EAUX HÉPATIQUES CHAUDES
Hydrosulfate, carbonate et hydrochloj rate de soude.
BACNfr.RES-DE-LuCHON
(idem).
Bourbon-l'Arciiambault Hydrochlorales de soude et demagnésie;
(Allier). suliatc de soude, etc.
Greoulx (Basses-Alpes) Acide carbonique, hydrochlorales de soude et de magnésie.
Gypse tertiaire.
Entre la craie et le tcFrain
houiller.
21^ Granit.
16J à iOi Granit.
50 à 38'! Calcaire intermédiaire.
244 à i»i Granit.
iO'' à iG"! Calcaire inlermédiaire
27d Calcaire du Jura?
On peut ajouter à cette liste les eaux chaudes acidulés et sulfureuses d'Aix, en Savoie, de Saint-Didier, dans l.i vallée d'Aost; beaucoup de sources des environs de Gènes, de divers lieux de Vltalie; en Allemagne tous les endroits désignés sous le nom de Baden; en Bohême, Carisbad, et tous lieux nommés Baden, Tcplitz, Toplitza ; en Hongrie, Croatie, Transylvanie, les lieux dési-
gnés sous les mêmes noms, et Bude, Eisenbacli, Glttshiilte, Fiired, Menadiu, etc.; en AngleleiTo, les eaux de Balh, Bristol, Brightown, etc., etc.
EAU DE JAVELLE. Voy. Potasse, cMo-' rite de potasse.
EAU-FORTE. Voy. Azotique (acide).
EAU CÉLESTE. Voy. Cuivrk sulfaté.
563 EAU
EAU PHAr.ÉDÉNlOUE. Voy. Mercure, deutochloriire.
EAU MERCUItlELLE. Voy. Mercure, deutonitrate.
EAU RÉGALE. — Lorsqu'on mêle de l'acide hydrochlorique avec de l'acide azotique, l'aspect du liquide cliange sur-le-cham|i : d'incolore qu'il citait il devient jaune, et, si les deux acides sont concentrés , il prend une odeur de chlore et d'acide nitrejx. Ce mélange a reçu le nom technique d'eau régale, parce que c'est le nieillcnir dissolvant de l'or, appelé roi des métaux parles anciens chimistes. Le procédé qui convient le mieux pour l'obtenir consiste ;i mûler ensemble deux parties d'acile hydrochlorique et une d'eau-forte. Mais on la prépare aussi en dissolvant du nitre dans de l'acide hydrochlorique, ou du sel marin dans de l'acide azotique. La propriété qu'ace mélange de dissoudre les métaux, mieux que ne ferait chacun des deux acides [iris isolément, tient à ce que, dans la liqueur, il se forme du chlore aux dépens de l'acide azotique, qui est réduit, par l'hydrogène de l'acide hydrochlori([ne, à l'étiit d'acid^^ nitreux, lequel contribue avec le chlore à pioduiie la coloration jaune, l'un et l'autre élant d'une couleur jaune. Cependant la décomposition s'arrête lorsipie la liqueur est saturée de chlore, et celle-ci ne dégage point le gaz chlore, à moins qu'on ne la cliaulTe; car alors la décomposition continue juscpi'h ce que l'Un des deux acides soit entièrement décomiiosé. Si l'on plonge un métal dans de l'eau régale, il s'empare du chlore, se dissout dans le liquide, et l'opération dure jusqu'à ce que tout le métal soit converti en chlorure métallique ou l'un des acides décomposés. Si l'opération continue, c'est donc parce que la liqueur ne peut jamais se saturer que de chlore libre, celui-ci étant pris à mesure par le métal. Cette dissolution marche plus rapidement à chaud qu'à froid; mais si l'on emploie de l'eau régale trop concentrée, on s'expose à perdre beaucouf) de chlore en faisant intervenir la chaleur. La dissolution d'un métal dans l'eau régale est accompagnée d'un dégagement de gaz oxyde d'azote, et l'on pourrait conjecturer d'après cela que l'hydrogène de l'acitle hydrochlorique ramène l'acide azotique à l'étal d'oxyde d'azOte ; mais Humphry Davy a démontré, par des expériences, qu'un mélange d'acide hydrochlorique et d'acide nitreux ne possède en aucuue manière les propriétés de l'eau régale. En conséquence, le dégagement de l'oxyde d'azote tient à la décomposition spontanée de l'acide nilreux en acide azotique et oxyde d'azote.
L'eau régale est d'un usage général pour dissoudre l'or, le platine et les sulfures métalliques, comme aussi i)Our acidifier le soufre. On s'en sert également dans plusieurs autres cas semblables.
