‹ Dictionnaire de biographie chrétienne (volume 2)Chapitre 209 sur 228 · DIN · texte numérisé non relu

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composer plusieurs ouvrages qui furent accueillis avec faveur. Ce sont : Le guide des curts dans V administration temporelle des paroisses: Le bon curé au xix" siècle, ou le Prêtre considéré sous le rapport inoral et social, Nancy, 18'i-7, 2 vol. in-8°; et d'evrellentes brochures sur la question de la liberté de l'enseignement.

D GBV (Kenelm , connu sous le nom de chevalier), né en 1603, était fds d'Everard Dighy, qui entra dans la conspiration des poudres contre Jacques \", et qui eut la tête tranchée en punition de ce crime. Le fils, instruit par les malheurs du père, donna tant de marques de fi lélité à son prince, (ju'il fut rét-ihli dans la jouissance de ses biens. Charhs 1", qui ne l'aima pas moins que Jacques, le fit gentilhomme de sa chambre, intendant-général de ses armées navales, et gouverneur de l'arsenal maritime de la Sainte-Trinité. Il se signala contre les Vénitiens, et fit plusieurs prises sur eux, proche le port de Scanderoue. Les armes ne lui firent pas négliger les lettres. Il s'appliqua aux langues, à la politique, aux raathémali- (jues, et surtout à la chimie. Ses études ne furent pas infructueuses. Il trouva d'excellents remèilrs, qu'il donnait gratuitement aux pauvres et à toutes les autres personnes qui en avaient besoin. L'attachement de Digby à la famille royale ne se démentit point, même dans les malheurs qu'elle essuya. La reine, veuve de Charles I", l'envoya deux fois en ambassade auprès du pape Innocent X. Il vit ses biens confisqués sous Cromwell, sa personne bannie, sans se plaindre. Il se retira tranquillement en France, et ne retourna en Angleterre que lorsque' Charles II eut été rétabli sur le trône. 11 y mourut de la pierre le 11 juin 1665. Digby n'avait que 3 ans lorsqu'il perdit son père, et il fut élevé dans la religion protestante par ceux à qui il fut confié. Mais dans un voyage qu'il fit en France, en 1636, il revint à la foi catholique qui était celle de ses pères, et il composa deux écrits apologétiques intitulés : Conférences avec une dame sur le choix de la religion; et Correspondance entre lord George Digby et sir Kenelm Digby concernant la religion, Londres, 1651, in-12. 11 comprsa aussi une réfutation à la fois forte et polie du fameux ouvrage de Thomas Brown, intitulé : Religio medici. On lui doit en outre : un Traité sur l'immortalité de l'Ame, c(u'il publia à Paris, en IGkk. L'auteur avait eu de longues conférences sur ce sujet important avec Descaries, et en avait profité ; il jinblia également en 1651 : InstitxUionum j)eripalelicarum libri V, cum appendice Ihcologica de origine mundi. Enfin il a laissé : Dissertation sur la végétation des plantes, traduite de l'anglais en latin i>ar Dajipert, Amsterdam, 1663,

in-12; en français par Treban, 1667, Paris, in-12 ; Discours «ur la poudre de sympathie pour la guérison des plaies, traiiuit en latin par Laurent Strausius, imprimé à Paris en 1658, puis en 1661 ; enfin en 1730, avec la dissertation de Charles de Dionis, sur le tw nia ou ver plat.

