CARDEURS
prendre leurs repas dans les ateliers; et ils passeraient à l'air libre les moments de repos; surtout ils éviteraient de la manière la plus complète les excès alcooliques , dont j'ai déjà plusieurs fois signalé l'influence sur le développement rapide des accidents.
» Enfin, malgré l'aptitude plus grande qu'acquiert un ouvrier à une fonction qu'il remplit chaque jour, il serait désirable qu'il s'établît dans les usines à caoutchouc un roulement tel que les ateliers à dégagement de sulfure ne fussent occupés par les mêmes ouvriers que pendant un temps limité; se remplaçant de quinzaine en quinzaine, par exemple, et même à des intervalles plus rapprochés, ils contracteraient bien plus rarement des accidents rendus moins menaçants par les précautions précédemment indiquées , et qu'un repos assez long ferait certainement disparaître. »
Bibliographie. — Mémoiresur les accidents que développe chez les ouvriers en caoutchouc l'inhalation du sulfure de carbone en vapeurs, par M. A. Delpech. Paris, 1856.
CAPTAGE. — Voy. Eaux minérales.
CARACTÈRES D'IMPRIMERIE. — Voy. PLOMB.
CARAMEL. — Voy. SUCRE.
CARBONE (SUUFURE DE). — Voy. Caoutchouc. CARBONISATION DU BOIS. — Voy. Charbon.
CARBURATEUR. — Voy. Gaz d'éclairage.
CARDEURS. — Le cardeur est l'ouvrier qu'on emploie au cardage, opération qu'on fait subir à certaines matières filamenteuses, afin de les rendre propres à être filées, ou même simplement afin d'en extraire les corps étrangers, de les faire gonfler et de leur donner de l'élasticité. C'est sur le lin, le chanvre, la laine, la soie, que cette industrie trouve à s'exercer.
Le cardage peut se faire soit à la main, au moyen de deux cardes à manches, dont se servent habituellement les cardeuses de matelas ; soit au moyen de baguettes dont on frappe la laine, étendue sur des claies ; soit enfin au moyen d'appareils mécaniques.
Les inconvénients qui peuvent résulter du cardage ont été résumés ainsi par le docteur Boileau de Castelnau, dans un rapport adressé au ministre de l'intérieur, sur l'influence du cardage des frisons de la soie sur la santé des détenus de la maison centrale de Nîmes :
3Zt6 CARDEURS.
.« Position constamment assise ou debout pour les presseurs; exercice forcé et continuel des extrémités supérieures ; obligation d'élever les mains à hauteur de la tête; respiration continuelle de vapeurs ou molécules animales. A cela, il faut ajouter d'autres causes ordinaires d'insalubrité, telles que le choix d'ateliers humides et peu aérés, la température chaude et étouffée, la transition d'un air confiné à un air froid et vif. »
Fourcroy et Moreau (de la Sarthe) classent la profession de cardeur de laine parmi celles qui nuisent à la santé par l'exc#s d'exercice de certaines parties (les extrémités supérieures), et par défaut d'exercice d'autres parties (les extrémités inférieures), ainsi que par les molécules animales qui entrent dans les voies aérifères.
Ce sont surtout les substances nuisibles dont se charge l'atmosphère respirée par les cardeurs qui ont fixé l'attention des observateurs. Morgagni, Ramazzini, Fourcroy, ont rapporté de nombreux exemples d'affections graves ou mortelles développées sous une telle influence.
Des maladies cruelles, disent les auteurs de la Topographie de Nîmes, affligent les bourretaires, cardeurs de filoselle. Tous sont exposés à l'affaiblissement et à l'œdème des parties inférieures, aux douleurs obtuses des bras, des épaules et du thorax; plusieurs sont sujets aux affections les plus douloureuses des yeux, telles qu'inflammations, vives ophthalmies opiniâtres ; le plus grand nombre est menacé de1 toux longues et fatigantes, de l'asthme, du crachement de sang et de la phthisie tuberculeuse, etc. Il faut ajouter à cela des maladies cutanées, dues au contact irritant et malpropre des substances qui remplissent l'atmosphèrei des ateliers de cardage, et qui s'attachent à la peau et aux vêtements des ouvriers.
Plusieurs médecins, exerçant dans des localités où l'industrie du cardage occupe beaucoup de bras, tracent le portrait suivant de l'ouvrier cardeur. On reconnaît le cardeur à son teint pâle, étiolé, blafard, plutôt bouffi que gras, à ses yeux rouges et à une petite toux presque continuelle. Les maladies auxquelles il est sujet sont : l'ophthalmie chronique, l'hypertrophie du cœur et ses conséquences, la phthisie pulmonaire, des varices, des ulcères atoniques. Aussi l'ouvrier le plus habile et le plus intrépide est-il forcé de discontinuer son métier à quarante-huit ou cinquante ans. Le cardage n'est, du reste, dans beaucoup de localités, exercé que pendant trois ou quatre mois, de novembre au commencement de mars, et alterne avec les travaux de la campagne.
Les observations que nous venons de présenter s'appliquent plus ou moins directement aux différentes sortes de cardages. Nous devons i ajouter aux circonstances que nous avons signalées que, dans cèr-