‹ Dictionnaire de chimie et de minéralogieChapitre 43 sur 354 · ROI · texte numérisé non relu

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cohésion de la cellulose , peu injectée de matière incruslanlo, cpi'il rcnferuie. Sa rapide croissance permet de l'oblenir à un prix moins élevé ([ue l,i plupart des bois dins. Il est économiqueuiont employé pour les objets qui doivent résister au frottement , tels que les alluclions et les dénis des roues d'en- (irenage ; pour ceux (pii doivent préseider lieiiucou|i de résistance et être p(,'u accessibles à la pourriture, tels (jue les bobines des lilatures de lin, les cltevilles, les (jourrudiles (sortes de chevilles des navires), les rais des roues, les coins des rails de chemins de fer , les écfialas des vignes , les tuteurs des pépinières, les cnco»(/n!»T.« des caisses d'orangers , les traverses des chemins de fer et les pavés en bois. L'acacia est employé avantageusement dans le boisage des iiiines , oii sa durée est double ou trijjle do celle du chêne , et do quatre ii six fois plus considérable que celle des autres bois (1).

Les bois des îles ou exotiques d'ébénisterie ont, en général , un tissu injecté de matières colorantes et incrustantes présentant beaucoup de coliésion; aussi peut-on les diviser en lames (rès-minces, susceptibles d'un beau poli, applicables surtout dans l'ébénisteiie comme bois de placage. Les Antilles, le Brésil , le Japon, les Indes orientales nous fournissent des bois fortement injectés de matières colorantes et employés en teinture, après avoir été réduits en copeaux, parfois méuje en poudre : on peut citer le bois de Brésil et de Fernambouc ( plusieurs espèces du genre Cwsalpina) , le campéche (Hematoxylon campechianum), le santal rouge {Plerocarpus santolinus), le 60/.'. jaune (.VIorus tinctoria), un arbrisseau de nos contrées méridionales le fustet , lo quercitron (Q :ercus tinctoria) de i'Améri([ue septentrionale.

Quelques arbres recèlent dans leur tissu ligneux des huiles essentielles en assez grandes proportions pour exhaler très-longtemps une odeur agréable ; tels sont le Cedrelaodorata, le bois de rose (Convolvulus scoparius), lAmyris balsamifera. Ces bois odorants s'em- ])Ioient dans l'ébénisterie pour la confectioiï de divers petits meubles , garnitures et objets de luxe.

Quelques bois d'une grande dureté sont plus particulièrement réservés pour les menus objets de tour : ce sont notamment le gayac (Guaiacum ofticinale) , le sainte-Lucie (Cerasus mahaleb) , Yébène (cœur du Diospyros ebcnum) , le buis , dont on fabrique une foule d'objets usuels, des galets, des moules à soufre, etc.

Les bois résineux, tels que le pin, le mé-

(1) Plusieurs bois, comme le noyer, employés pour la confection des meubles, de quelques objets d'él)énisteiie, etc., sont intermédiaires cuUe les plus bmrds elles plus légers : ce sont, nolannuent, le merisier, qu'où colore pour imiter l'acajou; le platane remar([uable par ses reflets brillants lorsqu'il est verni ; le marromueiet le sycomore (érable) , utilisés dans la fabrication des instruments de nmsi(pic; le tilleul, qui sert à sculpter de petites ligtuws, découper des feuilles très-minces, des Itandeleltes de sparterie, et dont l'écorce est fort usitée pour cont'cctiouuur des cordes à puits.

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•lèze, le cMro, clc , r(''sistGnt longlfimps aux agents atmos[)lir'riques , on raison de la résine dont ils sont imprégnés. Cette circonstance explique comment, à poids égal , ils donnent plus de chaleur que les bois iilancs. Ils résistent bien dans les constructions audessus du sol, et surtout dans les maçonneries à la chaux ; on doit môme les enduire de chaux lorsqu'on les posn sur les assises de pisé, qu'ils servent à re\ier, retenus euxmêmes ]>ar des ferrures aux extrémités.

Procédés relatifs à la conservation des bois. — Le problème do ki conservation des bois est l'uf. des plus importants que puisse avoir à résoudre la chimie industrielle; en etl'et , par suite des développements de l'industrie et de l'établissement des chemins de fer , la consommation des bois est toujours croissante, tandis que plusieurs causes, ]>armi lesquelles il faut d'abord compter les défrichements , tendent à en diminuer la production.

