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JEAN DE COLOGNE. — Imprimeur qui s*établit k Venise au xv* siècle» et se fit remarquer par son activité, li donna aux caractères une forme plus régulière et plus gracieuse, et sous le nom de typi venett^ ils se répandirent dans toute Tltalie. Ce'typograpne s'associa vers 1473 à Vendelin de Spire, plus tard k Jean Mautbem, et enfin à Nicolas Jenson. Il donna des éditions estimées d'un grand nombre d*anciens classiaues : PlauU^. Térenee^ Cicéron{Jh finibus)^ Quintê'Curee^ Tacite^ Plutarque^ AppieUf Eusibe^ etc.
Le Valire-Maxime mis au jour en 1474 est le premier volume imprimé k Venise où se trouvent de petites lettres capitales et des signatures. Jean de Cologne travailla de 1471 k 1487.
JEAN DE SPIRE. — Imprimeur distingué de la seconde moitié du xv' siècle; on ne connaît aue son prénom auquel fut joint le nom de sa ville natale. Il est le premierqui ait introduit la typographie k Venise, ville où elle devait devenir si active, et il paraît avoir débuté par une édition des Episithlœ de Cicértiïiadfamiliares. C'est un in-foiio, daté de 1468 , en beaux caractères romains. On trouve des fac-similé des caractères dans les ouvrages de M. A. Bernard, pi. XIII, et Falkenstein, p. 213; un exemplaire fut payé 415 fr. k la vente Bearzi en 1855. Le Musée liritannique possède- deux exemplaires sur papier (aont run fonds Cracherode),et un sur vélin, collection Grenville. L'exemplaire sur vélin payé 1320 fr., vente Mac-Cartby, fut acheté par lord Spenser. La même année Jean de Spire mit au jour Tédition princeps de Y Histoire naturelle de Pline; elle est pleine de fautes, mais très-précieuse sous le rapport du texte, parce qu'elle reproduit un manuscrit du x' siècle. Quoiqu'il paraisse que ce beau volume n'ait été tiré qu'k cent exemplaires, il n'est pas aussi rare que d'autres éditions de la même époaue. Il se trouve chez lord Spenser, au musée Hunter kGlascow, au Musée britannique (fonds Cracherode), dans les collections Grenville et Standish. Deux exemplaires sur vélin sont dans les bibliothèques impériales de Vienne et de Paris. ( Voy. Van Praet, Catalogue des livres sur véîin^ t. III, p. 49.)
En 1469 Jean de Spire donna une seconde édition des Epitresde Cicéron;il avait ra-. pidementécouTéla première. Le Manuel du tibraire ne signale aucune adjudication de ce volume que nous trouvons dans nos notes, commea^ant été adjugé k 71. st. 10 k une des ventes Libri k Londres, et k 405 fr. vente Henouard. Un privilège accordé k Jean de Spire par le gouvernement vénitien, le 18 septembre 1469, lui donne de grands éloges et lui accorde d'être pendant cina ans le .seul imprimeur qui puisse exercer k Venise. (Voy. dans les Origines de l'imprimerie |>ar M. A. Bernard, t. II, p. 176, ce document déjà publié par Morelli.) Il mourut fort peu
de temps après, laissant inachevée uoeé lion de la Cité de Dieu de saint August qui fut achevée par son frère Vendelio Spire.
JEAN DE WESTPHALIE. — Cet imi
meur né k Paderborn mérite un rang tinçué parmi ceux du xv* siècle. Il s'to k Liège, et il publia en 1474 et 1475 un « grand nombre de volumes recherchés bibliopbiles.On distingue surtout Cicere Claris oratoribus^ 1475; Virgilius, 1476; vendis eiPersii Satyrœ^ 1475. Falkensti p. 256, donne un fac-sîmile de la sous ution du Repertorium in jure canonict Jean de Milis, 1475; elle est exécutée! des caractères qui senties mêmes que c de Thierry Martens k Alost, et qui sont d'oifrir la régularité et les formes heurei de ceux qu'on employait dès cette époqof Italie.
