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on eût voulu les irriter encore ilavan'ajr»»
sur le compte des Jésuites, on fil parai<re fièrement la bulle ApoiloHcum, qui les confirmait dans lous leurs privilèges , qui les justifiait sur lous les points, et qui faisait l'éloge le plus pompeux du leur zèle, de leurs services et de leurs talents. Cet éloge était mérité ; mais il est quelquefois de la bonne politique de paraître ennemi de ceux qu'on veut servir.
Peut-être la Compagnie de Jésus n'auraitelle pas été supprimée sans ces patentes si peu propres a faire tomber les 'préjugés des souverains, et qui, d'après les paroles mêmes de Clément XIV , furent moins accordées qu'extorquées , cxtortii potm quam impetratii.
Il est étonnant que les Jésuites ne prévirent pas les effets d'une piè<*.e aussi peu me* surée.) et qui avait tout l'air d'un ouvrage 06 irato.
Le Portugal redoubla ses plaintes, et l'affaire de Parme mettait le comble à ces maux: aussi, pour se venger de ce qu'un Papp, au xviir siècle , voulait exercer sa juridiction sur des matières temporelles selon eui, lo roi de France prit Avignon, et le roi de Naples, Béoévent.
Avignon, ainsi que le territoire qui l'environne, connu sous le nom de Comtal-Venaissin, avait été vendu a. Clément VI, en 13t8. par Jeanne, reine de Sicile et comtesse de Provence , du consentement de Louis de Tarente, son mari, pour la somma de 80,000 tlorins qui furent payés à la reine, à condition en outre que le Pape secourrait cette même reine dans le recouvrement de ses Etats, dans lesquels elle fut en effet rétablie. On conteste néanmoins cette vente, en prétendant que la somme convenue n'a pas été payée, que l'on compensa par là quelques restes de pension dues au Saint* Siège, pour les royaumes de Naples et tlo Sicile; ce qui, toutefois n'était autre chose qu'un payement.
Quoi qu'il en soit, les Papes avaient toujours joui du Constat ; ils y ont même fait leur résidence pendant 70 ans, que les Italiens appellent la captivité de Babylone. Cela n'empêcha pas Louis XIV de l'occuper à deux reprises, et Louis XV s'en empara comme d'une enclave de sou royaume et sur laquelle il disait avoir des droits.
Quant àBénévenl, Henri III, dit le Noir, donna, en 1053, ce duché au Pape Léon IX, son parent, qu'il avait élevé au pontifical, et ce duché a toujours été possédé par le Saint-Siège, quoiqu'on ait souvent contesté cette possession : le roi de Naples s'en rendit maître en 1768.
Pendant que ces actes d'hostilité se commettaient sans aucune résistance du Saint- Siège, Clément XIII, craignant d'agir coelr* sa conscience, s'annonçait, comme un autre Thomas de Canlorbéry, prêt à souffrir le martyre pour conserver des immunités. On ne parlait que de son courage, qui eût k* cueilli lous les éloges.s'il eûUlé question de la foi; mais qui, n'ayant pour objet que des
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biens terrestres, était blâmé, comme si l'Kgtise ae devait pas défendre ses droits.
Ganganelli, effrayé de l'orage qui grondait de toutes parts, ancore plus fâché do ce qu'on ne travaillait pas a le calmer, désapprouvait les engagements qu'on avait pris : il voyait toute Ta profondeur de l'abîme où l'on allait ensevelir la gloire de Rome, si l'on s'obstinait davantage à résister aux puissances. « Le Saint-Siège ne périra jamais, » écrivait-il à un de ses amis, « puisqu'il est la base elle centre de l'unité , mais on ôtera aux Papes ce qu'on leur a donné. »
Clément XIII lui-même sentit enfin la justasse de celte réflexion, et, se voyant vive' ment pressé par les maisons de ' Bourbon et de Bragance, qui lui demandaient ardemment la suppression. des Jésuites, il indiqua un consistoire pour le 3 février 1769. La, il devait proposer aux cardinaux d'acquiescer aux désirs des souverains : mais il mourut dans la nuit inopinément.
Cette mort atterra ses partisans et en mémo temps consola les Romains qui, contristés de n'avoir plus ni Avignon ni Bénévent ci de se voir en butte à la colère des puissances prêtes è éclater, ne trouvaient d'espérance que dans un nouveau règne.
Ce fut l'image d'un ciel nébuleux ou plutôt d'une tempête qu'un conclave dans des rirconsiances aussi critiques. On s'agitait, on disputait, et les uns ass»*z mauvais politiques pour vouloir encore un Pape qui luttât contre la force, et les autres assez bien avisés pour concourir à l'élection d'un Pontife agréable aux couronnes, se déballaient vivement.
Il s'en fallut peu qne ne prévalût la faction des opposants aux vues des puissances. Le cardinal Chigi, prince romain, rempli de piété, mais dont la dévotion eût prouvé qu'on peut avoir de bonnes intentions, beaucoup de zèle et ne pas prendre le meilleur parti, fut sur le point d'être élu Pape. Il ne lui manquait que deux ou trois voix lorsque les choses changèrent de face et qu'on vit son parti s'affaibHr sensiblement.
Le choix d'un Souverain Pontife ost presque toujours un enfantement laborieux, à raison du nombre de voix qu'on exige pour l'élire. Le Sacré Collège, composé de cardinaux pieux, politiques, indécis, se partage dans toutes les élections. Les pieux donnent opiniâtrément leur suffrage à celui qu'ils croient Je plus digne; les politiques se déterminent selon leurs intérêts ou d'après le km des couronnes; les indifférents agissent suivant les circonstances. On a dit avec plus ou moins de vérité : « Celui qui entre Hape au conclave est sûr d'en sortir cardinal. » Toujours est-il que celui qu'ont en vue les factions n'arrive presque jamais à la papauté. Il s'élève tout a coup un avis qui prévaut, qui réunit les suffrages en faveur d'un cardinal auquel on ne peosait pas et qui jette dans rélonnemeot ceux mêmes qui IW choisi.
On rapporte a ce sujet que quelques cardinaux ayant voulu plaisanter un \icuido-