‹ Dictionnaire de bibliographie catholique, présentant l'indication et les titres complets de tous les ouvrages qui ont été publiés dans les trois langues grecque, latine et française, depuis la naissance du christianisme, en tous pays, mais principalement en France, pour et sur le catholicisme, avec les divers renseignements bibliographiques qui peuvent en donner l'idée la plus complèteChapitre 87 sur 137 · HEU · texte numérisé non relu

HEU

DE BIBLIOLOGIE.

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U§ Vertus théologales et cardinales. Des épisodes du Nouveau Testament et plus rarement de TAncien (rhistoire de Joseph et celle de Susanne sont surtout mises à contrîliution), les miracles de Notre-Dame, tels sont les sujets qu*on s^attachait surtout à offrir aux yeux des lecteurs. Les biblio* philes mettent un grand prix à la possession de pareils livres. Un exempl. des Heures de 1502 avec 20 gravures et 138 en bordures, s'est payé 230 fr., vente Renouard en i8S3; un autre exempl. sur vélin des Heures de 1&^96, 155 fr., vente Giraud. Philippe Pigouchet, tout en imprimant un

Srand nombre û*Heures pour Vostre et pour *8ulres libraires, en a aussi exécuté pour son compte ; les gravures en bois qui les décorent sont en général inférieures à celles de quelques antres libraires de Tépoque. M. Brunet indique une dizaine d*éditions dues à Pigouchet; il en signale près de trente dues à Antoine Vérard, éditeur actif auquel nous consacrerons un article spécial. Du reste, Vérard, dont Tattcntion était sans doute absorbée par les grandes publications qui Poccupaient, n*a pas fait de grands efforts pour élever à un haut degré de supériorité les livres de prières qu*il multipliait dans ]*intérèt de son commerce. Ses figures sur bois ont de la lourdeur; les bordures offrent peu de variété et d'agrément. Un exempl. sur vélin des Heures de 1500 avec 19 grandes miniatures et 49 petites, S60fr. vente De Bure.

Thielman Kerver a de ik91 h 1522 publié une quarantaine d'Heures; \tis iigures sur bois sont médiocres, mais les arabesques des bordures présentent un vrai mérite; cet éditeur essaya de faire usa^'e du caractère italiaue, mais cette innovation ne fut pas goûtée (lu public, qui préférait le gothique, et Ton y revint.

Gilles Hardouynetsonfils Germain ont de leur côté publié un grand nombre d'Heures, mais elles sont inférieures h cellesde Kerver et surtout à celles de Vostre. 11 y a peu de mérite et de variété dans les bordures aui constituent le principal mérite de ces volumes, et Ton n*y retrouve pas ces sujets tirés de la Danse des morts qui plaisent surtout aux amateurs. Les dernières ^eure^ publiées par Gilles Hardouyn portent la date de 1521; Germain imprima jusqu'à 1538 environ, (luillaume Eustace édita de son côté,de()uis 1503 Jusqu'à 1520 environ, des Heures qui (ainsi que le remarque M. Brunet) « quoique sans bordures, sont iustement recheri^ées ; le vélin en est fort beau ; les figures et les lettres initiales qui les décorent paraissent avoir été peintes avec beaucoup plus de soin que dans la plupart des autres livres de ce genre publiés à la même époque. » Vint ensuite Guillaume Godard; M. Brunet mentionne onze iTeures diverses publiées par 4:et éditeur; Tune déciles, avec un almanach de 1513 à 1523, renferme un curieux rébus reproduit dans le Manuel du libraire, t. IV, pag. 797. L'archéologue anglais, F. Douce, sigaaie Téilitlon de 1510, in-jh, comme très-

belle et remarquable à cause d*une danse des morts placée dans les marges inférieures; elle est formée de 53 figures placées dans de petils compartiments et elle diffère des autres séries du même (^enre. •

François Regnault, qui travaillait de 1526 à 1545, a publié diverses éditionsdesjEfeiirr«; bien d'autres libraires parisiens se livrèrent h la môme industrie, mais leurs impressions en ce genre furent peu nombreuses. M. Brunet mentionne Pierre Lerouge, Robin Cballot, Berihold Rembolt, Jean Poitevin, Jean Petit, Hop^^l, de Marnef, -Nicolas Vivien. Les i/eure/i m primées par Jean Bignon pour Jean de Brie, libraire, demeurant rue Saint- Jacques à renseigne de la Limace, se distinguent par un rébus reproduit également dans le Manuel (iom. IV, p. 801); M. Brunet signale aussi les Heures imprimées à Troyes par Pierre Hadrot, vers 1539; àxMelz en 1498, par Jean Magdalène; à Lisieux, par Jean Forestier en 1493; à Rouen, par Martin Morin, etc.

Un des sujets que les éditeurs d'Heures s'attachèrent le plus h re[)roduire fut celui de la Danse des Morts. Les livres de ce genre dans lesquels figure cette ronde funèbre et que M. Douce énumère dans son ouvrage {Londres, 1833, in-8j, sont au nombre de seize, depuis Tédition de Paris, Simon Vostre , 1495, jusqu'à celle de Thielman Kerver, 1526. Ces diverses suites de gra* vures (JitTèrent entre elles par le nombre des estampes, par leur dessin, par le texte qui les accomf>agne. Au bas des 24 figures qui se trouvent dans les Heures de 1495 est une courte sentence latine du genre de celle-ci : Est commune mcrt, mors nulti pareil honori. — Est caro nostra finis, modo principium, modo finis. Les belles Heures de 1502 imprimées par Simon Vostre pour Philippe Pigouchet prébenieni au dessous de chaque figure deux ({uatrains en français. Tous ces textes sont rapportés en entier par M. Douce,| lequel signale aussi divers manuscrits où se trouve ce ménje sujet.

Nous nous écarterions de notre sujet si nous entreprenions de parler des Heures manuscrites ornées de miniatures que le moyen Age a laissées en grand nombre et qui s'élèvent parfois, selon la richesse et le mérite des peintures, è des prix excessifs» mais nous devons au moins une mention è Tun des plus beaux ouvrages de ce genre : le livre d* Heures d*Aimo de Bretagne»

déposé au Musée des souverains et dont M. Curmer a publié une reproduction où le texte est suivi d'un Appendice rédigé par M. Decaisne, membre de l'Institut et destiné à décrire 350 plantes représentées dans ce manuscrit.

M. Le Houx de Lincy a donné dans la Gazette des Beaux- Arts^ ir du 1" mai 1860, un article intéressant sur ce livre, qui est undes monuments les plus parfaits de Tart français à la fin du XV* siècle, il observe qu*en faisant exécuter avec luxe et à gi*ands frais un Recueil de prières à son usage, Anne de Bretagne se conformait à un usage qui, de-

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puis plusieurs siècles, était pratiqué dans toute la rhrétienté de l'Europe.