JENSON (Nicolas). — Célèbre impria duxv* siècle; il était graveur de la moni de Tours, lorsque, d'après les ordres Louis XI, il dut se rendre à Mayeoce, 1462, aOn d'étudier les procédés de l'art i veau qui attirait rattention de tous les prits éclairés. Des motifs sur lesqueb manque de renseignements bien préci déterminèrent k se retirer en Iiahe;il tablit k Venise et y trayailla avec actif Il n'est cependant pas exact de prétem comme on Ta fait plusieurs fois, qu'il ait le premier qui ait imprimé dans cette ci Jean de Spire l'y avait précédé, et la date 1461, portée sur le Décor puellarum^ esto nimement reconnue comme étant le résu d'une erreur. Il fut le premier qui reno aux caractères gothiques ou semi-goi ques, aûn d'employer des types dits roiDi ou antiques, dont'le modèle lui fut fod par des manuscrits anciens. Il crut toute! devoir se conformer k des habitudes \nU rées en conservant l'impression gotbiq lorsqu'il publia la Bible et des ouvrages théologie ou de droit. Le savant Oiuniboi Leoniceuus travaillaitcomme correcteure Jenson, et le pape Sixte IV témoigna sa tisfadion k cet illustre typographe en fi vaut k la dignité de Cornes Falatinus. K donnons l'énumération par ordre alpba tique des principaux volumes sortis de presses et remarquables pour la beauté Teiécution et pour la correction. Elle t brasse une période de douze années, fJ k 1482.
Bruni (Leonardi), D^ belb Italieo^ 1471, ia- (Edition rare et d'une belle exécution.)
Csesaris Commenlarit, 1471, in -fol. (Volume | cieux, quoique ce ne soit pas l^édition prineepi César.)
Cloeronis Rhetoricorum libri /F, 1470, in-l. (I belle édition princeps de cet ouvrage du oéli orateur romain. ) — Kpistolœ famitiaru , tl iii.4. -. tjiie autre édition. 1475, iii-4. — Ta laiiœ Quœsttones^ 147i, in-4.
JOU
DE BIBLIOLOGIE.
JOU
/tu<- iVepos, i47f, iii-4. (Edition princeps.) pueliarum, li71 (la dale de 4401 est er- -* Malgré sou titre latin, cet ouvrage est •n ; il est fort rare et s'est jadis adjugé de )0 fr.; un bel exempt, a été payé 415 ir. à la ibri en 1847, n° 2490.
nis Laertii Vitœ philoiophontm^ 4475, in-fol. re édition datée de la traduction d'Ambroise ildule.)
lius, De Prœparatione evangelica, 4470, inition originale de la traduction latine de de Trébizonde.)
is (Aulus), Nocte$ Atticœ^ 4472, in-rol.(Trè8. ition.)
I Mulierum, in-4. Livret italien'de 45 feuilne porte aucune indication , mais les caracnt les mêmes que ceux du Deeor puellarum.) ni (J. B.) , Regulœ frammaticales (absqne i-4.\0n a émis l*opinion que ce volume était ier essai typographique de Jenson , on y lit du moins ses caractères.) Rti<, 1470, in Toi. (Belle édition.) ichi VUœ^ 4478. (Le latin seulement.) itiunus, 4471, in fol. (Belle édition. I«alken- >. 214, donne un fac-similé de la souscri*
îonts libri XXVII, 4471, in 4. (Traduction Tun médecin arabe.)
ns. De titu orbite 4473, in-4. (Première et Ition datée; 70 fr. \en(e Giiaud et parfois ler. On en connaît trois exemplaires sur
Jlii (J.) Commeniarii grammalicif 4474, in« -ès-belle édition ^
(L.) Deeleganlia UHguœ latinœ^ 4474, in-4.) lias, 1475. in-fol. Belle édition; 585 fr. lenouard en 1854. (Un excmpl. sur vélin, é à la bibliothèque de Darmsiadt, esi décrit secimd Catalogue de$ livre* sur véHn par Van L. Il, p. 51.)
A* Bernard dans ses Origine* de fim* ie et la Biographie générale publiée ^1. Didot 9 dounent au sujet de Jenson tails étendus que nous n^avons pas à
BNAUX. — L*histoire de Torigine et veloppenients de la presse pério^lique on travail très-considérable et plein et, mais nous n*aYons pointa nous en îr ici. Nous devons nous en tenir à sr rapidement les publications pério- \ les plus utiles pour la science des ou devant à quelques circonstances eur d*avoir |)articulièreiuent ûxé Tat- 1 des amateurs.
Journaux bibliographiques qui donrdinairement une fois par semaine, ou jie fois par mois, la liste de toutes les allons nouvelles, ont une importance » puisqu'ils font savoir aux hommes e et aux travailleurs Texislence de
peut les intéresser. La Bibliographie ie de la France^ si longtemps rédigée Beuchot, par.itt régulièrement chaque i depuis 1812. Le Bibliographie de ue commencée en 1838 , le Pubtishers ar en Angleterre répondent à des hedu même genre; l'Italie, la Hollande, gne, la Suède possèdent aussi de ^6m- 8 productions. Elles bont naturelt nombreuses en Allemagne où le lom*
de la librairie déploie une activité
toute spéciale ; VAllgemeine Bibliographie fur DeusUhland^ entreprise en 1836, est peutêtre ce qu'il y a de plus complet en ce genre.