Avant de décrire les moyens appliqués à la conservation des bois , nous indiquerons les principales circonstances qui déterminent leurs altérations.

La présence de la matière azotée dans les bois y provoque l'altération désignée sous le nom de pourriture , qui résulte des fermentations produites par le concours de l'oxygène de l'air, de l'humidité et des ferments que les matières azotées engendrent. Ces ferments transforment en acide carbonique, alcool, acides acétique, lactique, etc., les substances sucrées et leurs congénères, puis déterminent la putréfaction des matières azotées, etc. C'est encore la substance azotée qui , servant de nourriture à divers insectes, tels que les scolytes, cossus, saperdes , le peritelus , les termites , et à certains mollusques , tels que les tarets , etc. , porto ces espèces destructives k envahir les arbres, les bois abattus qu'elles détériorent rapidement, et les bois des navires dans les bassins en construction. C'est surtout encore aux dépens de ces matières azotées analogues aux matières animales, que se développent à la surface et jusque dans le centre du bois, les moisissures, les chamiiignons et diverses végvtations cryptogamiques.

La cause principale de l'altération des bois réside , comme on le voit , dans la présence de l'altérabilité des matières azotées. On peut en conclure que les agents propres à la conservation des bois doivent être ceux qui opèrent la conservation des matières animales elles-mêmes.

La princi|)ale dilTiculté que présente le problème qui nous occupe consiste dans la pénétration complète de l'agent antiseptique dans l'intérieur des cellules, des fibres , des vaisseaux et dans les interstices qui les sépaient.

Un des procédés les plus anciens, celui de Cham|iy, consiste à [ilonger dans du suif, chauU'é à 200°, des bois encore humides. Pendant cette immersion , l'eau liygroscopique se réduisant en vapeur, chasse l'air et les ga? enfermés dans le tissu ; sa condensa-

tion par le refroidissement opère un viae, et la pression de l'atmosphère force la matière grasse à pénétrer dans les pores du bois. Les bois ainsi injectés se conservent parfaitement. Plusieurs liquides , dont le point d'ébullition est plus élevé que celui de l'eau, peuvent pénétrer dans les bois à l'aide de ce moyen; ainsi les huiles, les résines, les goudrons, agents efticaces do conservation, pénètrent lus bois légers, tels que les pins, les sapins , les peupliers-, etc. En faisant subir cette préparation aux bois légers, M. Payen a augmenté de 50 pour 100 leur poids , et a pu leur donner une imputrescibilité qui permettrait de les employer dans quelques constructions où domine une humidité habituelle , et dans laquelle les bois durs euxmêmes ne résistent pas , ainsi que dans les fabriques de produits chimiques, où des vapeurs acides attaquent les bois plus rapidement que l'humidité seule.

Le procédé par imliibition consiste à immerger simplement le bois dans un liquide antiseptique, en l'y laissant baigner pendant un temps assez long; mais les gaz que renferment les bois s'opposent à la pénétration du liquide au delà de quelques millimètres.

M. Kyan a fait l'essai de ce procédé, pour imprégner d'une solution contenant 0,01 de bichlorure de mercure, les bois destinés à la construction des serres du duc de Devonshire; il a diminué l'inconvénient que nous venons de signaler, en divisant le bois en planches, qu'i lit assembler avec des boulons pour en former des poutrelles, après une immersion de quinze jours.

M. Bréanttlt construire un appareil à l'aide duquel il soumit à une pression de dix atmosphères les bois immergés; réduisant ainsi le volume de gaz, il fit pénétrer les solutions dans presque toutes les cavités. Son procédé devint plus etficace encore en effectuant d'abord le vide pour faire dégager les gaz renfermés dans le tissu ligneux , puis opérant une pression pour forcer le liquide à pénétrer dans les cavités du bois.

M. Perrin obtient un effet analogue par une disposition nouvelle : il adapte au bout d'un tronc, coupé à 3 ou 4 mètres de longueur, un vase en fonte dans lequel il fait le vide en un instant par la combustion d'une étoujie imprégnée d'esprit de bois. L'autre extrémité de la pièce de bois , étant dans toute sa section en contact avec un liquide maintenu par un sac de tissu imperméable, on conçoit que la pression atmosphérique pousse le liquide et lui fasse, en une, deux ou trois ojjérations, traverser le corps du tronc de l'arbre.

