‹ Dictionnaire de cas de conscience; (volume 2)Chapitre 26 sur 402 · MALÉDICTION · texte numérisé non relu

MALÉDICTION

La malédiction ou imprécation est un souhait qu'on fait qu'il arrive du malheur à quelqu'un, ou à soi-même, ou à quelque autre chose. On peut maudire, quoique dans un sens moins propre, des créatures sans raison, comme un cheval, une terre, etc., et alors la malédiction regarde indirectement le Créateur même, contre la Providence duquel on se révolte, ou le prochain, dont on souhaite le dommage par la malédiction qu'on donne à ce qui \u\ appartient; d'où vient que ces sorles d'imprécations ne peuvent être excusées de péché. Les païens mêmes, comme Platon, les ont eues en horreur. Les effets en sont toujours à craindre, quelque injustes qu'elles soient. Saint Augustin, serm. 332, en rapporte un célèbre exemple, en parlaul d'une mère qui, outrée de douleur contre sept garçons et trois filles, ses enfants, qui l'avaient offensée, eu ce que l'aîné l'ayant frappée, les autres ue s'y étaient pas opposés, alla faire sur les fonts de baptême de si horribles imprécations contre eux, qu'ils furent lous à l'instant frappés d'un tremblement de tout le corps, qui les obligea de quitter leur pays pour é»iter la honte publique dont ils se trouvaient couverts. Ce Père ajoute que deux d'entre eux, savoir Paulus elPalladia, sa sœur, furent miraculeusement guéris, lorsqu'on célébrait la translation des reliques de saint Elienue ; plus heureuv que leur malheureuse mère, qui se pendit elle-même, voyant l'effet de sa malédiction accompli. Cependant les saints, parlant par l'esprit de Dieu, ont quelquefois fait des imprécations contre de certains pécheurs ; témoin saint Pierre qui dit à Simon le magicien, Act. vin : Que ton aryent périsse avec toi. Témoin encore cet ordre de Dieu même : Maiedivite haO.tatori'jus ejus. Mulcdiçile terrœ Meroz. Judic. v.

Mais parce qu'il n'y a que Dieu, qui, infiniment juste, puisse maudire ses créatures, ces exemples ne peuvent autoriser personne à maudire son prochain, ni ce qui lui appartient

DICTIONNAIRE DK CAS DE CoNSClKNCK.

Au contraire Jésus-Christ nous ordonne de bénir ceux qui nous maudissent. Ce que pratiquaient en effet les apôtres, comme l'assure saint Paul, qui dit: Malerlicimur, et benedicimus, 1 Corint, iv.

an prochain même; 2 si en les maudissant, il les con-idère précisément comme des créatures de Dieu ; car alors c est un blasphème. Mais son péché peut n'éire que véniel, s'il n'a pas celte vue. et que le mal qu'il désire à cette créature ne puisse piéjudicier au proch lia. C'est ce que oit saint Thomas, qui ajoute : Mnledic-re rébus inationalibus. in quantum sunt crenlurœ Dei , est peccatum blasphemiœ; maledicere autant eis, secmidum se onsideratis, e t otiosum et vanum, et per conse'/uens HUcitum. 2-2, q. 76, a 2.

Cas III. \v( z-vous maudit des personnes? si c'est seulement à cause de leurs défauts, par colère ou par indignation et non comme créatures de Dieu, il n'y a pas de blasphème, mais péché contre la charité, lequel serait m > tel, si l'on donnait de grandes malédictions, telles que celles-ci : Que le démon tous emporte, que le tonnerre vous éirnse, et que l'on désirât que la chose arrivât. Quoique Dieu condamne les malédictions, il lese.vauce souvent dans sa justice.

Cas I. Oronce profère Quelquefois des paroles de malédiction. Pèche-t-il toujours mortellement à chaque fois?

R. S le mal qn'Oronce désire an prochain est not ble , et que son intention soit qu'il lui arrive, il pèche mortellement toutes les fois qu'il prononce C'S malédictions. Mais si le mal n'est pas considérable, ou que l'étant, il n'ait pas intention qu'il arrive, ou qu'il ne profère ces sortes de paroles que par manière de divertissement ou par une précipitation si grande, quYIlo prévienne sa volonté, son péché ne do t é re censé que comme véniel, pourvu qu'il s'elTorce d'en rétracter l'habitude.

Cas II. Hnnulfe profère quelquefois des malédictions contre des créatures irraisonnablss. Pèche-t-il en cela moi tellement , lors ue le mal qu'il leur souhaite est fort no'able, et qu'il le fait avec une pleine délibération?

H. Il pèche mortellement : 1° s'il désire du mal à ces créalur. s, en tant qu'elles sont le bien du prochain, parce que c'est en désirer

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