Le premier journal critique, publié eu latin, parut sous le titre d^Acta eruditorum. Indépendamment du compte rendu des livrt's nouveaux, il entretenait ses lecteurs des découvertes scientitiques et du progrès des sciences physiques et mathématiques. 11 commença è paraître en 1681 à Leipzig où il avait pour rédacteurs divers professeurs de rUniversité, et il fut publié en cahiers mensuels de format in-4. Le premier directeur fut Otto Mencke, lequel étant mort en 1707 eut pour successeur son lils et en 1732 son petit-flls. irabord rédigé avec habileté, ce journal Qnit par perdre de son mérite; Tusage de la langue latine dans le monde savant tombait en désuétude, et le dernier cahier vit le jour en 1776. Une traduction française entreprise en 1G85 et publiée k La Haye n'eut pas de succès; il n*en fut donné qu un volume in-12. En 1731, Touvrage modifia son titre et prit celui de Nova Acla. Ia première série comprend 50 volumes et 10 de supplément, un étant publié tous les cinci ans. La seconde série renferme aussi quelques suppléments et des tables; ce qui fait qu*une collection complète doit se com- |>oser de 117 volumes.
Peu de périodiuues ont è coup sAr une vieillesse comparable à celle du Journal des SavaniSf fondé en 1665 par Denis de Salb»; il fut accueilli avec faveur, imité et traduit en divers pays. On lui reprocha une trop grande sévérité dans la critique. Des auteurs dont rignorance était dévoilée, des plagiaires livrés è la risée, poussèrent les hauta cris. Au bout de trois ans, Sallo harcelé de toutes parts renonça à son entreprise; elle fut reprise i>ar Tabbé Gallois qui usa de plus de ménagements. Il se contenta de donner les litres des ouvrages nouveaux en y joignant des extraits; le puldic regretta la vivacité de Tancienne critique, mais en Oépit de bien des objections le journal put se maintenir et étendre son cadre.
Interrompu sous la première République et sous rSmpire, il paraît depuis 1816 en cahiers mensuels, et sa rédaction est confiée à des membres de Tlnstitut ; il est fort rare que des articles émanés de personnes non appartenant è ce corps y soient admis.
Le Journal en question a compté parmi ses rédacteurs les orientalistes, les arthéo« logues les plus instruits que puisse mentionner rérudition française. MM. Abel Rérausat, Silvestre de Sacy, Lelronne, Raoul Rochette, y ont beaucoup écrit. Aujourd'hui il compte parmi ses rédacteurs MM. Cousin, Barthélémy Saint-Hilaire, Littré, etc.
Selon la disposition d*esprit et le cours des études des rédacteurs, on a vu la physionomie du journal se modifier de temps è autre.
Un laborieux personnage, Tabbéde Claustre, lit paraître en 10 vol. in-4 (17531764) une Table générale des matières contenues dans le Journal des Savants depuis fan tOCS
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quil a commence jusqu'à 1750 inclusivement, avec le nom des auteurs , les titres de leurs ouvrages et l'extrait des jugements qu*on en a portés. l\ n'existe pas de tables pour les années 1750-1792.
M. H. Cocheris a publié en 1860, à Paris (librairie de A. Durand, in-4), une Table méthodique et analytique des articles du Journal des Savants depuis sa réorganisation en 1816 jusqu'en 1858 inclusivement; lxiii, 909 et 58 pages) : on y trouve classés dans Tordre bibliographique les titres des ouvrages dont le Journal des Savants a rendu compte de 1816 à 1858 et l'indication du nom de Tauteurde chaque article. Un index des noms et des matières est ajouté. En 16te du volume est une Histoire du Journal des Savants qui est intéressante et qui offre un travail complet, surtout en ce qui concerne Torigine, les règlements et Torganisation de ce recueil jusqu'en 1792. La table de M. Cocheris est bien moins étendue que celle dressée par l'abbé deClaustre; les articles ne sont point analysés, mais il est juste de reconnaître que plusieurs volumes in-4 sur ce sujet n'auraient pas trouvé d'éditeur; c^est déjà beaucoup que d'avoir vu paraître le voiiime que nous signalons.