M. Moll expose le bois dans une chambre close où il injecte de la vapeur qui, raréfiant l'air, force 'les gaz contenus dans le bois à s'échapper. 11 introduit ensuite de la vapeur de créosote, qui se condense, pénètre dans les bois et les protège contre la pourriture et les insectes.

M. Boucherie emploie l'aspiration vitale pour injecter dans \us arbres, debout ou récemment abattus, le liquide préservateur.

Cit iii^(^nioux prwotlô pourra (Mro ulilisô dans (les tiicoiistauccs (iarticiiliri-c.#. L'aiiliicr (lus arbres élaiil plus poreux (pu' li^ (iiur, le liiiuide y péuèlre assez, laeileuinil, taudis (lu'il u'arrive [las en néuérai vers lo ceulre. Certaines in'éLi;uiarilés dans la [)énotralion des bois par ee moyeu peuvent produire, i>ar des seiayes ou des coupes approprii'es, des veines ou marbrures d'un aspcet agréables (les bois pouriaitut tiduver des applications dans l'ébénisterie pour tles objets de lu\o ; mais la consommation vn serait assujettie aux ca|irioes de la mode.

L'application de ce procédé est simple : en cll'ot, l'arbre étant sur pied, il sul'lit de l'airo à la base deux incisions laissant entre elles un intervalle ilo quelques centimètres, et de disposer cl l'enlour une bande de toile enduite de caoutchouc recevant d'un petit tonneau le li(iuide qui doit être aspiré par l'arbre.

lùitin, on a essayé un procédé dit pur déplacement. 11 consiste à placer l'arbre, récenuuent abattu, dans une position jiresque lioriïtjutale, à entourer le tronc, près de son extrémiti' large, d'un sac de cuir ou tissu imperméable que l'on maintient sur un bourrelet de glaise, par une l'orte ligature ; on fait arriver le li(iuide jiréservateur dans ce sac, à l'aide d'un tube partant d'un tonneau placé à proximité ; la sève est chassée par le liquide qui s'nitroduit dans les conduits ouverts. Relativement à. certaines essences, il suflit de quelques minutes pour que le liquide arrive à l'outre bout de l'arbi-e; cela tient à ce cjue les canaux des bois sont trèsirréguliers dans certaines espèces, et (jue le passage se l'ait plus facilement et presijue entièrement dans les canaux d'un grand diamètre. C'est ce qui arrive dans le ciièiie, dont l'aubier présente ces canaux à largo section ; tandis que dans les i)ins et les saiiins, les libres ligneuses, sous forme de lungs tubes, laissent intiltrer bien plus régulièrement les liquides et déplacer la sève. Kl. Boucherie a récemment r«ndu très-simple et facile l'exécution de ce procédé : il [irend, par exemple, une pièce ou bille de bois ayant deux fuis la longueur d'une traverse de chemin de fer; il donne au milieu un trait de scie qui pénètre jusqu'à 3 ou k centimètres du côté opposé ; soulevant au milieu la pièce de bois au-dessous de la portion ménagée, il fait ouvrir ses fentes, garnit ses bords d'une corde goudronnée; puis, ùtaut la cale de dessous, le poids delà piièce fait serrer fortement la corde de la lente ; il sufiit alors de percer un trou de tarière entre le dessus de la pièce et l'espace vide entre les deux parties pour insérer le bout d'un tube et faire arriver un liquide qui s'insinue dans les libres et canaux et se rend peu à peu vers les deux extrémités.

En détinitive , les procédés Chanqiy , Bréant, Boucherie, Perrin et xMoll semblent pouvoir réunir des conditions sultisantes de pénétration et d'économie uiour être praticables eu grand.

Principaux agents de la conservation du bois. — Le tannin est un des agents eflicaccs

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de conservation : il agit sur iH matière a/.o ■ tée cdulenue dans les bois, comme sui' la matièi'e animale dans lo tannage des peaux. On doit lui attribuer la longue duri'e du cliène iinmerg(' dans l'eau, ainsi que ccllo des lilets ([ue les pôelieLUS ont soin de pluiigei' de tcm|is à autre ilans une solution do tannin.