DILLON (l'abbé Roger-Henri), né à Bordeaux le 11 juin 1762, mort en 1829, descendait d'Arthur, comte de Dillon, qui suivit en France le roi Jacques IL 11 était avant la révolution grand vicaire de Dijon, abbé d'Oigny et doyen de la Sainte-Cliapclle. Il publia une protestation contre les décrets du 27 novembre 1790, relatifs au clergé; et malgré les persécutions qu'elle lui attira, il fit imprimer, l'aum'e suivante, un mémoire contre le niaïKliMiicnt de Wollius, évêque constitutionnel (le Dijon. Ce mémoire, où il prouvait que l'autorité civile était parfaitement incompétente pour donner une constitution au clergé, fut brûlé sur une place publique de Dijon par les révolutionnaires, qui pendirent l'auteur en effigie. L'abbé Dillon émigra. Rentré en France en 1804, il fut exilé à Dijon par le gouvernement impérial, en 1806. Sous la restauration, il fut nommé un des conservateurs de la bibliothè(iue Mazarine, à Paris. Ses autres écrits sont : Guide des études historiques, ou Chronologie appliquée à l'histoire, Dijon et Paris, 1812,' in-8°; Lettre à M. Dumolard sur la liberté de la presse, sous le nom de Coquillard, Paris, 1814, in-8"; Mémoire sur l'esclavage colonial, etc., Paris, 1814, in-8° ; Du concordai de 1817, ibid., 1818, in-8" ; Réponse à M. l'abbé Clausel , sur le concordat de 1817, ibid., 1818, in-8"; Réponse à la Réplique de M. l'abbé Clausel, suivie de quelques obsei'vations sur l'ouvrage de M. l'ahbe Frayssinous, intitulé : Les vrais principes de l'Eglise aatiicane, ibid., 1818, in-8°; Histoire universelle, contenant le synchronisme des histoires de tous les peuples contemporains, tant anciens que modernes, et la succession chronologique des empires, divisée en grandes périodes, en époques principales et secondaires, ibid., 1814 à 1822, 10 vol. in-8°. — Son fière, l'abbé Arthur Dillon, mort vrrs 1810, avait fait impr mer : Projet d'un atelier de charité, proposé au gouvernement et aux administrateurs de la ville de Paris, 1802, in-8°; Utilité, possibilité,- facilité de construire des trottoirs dans les rues de Paris, 1802 et 1805,in-8°.

DINA, fille de Jacob et de Lia, fut violée par Sichem, fils d'Hémor, roi <ie Salem. Siméon et Lévi, ses frères, pour venger cet oidrage, profitèrent du temps auquel h s Sichimiles s'étaient lait circoncire, en exécution de l'accord entre leur prince et Jacob, les massacrèrent tous et pillèrent leur ville. DINOUART (Joseph-Antoiine-Toissaint), prêtre, né à Amiens en 1716, mort à Paris en 1786, est connu jiar le Journal ecclésiastique, ouvrage utile, où l'on trouve souvent des articles intéressants et instructifs. L'ensemble en eût été mieux lié et plus conséquent, si, captivé par les partisans de la petite Eglise, l'auteur ne s'était laissé entraîner par les préventions d'ur.e secte artificieuse, et n'avait répandu h pleines mains la calomnie contre ceux qui hi démasqu.iient. L'édition qu'il a donnéi' de l'Abrégé de l'Histoire ecclésiastiqxie, de Ma( quer, h la(|U( l!e il ajou'a un vo'ume, et la yie de Palafox (Voy. cet article), fuirtent renrprcinté^de cette filcheuse situation, qui, en faisant le tourment de l'écrivain , envoie

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encore le trouble et !'d défiance dans l'esprit du lecteur. On a encore de lui : Mamiet des pasteurs, 3 vol. in-12; In Rhétorirjue du prédicateur,m-\l : le style n'en fait pas le }>rincipii nii'rile. En g;néral,il écrivait d'une manière lâche, difl'uso et incorrecte. Une édition de la Sarcotis de Mascnius, avec la traduction; un abrégé de Y Embryologie sacrée, de Cangianiiln. On peut lui reprocher, comme k l'aut ur abrégé, d'avoir été un peu trop leste en inéta|)hysi(pie et en physiologie, et d'avoir par là formulé des conclusions embarrassantes et impraticables en morale. Quelques Hymnes latines, des éditions de différents ouvrages, etc. On peut voir le catalogue de tout cela, lait i)ar l'auteur lui-même, dans le Journal ecclésiastique, novembre, 1780, page 184.