Peu de temps après le Journal des Savants surgirent les Nouvelles de la république des Lettres publiées par Bayle, occupant 36 volumes et se terminant en 1687; on a cessé depuis longtemps de les consulter. La continuation qu'en donna Bernard n'est guère estimée; celle de Basnage, sous le titre à*Histoire des ouvrages des Savants, vaut un peu mieux, mais de même que la Biblio* ihêque de Leclerc (et celle-ci ne compte pas moins de 82 volumes), elle est tombée dans la catégorie si nombreuse des ouvrages qui dorment dans les grands dépôts publics sous une épaisse couche de poussière. Le Giornali dei litteratid'Italia par Apostolo Zeno s'étend de 1700 h 1733; la Bibliothèque germanique^ rédigée parBeausobre et Lenfant et qui consacre 40 volumes à une période de vingt ans (1720 à 1711^0); la Bibliothèque britannique^ écrite par quelques Français i^tablis h Londres et qui, entreprise en 1733, fut close en 1747 : tout cela fait passer en revue un grand nombre de livres publiés dans la première moitié du xvin* siècle et presque tous bien oubliés aujourd'hui.
Le Journal de Trévoux qui, rédigé par des Jésuites, parut pendant près d'un demisiècle, renferme de bons articles d'histoire; il en est de même du Journal étranger: mais ce que ces volumineuses collections offrent d'intéressant se trouve comme noj^é dans une foule de choses devenues insignifiantes.
L Esprit des journaux français et étrangers^ Liège, 1772-1818, contient bien des renseignements utiles au milieu d'une multitude ile détails sans intérêt aujourd'hui. M. Parmeiitier à Liège possède ie seul exemplaire parfaitement complet qui existe peut-être. ( Voy. les Recherches de M. U. Capitaine sur les journaux liégeois.)
jÉn 17i^9 un journal littéraire mensuel vit
le jour en Angleterre ; le JfaniMy Knin fournit une longue carrière» mais s'éteignit enfin en présence de rivaux plus jeunes.
Nous ne saurions passer sous silence le Mercure de France. Ce journal loostempi célèbre fut fondé en 1672 par un littérttev qui obtint quelques succès au théâtre, IHh neau de Visé, et qui dirigea cette feuille pendant près de quarante ans. Elle paraiuiû sous la forme d'une lettre dans h^mWt étaient intercalés les laits» les historiettes, les pièces de vers » en un mot tout ce qsi constituait le bagage ordinaire. D'abord b publication fut peu régulière, mais à partir de 1678 le Mercure parut exactement cbause mois en un volume petit in-12 de 300 km pages. Des suppléments consacrés sartoot aux nouvelles politiques paraissaient trois ouquatrefois par an.
Après la mort de Visé» Dnfresny obtiotle privilège du JHercttra, et pendant trois as il en dirigea la publication avec habileté. Puis vinrent divers directeurs restés obsmia En Vî2k le journal prit le titre de Merem de France, vers la fin du règne de Louis Xf il était confié è de La Place, littérateur de bien peu de mérite et dont La Harpe f*tA impitoyablement moqué. Marmontcl s*ei était occupé pendant une assex loogne période. En 1786, un libraire habile et actil Panckoucke, se chargea du Mercure et rélen k une haute prospérité. On com|ita tloR Jusqu*à 15,000 abonnés. Le Mercure traversi les jours critiques de la Révolution; il vécut un peu obscurément sous PEmpire et ne mourut qu*en 1810. En 1823, il ressuscrti sous le nom de Mercure du xix* «tee/e, etii eut M. Tissot pour directeur; il expira ei 1832. On vit paraître en 1851 un Mercurtét France qui adopta d*abord le format in-foius puis rin-<^, mais qui ne put aller au delà de trois volumes.
De Pan 1672 à Tan Vil (il ne parut riei en 1675 et 1676) le Mercure forme 1688 tolumes. De Tan VII è juin 1819 on compte 9k volumes. En ajoutant 40 volumes misao jour de 1823 à 1853, il y a en tout 1812 loiumes.
Un Choix des anciens Mercures toi entrepris en 1757; il formel volumes; il futsaiû d*un Nouveau choix de pièces Urées des asciens Mercures et des autres journaux : ce second recueil, achevé en 1765, se compost de 99 volumes.
Le Magasin encyclopédique de Uillio, 1795-1816, 122 vol. in-8, mérite d*Atre conservé cl cause des nombreux articles que lui ont fournis des érudits distingués^Uli. Boi^sonade, Silvestre de Sacj, etc.