Ce volume, romnosé de lï% feuillets d*un vélin très-blanc, d*une finesse etd*une pureté remarquables, estenrichi de miniatures nombreuses, d'ornements très-variés ; des Heurs, des plantes, des fruits sont reproduits avec une rare perfection, et des insectes de toute espèce sont posés dessus ; i9 grandes miniatures représentent des sujets bibliques, les évangélistes, des saints et des saintes; 350 encadrements renferment les plantes ou les fleurs dont nous venons de parler. Plusieurs milliers de lettres ornées ou de petites vignettes sont peintes surfond d*or avecdeux couleurs seulement, le bleu pâle et le blanc. Il n*est pas rare de trouver sur une seule page kO à 50 lettres ornées ou vignettes sans que le même ornement soit jamais répété.

Douze miniatures décorant un calendrier représentent les occupations ordinaires de la campagne pendant chacun des mois de i*année.

Nous renvoyons pour plus amples détails è la notice en question; nous ajouterons seulement qu'elle est accompagnée de deux gravures qui représentent Tune la reine Anne à genoux, ayant auprès d'elle sainte Anne, sainte Ursule et sainte Hélène ; l'autre deux ang<*s soutenant un ostensoir d'or ciselé, au sommet duquel est placée la Sainte couronne ou la Couronne d'épines^ enfermée dans un cristal.

On a lieu de croire que la reine fit travaillera ce beau livre pendant toutson règne. Son mariage avec Louis Xil eut lieu en lî99; elle mourut le 9 janvier 151^. Plusieurs miniatures sont restées inachevées.

Quelques ouvrages ont porté le titre d'//eure«, sans appartenir au ^enre spécial que désigne ce nom : nous nous bornerons à mentionner les Heures de Nostre Dame translatées en francois et mises en rhithme par Pierre Grégoire (sic) dit Vaudemont (Paris, vers 1527, in-4).

Ce travail fut entrepris par Tordre de la duchesse de Lorraine, Renée de Bourbon; on recherche avec empressement ce volume qui a été payé UO fr., vente C. en 1847; 5 I. st. 17 bh. en mai 1848; 2W fr. (avec les Chants royaulx figurez sur les mystères miracHleux)en décembre 1855; 93 fr., vente Giraud.ll y a plusieurs réimpressions (quoi-

Îu'un arrêt du parlement, en datedu28août 527, eût stipulé que ces Heures ne seraient pas réimprimées]; celle de 15^*1, 79 fr., vente Nodier, et 41 fr., vente Baudelocque. On ne saurait d'ailleurs louer dans cette production que les pieux sentiments de l'écri vain : la poésie estau-dessous du méd iocre.

Un fait de| travaux relatifs aas aneiMiMi Heures^ nous mentionnerons la Notmîà M. Pluquet dont nous avons déjk donné li titre (Caen, 1834, in-8, 29 pages, 50 exeai|il. seulement) et VEssai sur la calligraphie dts manuscrits du moyen âge et sur les omiments des premiers livres d^ Heures imprimés^ par il, H. Langtois, Rouen , 1841, in-8, 27 planches. Diudin, dans son Bibliopj^ phical />erameron, est entré dans des détails étendus sur le mêioe sujet.

HUTZ (Matthieu). — Imprimeur lyonnais è la fin du xv* siècle. Quelques-uns des vola« mes sortis deses presses, devenus très-rares, sont fort recherchés. Nous allons en indiquer plusieurs en laissant de côté les volumes qu'il a publiés en latin et dont les bibliophiles ne s'occupent pas.

Fables d^Esope, 1484, in-fol., volume imprimé ei caractères goiliiques, avec des flgiiresi sur l)oit.(lleil exccssivemeiii rare. La biblioilièque Impériale ea possède un exemplaire împarfsiil. Celle édilioi fut rciiiiprimée en 1486. Il ne paratl pas qu^aoci» ex^'mplaire de Tune ou de Tauire ait jamais passé en vente publique.)

La Deiiruciion de Troye la grande^ par J. Millel, i485, in-iol. (Kdilion irès-rare qui ne parait psi fi*étre monirée «n vente publique depuis le: eaulogneLa Vallière en 1784. Une auireéJiiiondel491 a éié payée 1005 Tr., à la vente Soldnne.)

Le livre des Proprietex des choses « iradoit de Glanville, 1482, in-fol. [C'est le premier ouTrage qui porte le nom de lluiz. Nous ne reuconiroits cette édiiion sur aucun catalogue récent. Il en existe deux autres données par le ntéme imprimeur, I4fô (102 fr., vente iCaiba va), et 1487 (145 fr., veate Coste).]

Bocace, Des cas et ruines des nobles h^mwusti femmes, 1483, in-foL, volume trè»-rare décrit daas la Bibiiotheca Spenseriana, 260 fr., vente Costa.

Le Mirouer de la redempcion^ translaté par Trèreiih lieu (Maclio)Lyo/i, 1477. (Cctieédition précleusitea attribuée :iux presses de lluiz, ainsi «prune autre datée de 1479. Biles ne portent pas de nom d*imprinieur. Il en est de niôme de celle de 1488. naii celle-ci est accompagnée de la marque de Jlati, et ce typograpbe a mis son nom aux éditions Ue 1488 et de 1495. Il parait donc avoir eu quatona ans Inipriiiié cinq fuis cet ouvrage. Toutes ces éditions S4UII trés-rar«*8 et précieuses )

Le Procès de Déliai, 1484, in-fol. (Edition tràsdillicile à renoontrcr. Il en existe une autre, 1487, 7i Tr., vente CostP, et ou reronnalt les caractérei de llutz dans une édition datée de 1482, et oe portant point de nom d*inipriineur.)

Le Pèlerinage de la vie humaine^ par Gulllaaoïe deGuilleville, 1485, in-4; «37 fr., veme Custe.

Valère le Grand , 1485, iii-ful. , 80 fr., venta Coste.

La viedeJhesu christ (traduction du Vita tChrUtî de Ludulphe), 1493, iu-fol. 4 tomes eu t vol. in-fol.

Le Fardelet du tempt^ 1498. (C'est une traduc^ tien de Touvrase de Weriier Holewinck : Fêu'uU' lus temporum^ tort goûté au xv siècle.)

IBÂRRâ (Joachim]. — Célèbre imprimettr espagnol qui vivait dans la seconde moitié iu dernier siècle. Il chercha à rendre de l*éclat h la typographie de la Péninsule, qui

avait, sous Tinfluence du cardinal XiméDei, jeté cjuelquo splendeur, mais il n*avait pas les débouchés qu'offrait Tltalie, et surtout 1 Angleterre. Il montra cependant ce doolil

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UE BinLIOLOGJE.

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capable en mettant au jour la tradude Salluste faite par Tintant Don Ga- {Madrid^ 1772, in-folio) ; c'est un des ges les plus parfaits qu*ait produits la raphie ; mais outre les exemplaires lés au prince et qui ne furent pas mis le commerce, on en tira d'autres en re assez considénible avec Tintention disposer plus tard. Ces exemplaires echerchés sont faciles à distinguer: le r est fortement azuré et très-mèlé de ;es; les gravures et les cadres sont vinent d'épreuves inférieures à celles exemplaires de [iréseul. L'édition de )uiTote, 1780,4 vol. in-4, est également elécution admirable, et les exempl.