Le gr.uul usage ([ue l'un l'ail du (joudran depuis si longtemps dans la marine, démontre les propriétés préservatrices de cet agent. Les goudrons des fabriques où l'on carbonise le bois en vases distillateuis conti(;nnont delà créosote, (jue l'on |ieut dissoudre par l'eau aiguisée avec quelques centièmes d'acide pyroligneux; on obtient ainsi une solution aiitise|)tique dont le prix de revient est très-modique

Les huiles, les suifs ot les résines conservent les matières organit|ues, et le bois en liarticulier, en les garantissant de l'humidité ainsi que du contact de l'air.

Le sel marin, employé si généralement à la conservation des viandes, des poissons, des peaux, etc., est aussi un très-bon agent de conservation des jjois; les Américains l'emploient pour conserver les bordages de leurs navires. On a observé dans les mines de sel des pièces de chêne et do sajiin qui, se trouvant ])longées dans l'eau salée, se sont conservées depuis des siècles sans la moindre altération.

Les bois imprégnés de cet agent se conserveraient bien dans les endroits un peu humides; mais un excès d'eau pourrait dissoudre le sel et le faire sortir du tissu ligneux. Dans les lieux alternativement humides et très-secs, le sel marin pouirait venir à l'extérieur en efflQiescences,

Les sulfates de fer, de zinc et de cuivre sont des agents de conservation ; mais, introduits seuls dans les bois sans précaution, ils les désagrègent en agissant par leur acide libre (ou mis à nu par la combinaison des oxydes avec les substances organiques) sur les pectates elles pectinates, matières agglutinatives, et sur la cellulose. Les sulfates de cuivre et de zinc, qui peuvent être obtenus neutres, ont bien moins d'inconvénient, suus ce rapport, que les sulfater de fer, qui sont toujours acides. JJ. Brédut est [larvenu à prévenir cette altération en faisant i)énétKer de l'huile de lin dans les bois déjà injectés de sels métalliques. Lo pyrolignite de fer a été employé avec succès par M. Boucherie. C'est un des plus puissants antiseptiques : il contient en etfet, outre le sel ferrugineux, du goudron et de la créosote.

L'acétate de plomb, dont l'oxyde forme, avec un grand nombre de matières organiques, des composés insolubles et imputrescibles, est un agent qui pénètre aisément et conserve bien le bois.

Le bichlorure de mercure, employé avec succès pour la conservation des pièces aiiatomiques et des herbiers, s'applique aussi à la conservation des bois. On a essayé Vacide arsénicux en Angleterre, mais on a reconnu qu'il devient dangereux pour les ouvriers

chargt-s de mettre ea œuvre les bois qui en sont iiiiprégn(''s.

Le chlorure de calcium agit comme le sel marin; il ofrre quelques avantages dans certaines applic-aiinns, nar exemple |)our les cercles en hois employés dans des lieux secs, car sa iacultr liygroscopiqiie, en préservant les bois d'altération, leur conserve en outre leur sou|)lesse.

lùilin, un mélange de cire et de suif, en injection, est appliiable aux l)ois dans certaines industries : anisi il empêche les planches gravées de gauchir, de se gercer, etc. Son prix e*t élevé, mais l'augmentation de la dé-

f)enseest peu importante dans ce cas, si on a comjiare avec la valeur des objets conservés. 11 faut eniployer, pour pénétrer les bois, un excès de la substance liquide ou fondue ; il jient en rester engagé dans le ti^su ligneu>. jusqu'à 50 et 60 i)our 100 du volume des pièces imprégnées.

La dessiccation est un moyen généralement usité qui, sans préserver indéfiniment les bois de toute altération, la retarde de beaucoup en diminuant les quantités et les effets de l'eau hygroscopique. Les bois desséchés lentement et graduellement sont d'ailleurs moins sujets, lorsqu'ils sont travaillés, è subir des variations de volume, parce que cette opération a rendu le tissu plus serré, par conséquent moins perméable et moins hygroscopique , et , par suite , moins altérable.