EAU OXYCÉNÉE (bioxyde d'hydrogène).
— L'oxygène, en se combinant avec l'hydrogène, produit non-seulement l'eau ordinaire, mais encore un nouveau composé
EAU
qu'on appelle frtM oxygénée ou bioxyde d'hy drogène, et- dont la découverte, faite en 1818, est due à M. Thiuiard.
Si l'on venait à traiter le bioxyde de barium par l'acide chlorhydrique, il se formerait un équivalent d'eau, un équivalent de chlorure de bariuni, et un équivalent d'oxygène, qui, h l'état naissant, peut se combiner avec l'équivalent d'eau aussi à l'état naissant, et former un composé nouveau qui est le bioxyde d'hydrogène. C'est en partant de ces idées que M. 'J hénard a été conduit à la découverte de ce corps. Tour séparer le chlorure de barium, on traite la liqueur par l'acide sultuiique, produit de l'acide clilorhydri([ue et du sulfate de baryte insoluble: en liitrant , la liqueur ne sera plus qu'une dissolution, dans l'eau, d'eau oxygénée et d'acide chlorliydrique. Si on la traite alors par le sulfite d'argent, il se formera du chlorure d'argent insoluble, que l'on pourra séparer par la tiltralioi], et de l'acide sulfurique, qui restera mélangé au bioxyde d'hydrogène. Pour séparer cet acide, on projette peu à peu dans la liqueur do l'hydrate de baryte, et il ne reste plus que le bioxyde d'hydrogène en dissolution dans l'eau.
Comme on le voit, le procédé de M. Thénard est long, dispendieux et minutieux; aussi y a-t-il avantage à préparer l'eau oxygénée en traitant le biox\de de barium, non |)as par l'acide chlorhydrique, mais par l'acide tluorhydrique. 11 se forme alors du fluorure tle barium insoluble et du bioxyde d'hydrogène qui reste en solution dans l'eau de l'acide fluorhydrique et dans celle qui sert à délayer l'oxyde barytique. L'expérience se fait dans un flacon à large ouverture, placé dans un mélange réfrigérant. On commence d'abord par délayer du bioxvde de barium bien pur dans un peu d'eau (distillée, j>uis on verse l'acide tluorhydrique. Cet acide élèverait évidemment, par son action rapide sur l'ox, de, la température du mélange, et par suite causerait la décomposition de l'eau oxygénée, si l'on ne prenait pas la préc'au ion de refroidir le vase dans lequel se fait la réaction. On filtre, et la liqueur obtenue peut être considérée conmie de l'eau oxygénée életidue d'eau ordinaire. Pour enlever cette dernière, on la concentre sous le récipient de là machine pneumatique, à côlé d'un vase qui contient de l'acide sulfuri(p;e concentré : l'eau pure, qui est plus volatile, se vaporise la première, de sorte qu'au bout de deux jours on obtient de l'eau oxygénée tiès-concentréc. On reconnaît que la liqueur est aussi concenirée que possible lorsque, chauffée à lk°, elle doine, il la pression ordinaire de 0'", T6,i75 fois son volume de gaz.
Le bioxyde d'hydrogène à l'i'tat de pureté est inodore, incolore, d'une saveur un peu styptique, d'une densité de 1,452. Il détruit eu peu de tenqis la couleur des jiapiers de tournesol etidc curcuina; il attaque promptement l'épiderine, le blanchit et produit des picotements ; il blanchit aussi ia langue et
i;au
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<^paissit la salivo. Il reste liiitiidi' h un fiohl de 30" au-dessous de /.àio. La cIkiIoui; le déeoiupi^s^' pioiiiptomi'ut eii oxvgèiie qui so dégaine, el en eau oïdiîiaire (pii rosto dans la îi([ueur.
Les aeides retardeiil. la d(^cnmi)osi(iou de co eorps; on |iouriail racilemeut (■x|ili(|Mei' iiii pari'il fail en sujiposaiit que le hioxyde d'inilfogciie joue, coiuiue l'eau, le rôle d'une l)as(! vLs-h-vis dos acides. La lihrine, iua!it''i'e orj^aniquo qui t'ait la hase des tissus et (lu siiijj;, a une action sinj^ulière sur le bioxyde d'hydrogène. L'expérience peut se l'aire dans une cloche courhe , sur le mercure. On rcnianiae alors qu'elle agit comme le platine, l'or, l'argent en limaille, c'est-àdire qu'elle opère la décomposition de l'eau oxv gênée sans s'emparer de l'oxygène. L'alliuimnc, principe organicpie tpii se trouve abomlannuent dans les animaux, est loin d'agir de la mènn; manière (i). L'expérience peut se faire avec un morceau de chair qui est composé en gi'ande partie de lihrine, ou bien avec la tiliiiin» qui provient de l'agitalion (lu sang par des verges : celle-ci, étant plus pure, doit être préférée.