:x>nditionnés sont recherchés. Malhcumentlecommentaireestfortinsullisanl, notice de Vicenle de los Rios sur Cers est un panégyrique ampoulé et non ivail sérieux de critique et de biogra-

roi les autres productions d'Ibarra, on igue la Bible et le Missel mozarabe. Né 125, il mourut en 1785.11 avait entrepris autre édition de Don Quixote en 6 vol. qui fut terminée par sa veuve, mais qui in d'être au£isi recnerchéequecelle in-4.

trouve en Amérique un typographe )md*lbarra (Joseph de Pineda) qui pu- Guatemala en 1667 un poëme sur saint las d'Aquin, la Thomasiada. On coml sans peine que ce livre est en Europe

rareté extrême; il e^t d'ailleurs cu- » en ce que son auteur, le P. Diego : Ovccuri, y a fait entrer tous les genres Dles de versitication qu'admet la lanespagnole.

TATION DE JESUSCHRIST (Le livbb

). — Cet ouvrage qualifié avec raison Te le plus admirable qu*ait écrit une 9 humaine (puisque l'Evangile n'e2>t Tœuvre d'un homme); celte production, )mpte plus d'éditions que tout autre ge quelconque, occupe dans la biblioie et dans la littérature religieuse )lace trop considérable pour que nous fassions pas ici l'objet d'un article nérement assez court, mais dans lequel nous efforcerons de réunir quelques ignements peu connus.

§ 1".^ Uauteur de rimitaiion,

is n'avons pas è nous occuper de reher è qui l'on doit i* Imitation: c'est [uestion qui, sans doute y restera tousans réponse positive : le pieux soliqui a tracé ces pages si pleines d'onet de charme, a voulu rester ignoré, il parvenu. Tout vestige de personnasi etfacé; les recherches les plus saet les plus obstinées sont restées sans at. Le débat porte principalement sur )ersonnages, Thomas A-Kempis, Jean n, le célèbre chancelier de l'Université ris, et Jean Gersen, abbé de Verceil au iècle, à l'égard duquel on ne sait ablent rien. Gerson a eu, entre autres déirs zéléSy M. Gence (voy. In Biographie

universelle, tora. XXII, et Nourelles considérations sur Vauteur et le livre de l'Imitation, et M. O. Leroy iGerson auteur de l'Imitation de Jésus 'Christ, 18W, in-8. Voy. aussi le travail de M. de Cazère : Un dernier mot sur Gerson, auteur de l Imitation, Paris, 18i5.)

A Kempis a trouvé en Belgique des avocats déterminés : M. Bormans a consigné dans les Bulletins de la .Société royale d^histoire imprimés à Bruxelles, beaucoup d'arguments en faveur de cette thèse. Monseigneur J.-B. Malou, archevêque de Malines, dans les Recherches historiques et critiquée sur le véritable auteur de /'Imitation, JLouvain, 1828, s'attache à réfuter l'un après l'autre tous les écrivains qui ont soutenu Gersen ou Gerson. 11 regarde les ti 1res de Thomas à Kempis comme incontestables; ils sont reconnus par quelques-uns de ses contemporains; plusieurs des manuscrits et des premières éditions de Vlmitation portent son nom ; enfui la doctrine et les expressions em-" ployées dans ce livre se retrouvent dans les autres opuscules de Thomas. Reproduisant toute celte controverse dès son origine. Monseigneur Malou joint à son récit les pièces justificatives des deux parties adverses, et il en ajoute quelques-unes d'inédites oui lui semblent confirmer d'une manière plus ou moins directe les droits de Thomas A-Kempis. Ce travail est fait avec beaucoup d'érudition; de nombreuses notes indiquent les sources consultées.

Les Allemands se sont en général prononcés en faveur d'A Kempis; un d'eux, Eusèbe Amort, a écrit à cet égard difera ouvrages qu'il intitulait avec quelque présomption : Causa Kempensis victrix^ Monachii, \l^^\Moralis certitudo pro Fen, Thoma Kempertsi,

Gersen a rencontré un avocat chaleureux dans la personne d'un ancien magistrat piémontais, M. G. de Gregori, auteur d'un Mémoire sur le véritable auteur de /'Imitation, Paris, 1827, in-l2, et d'une Histoire du livre de /'Imitation et de son véritable auteur, 2 vol. in-8. Ce savant a de plus donné une très-bonne édition du Codex de advocatia sœculi xni, cum notis et variis lectionibus^ •833, in-8.

N'oublions pas les Gersoniana collectanea deJ. Spenser Smith; Caen, 1843, in-8. (Ony trouve, p. 241-304, un catalogue de 238 éditions de l7mt7a/ton mises au jour en France seulement de 1812 à 1841).

Une longue série d'ouvrages relatifs è cette interminable controverse est signalée au catalogue Van Hulthem, n* 1572 et suiv. Voy. aussi la Dissertation de Barbier sur 60 tra-ductions, Paris, 1812 ; elle indique une centaine d*ouvrages, et cette liste pourrait 6tre fort augmentée; bornons-nous a mentionner les Nouvelles Recherches de M. Guénebauit dans \a Revue archéologiqu^{aoùi 1854) et une lettre de M. de Baecker a dom Pitra dans la Revue de l'art chrétien, janvier 1858.

MM. Moland et d'Héricault, dans un tcavail sur lequel nous aurons à revenir, observent avec raison que, dans l'absence de toutes

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preiiros |>ositive$, il faut tenir compte de cette notoriété imposantequi aattribué 17mtiotion h Gerson , de ces témoignages des inannscrits et des éditions de la seconde moitié du iv* siècle. Cette tradition presque générale en France, acceptée dans d'autres pays, indique assurément que Gerson a participé au moins de quelque manière à cette œuvre immortelle.

M. Parnvia» professeur à TUniversilé de Turin, a publié un mémoire dans le but de reproduire la vieille opinion que Vlmilation est Tœuvrede Jean Gersen, abbé de Verceii ; le chanoine Weigl, M. Kenan, membre de rinstitui, ont partagé cette opinon, tandis

Iue M. Gence a consacré à (lersen dans la 'îographie universelle (tom. XVII, p. 220) un article destiné à montrer qu'il s'agissait là d*un |)ersonnage sans existence réelle.

Quérard dans ses Supercheries littéraires dévoilées^ art. Thomas A Kempis^ donne la liste de 91 Mémoires et Dissertations sur la que.stion de Tauieur de VJmitation.

§ 2. — Ëditions et Iraductiom dé l^Iiuilalionm

On trouvera à cet égard de longs détails dans le Manuel du libraire; nous nous proposons 5eulement d*j' ajouter nuelques indications. La Dictionnaire de Bibliographie catholique otfre également, tnm. IV, col. 297- 309, une longue énumération d'éditions de limitation en diverses langues. L'édition originale du texte latin fut publiée è Augsbourg sans date (vers liTl) per Guntherum Zainer ex Reutlingen; elle est décrite dans la Bibliotheca Spenseriana^ n* 723, tom. 111, p. W5.