On parvient à éviter le fendillement du bois, durant la dessiccation, en l'huniectant d'aburd d'une iHanière uniforme à l'aiJe de l'eau ou (le la vapeur ; on doit , en tous cas, le dessécher dans un courant d'air dont on gradue très-lentement la température au fur et à mesure que la dessiccation s'opère (1). Voy. LiGNKUs.

BOIS BITUMINEUX. Voy. Lignite fi-

BRELX.

BOIS DE SANTAL. Voy. Couleubs végétales, S L

BOIS DU BRÉSIL. Voy. Couleurs végétales, § I.

BOIS DE CAMPÊCHE. Voy. Couleurs végétales, § L

BOUC.VNAGE. Voy. Conservation des matières organiques.

BOLIDES. Voy. Pierres météoriques.

BOUATE DE SOUDE. Voy. Borax.

BORATE DE CHAUX. Voy. Calcium.

BORATE DE MAGNÉSIE ou BOBACITE.

Voy. Magnésie.

BORAX. — De l'arabe baurach. ( Borate

(I) On est parvenu (teinicrement au mémo résultat en imprcgnanl la superlicie des traverses destinées aux clieuiiiis de 1er avec la glu marine (solution de gomme la([ue dans deux lois son poids d'£sst;iiC£ du goudron de houille) ; ces pièces de bois se dessèchent alors très-leuiement et ue sont plus sujettes à se fendre. On obtient plus écouomiiiuement le même résultat eu enduibanl les navers^s d'une peinture composée d'huile lourde provenant de la distillation du goudron, dans laquelle on a l'ait dissoudre lui 20 cenlièmes de brai (résidu de la même distillation ).

de soude; hiborate de soude; tinckal; chtijsocollc.)^ Ce sel, bien connu des anciens, existe en solution dans l'eau de plusieurs lacs des Indes orientales et du Tibet, et s'en sé[)are par évaporation spontanée : on le connaît alors sous le nom de tinkal. Dans cet état il est impur et retient une matière grasse qui, suivant Vauquelin , est à l'état d>' savon. Ce produit est purifié, en Europe, soit par la calcination, qui britle la matière organique, soit en le dissolvant dans l'eau et ajoutant de la chaux à la solution, qui en précipite la substance grasse. Aujourd'hui on fàbi ique de toutes pièces ce sel en saturant l'acide borique naturel par le carbonate de soude.

Ce sel est formé d'acide borique 2BO'=70, uni à la soude, NaO = 32; son poids équivalent est donc représenté par 102 à l'état anhydre ; cristallisé en prismes, il prend 10 équivalents d'eau , son équiv-alent devient 192. Une autre variété commerciale, cristallisée en octaèdre, ne contient que 5 équivalents d'eau, et se représente (toujours pour 1 équivalent de borax ) par 102 4- i5 = 147.

Le borate de soude prismatique pur est blanc , diaphane, en prismes plus ou moins volumineux, hexaèdres, terminés par une pyramide trièdre ; son poids spécifique est égal àl705; sa cassure est vitreuse ; il se dissout dans 2 fois son pesant d'eau bouillante ; sa solubilité diminue beaucoup avec la températuie ; sa solution a une réaction alcaline prononcée.

Le borax prismatique, chauffé, se fond dans son eau de cristallisation. Cette eau, en se vaporisant, tuméfie considérablement toute la masse, qui devient alors friable ; cliauifée davantage, elle se ramollit, éprouve la fusion ignée à la température rouge, et peut s'écouler en un liquide qui, refroidi , forme un verre transparent.

Le borax octaédrique diffère du précédent par la moindre proportion d'eau qu'il renlerme, par son poids spécifique plus considérable (1815). Ses cristaux adhèrent tellement entre eux, que leur agglomération détachée des parois des cristallisoirs forme des [ilaquos dures, sonores , tandis que les cristaux de borax prismatique n'ont presque aucune adhérence. Ces deux borax se distinguent encore en ce que le bora'x octaédrique reste transparent dans l'air sec, et devient opaque en s'hydratant ( et formant des i)etits cristaux de borale prismatique) dans l'air humide. C'est tout le contraire relativement au borax prismatique ; il reste transparent dans l'air humide, et devient opaque en perdant la moitié de son eau dans l'air sec. Ces deux boiales perdent toute leur eau en se boursoutlant par la chaleur ; desséchés, ils ne diiïèrent plus en rien , et constituent le borax anhydre dont le poids spéctliqua égale 2361.'

