‹ Dictionnaire de biographies roussillonnaisesChapitre 98 sur 227 · LA TOUR — LA TRINXERIA · texte numérisé non relu

LA TOUR — LA TRINXERIA

tales, en remplacement de Soubeyran, appelé à la préfecture du Loir-et-Cher. Le baron de Lassus Saint- Geniès a laissé son nom à la route vicinale qu'il fit ouvrir de Perpignan à Canet. Il travailla à l'acquisition par le département « des étangs de la Bouillouse, Carlit et Lanous. formant un groupe de vingtun réservoirs d’eau ». Le baron de Lassus Saint-Geniès quitta la préfecture des Pyrénées-Orientales le 14 décembre 1860, pour aller occuper celle de la Seine-et- Marne. Il eut deux fils qui sont décédés à Paris : Pierre avait épousé une fille de Charles Gounod, le célèbre compositeur ; Henri se maria à la fille du général Boissonnet, ancien sénateur.

V. LacaixE et Ch. Laure\T. Biographies et necrologies des hommes marquants du XI1X' siecle.

LA TOUR D’AUVERGNE - LAURAGUAIS (Joseph-Denis-Bernard-Edouard de), comte de Lauraguais et de Saint-Paulet, né à Auzeville (Haute- Garonne), le 19 mars 1767, appartenait à une branche de l’illustre famille des La Tour d'Auvergne qui remonte aux anciens ducs d'Aquitaine, comtes d’Auvergné. et qui a compté parmi ses membres Turenne et le « premier grenadier de France ». Il suivit l’état militaire et parvint au grade de maréchal de camp. Rovyaliste, il fut, le 22 août 1815, élu député du collègwe du département des Pyrénées-Orientales par 106 voix sur 118 votants. Il vota avec la majorité de la Chambre Introuvable et ne fit point partie d’autres assemblées. Louis XVITT lui fit remettre, comme chef de la famille La Tour d'Auvergne, le cœur de Turenne. Retraité en qualité de maréchal de camp, le # janvier 1835, il fut nommé commandeur de la Légion d'honneur. Joseph de La Tour d’Auvergne- Lauraguais mourut à Castelnaudary (Aude). le 10 mai 1841.

ROBERT, BoOURLOTON et Coucxyx. Dictionnaire des Parlemenlaitres.

LA TRINXERIA (Raphaël de) représentait au x vu siècle la branche aînée de la famille de ce nom établie à Prats-de-Mollo. T1 fut appelé sous les drapeaux par Philippe IV, en 1638, et se distingua l’année suivante au siège de Salces, ce qui lui valut le titre de bourgeois honoré de Perpignan, par privilège royal du 17 avril 1640. Il reconnut la domination française. Il invoqua même les services rendus à la couronne de France, pour avoir équipé et entretenu à ses frais. en 164), un des dix-huit hommes envoyés par la communauté de Prats-de-Mollo au secours de Barcelone, assiégée par don Juan d'Autriche. Sa requête, appuyée d'un certificat conforme délivré par les consuls de Prats-de-Mollo. ne l'empécha pas d'être dépossédé de ses biens en 1655. Il eut un enfant qui, à son tour, laissa une descen-

dance, laquelle, de génération en génération, se transmit. de père en fils. la charge du notariat à Prats-de-Mollo, jusqu'à la venue de la Révolution. En 1789, François de la Trinxeria-Hortet se vit refuser le droit d'admission aux assemblées de l’ordre de la noblesse, Il composa alors un mémoire en réponse aux objections qui lui furent présentées contre ses titres nobiliaires.

Archives des Pyr.-Or., B. 401. — ALanr, Noles el documents

historiques sur le departement des Pyrénées-Orientates. — ArAGox. Le Roussillon aur premiers temps de son annexion à la France.