La Bibliothèque et la Revue Britomùqutt la Revue des Deux-Mondes entreprise efl 1829, la Revue de Paris qui débuta avec écUt en 1828, et qui, après avoir subi diverses transformations et éprouvé quelques interruptions, a été suspendue, il y a trois lo-S la/{et?ueFranfat5e, (j[ui de 1827'i ISSOfbnue 16 volumes où se lisent des articles reoir-
auahies dus h des écrivains qui depuis «oat cvenus célèbres, la Jtfrue Indépendenlti
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l>fi BIBLIOLOGIE.
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epuis assez iongterops; la Revue Conline et la Revue Européenne qui pa-
en ce momeot et bien d'autres puis périodiques du même genre ne 3t devenir ici J*ol:]|jet de détails circiés.
ues roots maintenant au sujet des X non littéraires.
1 1789 il n'existait en France qu*nn it nombre de journaux, assez insis, ne publiant que ce que le gouver-
laissait dire, et une gazette sans oitié manuscrite, moitié gravée sur )liée comme une lettre et envoyée iveloppe. L'ouverture des états gédonna à la presse périodique un esmense; nouveau Protée, elle prit es formes, elle adopta tous les noms ; > sentinelle, écho, avant«garde, avant- , fanal, lanterne, censeur, fouet, anterne magique, etc. On vit surgir tn, la Moutarde apri$ dfner, le Coutout le mondef V Alambic^ le Hoquet atique, la Savonnette républicaine^ la o/e, le Capitaine Canon, le Tailleur , Dom Grognon, V Agonie des trois Il y eut des titres qu il fout et pour énoncera transcrire, bliophile zélé, M. Descbiens, juge mal de Versailles, s'était proposé de une collection aussi complète que I de ces feuilles éphémères qui sont 1 grand prix pour l'histoire des pas* une époque et qui révèlent souvent it de bien des événements.
[ du Peuple rédigé par Marat est un maux révolutionnaires les plus res; il est très-rare d'en trouver des lires complets; celui de la biblio* Impériale ne l'est pas, urnal de la Montagne (525 numéros) 7urnal de la Société des amis de la Uion s^nte aux Jacobins, 556 numént très-précieux pour l'histoire et (ment difiiciles à trouver complets.
ictes des Apôtres (1789-90, 11 vol.
I Journal de la cour et de la ville, aplent à la catégorie des journaux rovaa vivacité de leur rédaction les fait fier,
ouve des détails sur tout ceci dans eux ouvrage de M. Cb. de Monsei- I Chapitre de la Révolution française, i des journaux (Paris, Hachette, 1853), VHiitoire des journaux de la Révopar M. L. Gallois, 18i^2, 2 vol. in-8. liions pas surtout la Bibliographie iiaux de la Révolution par M. D-s eus, juge à Versailles), Paris, 1829.
me in-8 de xxiv et 6US paees ne e qu'une des sections de la collection onnaire qu*avait formée cet amateur ichetée par M. de La Bédoyère, com- 2,007 cartons et volumes(l* Hommes, *tons ; 2* Choses, 1^295 ; 3° Journaux, 'tons et volumes). La liste raisonnée naux comprend souvent des extraits i à faire apprécier quel était Tespril linait dan6 ces diverses feuilles où
toutes les opinions sout représentées et qui forment la plus étrange des cohues. On a reproché à ce Catalogue quelques erreurs et quelques omissions dont il était diflicile qu'il fût entièrement exempt; il n*en reste pas moins un travail fort utUe et la base de ceux qui se feront sur le môme siyet.
Un court inventaire des deux autres divisions fait connaître rapidement leur composition. On remarque une collection de pam- Chlets satiriques et facétieux en 53 cartons, es titres de quelques-uns de ces écrits sont étranges; nous en reproduirons un petit nombre : Aht vous ne voulez pas rendre vos comptes! — Arrêté des Anguilles deMelun; — Eloge de la Peur; — La France existet-elle? — La grande Friperie nationale ; -^ T étouffe l — Laissez-vous écorcheret ne criez pasi — Lettre du Mufti de Constantinople à Vabbé Maury: — Ma malle pour Vautre monde; — Motion d'un âne bàle; — Ohl que ça va mail — On nous endort, prenons-y garde l — Pétition de tous les chiens de Paris à la Convention; — Quatre mots au sujet de mille et une sottises ; — Que diront-tls demain f — Le son de la Trompette; — La tête leur tourne ; — Voilà vos étrennes.
Observons que le Catalogue des imprimés de la bibliothèque Impériale indique divers journaux ignorés de M. Deschiens et fournit des rectifications. {Voy. t. IV, p. 356, section L, G, % n* 103, 106, 124, et nombre d'autres jusqu'à 962 et 970.)