DiNTER (GusTAVE-FnÉDÉRic), théologien protestant, né à Borna, près de Leipzig, le 29 février 1760, après avoir été successivement ])asteur à Kitscher et à Gœrnitz, et directeur d'une école normale près de Dresde, fut appelé en 1817 par le roi de Prusse , à Kœnigsberg, pour y être conseiller des écoles et du consistoire, jmis professeur de théologie. Il mourut dans cette ville le 19 mai 1831. On cite de lui : Bible pour les maîtres d'école, Neusladt, 1815-1828, 9 vol. iii-8° : c'est la traduction faite par Luther, avec des notes et des éclaircissements à l'usage des instituteurs. La hardiesse et la nouveauté de plusieurs des explications qu'on y trouve ont été blâmées par les protestants ; Directions pour l'usage de la Bible dans les écoles, 1814- 1815, 2 volumes, avec un troisième, qui renferme des exemples de caléchisatious sur la Bible; Entretiens sur les principaux points du catéchisme, 13 vol. in-12; Malcina, livre pour les mères, in-8"; Petits Discours à de futurs maîtres d'école, 1803-1803, V vol. ; deux Recueils de Sermons pour être lus dans les églises de campagne; sa projtre Vie, 1829, in-8, oii il y a beaucoup de longueurs et d'inutilités.

DINL'S, natif de Mugello, bourg de Toscane, jurisconsulte et professeur en droit h Bologne, llorissait sur la lin du xin' siècle. 11

fiassait poui' le premier jurisconsulte de son emps, par le lab'nt de la parole, la vivacité de son esprit et la netteté de son style. Le pape Bonifuce VllI le tit travailler à la compilation du (j livre des Décrétnles, appelé le Sexte. Ce jurisconsulte mourut à Bologne en 1303, du ciiagriu, selon quehiucs-uns, de n'avoir lias éti'' honoié de la pourpre romaine. Il est auteur de plusieurs ouvrages sur le droit civil: d'un Comincnlariuni in régulas juris pontiftcii, jn-8'. Cyno», son disciple, assure qu'il contient les [irincipes choisis de cette science; et si l'on en croit Akiat, c'est un livre qui mérite d'être amiris mol à njol. .Miiis CI ux nui savent que Charles du Moulin, en le coniuientant, y a corrigé une inhnité de fautes, verront que ces éloges ont besoin d'être réduits. De glossis conlrariis, 2 vol. in-folio, dans lesquels il s'est glissé be;iU(iiu|) d'erreurs, etc.

DIOCRE (Rai.ho>dj, uom d'un chanoine do

Notre-Dame de Paris, qu'on crut mort en odeur de sainteté l'an 108't.. On a conté sur lui un miracle, contredit pir les meilleurs criticpies. Son corps ayant été a;.'j.orl', diton, dans le c'iœur do son église, il leva la tête hors du cercueil, ii ces mots le la 4-' leçon de l'ofTice des morts : Responde milii, elc, et cria tout haut, par trois différentes fois :

Justo Dei judicio accusatus sum judicalus

sum condemnatus sum. Launoy, dans sa

dissertation de vera causa secessus sancti Brunonis in eremum, soutii^nt qu'avant le temps de Gerson et de saint Autonin, qui vivaient après l'an liOO, aucun auteur n'avait jiarlé de ce prétendu miracle, et que cette tradition des chartreux est mal fondée. Divers savants ont répondu à cette dissertation, entie autres le P. Jean Colombi, jésuite, par sa Dissertertio de Cartliusianorum initiis, seu quod Bruno adactus fuerit in eremum vocibus linminis redivivi Parisiis, qui se accusutum , judicatum, damnatum exclamabat. 11 y rapporte le témoignage de quelques historiens qui ont, à ce qu'il prétTend, parlé de ce miracle avant l'an 1409; et il cite l'auteur qui a écrit en 1150 une relation des commencements des chartreux; un religieux de cet ordre, de la chartreuse de Mérva en Bugey, dans une charte de 1298; Guillaume d'Erbura oud'Yvrée, qui écrivit en 1315, Liber de origine et veritate perfectce religionis; l'auteur de la Chronique des prieurs de la Chartreuse, qui a fleuri depuis 13!;3 jusqu'en 1391; et tnfin Henri de Calcar, qui composa en 1398 un traité de l'origine des Chartreux. Il paraît néanmoins que le silence de saint Bruno dans sa lettre à Raoul, où il détaille les motifs de sa retraite, est un argument invincible contre la vérité d'un événement aussi extraor-liuaire. Ajoutons que ce prodige, envisagé dans tout son ensemble, parait s'éloigner de la nature de ceux dnut la Providence a semé sa marche bienfaisante et lumineuse. Jésus-Christ répondit à celui qui lui demanda un miracle do cette espèce : Si Moysen et prophetas non audiunt, neque si quis ex mortuis resurrexerit credent. Luc. xvi.