Un centimètre cube d'eau oxygénée, pesant 1 gramni. 't6'2 cent., donne', par sa <létom| osilion complète, 475 centimètres cubes de gaz oxygène, dont le poids équivaut h 0,680. Si l'on soustrait ce dernier poids de IjiS-i, poids du bioxyde d'hydrogène, il reste O^îiiî ]iour jioids de l'eau ordinalùe. Or, celle-ci est comiiosée de 0,092 d'hydrogène et de 0,1)80 d'oxygène, poids égal à celui de l'oxygène séparé. Par conséquent, le hioxyde d'hydrogène est formé de volumes égaux d'oxygène et de 0,092 d'hydrogène, et en poids de 1,300 d'oxygène et de 0,092 d'hydrogène.
Aussitôt après la découverte de l'eau oxygénée, T\i. Thénard, h cause des propriétés oxydantes de ce corps, eut l'heureuse idée de le faire servir à la restauration des anciens tableaux. On sait que la céruse , ou carbonate de plomb , est presque toujours employée par les peintres pour former les couleurs de leurs tableaux; mais commodes émanations d'acide sulfhytlrique ont toujours lieu dans les a(ipartements oiî ils sont exposés, il se forme sur ces tableaux du sulfure de plomi), qui les tache en noir, et qui rend peu vives leurs couleurs. Si alors, avec une barbe de plume ou un léger pinceau, on lave ce tableau avec de l'eau oxygénée, le sulfure noir sera transformé en sulfate, qui est blanc. Par suite, le tableau paraîtra tout h fuit neuf et pourra être recherché par certains amateurs; car, pour d'autres artistes, l'air de vétuslé d'un tableau d'un ancien liiailre est une qualité qu'on ne peut lui enlever sans nuire à sa beauté.
Le bioxyde d'hydrogène est aussi employé dans la préparation de certains oxydes
(I) tt'ci (Ifiiiiontrc avec la dernière évidence que la rUiriiieei rallniuiiiiesoiildes principes organiques esseiiticllemeut diirérents.
mél;dli(pnvs (pi'on ne pourrait préparer jiar d'autres moyens.
! Différents essais tentés par M. Lassaigne on! (irouvé que la solution aqueuse do chlore agissait tout aussi efticaceraent que l'eau ox\ gênée, pour faire disparaître sur 1(( jiapier les lâches noires de sulfuie de plonih.
KAll AFIU(;AINE {eau de. Perse, eau dli- (jijlile , eau de Chine). — C'est de l'azotate d'argent dissous dans l'eau. Celte dissolulidn est |)ri)m()tement décomposée |.ar tous l-'S corps avilies d'oxygène, pai' les maiières organiques, et voilà pounjuoi elle lâche fortement la peau en non-, d'une manière indéléliile, ainsi (pi'Albert le (Irand l'a remarqué le premier. Les coilfeurs l'emploient, de|)uis quelques années, pour noircir les cheveux rouges ou blancs. La coli>ratii)n des cheveux est due à ce qu'ils renferment du soufre, qui lionne lieu à la formation d'une légère couche de sulfure noir. Glauber connaissait déjà cotte propriété du sel d'argent de brunir les matières organiques ; mais c'est Snaw qui, en l"i58, a conseillé l'emploi de sa dissolution pour teindre les cheveux en noir.
Depuis longtemjis en Angleterre, et maintenant en France, on se sert de la môme dissolution pour marcjuer le linge de ménage. A cet effet , on dissout 2 parties d'azotate fondu dans 7 paities d'eau distillée, à la (pielle on ajoute 1 partie de gomme arabique, l)0ur la rendre un peu visqueuse. La portion du linge où l'on doit poser la marque est rendue un peu ferme avec du carbonate de soude ou du savon ; on lui donne un certain poli avec un fer chaud, et l'on écrit ensuite tlessus, comme sur le papier, avec la dissolution du sel d'argent, ou bien on im- |irime les caractères au moyen d'un cachet de bois, gravé en relief, et préalablement trempé dans la liqueur. Pour mieux voir les traits que l'on trace, on colore souvent celleci avec un peu d'encre de Chine. En exposant le linge au soleil pendant quelques minutes, les caractères deviennent noirs, par suite de la réduction du sel. Ils sont ineOaçables, et deviennent d'autant plus noirs ciue le linge est plus souvent lavé. Après deux cents lessives, ils n'ont subi aucune altération.