Parmi lesjournaux de la Révolution , il en est un surtout oui est triste à lire par lodieuse grossièreté de ses attaques contre tout ce qui est digne de respect et par l« cvnisme calculé de son style. Le Pire Duchesne a rendu son rédacteur, Hébert, tristement célèbre; il exerça une influence puissante.
Les crieurs publics le colportaient dans les rues, et il est dt^/enu tellement rare qu'on n'en connaît pas un seul exemplaire complet. Trois numéros (52, 76 et 103) man-
iuent dans la collection de M. le comte de a Bédoyère, la plus complète qui existe en fait d'ouvrages de l'époque révolutipnnaire. H. Charles Brunet a publié en 1859 une notice fort curieuse sur le journal en question et sur Hébert; nous lui emprunterons quelques détails. Il remarque avec raison qu'on trouve dans les feuilles d'Hébert le système suivi depuis nar d*autres démagogues et qui consiste a inijputer constamment au narti dont on est I adversaire les crises et les guerres civiles que l'on prépare soi-même.
11 était fort dangereux d'être signalé dans le Pire Duchesne comme ennemi de la république; il poursuivit avec un horrible acharnement le jugement et le supplice de Louis XVi, de Marie-Antoinette, des Girondins, deBailly, deCustine. Ce ne fut pasa faute si bien d'autres personnages fas meux de l'époque (La Fayette, Dumou.
riez, etc.), ne nérirent pas sur Téchafaud- Le niiséral)le Hébert fut lui-même le2& mars 1794 envoyé à la mort par Kobesj)iurre doui
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contrariait les projets et gui ne devait pas lui survivre longtemps. M. Ch. Brunet rait connaître toutes les publications du vrai Père Duchesne. Il faut observer qu'Hébert n*inven(a pas ce nom ; un autre journal Pavait devancé sous ce rapport, et le succès de la feuille ultra-révolutionnaire provoqua «les imitateurs, fit naître des contrefaçons. Il y eut mdme un P^e DucAesne royaliste.
Après avoir énuméré trente opuscules sans numéro qui remontent à 1790, M. Brunet transcrit les titres des 355 numéros qui forment le journal d*Hébert depuis le !•' janvier 1791, jusqu'au 13 mars 179i. Ces titres qu'il est presque toujours im})0$sible de transcrire, & cause des mots grossiers dont ils sont remplis, annoncent presque constamment la grande joie et surtout la grande colère du Père Duchesne:' \\s contribuaient beaucoup à la vogue dont jouissait auprès de la populace cette feuille qui fit tant de mal et qui restera comme un monument des aberrations de l'esprit public.
La révolution de 1848 a produit quelques lournaux que leur exagération, leur violence, ou leur singularité recommandent à certains amateurs. Il en est qui sont devenus très-rares; ils méritent d'être consultés par les i)ersonnes qui veulent bien connaître les événements qui se sont accomplis durant cette période agitée; car ils fournissent des informations bien précieuses, surtout aux approches des événements mémorables. Tous les journaux ayant un caractère prononcé dans un parti quelconque, doivent être étudiés avec attention.
Nous n'avons pas à entrer ici dans des détails au sujet de ces feuilles qui |)araissent déjà si loin de l'époque actuelle, et qui présentent bien des difficultés au collectionneur. C'est à peine si Ion sait au juste à quelle époque plusieurs iournaux ont corn»mencé, a quelle époque ils ont fini; s'ils ont éprouvé des interruptions ; quels titres différents ils ont pris.
Divers ouvrages spéciaux ont paru h cet égard; nous mentionnerons : Revue critique des journaux publiés à Paris depuis la révolution de Février jusqu'à ia fin de décembre par Wallon, Paris, 1849, in-8. — 479 journaux divers rangés d'a()rès la date de leur apparition ; bon nombre de journaux qui Il ont eu qu'un ou deux numéros sont aussi indiqués, et parfois dos extraits d'une certaine étendue sont placés sous les yeux du lecteur. A la fin une table alphabétique.
l-.a Presse parisienne, inventaire, biblio^ graphique et statistique de tous les journaux^ revues et canards périodiques nés, morts, ressuscites ou métamorphosés depuis le 22 fé^ vrier 1848, jusque C Empire, par Henri IzaiiibartyiPam, 1853, in-18. — Ènumération très-soignée et très-complète des publications périodiques mises au jour à Paris durant une période fort agitée. Les citations sont fort courtes.