LA TRINXERIA (Joseph de), issu de la branche cadette de la maison de ce nom, naquit à Prats-de- Mollo. En 1666, les préposés de la gabelle en Roussillon, ayant trouvé dans sa maison une certaine quantité de sel, lui firent un procès. Bien que le taux de l'amende ne fut que de vingt-cinq livres, Joseph de La Trinxeria en offrit trente-trois. On en exigea soixante-six. Indigné de ce qu'il regardait comme une exaction, Joseph de La Trinxeria prit les armes ; plusieurs camarades s'étant joints à lui, leur troupe attaqua les préposés, dont un grand nombre furent tués. Les survivants se réfugièrent à Céret, d'où ils ne bougèrent plus. Pendant deux ans, La Trinxeria parcourut presque en maïtre le Vallespir, de Pratsde-Mollo à Saint-Laurent-de-Cerdans, et de cette ville à Céret, sans se laisser entainer par les détachements de troupes envoyées contre lui. Cette résistance prolongée entoura son nom d’un prestige qui s’accrut encore quand le duc d'Ossona envahit le Roussillon. en 1667. Alors les Miquelets de La Trinxeria, joints à ceux d'un autre chef de partisans nonmé Lamberto Manera, batlle de Bassaguda, en Catalogne, devinrent de redoutables adversaires dont le vicceroi se servit avantageusement contre les Français. Attaques de convoi, embuscades, incursions poussées jusque sous les murs de Perpignan, La Trinxcria ne reculait devant aucune entreprise et réussissait selon ses prévisions, gràce à la connaissance qu'il avait du pays et aux intelligences qu'il s’y était ménagées. Le Haut-Vallespir était comme un nid inexpugnable de miquelets qu'on ne parvenait pas à détruire. Le président Sagarre entreprit de les exterminer. Îl partit dans ce but de Perpignan, le 14 septembre 1668, à la tête d’une petite troupe, en compagnie de ses collègues de Marti et de Trobat, avocats généraux au Conseil Souverain. Ces magistrats, raconte le chroniqueur Curp. « montèrent à Arles avec trois cents hommes pour rétablir la gabelle dans les villes et villages de la montagne. Le lendemain, à neuf heures du matin, le président et ses collègues, quelques honimes de guerre et le somalent de Céret (a milice), accompagnés de menu peuple et d'autres auxiliaires, partirent d'Arles. Dès

qu'ils furent arrivés un peu au-delà des lièges de Camps, La Trinxeria sortit brusquement d’une embuscade avec ses hommes appelés Angelels, et repoussa à coups de mousquet le président et sa troupe vers Arles, où il la tint assiégée jusqu'à ce que, le Parlement ayant ordonné la levée d'un homme par feu dans tout le Roussillon, cette force, qui se portait à six mille hommes et cent chevaux, débloquât les assiégés et les ramenât coucher à Céret, Le 19.» Après l'échec de Sagarre, l’édit sur la gabelle devint presque lettre morte pour le Vallespir. Une politique mieux inspirée essayait néanmoins de le maintenir, en atténuant ce qu’il avait de trop rigoureux, et même, dès 1669, les Angelets poursuivis pour attentats contre la gabelle furent ainnistiés. Comme sanction de la mesure réparatrice, un règlement détermina la quantité de sel que prendraient les communautés, chargées désormais d'en faire la distribution aux habitants. Cependant, les préposés, revenus à Prats-de-Mollo et casernés au fort de Perilloux, en sortirent pour surveiller la fraude. Ils arrêtèrent, en 1670, un particulier du village de Baïillestavy, connu sous le nom de l’hereu Just. Cet acte de rigueur réveilla l'esprit de révolte. Les paysans soulevés résolurent de délivrer le prisonnier et, conduits par La Trinxeria, ils entrèrent en force dans Prats-de-Mollo, que le gouverneur se mit en devoir de défendre courageusement. La Trinxeria paralysa ces dispositions belliqueuses en capturant la femme et les enfants de cet officier, qu'il retint en ôtages jusqu'à la mise en liberté de Just. L'échange ne se fit pas attendre longtemps. La Trinxeria aurait pu, après ce succès, obtenu sans effusion de sang, licencier son monde ; mais, averti par des espions qu'un détachement de cavalerie était cantonné à Céret, il y entraîna ses hommes, y arriva à l'improviste et fit la troupe prisonnière. Ces coups de main répétés irritèrent Sagarre qui résolut, coûte que coûte, d'arracher le Vallespir à la domination de La Trinxeria. En 1670, le comte de Chamilly fut chargé de l’entreprise et la conduisit avec autant de résolution que de vigueur. La Trinxeria, voyant à qui il avait affaire, se retira en Catalogne. Il n’y demeura pas inactif, car. dès 1673, il reparut en Roussillon, avec la reprise de la guerre. La Trinxeria vint dans son pays dans les rangs de l’armée espagnole en qualité d'officier. En 1674, il attaqua, avec un capitaine de miquelets du village de Labastide, nommé Salgas, un convoi que le gouverneur de Villefranche conduisait lui-même pour ravitailler le fort des Bains (Amélie-les-Bains). Il défit l’escorte et s'empara d'une quantité considérable de munitions et de vivres. On le retrouve l’année suivante à Gérone. Peu après, bloqué dans le fort de Bellegarde qu assiégeait Schomberg, il força le passage à tra-

