‹ Dictionnaire de chimie et de minéralogieChapitre 8 sur 354 · AIT · texte numérisé non relu

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loiiil h alYaiblir raction ile l'alVinitt^ En vain cliaull'o-t-on riiydniKi'-nc avoc l'azote ou l'ar- MMiit; poui' les conibiiicr onscnihlo ; mais si rii.yiirosèno, h l'état naissant, à l'instant où il se dégage d'une eoinbinaison, de l'eau par exemple, rcneonti-e un de ces deux corps, il se eouiliine avec lui et forme de l'annuoniaque ou de l'Iiydiure d'aisenic. Nous |)Ourrious citer mille t'.iils semblables ; mais c'est [H'iiicipa'ement en éleeli'o-cliiune (jui^ l'du a Cduslaunnent l'avantage de pouvoir disposer des éh'uu'nts des cor[)S h l'état nnissant, et dont on tire un parti avantageux [lour l'or- IU( r un grand nombre de composés que la chimie n a pas loujoui s la possibilité d(; produire. Cet iso'ement des molécules est une lies conséquences de la décomposition électro-cliimi(iue; c'est pen iant (pi'elle a lieu et h l'instant où elles arrivent sur les lames décomposantes (jue les molécules jouissent de leurs propriétés électriques, qui constituent, suivant nous, l'état naissant.

Quand une combinaison s'opère, l'eiret qui nous frappe d'abord est l'élévation de température, et môme une émission do lumière, si l'action est très-énergique. Nous reconnaissons ensuite que les i)ropriétés du corps fiirmé sont tout à fait différentes de celles des parties constituantes; le corps occuiie en effet un volume moindre que celui de ces parties; dès lors la densité est plus grande. Il faut en excepter cependant quelques ail a.;es, tels que ceux d'or et d'argent, dont le volume est plus grand. La saveur n'est plus la même, con-équence de la neutralisalion (les proiiriétés acides et alcalines des éléments. La couleur du composé est souvent différente de celle de ses éléments, comme les oxydes métalliques nous en offrent de si nombreux exemples. Outre le dégagement de chaleur, et quelquefois de lumière, d ya encore un dégagement d'électricité soumis aux lois suivantes. Danstoutes combinaisons, le corps qui se comporte comme acide rend libre de l'électricité positive, et celui qui agit comme alcali de l'électricité négative. Les quantités d'i'lectricité njises en libeité dépendent de l'intensité de l'affinité, du pouvoir conducteur du dissolvant et de celui du corps dissous. Cet elfet est inséparable de toute action chimique, et doit ôire pris désormais en considération dans un granil nomiu'e do cas où l'on a pour but de faiie naitie l'aflioité où elle ne pouvait se manifester. C'est là précisément le but que l'on se propose en électro-chimie. Pour nous, atfinité et électricité soid deux choses inséparables. Dans tous les phénomènes observés jusqu'ici, laflinité et l'électricité nous représentent deux forces agissant constamment ensemble et liées par des rapports tellement intimes, que l'une [leut suppléer à l'action de l'autre, et vice versa.

Passons en revue les idée's adoptées en chimie sur l'aflinité, en commençant jiar celles exposé 'S dans la statique cliimi(|ue, et qui fixèrent l'attention générale quand cet important ouvrage parut. Nous allons être forcé d'entier dans quelques détails de réac-

