DESPRÈS
Gabrielle, qui épousa Jean Bordeaux de Bruch, direcleur et trésorier des Monnaies de Perpignan ; Margucrite, qui se maria à M. de Tord ; Charlotte, qui fut la femme de Joseph de Montredon, seigneur de Cazuilhes. Parazols, Viviès ; Martiale, religieuse au couvent de Sainte-Ursule de Narbonne ; François, chanoine et vicaire général d'Elne ; Joseph, docteur en Sorbonne, et Jean-Baptiste. capilaine-commandant d'infanterie au régiment de Vermandois et chevalier de Saint-Louis.
Archives de la famille. — Archives des Pyr.-Or., BR. 402, 404, €. 1256. — Mémoires de Jaume. — Communication obligeante de M. J. Despetis.
DESPRÈS (Etienne-François-Antoine), fils ainé du précédent, naquit le 17 février 17146. T1 était seigneur de Poumeyrol, Saillagouse et Angoustrine, etavacat au Parlement de Paris, lorsqu'il fut nommé substitut de son frère, procureur-général au Conseil souverain du Roussillon, le 1° mai 1741. Malgré les démarches que celui-ci tenta auprès de la Cour, pour lui passer sa place, Etienne Desprès vit André Règnes, le doyen des avocats-généraux recueillir au Conseil souverain la succession de son père décédé. Il fut nommé conseiller au Parlement de Toulouse, le 21 octobre 1746. Il quitta cette charge pour prendre celle de conseiller au Conseil souverain du Roussillon, le 21 juin 1751, dans l'espoir d'obtenir plus aisément la place de procureur-général. André Règnes, le titulaire de cette charge, étant mort en 1762, Français de Vilar fut nommé à sa place. Le 29 avril 1777. Étienne Desprès se démit de sa charge de conseiller et devint conseiller honoraire au Conseil souverain. Dix ans plus tard il fit tous ses efforts pour obtenir en faveur de son fils la succession de François de Vilar. Ce fut en vain et la mort le frappa à Perpignan le 1°" novembre 1790. Le 2 juin 1746, Etienne Desprès avait contraclé mariage avec Geneviève-Hélène Coste de Champeron. qui était la fille de Gilles-Charles Coste de Ghamperon, chevalier, seigneur de Tilly, Saint-Laurent, le Hamel, Mondeville et conseiller en la Grand-Chambre du Parlement de Paris, et de Hélène-Geneviève de Noyel. Ils eurent cinq enfants : Joseph-Etienne ; Jeanne, qui épousa, le 4 juin 1770, Bertrand Bosch; Josèphe, morte célibataire le 2 novembre 1791 ; Marie-Anne, qui se maria au chevalier Bertran de Palmarole de Descallar, et François-Denis. chanoine de la cathédrale de Perpignan.
Archives de la famille. — Communication obligeante de M. J. Despetis.
DESPREÉS (François), frère du précédent. était chantre et chanoine de l’église collégiale de Vezelay. lorsqu'il prit possession, le 27 octobre 1716, du bénéfice de la Trinité fondé par la reine Esclarmonde de Majorque, dans l'église Notre-Dame du Pont à Perpi-
gnan. Devenu plus tard chanoine de la cathédrale et vicaire-général du diocèse de Perpignan, il mourut le 19 septembre 1781 sans avoir pu passer son canonicat à son neveu François-Denis Desprès, alors âgé de vingt-trois ans seulement. Ce dernier obtint peu après une stalle au chapitre de Saint-Jean.
Archives des Pyr.-Or.. G. 1028. — Mémoires de Jaume.