Quelques éditions (Brescia, 1485, in-8), s. d. in-8 (Lyon, versl490] sont remarquables, en ce que l'ouvrage e^l imprimé sous le nom de >aiut Bernard.

Lo Repertorium d'Haïn signale, n" 9078- 91H, M> éditions antérieures à l'an 1500; douze sont mentionnées sans être décrites, indice certain de leur grande rareté.

Les bibliophiles recherchent avecempressenient l'édition, sans date, a/^udJo/i. et Dan. Elsevirios; c'est un des chefs-d'œuvre de ces célèbres typographes; de beaux exemplaires se sont pavés de 60 à 120 fr. dans diverses ventes, et même 155 fr. De Bure en

L'édition qui fait partie de la collection Barbou et qui a été revue par Valart(1758, reproduite en 1764 et 1773) est d'une jolie exécution, mais elle n'est pas fort estimée; elle a été l'objet des criticpies d'un savant bibliographe. Mercier de Saint-Léger, dans VAnnée littéraire^ 1788, t. I. Ce texte a malencontreusement été pris pour guide dans la belle édition de Did'ot jeune (1789, in-4, trop incorrecte) et dans celle de Bodoui , Parme, 1792, gr. in-fol.

On fait grand cas de Tédition revue par Gence, Paris ^ 1826, in-8. (Voy. un article de M. Louis Barbier dans le Bulletin dessciences historiques de Férussac,t.VI, p. 325-330)

Nous ne f»ouvons oublier la magnifique édition de l'Imitation , exécutée en

1855 à rimprimerie IiB|)ériale, pour Bgiirtr ft TËxposition de Tindustrie. La tradodioo en vers de P. Corneille est h la suite da texte latin dans cet in-folio de 873 pages orné d'un grand nombre de gravures sur bois, di vignettes et de lettres initiales, imprimées en or et en couleur.

Tout ce que rornementation et la typographie peuvent offrir de pins parfait a été réuni dans ce splemlide TOlume, qui n'a été tiréqu*à 103 exemplaires numérolési la presse et que précède une courte notice due à M. Victor Leclerc, membre de Fliutitut.

Nous reproduirons quelques passages de cette notice, caril esta croire que le volnne qui la renferme, ne sera feuilleté que paru bien petit nombre de nos lecteurs.

« Le premier livre a été soiçneusemeal conféré avec le précieux manuscrit qui, après avoir appartenu è un couvent de Cnartreai, puis à Thévenot, l'oncle du yojageur ei Orient, porte anjourd*hui, dans Tancien fonds royal, le n* 3591, et qui, à la tète de quelques autres méditations religieuses, donne ce premier livre sans nom d'auteur. Il ne s*e<t point trouvé encore (K>ur les trois suivants, <le manuscrit digne de la même confiance; on s'en est tenu alors le |)lu$ ordinairemeot aux éditions du xv* siècle, qui ont du moios échappé aux tentatives hasardeuses de l'esprit de système, soit pour changer le véritable caractère de l'ouvrage, soit poarea corriger le style.

« La division arbitraire par versets, introduite de bonne heure pour donner quelque ressemblance avec TÉcrilure sainte, est pliis fatigante qu'utile, et il a |>aru surtout qu'elle brisait et mutilait beaucoup trop souvent les longues périodes du m* livre. Li grande édition du Louvre, qui n'avait point du tout observé cette division, s'était boruée è celle des paragraphes reprise aussi par quelques éditions étrangères.

« Lorsque l'édition du Louvre était sons i)resse, une grande inquiétude s'empara de dcuxgrandes communautés qui prétendaient que I auteur était de leur ordre; on sollicita, on chercha des protecteurs, on se fit II guerre pour un nom. Le cardinal de Richelieu voulut que l'édition fût anonvme.

« Nous Ci oyons, comme ou l'a déjà conjecturé, que l'ouvrage est de (Uverse:^ mains et de divers temps. Le langage humble et calme du premier livre paraîtrait difficilement l'œuvre de cet esprit plus hardi, plus bmiliarisé avec l'antiquité profane et nai se plaît aux grandes images, aux anapies développements du m* livre, et ni l'une ni l'autre de ces deux parties n'a le moindre rapport avec la théologie savante et subtile dont le IV* livre est rempli.

« Au milieu de toutes ces incertitudes, il y a cependant une opinion qui fut celle de la plupart des éditeurs du xy* siècle, méoa en Italie, et qae nous croirions pouvoir défendre, c'est que l'ouvrage est né eu France. On a essayé d'y recueillir, è travers le latin, un assez grand nombre d'expressioas aile-

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DB BrBLIOLOTilE.

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; pour en composer un Lexicon gern Thomœum^ plaidoyer aussi barbare Litre en faveur des chanoines du dio- Cologne. D'autres y ont cherché des ; italiennes; la môme épreuve appii- Il français (>ourraii conduire à une itre probabilité, puisqu*il ne saurait lestion que d*opinions probables et s de cinq siècles de controverse n'ont airci.

ument ne pas être porté à reconnaître >s locutions suivantes des traces de tin rustique ou même de notre lan- ^aire? leviler est souvent employé cilemenl ou de legier selon Tancienne française, et (évitas pour facilité, habtnt semble traduire : Ils ont de la pro nulla re mundi, pour rien au ; homo proponitf sed Deu$ disponitf e propo^py mais Dieu dispose; pone ortandam crncem^ mets-toi è porter :; vadil et venil^ il va et vient; boire «baissé. N e^t-ce pas tout naturelqu'on a dû exprimer en France par nta devotionisy des sentiments de dé- Aucun de ces gallicismes ne se dans les œuvres du ct^anoine TboiCempis. »

ne traducteur Corneille a dû à son adn pour son texte plus d'une heureuse ion, et dans la longue et difficile ui l'occupa dix années , on peut sourâce à quelques beautés 1 vriques , à es traits d'un magnifique langage, à ninisceaces même de ses tragédies, litre non sans émotion le plus grave lis sublime de nos poètes.

L curieux de ra[)procher quelques- ^s expressions des héros de Corneille l'tains versets de Vlmitatio».

;re devoir et laissez faire aux dieux.

{Horace, acl. Il, se. riii.) in te est, et Deus aderii bouc voluuUU tu».

{Imitatio, capu vm.) oute d'un cœur qui n*a point combaUu.

{Potyaute, act. I, se. m.) ule d*un cœur jusqu'à ce qu'U coiiii>aile- (Jiitif. chap. 12,slroph. 15.)

It d'éditions récentes, nous mentionles suivantes :

, J. Parker, 1848, pet. hi-8, exécuUou tyque 1res- boigiiée.

If, G. Pic'keniig, 4851, ln-l!2; trés-joli von léie duquel la vie d*Â-Keuipis par Cli.

;i, 1851, édition diamant^ en irès-peiits

ÏS.

, 1853, texte revu avec le plus grand soin . Hrabriilia directeur du Mubée cailiulique e.