tions cliimi(]ucs pour être plus inlelligib'e. D'après la manière de voir de Iteithnllet, lors(pi'un aci(l(i est versé dans une solution saline, tel (jue l'acide sulfuri(iue, par exemple, dans une solution de nitrate dépotasse, les deux acides se partagent la base proportionnellement à leur quantité; ce qui veut dire, dans la théorie atomiipie, en raison du nombre de leurs atomes. 11 ,e trouve donc dans la dissolution de l'acide sulfurique et de l'acide nitrique libres, du su!''ate et du nitrate de [lotasso. Mais si, par une cause quelconque, un do ces corps vient à être enlevé, il s'opère de |)ioche en jiroche une décomposition. Vieni-on, par exemple, à volatiliser l'acide nitrique en chauffant, cet acide ne contre-balance plus l'action de l'acide sulfurique, qui peut alors décomposer une nouvelle quantité de nitrate de potasse, en rendant libre de l'acide nitrique, ainsi de suite jusqu'à ce que ce dernier acide soit entièrement volatilisé; il ne reste plus alors dans la dissolution que du sulfate de potasse et un excès d'acide sulfurique, si l'on en a pris une quantité plus grande qu'il ne fallait pour saturer toute la potasse. Si l'on met, au contraire, en présence une forte base, telle que la potasse ou la soude, avec une solution de sulfate d'ammonia(iue, on a des eflets absolument semblables. 11 en est encore de même en mélangeant ensemble deux solutions salines; dans ce dernier cas, il y a formation de quatre sels, attendu que chaque acide se partage les deux bases. Si l'on opère avec deux solut ons salines donnant naissauce par leur réaction à un composé insoluble, il se produit dans ce cas une succession extrêmement rapide de décomposition.

Supposons que l'on mélange une solution de baryte avec une solution de potasse. A 1 instant même où le mélange s'effectue, la liqueur contient du nitrate de baryte, du nitrate de soude, du sulfate de soude et du sulfate de baryte qui se précipitent aussitôt. Immédiatement après, l'équilibre étant rompu par l'effet de cette {irécipitation, il y a nouvelle réaction du sulfate de potasse sur le nitrate de baryte, précipitation du sulfate de baryte formé; ainsi de suite, jusqu'à ce que toute la décomposition soit achevée, 'foules ces réactions ont lieu, bien entendu, dans un temps infiniment court. C'est à l'aide de ces principes, et e'n faisant intervenir la cohésion, que Berthollet est parvenu à ex|)liquer des faits qui n'avaient pu être interprétés jusqu'à lui ; mais il ne faut pas s'y tromper : dans ces principes, ieux choses sont à considérer, la loi sur laquelle ils reposent et qui est incontesiable, et l'hyiiothôse destinée à l'expliquer. Cette hypothèse est rel.itive au partage en proiiortion définie dans le mélange de jilusieurs solutions, de cor[is de nature semblable avec plusieurs autres antagonistes qui sont en présence.

Pour bien apprt cier l'action des forces qui exercent une iniluence sur l'affinité, nou.' devons commencer [lar dire quelques mots de la force de dissolution. Sirafliiiilé iirodui* des combinaisons en proportion définie, ei

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que ce soit là son carataère essentiel, la force de (lissolulion forme dos combinaisons eu propni-ti'iii indélinio, auxquels on a donné le nom de dissolutior'. Celle-ci diffère des combinaisons en proiiortion définie en ce qu'elle n'a Heu que lors(iue les corps n'exercent qu'une faible action les uns sur les autres, comuie les sels quand ils se dissolvent dans l'eau. De cette différence entre les modes d'action de l'affinité et de la force de dissolu(ion qui en dérive, résidtenl d'autres différences opposées, caractéristiques.

Au lieu d'une élévation, il y a un abaissement de température; les corps dissous perdent leur coliésion, mais ils conservent leur saveur et leurs |)ropriétés acides et alcalines, selon qu'ils sont neutres, acides ou alcalins. L'écartement des molécules similaires dans l'aele d(! la dissolution explique l'abaissement de température , de mémo qu'on se rend compte facilement du dégagement de chaleur dans les combinaisons pai' le rapprochement jusqu'au contact apparent des molécules hétérogènes. Il peut se faire qu'il arrive néanmoins que les effets C'dorili(iues se neutralisent eu tout ou en partie, quand la force de dissolution agit immédiatement après l'aftinité, c'est-à-dire quand la dissolution suit la combinaison.

Dans les dissolutions il s'opère, comme dans les combinaisons, un dégagement d'électricité soumis aux lois suivantes. Lorsqu'on mélange une solution concentrée avec de l'eau, celle-ci jirend l'électricité négative, et celle-là l'électricité positive; la solution se comporte donc, sous le rapport des effets électriques produits, comme un acide dans sa combinaison avec un alcali. Une solution concentrée agit de môme à l'égard d'une solution de même sel qui ne l'est pas. Ces effets dépendent d'un mouvement moléculaire dont il a été impossible encore do se rendre compte. Dans le cas où le sel est acide ou alcalin, l'eÛ'et devient complexe, attendu que l'acide ou l'alcali libre, en réagissant sur l'eau, proiluit des effets tels, que l'eau, en se mélangeant avec l'acide, prend l'électricité négative, taiidis que le contraire a lieu avec l'alcali.

