainsi du sulfate d'ammoniaque ; conduire au dehors par un tuyau suf-
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fisamment élevé (quinze mètres au moins), et à l'aide d'une active
ventilation, les acides volatils qui se dégagent pendant cette dernière
opération.
Quant aux sels ammoniacaux qui donnent lieu à un dégagement de gaz très fétides et à un écoulement d'eaux de fabrication très odorantes, si elles ne sont pas épuisées, il convient, pour y remédier, de prescrire les mesures suivantes :
Interdire la fabrication du sulfate d'ammoniaque à l'aide de l'emploi des eaux de gaz non épurées par la chaux ; saturer à l'aide de l'acide sulfurique les eaux épurées , dans des vases clos, ou par tout autre moyen qui s'oppose au dégagement de l'hydrogène sulfuré. Fermer toutes les ouvertures donnant sur la voie publique ou les voisins ; les remplacer par une cheminée d'appel qui enlèvera toute vapeur et toute buée. Maintenir toujours couvert le fossé de vidange, le curer tous les mois. Ne jamais laisser couler d'eaux sur la voie publique, mais les diriger vers l'égout par un conduit souterrain. Il serait à désirer que la fabrication de tous les sels ammoniacaux se fit parles procédés que j'ai indiqués pour le carbonate et le sulfate d'ammoniaque. Dans ce cas, alors, les Conseils d'hygiène pourraient faire descendre en deuxième classe une industrie autrefois et légalement encore rangée dans la première, à cause des graves inconvénients auxquels elle donne lieu.
AMORCES FULMINANTES. — Voy. Allumettes, Fulminates.
AMPHITHÉÂTRES DE DISSECTION. — On sait quels obstacles les préjugés populaires apportèrent longtemps aux études anatomiques. Jusqu'à une époque peu éloignée de nous encore, l'autorité témoigna, de son côté, peu de zèle à favoriser ces études, élément indispensable de tout progrès médical. C'est dans les cimetières ou au pied du gibet que les premiers anatomistes allèrent, au péril de leur vie, recueillir les matériaux de cette science qui a accompli depuis soixante ans de si merveilleux progrès. Au milieu du xvne siècle encore, les élèves en médecine et en chirurgie, soutenus par des laquais et des gens sans aveu, allaient, en place de Grève, en- . lever de vive force aux archers du guet les cadavres des suppliciés. Ce n'est qu'au commencement du xvme siècle que les cadavres des hôpitaux furent mis à la disposition de la Faculté de médecine, puis, en 1731, des chirurgiens eux-mêmes. Mais cette faveur ne s'étendait pas encore aux élèves ; ceux-ci furent pour longtemps réduits à disséquer furtivement des corps dérobés aux cimetières que Paris renfermait à cette époque en assez grand nombre.
C'estàDesauIt qu'il faut attribuer l'impulsion qui fut donnée aux
AMPHITHEATRES. 113
études anatomiques, à Paris, dans la seconde moitié du xym6 siècle. Le premier amphithéâtre fut ouvert par ce grand chirurgien, rue du Plâlre-Saint-Jacques (1760-1770) ; les établissements de ce genre se multiplièrent. Tolérés par la police, qui n'exerçait sur eux aucune surveillance, ils étaient toujours alimentés par les cadavres des cimetières, plus encore que par ceux des hôpitaux; installés pour la plupart dans des maisons délabrées, des rues étroites, des localités insuffisantes, ils étaient une cause incessante de scandale et d'insalubrité. Les débris de cadavres étaient jetés dans la rivière ou dans les fosses d'aisances, et souvent brûlés dans de vastes foyers, qui demeuraient en activité pendant six mois de l'année.
Au commencement de ce siècle, la Faculté de médecine de Paris fit construire des pavillons de dissection dans le jardin des anciens Cordeliers, et une première ordonnance de M. le préfet de police Dubois défendit, le 17 octobre 1803, d'ouvrir un amphithéâtre sans une autorisation spéciale. Mais la surveillance de la police était impuissante à remédier aux inconvénients sans nombre qu'entraînait la multiplicité des amphithéâtres particuliers; ceux des hôpitaux ajoutaient aux causes d'insalubrité inséparables, d'une grande réunion de malades. Le 19 octobre 1813, parut une ordonnance annonçant la suppression définitive des amphithéâtres. Les bâtiments de la Pitié et de la Faculté de médecine furent exclusivement affectés aux dissections et à la pratique des opérations, et les cadavres des hôpitaux à rentretien des amphithéâtres. Quelques hôpitaux cependant conservèrent pendant longtemps encore des amphithéâtres particuliers de dissection : ainsi Bicêtre, la Salpètrière, Saint-Louis, Beaujon, Saint- Antoine, la Charité, les Enfants et la Maternité, auxquels il faut ajouter les hôpitaux militaires.
Cet état de choses dura jusqu'en 1834, époque où, par une ordonnance dont nous donnons le texte à la fin de cet article, les derniers amphithéâtres particuliers furent supprimés et remplacés par l'établissement de Clamart; ce qui réduisit à deux : l'un à la Faculté de médecine, dit de l'Ecole pratique, l'autre sur l'emplacement de l'ancien cimetière de Clamart, dit des hôpitaux, les amphithéâtres destinés à l'étude de l.'anatomie et des opérations chirurgicales.
Parent-Duchâteleta cherché à démontrer que les amphithéâtres de dissection ne présentaient pas l'insalubrité qu'on leur attribue généralement. S'appuyanl, sur sa propre, expérience cl sur celle de tous les analomistes et chirurgiens éminents qui ont pris part aux grandes études anatomiques du commencement de ce siècle et de la fin du siècle dernier, et ont vécu, pour ainsi dire, au sein de ces cloaques infects qui constituèrent les premiers amphithéâtres de dissection, il affirme qu'on n'observait des maladies ni plus fréquentes, ni d'un
TARD1EU. — DICT. D'hïG. T. T. 8