Ce mode de marquer le linge et les étoffes est supérieur à tous les autres, et devrait être généralement adopté.
EAU DE PERSE, d'Egypte, de Chine, etc Yoy. Eau africaine.
EAUX-DE-VIE et LIQUEURS.— Les eauxde-vie de marc de raisin, de grains, oe pommes de tt rre , sont beaucoup moins agréables que les eaux-de-vie de vin, parce qu'elles renferment des huiles essentielles dcres et très-fortes. C'est pour marquer la saveur de ces liquides alcooliques que très-souvent on les aromatise avec des baies de genièvre et autres aromates communs. Toutefois, les peujiles du Nord prêtèrent ces sortes d'eaude-vie aux vins les plus suaves (1). Dans les
(1) C'esl ce qui a fait dire des Moscovites que, votir trouver leur sensibilité, il fallait les écorclier. En
EAU
vk'partenionts du nord et de l'est de la France, en Belgique , en Hollande, et dans tout le nord de l'Europe, on fabrique des masses de ces eaux-de-vie de grains et de pommes de terre.
En Allemagne , les eaux-de-vie de grains indigènes sont aromatisées avec le cumin.
L'rau-de-vie du commerce est toujours colorée en jaune brunâtre, couleur qu'elle a contractée en vieillissant dans les barriques de chêne où on l'enferuje.Cetteespèce d'eaude-vie contient toujours un )ieu de principe extractif, et de l'acide tanniquo qui lui donne la propriété de noircir lorsqu'on y verse (juelques gouttes d'une solution de persullate de fer.
Dans le commerce de l'épicerie, on débite [ sous le nom d'eau-de-vie de l'alcool affaibli avec de l'eau, et coloré avec un peu de caramel. Cette liqueur, bien différente de la première par la saveur, s'en distingue en ce qu'elle ne change pas de couleur par l'addition du persulfate de fer.
, Les eaux-de-vie et liqueurs sont les boissons les plus alcooliques et les plus échauffantes ; il importe beaucoup de ne les employer que de fois à autre, et toujours à petite dose. Elles conviennent âux sujets forts, lorsqu'ils se portent bien, mais sont peu favorables aux faibles ; elles nuisent aux jeunes gens, aux vieillards, aux individus sanguins, et à ceux dont les nerfs sont irritables. Il faut éviter d'en contracter l'habitude, car la force qu'elles procurent est ordinairement suivie d'abattement et de faiblesse. Il est très-malsain d'en user à jeun, et sans les accompagner d'aliments solides. Leur U'-age fréquent rend l'estomac paresseux, et uispose à la longue aux affections nerveuses, etc.
L'abus de ces boissons abrège la vie, ou attiie de bonne heure des infirmités qui la rendent malheureuse ; il est une cause fréquente de l'apoplexie, de la paralysie, des maladies chroniques de l'estomac," des intestins el du foie ; de la goutte, de l'hydropisie, de l'aliénation mentale ; et c'est particulièrement vers le suicide que tendent toutes les actions du buveur en démence. Chez les individus adonnés aux boissons spiritueuses, on remarque aussi la stérilité, l'impuissance , les spasmes , les convulsions, l'épilepsie, l'émoussement et les hallucinations des sens, la combustion spontanée, etc., etc.
La meilleure eau-de-vie est celle que l'on retire du vin; elle doit avoir de 18 à 22 degrés; elle se perfectionne en vieillissant. Veau-de-vie de grain el Veau-de-vie de sucre, ou rhum, sont plus irritantes. « La mauvaise eau-de-vie est très-souvent
1814 et en 1815, lors de l'invasion de la France par
les troupes russes el allemandes coalisées, les soldats préféraietit nos mauvaises eaux-de-vie de marc, de ^■idre et de grains, à nos plus Unes eau\-de-vie; el quand celles-ci furent consommées, les fournisseurs lurent obligc-s de gàler les bonnes caux-de-vie pour les leur faire recevoir.
altérée ou falsiûée : tantôt, par le mauvais état des vases de fabrication, elle contient des sels de cuivre ou de plomb ; tantôt, pour donner h un alcool faible une saveur plus forte, on y fait infuser du poivre, du poivre long, de l'ivraie, du stramoine.