Les effets électriques produits dans les combinaisons en priiportions définies ainsi que dans les combinaisons en proportions indéfinies, ont entre eux unedépendancequi en fait supposer une entre les causes auxquelles sont dues ces combinaisons, dépendance qui, du reste, est généralement admise en cliimie. Nous ajouterons enfin que les combinaisons en proportions indéiinies, comme les autres combinaisons, s'ojièrent non-seulemententre les sohdes et les liquides, mais encore entre deux liquides, et même deux solides. Ainsi, l'eau dissout l'alcool, les acides, les alcalis, etc. Les métaux s'unissent en toute l)roportion par la fusion, d'où résultent quelquefois des combinaisons en proïKirtions définies en solution dans le bain. Los combinaisons en |)roportions définies ou indéiinies sont influencées par trois causes qui comnliqucnt l'action do l'affinité quand on cher-

che à la déterminer d'une manière absoaie- Ces causes sont la cohésion, la chaleur et l'électricité. L'influence de la [)reiiiièro est encore un objet de discussion entre les chimistes, tandis que celle de la chaleur et de l'électricité ne saurait être mise en doute

Influence de. la cohésion. — Cette force, tendant à rapprocher les molécules, agit nécessairement en sens inverse de l'aflinité d'un corps pour un autre, et de la force de dissolution, tandis tpie la chaleur, en les écartant, favorise son action. Les effets df l'alUnité en présence de la cohésion et de \z chaleur sont donc complexes ; mais M. Gay- Lussac est loin d'admettre dans les action? chimiques l'influence delà cohésion, comme l'ont fait jusqu'ici les chimistes, car il l'exclut tout à fait. Ses opinions en jiareille matière sont d'une telle importance, que nous devons les rapporleiavec le plus de détails possible. Berthollet consid 'rait la cohésion comme une force assez énergique pour balancer l'action de l'allinité au point do produire des combinaisons et desdécompositicns; force qui existait non-seulement quand ses effets étaient sensibles, mais même longtemps avant. Il s'apnuyait à cet é^ard sur les faits suivants : Quelques instants cirant qu'un liquide ne se (jazéifte, ou qu'un gaz ne se liquéfie, la dilatation du premier et la concentration du second sont déjà influencées par les nouveaux états que vont prendre ces deux corps, et suivent alors une progression plus rapide qu'à une certaine distance de ces termes.

M, Gay-Lussac fait observer qu'il faudrait alors admettre un terme unique, constant, pour le changement d'état; ce qui ne saurait avoir lieu, puisque ce changement s'opère sous toutes les pressions et toutes les températures, et qu'd est impossible d'admettre, dans les précipitations et les dissolutions, la préexistence de l'influence de la cohésion qui ne peut se manifester que lorsque les molécules sont déjà formées.

On admet en chimie, que lorsqu'un corps est en présence de son dissolvant, la résistance que le premier op|iose au second constitue l'insolubilité, laquelle dépend de la cohésion ou de l'attraction des molécules simi^ laires des corps soumis à l'action du dissolvant, et de son affinité pour ce'dernier. M. Gay- Lussac no partage pas cette opinion. Voici les motifs qu'il en donne. 11 commence d'abord par examiner quelle peut être l'inlluence de la cohésion sur la volatilisation, ce qui lui permet de se rendre compte ensuite plus facilement de ce qui se passe dans les phénomènes chimi(iues.

Si l'on prend un corps volatil pouvant se présenter solide et liquide dans des limites de tem|iérature abordables, tel que l'eau, el que l'on cherche la force élastique de sa vapeur à partir de — 20° jusqu'à zéro, on trouve d'abord qu'elle est la même pour la glace à zéro que pour l'eau à la mêmc! température, et qu'il en est de môme pour tout autre degré de thermomètre, auiiuel on peut obtenir àla fois l'eau à l'état solide et ;•• l'état licjuide; et cependant^ à la manière dont on considère

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