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extraordinaire, parlieen l'université d'Oxone, dans des exercices si bien ménagés, qu'il prit eo môme temps l'air de la bienséance et de la verliii avec les principes des plus nobles sciences. Kl comme sa belle nature se familiarisa a si bonne heure avec les vertus, qu'elles parurent en lui comme naturelle*; aussi les belles connaissances s'habituèrent si aisément dans son esprit, qu'elles parurent lui avoir été infuses.
« Les premières preuves qu'il tira de son esprit dans l'acquisition des arts de bien parler et de bien raisonner lui donnèrent l'envie de passer en Italie et en France, pour achever de former cette excellente partie do son âme dans tes hautes sciences divines et humaines qui s'y débitaient avec plus de réputation et d'éclat. Il demeura pour ce sujet cinq ans en l'université de Pavie, et depuis fréquenta celle de Paris et d'Avignon, avec tant de succès el d'estime, que comiro il ne trouva point d'ombres si épaisses qu'il ne perç&l, ni de sein si profond et si reculé dans tout le cercle des sciences où il no pénétrai par !• vigueur de son esprit; aussi lit-il parattre en toutes sortes d'essais el de rencontres, qu'il possédait tout co que la nature et te travail peuvent donner d avantage à un homme parfait.
« Etant depuis retiré de France en Angleterre, il trouva à la première montre tant de belles qualités, de si douces et accueillantes laveurs dans tous les esprits, qu'il n'y eut personne qui ne voulût lui être caution d'une grande el glorieuse fortune. Le roi même, sur la connaissance qu'il avait, tant de son mérite particulier, que de celui de ses illustres ancêtres, qui demanda en sa faveur les premiers avantages , son esprit si f-»rt d'affection, qu'outre les présents el les grandes caresses qu'il lui fit, iïyant reconnu que son inclination le portait a prendre parti dans l'Eglise, il lui offrit le nremior évéché vacant avec l'archevêché d Yorck, dont les revenus montaient a plus de soixante mille ëcuit ; à dessein encore de lier par ces chaînes d'or le sentiment d'un homme de tel grade el de si haute estime à l'intérêt de ses sales amours.
« C'était lors le temps auquel le roi Henri VIII cherchait partout, dans les Académies et parmi les savants, de l'appui pour soutenir une fausse opinion, mais favorable h sa passion déshonnête, que le Pape Jules II no l'avait pas pu dispenser, pour épouser Catherine, infaute d'Espagne, après avoir été mariée en premières noces a Arlus, prince de Galles, et son frère aîné; voulant en quelque façon que ce fût, que le divorce trouvât place au nœud de mariage, que Dieu avait noué de ses mains ; fallût-il se séparer de l'Eglise, pour se séparer d'avec Catherine, confondre toutes les puissances du monde, et mêler les étoiles du ciel avec la poussière de la terre, pour venir a bout de sa prétention déréglée.
• El il ne manqua pas de personnes, qui laissant lier leur conscienre aux charmes îles présents , qui comme des chaînes de
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Médée brûlent les âmes faibles, la plièrent lâchement au gré de la faveur. Mais Polos, qui avait toujours eu le ciel pour objet de ses prétentions, cl toutes les grandeurs de la terre à mépris, refusa courageusement d'accorder a la passion du roi le témoignage qu'il devait à la vôiité , montrant en ce brave refus un cœur plus grand .pie tout l'empire de In fortune, puisqu'il ne tenait ni ses rigueurs a infortune, ni ses dons à prospérité.
m Le courage qu'il témoigna a cette occasion, engagea, par son exemple, ses plus proches parents & se lier do résolution et d'intelligence avec lui pour le soutien de la vérité. Ce qui piqua tellement l'esprit du roi de dépit, qu'il délibéra, ou de les rompre, ou de les pliera ses sentiments. Il donna néanmoins quelque trêve è sa colère, tant qu'il se flatta d'espérance, que le uonce que lu Pape Clément avait envoyé «levers lui, prononcerait sur sdn mariage avec Catheriue. Mais le Pape depuis ayant évoqaé la cause a soi, il commença è machiner en son cœur la rage qu'il devait bientôt faire éclater en public. Car par impatience de la longueur du jugement, s'étant marié avec Anne de Boulen, et ayant fait jouer à sa noce une comédie au diffame du Pape, qui attira sur lui une première sentence d'excommunication, il se porta à uue résolution sanglante de se défaire de tous ceux qui s étaient déclarés contre ses plaisirs : entre lesquels ayant failli do se saisir de la personne de Polus, qui s'était retiré en Italie pour se détourner de l'orage qui le menaçait , il lit mourir sa mère en prison, sans que les respects du sexe el du sang pussent adoucir ses sauvages humeurs; el ôla de même par la main du bourreau la vie è son frère el à son neveu, jeune prince de belle espérance, croyant éteindre dans leur sang les semences du feu qui brûlait sous leurs généreuses poitrines.
« Mais ce fut plutôt dans ne sang qu'il noya les restes de sa réputa: ion, el toutes les lumières de sa conduite, ayant depuis attiré une plaie horrible de ténèbres sur lous ses Etats, où le soleil de l'autorité du Saint- Siège fut éclipsé durant son règne, de même qu'autrefois celui du monde le fut dans l'Kpypte. Cependant le courageux Pulus porta Ta mort des siens cl la désolation de sa famille avec une si grande constance, qu'elle mérita la louange des plus illustres plume" de ce temps-là, et l'admiration de toute l'Europe. Et quoique la persécution acharnée du roi le vint encore chercher è Pavie, è Venise, et en ions les lieux de son bannissement , il témoigna néanmoins tant de liberté el de générosité d'âme, qu'on reconnaissait bien qu'il tenait aussi peu à son corps qu'a sa chemise, et (comme il l'avait toujours assuré) qu'il était aussi prêt pour la défense de la vérité, a se dépouiller de la vie, qu'il ferait d'un babil, et d'entrer au tombeau, que d'aller au lit pour dormir.
• Enlin, quoique une si raro vertu , et életée au-dessus des orages de sa fortune,