DESPRÉS (baron Joseph-Etienne-Xavier), seigneur de Poumeyrol, Saillagouse et Angoustrine, naquit à Perpignan, le 25 avril 1753. Il obtint, le 29 avril 1777, une place de conseiller au Conseil souverain. En 1787, François de Vilar se démit en sa faveur de sa charge de procureur-général au Conseil souverain, moyennant une pension viagère de six mille huit cents livres que Joscph-Etienne Desprès devait servir annuellement à son prédécesseur. Le premier président de Malartic s'était entremis dans cette affaire et il écrivait, le 5 juin 1787 au maréchal de Noaiïlles : « Je vous prie de vous rappeler que vous avez promis l'année dernière, moy présent, à M. Desprès de vous intéresser pour lui, lors que la charge de procureur-général viendrait à vacquer. M. Desprès est un magistrat fort instruit, il a une fortune considérable, tant de son chef, que du chef de sa femme, qui est nièce de M. de Faventine, fermier général. Son aïcul paternel était procureur du Conseil souverain, et M. de Champeron, son aïeul maternel, était doyen du Parlement de Paris ». Le garde des sceaux, Lamoignon, refusa d’agréer la combinaison et les propositions qui lui furent faites. A la sollicitation de Joseph d'Albert qui était alors intendant de police à Paris, il nomma à la place de François de Vilar, Noguer-Albert, le second des avocats-généraux, le 3 avril 1788. Joseph-Etienne Desprès se vit obligé de payer à François de Vilar la pension de six mille livres, parce qu’en la lui promettant, il s'était soumis à tous les événements. A la suite d’un accommodement passé entre les intéressés, elle fut réduite de moitié et éteinte à la venue de la Révolution française. Joseph-Etienne Desprès épousa, le 6 juin 1778, Agathe-Dorothée de Fabre de Montvaillant, fille de Jean-Louis de Fabre, baron de Montvaillant, mousquetaire du roi, conseiller et maitre en la cour souveraine des aides, comptes et finances de Montpellier, et d’Agathe de Faventines. Durant la Révolution, Joseph-Etienne Desprès se réfugia à Toulouse, et vécut retiré avec son épouse el ses enfants, dans un hôtel qu'il avait acheté, rue Ninon. Le 15 avril 1815, sa femme mourut en laissant trois enfants : Geneviève, qui se maria à Desforges de Montaignac ; Marie-Modeste, qui épousa, en 1810, Pierre-Joseph de Gaffard, fils d’Alexis de Gaffard, conseiller au Conseil souverain du Roussillon, et Charles. Rentré à Perpignan après les Cent-Jours,
Joseph-Etienne Desprès convola en secondes noces. Le 28 février 1818, il épousa Marie-Thérèse de Coma- Jordi, fille de Dominique de Coma-Jordi et de Françoise de Montredon. Un décret de Louis XVIII, en date du 8 octobre 1818, le nomma maire de Perpignan. Joseph-Etienne Desprès occupa cette situation honorable durant huit années. Après avoir été promu chevalier de la Légion d'honneur, le 11 août 1823, Joseph-Eticenne Desprès futcréé baron par Louis XVIII en 1824. Le mandat de premier magistrat municipal de la cité lui fut renouvelé à trois reprises par le roi de France jusqu’en 1827. Le baron Desprès le remplit à deux époques difficiles : pendant que la fièvre jaune sévissait à Barcelone et pendant la guerre d'Espagne. Il continua l’œuvre de Bernard Arnaud, un de ses prédécesseurs, qui avait commencé, dès 1809, une plantation de platanes sur un terrain destiné à l'établissement d’une promenade publique. Ce fut le baron Desprès qui fit planter l'allée de platanes qui fait face au monument actuel de 1870-1871, c'est-à-dire la plus importante. L'aménagement de cette avenue nécessita de longs pourparlers avec l'administration du Génie qui refusait d'accorder l'autorisation. Le maire profita de l'absence du colonel, chef du Génie à Perpignan, parti à Paris afin d'exposer cette affaire, et fit procéder à la plantation hâtivement ; de sorte que l'administration se trouva devant le fait accompli. En mars 1827, il adressa à Charles X une lettre de démission de maire de Perpignan, basant sa détermination sur son grand âge. Le conseil municipal de la cité, assemblé le 21 de ce même mois, fit une déclaration des plus flatteuses sur son administration. Il fut remplacé dans sa charge par André Grosset. Pour laisser à ses concitoyens un témoignage d'affection, le baron Joseph-Etienne Desprès offrit en 1829 de construire, à ses frais, sur la Place royale (actuellement Place du Marché) une belle fontaine de la valeur de douze mille francs. Cette fontaine monumentale, en marbre blanc, fut inaugurée le 30 octobre 1831. Le Préfet des Pyrénées-Orientales, le Conseil municipal de Perpignan et une foule nombreuse assistèrent à la cérémonie d’inauguration. On grava sur l’une des faces de la fontaine l'inscription suivante : La ville de Perpignan, reconnaissante, acceple ce monument offert par un de ses plus dignes conciloyens, et sur une autre face la date de l'inauguration. Lors des derniers travaux opérés sur l'ancienne Place Royale, convertie en Marché couvert, la fontaine monumentale a été enlevée et remisée dans une salle de l'Hôtel de Ville. C’est là qu'elle attend une nou-
velle destination digne d’elle et de son donateur. Le:
baron Joseph-Etienne Desprès mourut à Perpignan, le 30 juillet 1834.
Archives de la famille. — Communication obligeante de M. J. Despetis.