Faisons une incursion très-rapide sur le domaine de la presse étrangère.
I^ premier journal publiée Londres parut
en 1022; il était intitulé : The wetU^Km (les Nouvelles de la Semaine). Kn 1096, ilse publiait neuf journaux tous hebdomadaim; le nombre en était arrîTé è 18, en Î7B, année où parut la première feuille publiée chaque jour. En 172i, on comptait trois journaux paraissant chaque jour et sept trois fois ia semaine. En 17^ il y anit 13 iournaux quotidiens.
Le TinieSf\e plus grand journal qui existe au monde, occupe constamment è lui seal deux fabriques de papier; il paye parao près de 100,000 I. st. de droits sur le papier et timbre. Ses presses à vapeur consomment par jour 20qtx de charbon. 116 oufriers sont employés h la composition. — Aocaoe feuille ne 'reçoit autant d*annonces qae le Times, mais les dé[>enses sont énormes. Oi ne recule devant aucun travail, aucoo s^ criflce pour maintenir le journal h la bain teur à laquelle il s'est placé» et les trail^ ments pavés aux rédacteurs priociptoi s*élèveDt a un chiffre des plus considérables.
C*est d*après le nombre des feuilles timbrées qu'on connaît depuis plus d'uosiède dans la Grande-Bretagne quelle a été la ci^ culation des journaux.
La moyenne des trois années 1751-53 fat de 7,411,757 feuilles; en 17e0, 9,40,791; en 1790, 14,035,689; en 1792, I5,OOS,7IO. En 1801, il fut délivré 16,085.065 timbres; en 1805, 18,782,000; en 1815. 24,385,000. En 1820, tout comme en 1825. on resu entre 261/2 et 27 millions; en 1880, on arriia è 30millions et demi,et en 1840^à 501|l.Ces chiffres ne comprenaient pas Tlrlande à regard de laquelle les renseigoemeots ofiiciels commencent en 1817, et qui enploya 3 millions de timbres en 1820; 6 millions en 1840.
En 1850, on compta, en chiffres ronds, 77 millions de timbres pour la presse loglaise, 8 millions pour 1 Ecosse, 6 millioos et demi pour Tlrlande.
Nous avons sous les yeux un relevé da nombre des timbres employés par 101 joornaux de Londres en 1850; en tête marche le Times avec 11,900,000 (il n'en avait employé que 8,100,000 en 1845, et 8.930,000. en 1846); viennent ensuite VfJllustrtted London News (2,467.000 timbres) et les Nem of the world (2,926.000). Sur 218 journaux de province, ceux qui jouissent de U publicité la plus étendue sont le Manchester Guardian (9^0,000 timbres); le Siamfori Mercury, (581,500), et le ManchesSer Éjnminer (553,560).
En Irlande, sur 98 journaux (dont 2i publiés è DubliTi), la palme revenait au5aiiiider*s Neujs-Letters (756,000 tioibres). au Gtneral Advertiser (532,000) et au FreemanCt Journal (442,000).
83 journaux écossais figurent dans le relevé que nous analysons ; les plus répandus sont CEdinJburg Horth-Britith Advertiser (659,000 iimbre.<) et le GlascQfÊ Saturday Evening Post (458,000).
L'absence de toute Ie^t^iction tiuancièreet
DE BIBUOLOGIE.
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mosité des querelles de parti ont sin- ^rement développé aux Ëtats-Uni.s le bre des journaux. On en comptait (v pris les publications périodiques) 0 environ en 1850. Le nombre d'exemes imprimés annuellement était évalué 2 millions et demi. On comptait :
) journaux paraissant chaque jour.
0 < < trois fois par semaine.
Si c deux fois. c
KK) c bebdomadaires.
c paraissant tous les quinze jours.
If c tous les mois.
c c tous les trois mois.
ïs journaux littéraires ou d'érudition , t principal de nos recherches, sont breux dans la Grande-Bretagne.
1 première Kgne se place, au point ue de Tancienneté, le GenUeman'sMaga- , publication mensuelle , fondée par ave; elle naquit le 1*' janvier 1731; elle mcore pleine de vie et certaine d*une ;ue carrière. Les discussions d'histoire* rhéologie, de généalogie» de littérature, apportant par-dessus tout k TAngleterre,
sa spécialité; les articles sont en géné- Tort courts ; parmi beaucoup de choses îles ou de peu d'importance, on trouve ois des renseignements d'une valeur le; les communications d'un grand nomde correspondants j jettent une variété ours désirable, et bien des écrivains qui uis ont acquis un nom, ont fait leurs nières armes dans ce Magasine.