1 les extraits auxquels V Imitation a lieu, le Delectus Imitationis (Paris, :, 1784-, in -64), se recommande par é; il n'en fut tiré que 30 exemplaires isdu duc de Penthièvre.

ons à ce qui concerne les traduc^

remière édition en français ( cy coî liure trtssalutaire de la ymitacion

l>ICTfONN. DE BlBUOLOGIE.

Jheiu Chriêt et mtêprisement de ce mande)^ Tholose, Uenric Mayer, ltô7, in4, est tellement rare que l'exemplaire conservé à la bibliothèque Impériale est regardé comme le seul qui soit connu. Dans cette version, l'ouvrage est attribué è $ainct Bernard ou mautre lehanGereon^ ainsi que dans la réimpression (avec quelques changements, Paris^ 1493, in-4) décrite dans le second Catalogue des livres sur vélin par Van Prabt, tom. 1*% p. 197.

La traduction (par M. P. P. )f imprimée pour la première fois à Paris en 1621, in-12, est de Michel de Marillac qui fut garde des sceaux sous Louis XIII; on la regarde comme une des meilleures ; elle a été trèssouvent réimprimée jusqu'aucommencement du siècle dernier; une seule édition,' Pam, 1643, porte au frontispice le nom |du traducteur (les lettres initiales M. P. P. signifient, ce nous semble, Marillac, pauvre pécheur). Après avoir été longtemps oubliée, cette traduction a éié remise en lumière par M. de Sacy ( Paris^ Techener, 1854, in-lz, xvi et 491 p.): cette nouvelle édition est très-soignée; il en a été rendu compte dans VAthe^ nœum français^ n** du 6 mai 1854.

C'est au. libraire Jean Cusson qu'il faut attribuer la traduction maintes et maintes fois réimprimée sous le nom du P. Gonnelieu, le(|uel n*a composé que les prières et les pratiques placées dans ce volume qui fut mis au jour pour la première fois en 1673. • L'/mUalton, trauuite par Tabbé de Choisy, Parie f 1692, in-12, a dû l'avantage de faire quelque bruit dans le monde bibliographique a ce qu*une gravure, assez bonne d'ailleurs, en tète du livre, ayant paru prêter à une allusion offensante pour M"* de Maintenon, Tédition fut saisie et la gravure remplacc^e par une croix grossièrement tail* lée en bois. (Voy. Babbibr, Dictionnaire des Anonymes^ t. H, p. 160; J.-Ch. Bbunbt, ifonuel du libraire.)

Les exemplaires rendus au commerce sont loin d'être communs , mais ils n'ont aucune valeur.

M. Ch. Nodier dit n'en avoir jamais vu que deux dans leur état primitif. 11 en possédait un qui, h sa vente en 1844, s'éleva au prix de 100 fr.; c'était un volume à la reliure ordinaire de M*** de Mainienon en modeste veau brun , timbré sur les plats d'une riche croix dorée. Observons en passant en faveur des curieux que la croix des livres de M"* de Maintenon se distingue de celle qu'on remarque sur les livres de Saint-Cyr par l'ornementation. Elle est semée de fleurs de lis sur le pal et sur le bras ou croisillon; la base du ()al et les deux extrémités du bras ont pour chef une demi-fleur de lis, et la partie la plus élevée est surmontée d'une couronne ; la croix des livres de Saint-Cyr est lisse, unie et sans ornements d'aucune espèce.

La traduction de Beauzée est celle qui a reparu dans le Panthéon littéraire.

Nous renvoyons d'ailleurs à la curieuse Dissertation d A. A. Barbier, sur 60 traduc-

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tians françaises de l'Imitalion^ Paris, 1812, in-12, (Voy, aussi la Revue encyclopédique^ el un article de M. H. de Launay dans le Bulletin du bibliophile^ 12* série, p. Hl.)

Quant aux traductions en vers, elles sont assez nombreuses, mais aucune n'a conservé quelque vogue; une seule est encore soustraite à Toubli, grâce au nom de son auteur, celle de Pierre Corneille

Bien peu lue aujourd'hui et diflficile à lire do suite, elle a pourtant de beaux endroits qu'on y découvre avec plaisir, et, comme le remarque M. Sainte-Beuve (Por/-J?o|^a/, l. I, p. 15i), on pourrait en détacher quelques pages où reparaît la touche aisée et large du poëte (1^2). L'édition originale de celte traduction, Aouffi, 1651 , ne contient que les vingt premiers chapitres du livre V; elle est très-rare ainsi que la seconde partie, datée de 1652, et contenant les cinq derniers chapitres du i*Mivre, et les six premiers du second. 11 y a plusieurs autres éditions sous la date de 1653 et da i^ï. Celle de 1656, )n-4, 551 pag., est la première des quatre livres réunis; elle reparut eu 1658 avec un titre rajeuni.

L'édition de 1673, in-16, se recommande par de jolies gravures imprimées dans le texte en t^te de chaque cha^ûtre.

Quelaues exemplaires de celle traduction ont dû a d'anciennes reliures élégantes de s'élever récemment à des prix excessifs; en 1853, à la vente De Bure, on a |iayé 700 tV. un exemplaire de l'édition de 166à aux armes d'Henriette, reine d'Angleterre, et 500 fr. l'exemplaire de l'édition de 1690 qui avait appartenu au duc de La Vallière.

Des détails sur ces éditions primitives et sur les réimpressions se lisent dans le Ma^ nuel du bibliographe normand ^ t. 1, p. 279. La traduction doni il s'agit fait partie des OËuvres de Corneille, tome XUl de l'édition de Palissot, 1801, t. Xi de celle de Renouard, 1818; tom.Xde celle de Lefebvre, 1856. Celte dernière contient quelques lettres curieuses de Corneille adressées à un Génovéfain, le P. Bouland , au sujet de Tauteur de l'imi/alion (ju'il pense être Thoaias A-Kempis.

Une traduction en hébreu, par J. Muller, Francfort^ 1837, in-12, se borne au premier livre.

La traduction basque, imprimée è£ai/onne en 1769, a éié payée au prix fort élevé de 160 fr. h la vente de M. Francisque-Michel en 1858.

Dne édition dePau, 1757, in-12 {ki^ pages), parait ne pas avoir été indiquée par les bibliographes qui se sont occupés de la langue basque. Nous en avons vu une dans le dialecte souletain, imprimée à Oléron^ 1838, in-18; elle est d'un anonvme.

Nous connaissons aussi une traduction en catalan, Perpignan, 1678, in 8, et une en groenlandais, Copenhague^ 182^.

Quant h la rarissime version en valenciana lingua par Michel Pervz (1^91, in-4,

107 fts), c'est, diaprés une note du catalogue Libri le même ouvrage que le Juan Genn del Monyspren del mon (payé 6i fr. à ladite vente).

La traduction arabe, Halle^ 1738, est décrite eu détail dans le catalogue Silvestrede Sacy, n' 1373.