Les propriétés du borax, lorsqu'il éprouve la fusion ignée en iirésence des oxydes métalliiiues, sont remarquabfes et motivent ses principales applications. Le liquide, ainsi

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formé, à la tompi^nitiiio ronge, dissniit les oxyilos on |irriiaiit iirs hiiitcs i|ui , eu jai'iiôral , carai'li'rist'iil tliai'uii d'eux : aussi lo hidxvtli' (II' man;;aiu''.s(' le roluio ou violet ou ou bleu iiidii^o ; l'oxvile do cohalt lui douuo uiio couleur liloiio intense; sa coloratinn par l'oxvdodo for est vert-liouteille; par l'dxydo do chrome, vert-émeraudo ; par l'oxydt) do cuivro, vert clair. Do Jà l'emploi du borax pour essayer les oxydes, en les fondant avec lui sous le dard du chalumeau. On peut souvent obtenir la teinte du peroxyde en chauffant |)ar la pointe de la llannue qui est oxydante, on la teinte due au [U'oloxyde on cliaullant avec la partie inlei'iuï de la llainme qui contient un excès tie combustible, et est ih'sox .danle. Les oxydes blancs donnent des vitritications incolores ou légèrement jaunâtres

Le borax, li([uétié à une liante tempéi'aturc, non-seulement dissout les oxydes îi la superticio des métaux, mais encore forme une sorte de vernis imiiénétrable à l'air, qui pr(>serve la surface métallicj ue d'une nouvelle oxydation : c'est ce fjui explique son utiliti' dans les brasures du 1er avec le cuivre, du platine avec l'or, et de l'or avec divers alliages. La fusibilité et l'imperméabilité du bnrax le rendent utile pour garantir de l'oxydation les minerais, alliages durs, etc., soit dans les essais métallurgiques, soit lorsqu'on opère la fusion des métaux dans des creusets.

Fabrication du borajr. — Dans une cuve en bois intérieurement doublée de plomb , nmnie d'un couvercle ouvrant en 2 ou li parties , on verse environ 1500 litres d'eau; on fait arriver un courant de vapeur par un tube qui plonge jusqu'au fond , qu'il contourne horizontalement ; la vajieur, dégagée par d'étroites ouvertures en traits de scie laites au tube circulaire , traverse tout le liquide, l'échautle et l'agite ; lorsque la tempér.iture arrive à 100% on verse peu à peu 1300 kilogr. de carbonate de soude en cristaux, et dès qu'ils sont dissous, on ajoute par |)etites portions, et en soutenant la température , 1200 kilogr. d'acide borique : cet acide se combine à la soude , et dégage l'acide carbonique, qui produit une effervescence vive, surtout lorsqu'on ajoute les dernières [)ortions , parce qu'une partie du gaz acidi' carbonique ayant été retenue, et formant du sesquicarbonate , celui-ci donne , vers la lin de la saturation, 1 fois et demie plus de gaz que n'en pouvait fournir le carbonate. Dans ce moment, la projection d'une trop grande quantité d'acide borique, occasionnant une forte elfervescence, a i)arfois fait monter le liquide par-dessus le bord de /a cuve, et blessé des ouvriers.

Quelques instants après les dernières additions d'acide, l'effervescence cesse, bien que le liquide soit bouillant: sa température est d'environ 104', et il doit marquer de 21 à 22" à l'aréomètre : s'il était plus dense, on ajouterait assez d'eau pour le ramener à ce terme; s'il était moins dense, on ajouterait un peu do borax brut impur pour

compléter lo degré. On ferme le couverrlo do la cuve, on laisse dé|)oser pemlant 10 ou 12 heures, puis on décante au robinet ou à l'aide d'un siphon, et l'on dirige, au moyen do tuyaux plus ou moins alhmgés, la S'iliilion claire dans des cristallisoirs. Les ciistal lisoirs îi boratiî de soude brut sont do grandes auges en bois doublées do lames do })l0mb épaisses do 4 à. ^ millnuètnvs; leur largeur lient être do 1"',()(), jour piofondeur de 0"',33,ot leur longueur d(! (i mètres, telle enfui (piiiii seul de ces crist.dlisoiis finisse contenir tout le liquide soutiié de la cuve.