« L'eau-dc-vie de pommes de terre (whis key), en usage chez les Irlandais, contient une assez grande quantité de solanine et d'acide cyanhydrique pour pouvoir causer de graves accidents. » [Journ. des Connaiss. médico-fhirurij.)
Les liqueurs se composent avec de l'alcool et du sucre, dont on modifie la saveur et l'odeur à l'aide d'aromates ou d'autres substances très-sapides ; elles participent des propriétés des substances qu'on y fait entrer. Quel-
ues-unes sont moins salubres que les eaux-
e-vie, parce qu'elles contiennent souvent, outre l'alcool, des huiles essentielles et autres principes fort actifs qui les rendent trèsirritantes. Parmi celles qui présentent cet inconvénient à un assez haut degré, on doit placer le curaçao , Yubsinthe, Yanisette de Bordeaux, etc. 11 faut y comprendre aussi la crème de caf(', Vlmile de vanille, etc., qui produisent quelquefois de très-mauvais effets, tout en séduisant parleur saveur douce et exquise et leur parfum délicieux.
Veau de noyau, et toutes les liqueurs de fable, dans lesquelles il entre des amandes amères , contiennent de l'acide prussique, et pourraient, par cette raison, avoir une action très-nuisible, si la dose des amandes était trop élevée.
Le kirschxmsser, le ratafia de Grenoble, le marasquin de Dalmatie, sont des liqueurs préparées avec des merises ; elles renferment une petite quantité d'acide prussique, et doivent, à cause de cela, être comptées au nombre de celles dont l'abus est le plus dangereux.
Les prunes à V eau-de-vie , la liqueur d'absinthe, doivent souvent leur belle couleur verte, soit aux vases de cuivre dans lesquels on les prépare, soit à des sous qu'on y fait séjourner à dessein, soit môme au vert-degris qu'on y ajoute ; elles peuvent alors donner lieu aux symptômes de l'empoisonnement.
« Veau-de-vie de Dantzick, qu'on pare avec des feuilles d'or allié de cuivre, peut contenir, d'a|)rès M. Barruel, une certaine quantité de vei't-de-gris. » {Journ. des Connaiss. chirurg.-médic, n. 1, 1838.)
« Les confiseurs ne doivent employer, pour mettre dans leurs liqueurs, que des feuilles d'or ou d'argent fin. On bat actuellement du chrysochalque, presqu'au même degré de ténuité que l'or; cette substance, contenant du cuivre ou du zinc, ne peut être employée par les liquoristes.
« Quelques distillateurs se servent d'acétate de plomb ou sucre de Saturne pour clarifier leurs liqueurs; ce procédé est susceptible de donner lieu à des accidents graves, cette matière étant vénéneuse. » {Conseil de salubrité de la ville de Paris .)
Monsieur, disait ou snirituel Brillat-Sava-
ECL
ECL
rin un riclio luarchaïul il'eaux-de-vio do Daiilzii'k, on no si^ doiito pas, en Franco, do l'iiii|i(irtaiuo(lii roinnuMce ((Uo nniis faisons, do iiôro on lils, do|uiis |iliis d'un siôolo. J'ai ol)sorvi> avoc attention les ouviiors (|iii viiuinent chez moi, ot (i\iand ils s'al)andonnont sans nVsorvo an iioncliant , ti-o|) connnnn c'Iu'Z les AII(MUan(is, ponr les ii(]uouis fortes, ils arrivent îi leur tin tons h peu près do la mémo manière. D'abord, ils no |)i'ennent i|u'nn petit rerro d'ean-de-vio le matin, et cette ([uantito leur suffit pendant pinsienrs années (au surplus, ce rt\^imo est connnnn h tons les ouvriers, et celui qui no pronilrait jias son petit verre serait hriinii par tons ses camarades) ; ensuite ils doublent la dose,
c'est-fi-diro qu'ils en prennent un polit verre le matin et autant vers midi. Ils restent i\ ce tauv environ doux ou trois ans ; puis ils en boivent l'égulièrement le malin, h midi et lo soir. IJienlôt ils en viennent prendre ii toute iionre, et n'en veulent plus (pio de celle dans la(pH'll(i on a fait infusi^r du girolle ; aussi, lorsqu'ils en sont \i\, il y a certitude (ju'ils ont tout au fiins six mois h vivr(!; ils se dessèclienl, la lièvre les |)rend, ils vont à riinpilal et on ne les revoit pins.
Suivant 1(^ pays et la nalui'(^ des liqueurs fermentées, on doimo au produit spiritueux do la distillation des rtoras dill'ôrents. Il est utile do connaître les principaux : les voici sous forme de tableau.
NOMS des