DIOD.ill (Jean), ministre, professeur de tliéologie à Genève, né à Lucques en 1576, mourut j\ Genève en Ki'tO, à 73 ans. On a de lui une traduction de li Bible en italien, publiée pour la ])remii"'i'e fois en lOOT à (îenève, avec t'es notes, et réim) rimé,' en lG'i-1, infolio, dans la même ville. C'est jilutùt une paianlirase qu'une traductiou. Ses notes apf)rociient \Aus des méditations d'un théologien qu'^ des réflexions d'un bon critique. Une traduction de la Bible en franc.ais, infolio, à Genève, en JG't4, ('crile d'un style barbare. Une version franç-.iise de V Histoire du concile de Trente, par Fra-Paolo, aussi mal écrite (juc sa Bible.

I)10i).\Tl (DoMiMgui:), archéologue, né ^ Naple.=i le 31 octobre 17.30, mort dans la même ville vers 1831, est auteur d'une Dissertation, dans la(iuelle. après s'êlrt ?lliirc ■ d • prjuver que le grec était la langue viil:.^iirc en Dnejil, près de deux sièch's avant l'èie (.lir^tJi.'niK; , il soutient (jue Jébus-Clirist et ses disciples

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parlaient cette langue, et que par conséquent le- textes originaux du Nouveau Testament sont en grec et non pas en lio^hreLi. L'ouvrage où celte opinion iiaradoxale est développée a pour titre : De Clirislo grœcc loqucnte excrcitalio , qua ostenditiir grœcam linguam vum Judœis tiim ipsi Cliristo et apostolh nattvam ac vernaculam fuisse, Naples, 1767, in-8^ Parmi ses nomljrcux ouvrages , nous citerons encore : un Traité sur h prêt à intérêt, écrit dans un but de conciliation, et qui fait autorité en Italie; la Vie de Martoretli, l'un de ses professeurs. La Vie de Diodali, publiée à Naples, 1815, in-8°, donne une liste exacte de ses i)rodiictions.

DIODORE (i'Aritioclio , prêtre de cette Eglise, et ensuite évéqne de Tarse, fut disciple de Sylvain, et maître de saint Jean Chrysostome, de s.iint Basile et de saint Athanaso Ces saints donnent de grauils éloi^es à ses vertus et à son zèle pour la foi, éloges qui ont été confirmés par le premier concile de Constaiitinople. Saint Cyrille, au contraire, l'apiielle l'ennemi de la gloire de Jésus- Christ, et le regarde comme le piécurseur de Neslorius; mais ce jugement no par.nlt pas fondé. Diodore fut un des premiers commentateurs qui s'atlacbèrent à la lettre de l'Jîcriture. sans s'amuser à lallégorie; mais il ne nous reste de ses ouvrages que des fragments dans les Chaînes des Pères grecs. C'est une petile perte, s'il est vrai, comme on la dit, qu'il jiou.'-sa l'amour pour le sens litléral jusiju'k détruire les prophéties sur Jésus- Christ.

DIONISI (Piulippe-Lairent), savant ecclésiastique, béui'liiier de la liasdique du Vatican, né e:i 1711 à Rome, oiî il mourut 'e 11 mars 1789, était Irés-versé dans les langues latine, grecque et liébra:que, ainsi que dans la connaissance des anciens canons et de tout ce qui appartient à l'éruditi m ecclésiastique. 11 eut la plus grande jiart, avec Tabbé Murlinedi , à la iormalion du Bullario Valicano, et publiri : Saerarum Vatieanœ busilieœ eryplarum monumenla, Rome, 1773, in-folio, avec 83 planches; Antiquissimi vesprrarum pasehalium ritiis erpositio, de sacro inforioris wlalis processH dominicœ resurrertioius Cliristi ante vesperas in Vatieanœ basilicœ usilato conjectura, Rome, 1780, in-folio, sans nom d'auteur.