LAZERME

vers les rangs de l’armée française. Neuf ans plus tard, Bascara, qu'il attaqua avec le marquis de Leganez, tomba en son pouvoir. En 1689, La Trinxeria fut promu colonel dans l’armée d'Espagne.

ARAGON, Le Roussillon aur premiers lemps de son annerion à la France.

LAZERME ou LAS HERMES (Pierre de) descendait d’une très ancienne famille établie dans Île Velay au x siècle. dont l'origine remontaitaux comtes des Hermes ou de Las Hermes, et qui se fixa aux environs du Pouget avant Le xvi' siècle. La filiation de cette branche, à partir de Jean, seigneur de Las Hermes, vivant en 1509, est établie par Pierre de Las Hermes, « cappitaine », qui percevait, en 1%98, les taxes municipales du Pouget. Pierre mourut en 1604. Son fils Jacques, qui est qualifié « consul » en 1630, eut un fils, Jean, décédé en 1674, qui laissa comme descendants : Pierre, prieur de Saint-Paul de Moncamel, puis chanoine de Saint-Pierre de Montpellier et de Maguelone, cité sous le nom de La:ermes dans l’Armorial de 1696 ; Jacques, époux de Marie d’'Arnaud, fille du viguier d’Aumélas. De leur union naquirent cinq enfants, dont les deux plus connus sont : Jacques de Las Hermes, conseiller du roi, qui professa à l’Université de Montpellier et écrivit en latin des ouvrages célèbres en leur temps. Il ne laissa qu'une fille qui épousa Jean de Brignac, baron de Montarnaud, et dont l'unique petite-fille épousa le comte de Turenne, aide de camp de l'Empereur Napoléon I", et Pierre, fondateur de la branche établie en Roussillon. A l'exemple de leur oncle le chanoine, ces deux derniers changèrent l'orthographe du nom patronymique et ne parurent dans les actes officiels que sous la dénomination de Lazerme. Venu en Roussillon, Pierre de Lazerme épousa à Perpignan, en 1738, Jeanne Fabra, dont la sœur était mariée à Jérôme Dolet, avocat au Conseil Souverain.

Pierre de Lazerme fut inscrit parmi les bourgeois immatriculés de Perpignan. Il acquit, dans les localités de Sainte-Marie-la-Mer et Canet, des terres relevant de la vicomté de Canet, dont ses enfants réunirent à leur patrimoine la plus grande partie du territoire. par acquisitions successives et par la cession du château vicomtal, consentie par le duc d'Hijar, en faveur de Joseph de Lazerme, dans Ia famille duquel il est resté jusqu'à ce jour. Pierre de Lazerme mourut en 1760, à Perpignan, laissant un fils, Joseph.

Denis de Tnézax, Le Pouget et ses alentours, étude historique, Paris, Léon Sault, 1882. — Archives de la famille.

LAZERME (Joseph de), fils du précédent, naquit à Perpignan en 1740. Reçu avocat au Conseil Souverain du Roussillon, il contracta alliance avec Suzanne Augé, nièce du chanoine d'Elne Monvyé, et de Luce

LAZERME

Monyé, aussi inscrit au barreau de Perpignan. Ce dernier avait acquis, en 1760, du seigneur de Sournia, de Casteras, les terres et habitations qu'il possédait au territoire d'Elne. Ces domaines, cédés en 1771 à Alexis Brouzet, mercader immatriculé de Perpignan, retournèrent en 1782 à Joseph de Lazerme. neveu de Luc Monyé, et restèrent depuis lors dans sa famille.