Diverses singularités biblio^raphiqaesse rattachent au livre de VimitaUan;\\ fut mis en chronogrammes par le Jésuite Antoioe van den Stock, Ruretnondœ^ [jet. in*8, lâp. Dans ce travail bizarre, bien inutile et qui a dû réclamer beaucoup de temps, chaque ligne donne en lettres majuscules le chiffre 1^58, daiede la composition. L'auteur daos une courte préface (aVthoris aD LeCtora prœMonltlo)^ dont le titre donne aussi ce nombre, explique qu'il a été conduit à ce travail dans l'idée de mieux fixer dans II mémoire des préceptes utiles et sacrés. Le premier paragraphe, qui n*est pas le plus mauvais, donnera une idée de cet opuscule:

Glirislo aDliacrens non aMWVIat In lenebrls. Clirisil Mores aUenDe, el seqVi Laborai, Va liiienie senties LVMeii CorDls.

Freq Venter McDliare Clui^ti Labores.

Le titre lui-même est rempli d^ana* grammes :

De tvlrliùLl IMhailone Chriêil^ ADMonliIoiieê sa Crœ et Ytltes^ PlJi In LVCeM Dttiœ.

§ 3. Vhuernelle Consolacion.

Cet ouvrage divisé en trois livres a^ qoaot au fond des idées, une telle analogie avec Vlmiiation^ qu*on ne saurait douter que Tauteur de Tun de ces écrits n*ait eu Tautre sous les yeux. On a émis ropinion que les deux livres pouvaient être sortis de la môme plume, mais tout est encore couvert d*obscurités à cet égard.

La première édition parait être celle imrimée à Paris chez Jean Dupré (vers 1486); es réimpressions sont nombreuses; le Manuel en signale cinq ou six; nous avons noté celle de Lyon,}, deTournes«1556,in-16 (25 fr. vente Goste) ei Paris, i. Ruelle, 157i in-16 (50 fr. vente Veinant).

Une édition nouvelle du livre de Vlnternelle consolacion avec une introduction et des notes par M. L. Motand et Ch. d'Hericault, a paru en lh56 dans la Bibtioihèjue elzevirienne de M. Jannet. L'introduction contient 102 pages; elle mérite d*6tre lue; eiledévoloppe surlacomposition du livre de Y Imitation, sur la forme nouvelle qui! prit, une théorie nouvelle.

« Ce n'est fias là une œuvre individuelle produite tout entière h une date fixe, dans r es))ace d'une vie humaine. Il est facile d*/ reconnaître une œuvre qui s*est lenleroeiit et progressivement déveIop|>ée ; Fouvra^se fait corps, il est vrai, il est coordonné dans son ensemble, mais Tordro est peu res^iecté d.ms les détails; le même sujet, plusieurs fois repris, se répète d'un livre à l'autre:

(142) Nous rei|[reUons de ne pouvoir indiquer ici l'influence de VImUaiion sur le génie de ComeiUc.

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DE BIBLIOLOaiE.

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on y sent des redondances un peu confuses, des interpolations successives. D'ailleurs, s! le cadre subsiste, il est au fond des choses, Dullemenl dans la forme; touies les lignes, pour ainsi dire, se sont effacées ; point de transitions, chaque livre forme un trailé spécial; chaque chapitre présente une courte inslruction complète; les paragraphes, les vorsets se dessinent en relief et offrent un sens par eux-mêmes.

« Le livre do T/rniV/z/ion s*ébaucha pendant tout le cours du moyon âge dont il devait résumer Tidée dominante, la pensée religieuse et le sentiment chrétien. Il 8*acheva et exista défniitivttment dans son ensemble, suivant Tâge approximatif des llusancionscnanuscrits, h la fin du xiv' siècle ou dans les {>remières années du xv*. C'est alors que Je livre loonastiqiie devint un livre |>opulaire : VInUrnelU consotacion^ c'est bien une traduction de VlmitatioChrisii^ tuais en même temps c*est une œuvre originale. Elle a vécu pendant près d'un siècle et demi d*une existence indépendante è côté du livre de Y Imitation^ shws se confondre avec lui, ni avec les autres traductions fran- Ç'<ises, ayant sa renommée distincte, son influence à part.

« Moins nerveux, moins précis que le latin, le français est supérieur par la grâce et la naïveté. Le sentiment s*yemj»reint avec une douceur plus pénétrante, les élans du 4MJBur vers Dieu s*y expriment avec une vivacité et une suavité de paroles dont notre vieux langage, bien mieux que le latin, avait le secret; le livre monastique a passé par une âme plus tendre et plus délicate, plus triste aussi, ayant mieux goûté la solitude.

« On ne peut supposer que la version latine et la version française soient d*nn même auteur et d'une même main. Un cert«iin nombre de contre-sens ou de différences de sens qui se trouvent dans le français serait difficile è expliquer si l'on admet un auteur unique qui aurait dû comprendre et comprendre de même cequ'il écrivait en latin.

Le Correspondant, dans son numéro du S5 novembre 1858, page 603, parle de l'édition de Vlnternelle consolacion que nous venons d'indiquer, mais il ne partage pas les vues nouvelles des éditeurs : « Ils ont imaginé un système qu'ils appuient sur des raisonnements bien subtils, sur des rapproctienaents inattendus. Vlmitation ne serait plus l'inspiration directe d'un homme, mais relie du moyen âge tout entier. Gerson et A-Kempis n'auraient été que de simples arrangeurs ; mais il suffît de lire Ylmilation pour repousser ce paradoxe. Du premier rhapitre au dernier, tout se lie, tout s'ent'halne;du commencement à la tin le même souffle anime etvivifielesquatre entretiens.»

L'estimable publication mensuelle que nous citons rend d'ailleurs toute justice à Vlnternelle consolacion : «. Livre délicieux, imprimé avec un soin rare, enrichi de notes précises et justes. Quand on lit les trois li« vres de Vlniemelle consolacion, on éprouve une joie émue & entendre cette langue fran-

çaise qui devait bientôt exprimer tant de choses éloquentes, et pour ainsi dire, parler tant de chefs -d'oeuvre, bégayer déjè, dans son berceau, ce chœur de l'amour divin et du détachement universel, destiné à devenir la consolation des siècles blasés. »

§ 4. — De quelques ouvrages du moyen âge qui te rapprochent de Vlmitation,

Nous n'avons pas l'intention de signaler ici les nombreux ouvrages de mysticité chrétienne qui, composés à des époques de foi, sont dignes de toute l'attention des âmes |)ieuses, mais nous indiquerons l'introduction placée en tête de celte édition de l'/nlernelle consolacion qui vient de nous occuper comme appréciant des productions très-remarquables.

D'abord se présente le Sotiloquium d'Hu* gués de Saint-Victor qui, dans sa traduction française : Des erres, ou des Arrhes de Vespouse,esi véritablement un des ))récurseurs de flnternelle consolacion. C'est un dialogue entre Hugues et son âme: il existe parmi les manuscrits de la bibliothèque Impériale.

On peut mettre en regard de V Imitation des passages du beau livre : De spiritu et anitna, composé au xii* siècle par Isaac, abbé du monastère de l'Ktoile en Poitou; ce trailé remarquable, tout pénétre de l'esprit de saint Augustin, est inséré dans In tome VJ de la Bibïiotheca Patrum Cistercenstunt.

