‹ Dictionnaire de biographie chrétienne (volume 2)Chapitre 13 sur 228 · SUCCESSION CHRONOLOGIQUE DES PAPES · texte numérisé non relu

SUCCESSION CHRONOLOGIQUE DES PAPES

Pour nous en tenir à ce qu'elle a fait dans ces derniers temps, sans parler' de ses anciennes et magnifiques conquêtes, n'est-ce pas Rome, Rome seule, qui, par s(^s missionnaires, par les secours et les moyens qu'elle leur donna'l, a r'paré les ravages que les hérésies avaient faits dans les Eglises d'Europn ? N'est-ce pas Rome qui a formé de nouvelles chrétientés dans les trois parties du globe, chrétientés florissantes et nombreuses, où l'on a vu revivre, avec la première vivacité de la fui, l'innocence des premières mœurs ? N'est-ce pas Rome, dont les missions, pour me servir des paroles de M. de Ruffon, ont formé plus d'Itoinmcs dans les nations barbares, que les armées l'ictorieuscs des princes qui les ont subjuguées ? [ïlist. nat., t. III, p. 506.) Paraissez, peu; les ignorants, superstitieux, sanguinaires, anthropophages, répandus dans tant de plages et d'îles loi''taines de l'un et de l'autre hémisphère, dites-nous à qui vous devez la lumière qui est venue vous éclairer au sein des ténèbres ? A quel métropolitain de la (iermanie devez-vous la reconnaissance d'un si grand bienfait? Hélas! en voyant la stérilité dont Dieu a frappé ces grands sièges, au milii'U de tant de moyens de soutenir et de propager la foi, dirait-on qu'ils font jiartie de cet arbre dont les branches et les fruits ont couvert le monde (1)...? Je ne dirai rien de tant de fondations et d'établissements de tous les genres, faits à Rome pour toutes les nations, dans le but de conserver pure la foi catholique. ]Mais si le dur égoïsme, la fausse et hy|)ocrite tolérance, ne nous ont pas rendus insensibles sur le sort de nos frères ; si la véritable philanthropie , qui n'est autre chose que la charité chrétienne, sait encore apprécier le prix de la religion, le malheurdu schisme, de l'hérésie, de l'ignorance, de la barbarie, ne jugera-t-on pas que c'est un crime de lèse-humanité que de soustraire au siège de Rome les ressources qui opèrent de si grands biens...? Voyez l'état et la constante situation de la cour du pontife, voyez la marche uniforme et réglée des dépenses romaines. On n'y donne rien à la prodigalité, à la fantaisie, au luxe. Il n'y a là ni meute, ni haras, ni courses inutiles, ni chasses bruyantes, ni cette multitude de fastueux palais où se dévorent la substance des pennies et les biens de l'Eglise, l^e Pape, dit le ]irotestant Addison, est ordinairement un homme de grand savoir et de grande vertu, parvenu à la maturité de l'âge et de l'expérience, qui a rarement ou vanité ou plaisir à satisfaire aux dépens de son peuple, et n'est embarrassé ni de frmmes, ni d'enfants, ni de maUresses. (Sup|). au Voyage de Misson, p. 120.) Aussi les intérêts de .la religion trouvent-ils toujours en lui uu Pauli.) Un auteur moins grav • amili(iuait ^ zélé défenseur qui ne refuse rien à une cause Rome ctirétienne ces vers du Virgile : si chère. Dans ces temps de détresse et

les provinces suburbicaires, c'est-à-dire sur une partie de l'Italie, h môme qui, pour le civil, dépendait du préfet de R(ime : on a voulu depuis les étendre surtout l'Occident. Comme évoque de Rome, il exerce dans le diocèse de Rome les fonctions d'ordinaire qui ne lui appartiennent pas dans les autres diocèses. Eutin, comme prince temporel, il est souverain de Rome et des Etats qui lui sont acquis par donation ou par prescription.