18 Revues trimestrielles ou mensuelles , multipliées, mais il en est deux qui ssent d une réputation hors ligne, 1 fturgh Reviewei le Quarterly Review.
irmi les différences qu'on constate entre publications et les diverses Revues qui lublient à Paris, on peut remarquer que Reviews dont nous parlons ne s ouvrent lis pour des romans, et que les articles lont jamais signés. On connaît toutefois auteurs des articles remarquables, et il ve aussi que ces articles rer)araissent en imes lorsque leur mérite les autorise k mir sous les yeux du public.
^Serapeum^ Zeitschrift fiir Bibliothekwis^ ehaftf Handschriftenkunde %md dUere eratur (Journal de bibliographie, de la nce des manuscrits et de l'ancienne littére)est publié par ie docteur Robert Naun, conservateur de la bibliothèque de )sig. Le tome 1" a paru en 1840.
uelque.s articles en français sont insérés s ce Recueil qui est d'ailleurs écrit pres-
en entier en langue allemande. Parmi c que renferment les premiers volumes, s signalerons comme spécimen des ar- !S que ce journal offre k ses lecteurs :
s manuscrits de la bibliothèque de Bamberg. bibliothèque du couvent des Augustins i de.
talogue de la bibliothèque de Constance en
;f manuscrits de la bibliothèque de Tubingtie. ir le premier ouvrage Imprimé à Wurzbourg.
Sur la bibliothèque du comte Boulonrlin.
Liste raisonnée des ouvrages relatifs à la Danse des Morts,
Notice biographique sur Van-Praet.
Notice sur un ouvrage espagnol à peu près inconnu : Los Trabajos (/eîuercti/éf, imprimé à Zamoru en 1483.
Dans le tome II :
Sur la bibliothèque d'Heldelber;;.
Sur diverses bibliothèques italiennes.
Sur la Grammalica velus rhythmiea de 1460» Sur la bibliothèque de TUniversité de Dorpat. Sur les ouvraaes xylographique^ faisant partie de la bibliothèque de Munich.
Sur les manuscrits de Vatican.
En 1828, un journal intitulé le Phemix fut créé k New-Echota, état d'Arkansas (Etats- Unis), k l'usage de la tribu indienne des Cherokees. Cette feuille est en anglais et dans l'idiome de ce peuple.
Le premier journal publié en Chine fui le CatUon Register qui naquit en 1828. 11 est hebdomadaire et subsiste encore. Il renferme une masse importante de renseignements sur les usages, et les cérémonies du peuple chinois. Une collection complète de cette feuille est extrêmement rare et mérite d'être recherchée.
En 1836, un autre journal paraissant également une fois par semaine, le Canion Press^ fit son entrée dans le monde.
Divers ouvrages relatifs aux journaux sont indiaués dans le Manuel de bibliogra» vhie (t. Il, p. Sh, Encyclopédie Roret); VHistoire critique des journaux^ par Camusat, Amsterdam^ 1734, 2 vol. in-12, contient sur les anciennes publications périodiques des détails intéressants. On peut aussi consulter le Manuel du libraire, t. IV, p. 7SI^ et la Statistique des lettres et des sciences en France^ par M. Guyot de Fère. Paris^ 1834. On y trouve, p.59 et suiv.,une liste de 301 journaux qui se publiaient alors k Paris. Ce qu'il y a de plus complet et de plus eiacl sur cette matière, c'est VHistoire mu journalisme^ par M. Eugène Hatin, en 4 vol. iu-12, 1858-1860; il n'y est d'ailleurs question que des journaux français. Ceux de l'Angleterre et de l'Allemagne ont été l'objet de diverses publications spéciales.
Les journaux de quelques localités ont provoqué des recherches particulières ; M. Requien a mis au jour en 1847 une Bi" bliographie des journaux publiés à Avignon et dans le département de Vaucluse ; M, Ulysse Capitaine a fait paraître en J850 des ilecAerches historiques et bibliographiques sur les journaux et les écrits périodiques liégeois.
Nous n'avons pas besoin de rappeler ici le savant travail de M. Victor Leclerc : Des journaux chez les Romains^ 1838. Ce livre, dont le titre ressemble k un paradoxe, a mis en lumière des faits fort curieux et mal connus; il a montré qu'aux Annales ou Tables ' annuelles des pontifes, succédèrent k Rome les Actes diumaux^ véritable journal qui propageait au loin toutes sortes de nouvel- \es.\Voy. k ce suietunarlicle, de M. Naudet dans le Journal des Savants^ octobre 1838.)