D’autres acquisitions de biens-fonds effectuées à |

cette époque par Joseph de Lazerme. les fiefs des maisons d’'Oms, de Montbarey, de Torralba qu'il prit à ferme de 1777 à 1787, firent de lui un des plus forts propriétaires fonciers durant les dernières années de l’ancien régime, dans la province du Roussillon. En 1789, les consuls de Perpignan ayant levé des milices à la tête desquelles le marquis d'Aguilar avait été mis, Joseph de Lazerme reçut le commandement d’une des neuf compagnies qui les composaient. Au mois d'août de cette même année, les milices furent remplacées par la garde nationale ; Joseph de Lazerme exerça aussi le commandement d’une compagnie. Lorsque la disette vint provoquer la surexcitation du peuple, la municipalité qui avait remplacé les consuls, sommée de parer au danger, se trouva tout d’un coup dans un cruel embarras. Joseph de Lazerme lui offrit de fournir à ses frais tout le blé dont la ville pourrait avoir besoin pendant trois jours: les magistrats municipaux auraient ainsi le temps d'aviser. L'offre fut acceplée avec enthousiasme. Pendant trois jours, les charrettes de Joseph de Lazerme vidèrent ses greniers d'Elne, de Canet, de Sainte-Marie et d'autres lieux et remplirent ceux de la ville. Il fut nommé officier municipal. En 1793, sous prétexte de s’opposer aux Espagnols qui menaçaicnt de déboucher par le Boulou et les Albères, le mas d’Avall, d'Elne, avait été mis en état de défense. Joseph de Lazerme y gardait les hommes de sa compagnie dont il était sûr. La place était devenue un refuge pour les suspects qui trouvaient une protection momentanée dans l’intrépidité de Joseph de Lazerme. On l'avait vu essuyer, seul et sans la moindre inquiétude, le feu d’une compagnie de gardes nationaux conduite par le conventionnel Cassanyes, leur enlever son ami Joseph de Blay, qu'ils avaient fait prisonnier, et l'emmener à Elne d'où il avait gagné. sans danger, l'Espagne. Gardé par la peur qu'il inspira, le mas d’Avall d’Elne finit par être considéré comme situé sur un terrain neutre. entre les armées espagnole et française. Le culte catholique se pratiqua librement et presque régulièrement dans sa chapelle. Ce fut au point que le conventionnel Milhaud, délégué par la Convention à l’armée des Pvrénées- Orientales, vint v faire bénir son mariage avec M'': Lignères, d'Argelès, dont il était éperdument amoureux. et qui n'y avait consenti qu’à la condi-

tion qu’il serait consacré par un prêtre catholique. Tous les jours, d’ailleurs, la messe était célébrée dans la maison de Lazerme de Perpignan. À deux reprises, à la suite de dénonciations, cette maison fut envahie par la garde nationale. Chaque fois, Joseph de Lazerme, prévenu, parvint à l'écarter. Son épouse poussa l'audace jusqu'à pénétrer dans la prison du Castillet, après en avoir acheté le gardien, et à faire évader. pendant fa nuit, les prisonniers. Arrêtée elle-même et traduite devant le Tribunal révolutionnaire, elle fut sauvée par Joseph de Lazerme qui avait, à son tour, acheté l’un des agents de ce Tribunal. Mais bientôt Suzanne de Lazerme y comparaissait de nouveau avec sa fille ainée, Jeanne. Toutes deux s'étaient trouvées sur le passage d’un condamné et, insouciantes du danger. elles avaient crié: Vive Dieu el vive le Roi! Cette fois encore. Joseph de Lazerme put les arracher à l'échafaud, autour duquel elles avaient été déjà conduites. Il y parvint grâce au secours du général de Lamer, alors commandant de l'armée réunie à Perpignan, et qui devait, plus tard, devenir l'époux de Jeanne de Lazerme. Joseph de Lazerme se retira à Taulis et passa plusieurs fois en Espagne, dans la terre qu'il avait acquise, en prévision des événements, avant la Révolution, à la Junquère. Il put ainsi se soustraire momentanément au danger, en revenant dès qu’il était nécessaire ou seulement utile, et éviter la confiscation de ses biens en établissant qu'il n'avait pas émigré à l'étranger. Sous le Consulat, Joseph de Lazerme fut nommé, par le général Martin, conseiller municipal de Perpignan. Il mourut en 1820 et laissa un fils, Joseph, et sept filles : Jeanne, mariée au général de Lamer ; Maria-Gratia, épouse de Joseph Boluix ; Suzanne, rnariée au marquis d’Argiot de la Ferrière ; Marie, épouse de Théodore Parès, député des Pyrénées-Orientales et Procureur-général à Colmar ; Thérèse, marice à Emmanuel Bonafos, médecin en chef des hospices civils de Pérpignan.