DIOSCORE, patriarche d'Alexandrie, auparavant diacre et apocrisiairo do cette Eglise, exerçait cette dernière charge lorsqu'il renouvela la vieille ([uerelle de la préséance Bur le patriarche d'Antioche. L'ati'aire ayant été portée dans un synode de Constanlinople en 43'J , Théoiloret , sulfragant d'Antioche , défendit £i éloi]uemment les droi:s de cette Eglise, que Dioscore céda à la force de ses raisons; mais ce l'ut malgré lui, et il conçut dès lors une haine implacable contre son vainqueur. Elu iiatiiarche après la mort de saint Cyrille, en /i-'î5,il prit l'hérétique Eutychès siius sa protection. 11 ;outlnt opini.ïtrément ses erreurs dans le faux concile d'Kphèsc, en 4i'J, ap; elé avec tant de raison le origandage d'EpMse. Toutes les règles furent

violées dans cette séditieuse assemblée. Cent trente évêques, gagnés par des caresses ou intimidés par des menaces, souscrivirent au rétidjlissement d'Eutychès et à la déposition do saint Flavien, qui ne survécut guère à ce mauvais traitement. Après le concile, Dioscore osa prononcer contre le pape saint Léon ' une excommunication, qu'il fit signer par dix évêques ; mais l'année suivante il fut déposé dans un crmcile de Constanlinople. Cité au concile général de Chalcédoine, il refusa d'y comparaître. Cette assemblée, tenue en 451, le déposa, après trois citations, de l'épiscopat et du sacerdoce, comme contumace. Plusieurs personnes présentèrent contre lui des requêtes où l'on dévoilait tous ses crimes. L'empereur l'exila à Cangres en Paphlagonie, où il mourut misérablement en V58.

DIOSCORE, diacre de Rome, élu antipape l'an 530, le même jour que Boniface II, fut placé sur la ch;ure pontificale, et mourut environ trois semaines après.

DIOT (Nicolas), évêque constitutionnel de la Marn.\ né à Reims le 4 janvier 17'f4, était curé de Vendresse lorsque les électeurs de ce département le mirent à la tête du diocèse, au mois de juars 1791. Il s'installa aussitôt d^ns le palais archiépisco]ial, et adressa une lettre pastoialo au cle.gé. Le 14 juillet, jour anniversaire de la prise de la Bastille , il célébra ponliticalement la messe sur un autel de la pairie, élevé h l'entrée des promenades de la ville; et le 2 octobre, il donna un mandement où il injuriait les prêtres restés fidèles h leur devoir. En 1793 , cet indigne évêque en était venu à un tel point d'avilissement, qu'il ne craignit point de bénir dans sa cathédrale, le 9 novembre, le mariage d'un (le ses grands vicaiies avec sa cousine. Les jirêtres constitutionnels qui donnaient tous ces scandales n'en furent pas moins obligés bientôt de cesser toutes fonctions, et Diot prit part aux fêtes impies et aux profanations de ce temps de vertige et de crimes. 11 composa même des couplets pour être chantés dans les saturnales du culte de la Raison. En 1795, il essaya de re- I)rendre ses pouvoirs d'évêque constitutionnel; mais les prêtres qui partageaient ses erreurs refusèrent eux-mêmes de b' reconnaître, et il alla s'établir curé de Ville-en- Tardvnois , à quatre lieues de Reims. Au mois de juillet 1797, on le vit tenir h Reims un synode pour la nomination (ies députés au concile dit national, qui eut lieu à Paris dans le mois de sc[itemhre de la même année; et le 9 novembre 1800, il sacra dans la cathédrale un curé de Dunlterque, pour occuper le sii'ge de Cambrai. En avril 1801, il tint un nouveau synode, pour adhérer au décret de pacification publié audit concile national, le 24 septembre 1797. Les catholiques du diocèse lui répondirent par une lettre, qui fut imprimée sous ce titre : Réponse des catholiques â la Lettre prétendue pastorale du citoyen Nicolas Diot. Cet évêque, si tristement fameux, mourut à Reims le 31 décembre 1802, dans un état voisin de la misère.

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