11 reste au fond de celle-ci un dépôt do sable, d'argile, de carbonate de chaux et de magnésie provenant des sulfates décomposés pai locarbonatl' alcalin; on relire ces dépôts boueux par une bonde do fond, on les lavo à l'eau chaude, et l'on emploie, au lieu d'eau pure, les solutions qu'on lire

La première cristallisation du oorax s'opère en 36 ou 72 heures , suivant la température de l'air ambiant : on fait alors écouler l'eau mère dans un réservoir en retirant une bonde de fond dont la tige en fer dépasse le niveau du liquid'o (il a fallu préalablement dégager au ciseau cette bonde des cristaux qui l'entourent).

Les cristaux qui adhèrent la plupart aux parois sont détachés en tiaçant, dans l'épaisseur des incrustations qu'ils forment, des rainures, sans entamer le plomb; les plaques cristallines, ainsi enlevées, sont portées sur une aire en pente recouverte d'une nappe de plomb qui dirige l'eau-^mère dans un réservoir.

Pour les opéfations suivantes on remonte dans la cuve les eaux-mères et les eaux de lavage des dépôts, on y ajoute du carbonate de soude, puis de l'acide borique dans les proportions relatives ci-dessus indiquées, et de manière à porter la densité de la solution totale h 22" Baume. On laisse alors déposer 10 ou 12 heures, et l'on fait couler dans un cristailisoir comme la première fois.

Au bout de trois ou quatre opérations semblables , suivant que l'acide employé était plus ou moins impur, lo sulfate de soude est assez abondant pour cristalliser dans les eaux-mères; alors on soutire cellesci dès que leur température s'est abaissée à 30".

Le maximum de solubilité du sulfate de soude ayant lieu à 33°, on comprend que sa cristallisation n'aura pas commencé lorsque celle du borax sera presque entièrement achevée. Après la cristallisatioii du sulfate de soude , l'eau-mère évaporée dans une chaudière en fonte donnera une cristallisation de borax dont on séparera encore l'eau mère à 30° centésimaux pour faire cristalliser le sulfate de soude à part. La solution plus imjiure encore contiendra alors probablement assez de sel maniij)Our qu'on doive l'extraire par précipitation à chaud en faisant bouillir cette solution ; le liquide clair décanté dans un cristailisoir donnera par lo refroidisscuicnt encore un peu do borax.

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Chacun des sels épurés par le lavage ou jiar une deuxième cristallisation, recevra son application spéciale, à moins que, pour éviter les frais d'éiiuration, on ne préfère les livrer avec le peu de borax et de carbonate de souile qu'ils retiennent, aux fabricants do verre, chez lesquels le sulfate, le caibonate et le borate de soude peuvent concourir à la fabrication du verre. Quant ou sel marin, connue il aurait beaucoup moins de valeur dans cette application, on préfère le rafliner pour le livrer soit à la consommation, soit aux divers usages du sel non alimentaire. En tous cas, les eaux-mères incrislallisables sont évaporées à siccité : elles donnent une sorte de saliu applicable à la fabrication du verre.

Les propriétés du borate de soude expliquent l'utilité du borax dans les soudures ou bi-asures de l'or avec des alliages plus fusibles, du platine au moyen de Foi', et du fer à l'aide ilu cuivre ou tlu laiton, il n'est pas moins utile dans les divers essais métallury;iques au creuset et au clialumeau, où il agit par sa fusibilité et sa résistance à la volatilisation ; dans la préparation des alliages lentement fusibles, qu'il préserve de l'action ox.vdanto de l'air ; dans les compositions des couvertes pour les faïences dures. Dans les mélanges propres à confectionner les glaces et les divers objets en gobeleterie, la fluidité et le liant qu'il donne au verre facilitent le travail, et rendraient son emploi plus fré- (jucnt si son prix n'était encore trop élevé.

Le borax rend les fondants des couleurs vitriliables et certaines couvertes suffisamment fusibles et très-ductiles, sans qu'on soit obligé d'ajouter un excès d'oxyde de [)lomb ; il lixe la soude dans les silicates, et permet d'éviter ainsi diverses défectuosités accidentelles.