Aucun trône sur la terre n'a peut-être été rempli avec plus de supériorité de génie que la chaire pontificale. Les pa|ies sont presque toujours des vieillards respectables, blanchis dans la connaissance des hommes et des affaiies. Leur conseil est composé de ministres qui leur ressemblent : ce sont ordinairement des cardinaux, animés du môme esprit que les papes, et, comme eux, sans passions. De ce conseil émanent des ordres ([ui embrassent l'univers. La foi est annoniioncée sous leurs auspices, depuis la Chine jusqu'à l'Amérique; et il faut avouer que le zèle pour la foi et la propagation de l'Evangile n'existe dans aucun siège éniscopal au même degré q.'e dans celui de Rome. L'Eglise de Rome est aujourd'hui, comme elle a toujours été, non-seulement dans le droit, mais dans le fait, la mère et la reine de toutes les Eglises. « Rome chrétienne, « dit un voyageur nhil )Soph", ne doit rien « à la politique : si elle a étendu sa puis- « sance dans les régions envehjppées des « plus épaisses tiMièbres ; si elle a soumis à « ses lois des [leuples (jui échap|)èrent aux « armes, et ne reconnurent jamais l'empire « des plus célèbres coni[uérants ; si des hor- « des sauvages, qui n'ont jamais prononcé « les noms d'Alexandre et de César, ont « écouté la voix de ses pontifes avec res- « pect, et en ont reçu les instructions comme « des oracles; si, dévouée à la paix, Rome « a fait des con([uôtes que lui eiU enviées « Rome consacrée à la guerre, ces prodiges « ne furent pas l'ouvrage des passions hu- « maines : les passions humaines ne sorvi- « rent qu'à les rendre plus éclatantes, puis- « qu'elles se liguèrent pour opposer de plus « granils obstacles à l'exécution de projets « qu'elles avaient tant d'intérêt à traverser. » Disc, sur l'hist.,le gouv., etc., par le comte d'Albon. Ce passag(! de l'auteur moderne a beaucoup de rapport avec un autre beaucoup plus ancien : Ut civitns sacerdotalis et renia, per sacrum beati Pétri sedem caput orbis effecta, latius prœsideres religions divina, quam âominatione terrena. Quamvis enim multis aucta rictoriis jus imperii lui terra marique protuleris, minus tnmen est quod tilii hrllirus lahor suhdidit, quam quod pax rhrisliuna suljjecil. (Léo M. Serm. 1. In nat. apost. Pétri vt Pauir ■' ' .. .

Super H Ciramanias et Iruln»

Profprit,iin|ii>riiiin : jacel exlra sidcra lellus, KtIf.i aiini «o!is'nip vias; ul)i crplifer AUas Axerii liuiiiuru lorquel slelUs ar lentibus apluni. /b)i«r.iD., lib. b

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d'une persécution généiale. que ne lait-il pas oiicore ! si l'on peso ces considéralious

(I) Ornncs isii congrcgali siiiit, vi-iicruiu tibi. Itme, XLix.

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' avec l'impartialité convenable, quel jugement portera-t-on sur ces déclamations contre les frêles secours qu'on porte dans la capitale du monde chrétien, pour mettre son pontife en élat d'opérer do si grandes choses qui honorent la religion et consolent l'humanité ? N'y eût-il que l'intérêt que tout bon catholique prend naturellement à la splendeur de la capitale du christianisme, du siège de son pontife, de la mère féconde dé toutes les Eglises, il ne songera jamais à mettre en comparaison avec e.le, moins encore à lui préférer dans l'essor de sa libéralité, quelque ville de la Germanie,- de la Russie, de la grande ou petite ïartarie. Ce qu'était Jérusalem pour les Juifs, Rome l'est pour les chrétiens. Jamais sa destinée ne sera indifférente aux enfants de la. foi; ils ne lui trouveront jamais trop d'éclat ni de prospérité ; ils souhaitent, comme Tobie, qu'elle soit construite en pierres précieuses, que ses rues retentissent de chants d'allé-

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