On remarquera surtout le chapitre 11 :

Quel est le vrai bien de l'âme; le chap. 3h: Comment l'àme s'égale à Dieu par Camour; Je chap. H : Sur la connaissance de soi» même, et la science de sa propre faiblesse.

Guillaume d'Auvergne a droit à l'altenlion par un trailé de la prière intitulé : RhetO'-rica divina; il fut traduit au xv* siècle seulement par Nicolle Sellier (manuscrits de la bibl. Impér.j. Gerson dit avoir « /eu de ce très excellent docteur, qu'iJ aifermoit que les povres et les prisonniers lui avoient apris a prier Dieu. »

Saint Bonavenlure,le docteur Séraphique, est de tous les écrivains mystiques celui qui est le plus près de V Imitation. Nul n'a possédé plus que lui la science salutaire, celle qui féconde le cœur en même temps que l'esprit et qui fait naître la )>iété dans les âmes. Les plus beaux livres du saint docteur, la Collatio de contemptu mundi, le Soliloquium, Vltinerarium mentis ad Deum, restèrent au moyen âge sous leur forme latine; le Stimulus amoris et les Meditaiio-' nés vitœ Christi furent au contraire souvent traduits.

Au XIV* siècle, paraissent le Franciscain Ubertino de Casai qui a fait YArbor crucifixi Jesu; J. Husbroeck, l'auteur du traité : De ornatu spiritualium nuptiarum ; le docteur illuminé, J. Tauler, l'auteur des Institutions divines et d'autres écrits qui ne sont pas oubliés. Malgré leur importance, ces ouvrages ne trouvèrent pas, è cette épo* que, d'écho dans la langue irançaise. Le livre d'origine étrangère, qui pénétra lep^

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tôt chez nous c*est un traité intitulé : VBorloge de Saoience, composé en allemand par Jean de bouabe, mit» en latin par Henri Suso» et traduit en 1389 par un Franciscain de la maison de Lorraine. Cette version fut imprimée è Paris en 1^93.

N*oubiions pas une femme peu connue, Ame d*éli(e, Marguerite de Duyn, prieure de la Chartreuse de Polentin, morle vers 129^. Cette religieuse a laissé des Méditations dont la bibliothèque de Grenoble possède un manuscrit provenant de la Grande-Chartreuse; M. Victor Leclerc en a parlé dans Vltistoire littéraire de la France, t. XX, p. 309 et suiv. De vives et pieuses émotions se prolongent

{>endant tout le cours de Touvrage avec brceet clarté. « Jusqu'à la fln se succèdent les prières ardentes, les élans do la foi et de ]*amour, toutes ces hautesinspirations dont se composent, dans les écrivains ascélinues Jes élévations à Dieu.L*amourde Dieu, la sainte résignation, la soumission profonde, la cha-» rite, Tespérance s'y expriment comme dans les auteurs contemnorains do saint Augustin ou de Fénelon. Le latin, cette langue universelle du christianisme, est employée dans ces pages à revêtir des pensées universelles aussi pour tous les temps et tous les lieui.

«Nous avons été frappé de Texpression au^si touchante que simple des sentiments d'une Ame qui a renoncé au monde pour se dévouer à Dieu : Cor meum nunquam erit in bontt pace, donec sciam te amare ex toto corde meo. Non est res toto isto mundo quam ego tam desiderem. Domine dulcis^ ego reliqui patrem meum, et matrem meam, rt fra~ très meoSf et omnia hujus mundi, propter (tmorem tui, Sed hoc est valde parum^ quia deliciœ hujus mundi non sunt nisi spinœ pungentes^ et qui plus habet de eis plus habet de infort unio. Et propter hoc non videtur mihi quod dimiserimnisi mismam et inopiam. Sed tu sm. Domine dulcis^ quod si haherem mille mundos et possem ex omnibus uti ad meam voluntatem, omnes dimisissem propter amorem /ut, quia^si daresmihi quidquia habes in calo et in terra^ non tenerem me con-tentam nisi te haberem,

« Des pensées sur Tineffable grandeur et les bienfaits infinis du sacriGce divin se terminent par un tableau assez animé du dernier jugement où Tauleur a profité heureusement des Evangiles comme l'ont souvent fait les sermonnaircs, et par de nouvelles invocations au Dieu puissant et bon qui accorde de si grands biens à ses fidèles sur cette terre, et leur en promet de plus grands encore dans une autre vie.

« Cette humble recluse s'exprimait en latin avec plus de correction et do netteté qu*un grand nombre de ses contemporains; son instruction était étendue, et pour elle toutes ces ressources de Télude et du savoir ne furent qu'un moyen d'exprimer souvent avi»c grâce et avec force la piété la plus alTectueuse et les pensées les plus nobles. »

On ne saurait allirmer d*uno façon posiîive que Gerson soit l'auteur de V Imitation^

mais parmi les écrits inoonlestablement sortis de la plume de cet illustre docteur, ileo est oui ne seraient point indignes d*étre placés a quelque distance de l'admirable production anonyme. Au premier rang des œuvres françaises de Gerson se plare le traité intitulé : la Montagne de contemplacion. Le but de cet ouvrage remarquable est de conduire les Ames ignorantes par les voies de l'humilité, du recueillement, de la charité et de la prière. Le style simple et clair est d'un tour facile et rapide, ee^t le meilleur langage du xv* siècle.

A sa suite on peut placer le Traité de la Mendicité spirituelle, qui, quoique distinct et indépendant, peut être considéré comme le complément de la Montagne de contem'

f)lacionei qui lui est supérieur par la cliaeurdu sentiment, par l'élan et Tinspiratton. « Cette forme dialoguée qui donne un mouvement si vif ft ces hommes de la solitude intérieure, ces situations diverses de l'Ame qui parle tantôt comme si la grâce divine lui faisait défaut, tantôt comme si elle venait d'en recevoir les consolations, ces iniocations h Dieu, ces plaintes et ces requêtes à Notre-Dame, aux anges et aux saints; tout cela fait un livre plein de verve, d'entraînement et de ferveur sainte. En revanche, l'expression est moins simple et moins pure, le style moins sobre et moios .^utenu, et à côté des belles pages, on en trouve d'autres gâtées par cette affectation qui est le défaut capital de Gerson. Mentionnons encore le Dialogue spirituel enire Gerson et ses sœurs^ publié très-incorrectement par EUies Dupin, et la belle Méditation sur la passion et la mort de Notre-Seigneur Jésus-Christ, que M. Thomassy a imprimée à la tin de son excellente biographie de Gerson. Ces ouvrages suffisent pour placer le chancelier de Notre-Dame non-seulement parmi les maîtres les plus sages et les plus doux de la vie intérieure, mais encore parmi les écrivains les plus remarquables de notre littérature au xv* siècle, v

Les compatriotes et contemporains d'A- Kempis, Rusbroeck, Harphius,Gorlieus mériteraient d'être signalés ici, ce dernier surtout à cause de son Ignitum cum Deo 5a/i- /oouium, qui, publié h Cologne en 161^ a été plusieurs fois réimprimé et dont il existe des traductions en flamand, en Irançais, en italien, en es|)agnol, mais cette étude sortirait du domaine de la bibliographie.