Archives de la famille. — Denis de THÉZAN, op. cil.

LAZERME (Joseph de), fils du précédent, naquit à Perpignan, le 14 mars 1787. Il fut nommé, en 1815, capitaine d'une compagnie de voltigeurs volontaires levés par la ville de Perpignan, et rendit à cette époque un service signalé à la France en maintenant par un acte d'énergie et de désintéressement l'intégrité de son terriloire du côté des Pyrénées. L'armée espagnole, commandée par le duc de Baylen, prétendait entrer dans Perpignan pour y proclamer les Bourbons. Son but réel, combiné au ministère de Madrid, était tout autre : profiter de l'absence des troupes régulières, du petit nombre et de l’inexpérience des défenseurs nouvellement organisés dans Perpignan pour l'occuper et faire rentrer eelte posi-

tion définitive par les traités, alors en discussion. Joseph de Lazerme répondit au duc de Baylen qu'il planterait le drapeau français sur la citadelle de Perpignan et que les Espagnols n'y entreraient que de vive force. Cette déclaration fut suivie de dispositions militaires prises à la fois contre l'ennemi et contre la ville. où un parti puissant. trompé par la manœuvre des Espagnols, s'opposait à la résistance. Le duc de Baylen. après une entrevue qu'il eut dans Perpignan avec les autorités et Joseph de Lazerme, consentit à éloigner son armée, moyennant une indemnité de guerre. Elle lui fut payée séance tenante par le maire de la ville, Jean Méric, et par Joseph de Lazerme. Ce dernier n’hésita pas à engager sa fortune personnelle, dans cette circonstance critique, et l’armée espagnole rétrograda vers les Pyrénées. La Restauration fit Joseph de Lazerme conseiller général de Perpignan ; il remplit ce mandat durant plus de trente ans (1815-1848). Le 17 novembre 1827, Joseph de Lazerme fut élu député du collège du département des Pyrénées-Orientales, par 205 voix sur 371 votants. Sans aborder la tribune, il se fit apprécier dans les commissions de la droite ministérielle où il siégea. Charles X le créa chevalier de la Légion d'honneur et reconnut, en le mentionnant dans le Brevet signé de sa main, l’ancien titre de la famille de Lazerme. Le Brevet est, en effet, conçu en ces termes : « Charles. par la grâce de Dieu, Roi de « France et de Navarre, chef souverain et grand mai- «tre de l'Ordre Royal de la Légion d'Honneur, à tous « ceux qui ces présentes verront, Salut. Voulant « donner une preuve de notre satisfaction royale au « sieur Lazerme (Joseph-Jean-Jacques), Comte de « Las Hermes, né le 14 mars mil sept cent quatre- « vingt-sept, membre de la Chambre des Députés et « du Conseil général des Pyrénées-Orientales, l'avons « nommé et nommons Chevalier de l'Ordre Royal « de la Légion d'honneur, etc... Donné au Château « des Tuileries, le 15 mars de l’an de grâce 1829. de « notre règne le cinquième. Signé : Charles. » Le 1% mars 1829, le ministère Polignac le nomma conseiller de préfecture en remplacement de Joseph d’Astros, admis à la retraite. Joseph de Lazerme était le propriétaire le plus imposé du département des Pyrénées-Orientales. Son attachement à la branche ainée des Bourbons lui valut, en juillet 1830, un charivari qui faillit lui coûter la vie. Celle manifestation prit un caractère de violence telle qu'il fallut la présence d'esprit et le courage du maire de Perpignan, Grosset, pour dégager des mains des assaillants l'hôtel de Joseph de Lazerme, situé sur la rue de l’Ange. L'ancien député de Charles X conserva toutefois son siège de conseiller général de Perpignan durant tout le temps de la monarchie de juillet ; il ne s’en démit. en 1848, que pour le céder à

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