Le borax entre encore dans les compositions des strass blancs et colorés.

Le borax nous est venu pendant assez longtemps de l'Inde, en masse cristalline dont la surface était couverte d'une matière grasse particulière, et on le raflinait en Europe; aujourd'hui on le fabrique au moyen de l'acide borique qu'on tire des lacs de Toscane.

Le borax sert de fondant dans une multitude d'opérations. Les orfèvres et les bijoutiers s'en servent pour préserver les soudures de l'oxydation, et faciliter leur fusion dans la réunion de leurs diverses pièces.

bOKE. — Lu combinaison de ce corps avec l'oxygène qui se i'(,'ncontre dans la nature a d'abord été connue avant les propriétés [)artieulières de ce corps simple; mais son isolement à l'état de pureté est une suite de la découverte du potassium. Bien qu'on eût jirouvé par l'action de la pile que l'acide borique était formé tl'oxygène et d'une substance ditféreiite des autres corps simples, on ne l'avait pas encore obtenue en assez grande quantité ]iour l'étudier , lorsqu'on 1808, MM. Gay-Lussac et Thénard parvinrent à se procurer ce corps en décomposant l'acide borique par le potassium.

Pour 'S extraire, on doit suivre le procédé suivant : on place au fond d'un tube de cuivre une couche de potassium cru'on a le soin de bien tasser; on recouvre celle-ci de deux parties d'acide borique, fondu et pulvérisé, et successivement jusqu'à ce que le tube soit rempli aux deux tiers. 11 faut avoir la précaution c[ue l'acide borique forme la dernière couche. On dispose ensuite verticalement le tube, après l'avoir fermé avec un bouchon, dans un fourneau, et on le fait peu à peu rougir en approchant des charbons incandescents. Le potassium, en se volatilisant, passe sur la couche d'acide borique échautfé et le décomjiose; le bore est misa nu, et le protoxyde de potassium qui s'est formé s'unit à une partie d'acide borique pour faire un sous-borate de potasse. Lorsqu'on a tenu le tube au rouge pendant cinq à six minutes, on le laisse refroidir, et on y verse à plusieurs reprises de l'eau bouillante, qui dissout le sous-borate de potasse et isole le bore qui se précipite au fond de l'eau sous la forme d'une poudre brune verdàtre. On le lave, et après l'avoir recueilli dans une capsule, on le fait sécher h une douce chaleur.

Propriétés. — Le bore est solide, toujours sous la forme d'une matière pulvérulente, d'un brun verdàtre, et sans odeur ni saveur; il est hxe au feu, infusible, d'une plus grande densité que l'eau ; quoique insoluble dans celle-ci, il peut, s'il est très-divisé, y rester longtemps en suspension sans se précipiter.

A la température ordinaire, il n'a aucune action ni sur l'air, ni sur le gaz oxygène; il se combine avec ce dernier à une chaleur rouge et brûle en partie en se convertissant en acide l)Oriciue.

. Acide borique. Voy. Borique (acide). i' Le chlore et le soufre forment avec le bore des composés sans importance.

BORIQUE (acide). — L'acide borique'n'existe guère à l'état libre que dans des produits gazéiformes journellement amenés à la surface du sol par des phénomènes analogues à ceux qui entourent plusieurs productions volcaniques; cette source, naguère sans importance, fournit actuellement la plus grande partie de l'acide borique consommé en Europe. A l'état de combinaison avec la chaux et la soude, l'acide borique est assez abondant en certaines contrées; les eaux naturelles qui tiennent en solution le borate de soude dans l'Inde, la Perse, la Chine, l'île de Ceylan, la Tartarie méridionale, donnent, par leur évaporation spontanée, le borax brut du commerce que l'on emploie encore concurremment avec le borax fabriqué avec l'acide de Toscane et la soude artiiicielle.

La découverte de l'acide borique fut faite en 1702 par Homberg. MM. Thénard et Gay- Lussac démontrèrent, les premiers, en 1808, la com])Osition de cet acide que Davy découvrit jiresque en même temps à Londres. La première observation à laquelle se rattache ]'cx[iloitation industrielle remonte à 1776. Hu'ifer et Mascîigny constatèrent alors la présence de l'acide borique dans de petites

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