IMPRIMERIE. — Dans un Dictionnaire tel que celui que nous avons entrepris, Tarticle consacré à Timprimerie sera nécessairement un peu long; nous nous etforceroos toutefois de ne dire que des choses utiles.

Un auteur anglais, jouissant de quelque réputation, d'i^racli, cité par M. Fournier {le Vieux-neuf 9 1. 1, p. 5), croit que les Romains connurent l'imprimerie, mais n'en voulurent pas. Leur puissance se fondant, comme celle des autres ci vilisationsantiques, sur une sorte d(i monopole aristocratique de toutes chosos, surtout de la science e( des lumières, ils craignirent, selon Téfri-

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DE BIBLI0L06IE.

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▼aio anglais, une invenlioii qui leur paru! dangereuse. Bien qu*ils n^eussent qu*à tendre la main pour la tirer du néant, ils Vy laissèrent. M. de La Borde a combattu cette f)ensée ( Début de ^imprimerie à Strasbourg^ 1840, p. 14, note) ; elle est pourtant fort ÎDffénieuse.

Nous n'avons pas è retracer ici les débuts Je la typographie; nous en avons dit quelque chose dans quelques articles précédents (CosTBR, FusT, GuTRNBBnc). Nous réservant d'indiquer divers ouvrages dans lesquels ces questions sont amplement traitées, nous parlerons avec quelque détail des livres antérieurs à Van 1500 dans Tarticle Incunables que nous plaçons h part; nous nous contenterons de dire que bien des tortures sont réservées aux bibliographes qui essayent de débrouiller Thistoireet les progrès de l'art typographique.

ndépendammeni d'une foule de livres qui ne sont point datés, qui ne portent ni le nom de la ville, ni celui du typographe, les noms des imprimeurs sont souvent travestis, selon ru2>8ge du temps, sous des formes l^recques ou latines; par exemple SchoëtTer devient Opilio; Hans se change en Gallus^ Lichtenstein en Levilapis, Flach en Simus^ Klein en Parvus.

Il arrive maintes fois que les imprimeurs, taisant leurs noms, se bornent à se désigner })ar leurs prénoms auxquels ils ajoutent la uésiffoation de leur contrée ou de leur ville natale. Nicolas Genson a souvent signé iVîcolaus Gallicus, Il n*est pas rare que le typographe ait un titre honorilîque, tels que Magister^ Prudens^ Providus^ etc.

auvent la ville désignée est accompagnée d*une é|Mthète llalteuse; Mayence est qua- ]iGée de aima owapud nostros majores aurea dicta; Rome reçoit le litre de Mundi regina et dianatissima imperatrix; Nuremberg est appelée celebratissimum oppidum : Cologne est surnommée sancta ou /e/ij?, etc.

Dans cet aperçu sur les débuts et les pro-

{(rès de l'imprimerie nous commencerons par a France.

Le premier acte administratif qui fasse mention de la découverte de i^imprimerie sont les lettres de naturalisation accordées par Louis XI, en février 1474, aux trois premiers imprimeurs établis à Paris, « gens allemands venus pour faire livres de plusieurs manières descriptures. » Le 21 avril 1475, ce monarque accordait des lettres semblables, portant exemption de droit d'aubaine, à Conrad Uanncquin et Pierre Schoiffer de Hayence, et ce en considération do la peine et labeur que « les dits exposants

(Ii5) Les premiers livres imprimée à Paris, cimuiie toi» ceux «le celle époque, présentent des imperfections qui leiiaienl en partie à rimitaiion que Ton voulait faire des manuscrits. Les presses ne possédaient pas alors la précision et la solidiié nécessaire pour donner un tirage parfuiienient égal ; SHisai remarque-l-on dans les livres de cetic ëpo(|uc dii^i luuih à demi imprimes que Ton a termines à

ont prins pour ledit art et industrie de Timpression et au profit et utilité qui en vient et peut en venir à toute la chose pu-* biique tant pour l'augmentation de la science que autrement. »

Charles Vlll ne paraît pas avoir pris de disposition relative h l'imprimerie, mais une déclaration rendue sous son règne en avril 1485 porte que les vingt-quatre libraires de rUniversité ne trouvant point d'ouvrouer à vendre livres^ cumulaient avec leur commerce Texercice de divers autres éiais.

Louis XII, dan« sa déclaration du 9 avril 1513, a rendu un hommage éclatant h la découverte de l'imprimerie. 11 étend, il confirme les privilèges des libraires, relieurs, enlumineurs et ce « j)our la considé*' ration du grand bien qui est advenu en nostre royaulme, au moyen de Part etscienee d'impression, Tinvention de laquelle semble estre plus divine que humaine ; laquelle, grftce h Dieu, a esté inventée et trouvée de nostre temps par le moyen et industrie des dits libraires, par laquelle nostre saincte foy catholique a esté grandement augmentée et corroborée , la justice mieux entendue et administrée, le divin service plus honorablement et curieusement faict, dict et célébré. »

Trois ans plus tard, en octobre 1516, François 1" confirmait le.s privilèges accordés en 1513. Des mesures rigoureuses furent adoptées en 1534 par suite de Tabus que les hérésies nouvelles faisaient de Timprimerie, atin de propager leurs doctrines, mais ces circonstances, ne se rattachant pas à l'origine de la typographie, ne doivent pas nous occuper en ce moment.

Nous avons déjÀ dit à Tarlicle Fichbt, que ce docteur de Sorbonne fit venir à Paris troisAll6mands,Crdniz,FriburgeretGeriDg, et qu'ils inaugurèrent leurs travaux par ri m pression des Epistolœ Gaspuri,

Il y a lieu de croire qu'en 1477 Crantz et Friburger se retirèrent, et Gering resta seul à Paris pour diriger Timprimerie qu'ils avaient fondée (143) les premiers.

£n 1483, il alla loger rue de Sorbonne, et il s'associa avec Guillaume Maynial et Berthold Kembolt pour Timpression de plusieurs ouvrages. On dut à cette dernière association Timpressioti d'un Missel Pari* sien,1497,in-fol.,exécuté pour Simon Vostre.

En 1509 Gering devenu fort vieux renonça à l'imprimerie; il y avait réalisé use certaine fortune qu*il légua moitié au collège Moniaigu, moitié à la maison de Sorbonne. Il obtint dans ce dernier établissement sou logement à vie dont il profita peu, car il mourut le 23 mars 1510. Une ancienne gra-^

la main; quelques titres sont restés en blanc faute de caractères ; il n*y a point de lettres initiales imprimées au coinmen<!enienl des livres et chapitres; la place en était réservée pour les peinitre en or ou en couleur. Beaucoup de mois sont abrégés coininc dans les manuscrits, mais ce qui conslitue la soliilité et la durée des livres, Tencrc et le papier», ciaieni licià U*udc cv'^'AiiV.ê ^v\^\\v>\\^

DICTIONNAIIIE

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