MECHANT
On entend ici par méchant celui qui est dans l'habitude du crime et qui s'en fait un jeu et un plaisir. Tout bon chrétien ne doit avoir aucun commerce avec ces gens-là, si ce n'est dans l'espérance bien fondée de contribuer à leur conversion, et pourvu qu'on ne s'expose, en les fréquentant, à aucun danger de se laisser corrompre par leurs mauvais exemples. 11 n'est point de si méchant homme qui ne fasse quelque bonne œuvre, comme il n'est point de juste qui n'en lasse quelque mauvaise. Non potest malus in omnibus malus este, sed habet aliqua bona, dit saint Chrysostome, cité can. 48, de Pœnit., dist. 3.
Cas I. Peut-on regarder un homme comme da>ns le for extérieur, dont les présomptions
méchant, à cause qu'on a été très-souvent témoin de plusieurs crimes qu'il a commis? H semble qu'on le peut, suivant cette règle de droit : Semel malus semper prœsumilur esse malus. Il semble aussi qu'on ne le doit pas, puisqu'il peut s'être converti.
R. 1° En général on ne doit pas regarder un homme comme méchant parce qu'il a été par le passé dans l'habitude du crime, puisqu'il peut s'être converti cl être peul-ètrc actuellement plus agréable à Dieu que celui qui forme ce jugement c nlre lui; 2 on doit encore bien moins juger ainsi de celui qu'on sait n'être tombé que par la violence imprévue de quelques passions, puisqu'il lui a été encore plus aisé de Faire pénitence, 'et que la charité qu'on doit au prochain, doit porter à former de lui un jugement favorable, quand des raisons convaincantes ne portent pas à en juger autrement; 3" la règle qu'on oppose ne dit pas qu'un homme qui a été une fois méchant doit être toujours regarde comme méchant; mais qu'il e>t présumé tel
sont souvent fausses, et d'où l'on ne peut tirer aucune conséquence qui soit certaine.
— On doit laisser cet homme pour ce qu'il est au jugement de Dieu. Mais on peut s'en défier pour le genre, où l'on sait qu'il a été méchant.
Cas II. Valcri fréquente; deux hommes, dont l'un est débauché aux femmes, et l'autre est un blasphémateur d habitude. 11 veut même aller demeurer avec eux : le peut-il en conscience?
R. S'il est ferme dans la vertu, et qu'il ait lieu d'espérer qu'en demeurant quelque temps avec ces deux hommes, il contribuera à leur conversion, il peut dans cette vue les fréquenter et même demeurer avec eux.
Mais s'il est lui-même faible, ou qu'ils refusent de delerer à ses charitables avis, il ne peut en conscience les fréquenter. Au reste (tans le doute où il pourrait être, il doit suivre le conseil de son pasteur ou d'un confesseur éclairé.
V oi/cz (,u muté, Haine.