MOULAGE DES CHANDELLES
Cette opération consiste à entourer de suif une mèche formée de ûls de coton tordus; on Texécute de deux manières différentes: tantôt, ainsi que cela se pratique encore dans quelques provinces,. on plonge la mèche à plusieurs reprises dans le suif fondu, c'est la fabrication à la baguette ; tantôt au contraire, comme dans les grandes villes, on remplit de suif, au moyen d'appareils plus ou moins perfectionnés, des moules en étain, au milieu desquels la mèche se trouve maintenue d une manière rigide ; c'est le moulage. proprement dit.
Fabrication à la baguette, — Les blocs de suif sont d*abord refondus soigneusement sur une petite quantité d*eau, puis portés i l'ouvrier chargé de plonger les chandelles. Devant celui-ci est disposée une auge prismatique, plus large à la partie supérieure qu'à rinférieure, et mesurant environ 1 mètre de longueur sur 65 centimètres de profondeur; on remplit cette auge de suif et on a soin de Ty maintenir à une température telle, qu'une légère et mince solidification apparaisse sur les bords. D'un autre côté, l'ouvrier prépare des baguettes de bois de 80 centimètres de longueur environ, sur lesquelles il attache et laisse pendre verticalement des mèches espacées de 10 centimètres. Après avoir ainsi préparé un certain nombre de baguettes, il les plonge, deux par deux, ou trois par trois^ suivant son habileté, dans le suif fondu. Grâce à la température bien calculée que celui-ci possède, les. mèches s'allongent dans ce bain en gardant leurs positions respectives, et lorsqu'ensuite il les retire, chacune d'elles est entière-, ment imbibée de suif; l'ouvrier les porte alors à Végouttoir^ où le suif ne tarde pas à se figer. Ce résultat obtenu, il les reprend, les plonge une deuxième fois, de manière à revêtir d'une deuxième couche la mèche qui est déjà bien imprégnée. Lorsque cette deuxième couche est solidifiée à son tour, il les reporte à Tauge et renouvelle ainsi de suite ses plongées, jusqu'à ce que, par la superposition de ces couches successives, la chandelle ait atteint la grosseur voulue. A la portée de sa main se trouve un calibre
formé d'une planchette de bois percée de trous dont la diménskio représente exactement le diamètre qu'il doit dooner à la ehandélie. De temps en temps il fait passer celle-ci par le trou du et* libre, et il arrête enfin ses plongées lorsque la chandelle ne glim plus qu'avec difficulté. Il ne lui reste plus ensuite qa^à formelle bout effilé de la chandelle, ce à quoi il parvient en l'enfonçant une dernière fois, de manière à imbiber la mèche au-dessus du point où jusque-là il s'était arrêté, et à couper rextrémité inférieure, de manière à enlever le suif dépassant la mèche, ce qu'il fait an moyen d'une plaque chauffée à une température plus élevée qne celle de la fusion de la matière.
Ce mode de fabrication peut être rendu plus rapide et plus économique, en substituant la plongée mécanique à la plongée âla main. Dans ce but, on emploie des sortes de bancs horizontaux, portant dix ou douze châssis, sur chacun desquels s'étalent dix baguettes de dix bougies chacune ; au moyen d'une corde et d'unfr poulie, chacun de ces châssis peut s'élever ou s'abaisser, de tella sorte que l'ouvrier, après avoir plongé les cent chandelles qu'il porte, les relève, transporte son auge qui, dans ce but, est dis-^ posée sur des roulettes, au-dessous du châssis le plus proche, et ainsi de suite, jusqu'à ce qu'il revienne aux chandelles de sa première opération qui, pendant ce temps, ont eu le temps de se sohdifier.
Quelquefois aussi des châssis semblables sont disposés à l'extrémité d'un manège tournant, et viennent successivement se présenter devant l'ouvrier, qui ne quitte pas l'auge auprès de laquelle il est placé, et dans laquelle il plonge les chandelles au fur et à mesure qu'elles arrivent à sa portée.
Moulage des chandelles. — Les moules dans lesquels a lieu la coulée du suif fondu sont en étain et formés de deux parties, la tige elle culot; la première offre la forme du corps de la chandelle, elle est, comme celle-ci, pointue à son extrémité ; la seconde est évasée sous forme d'entonnoir, comme on le voit en C de lafig. 323. La tige est, à son extrémité, percée d'un trou que la mèche doit remplir, et le culot est muni d'un petit crochet horizontal en fer qui s'avance exactement jusqu'en son milieu, de telle sorte que l'extrémité du crochet d'une part, le trou inférieur d'une autre, représentent exactement Taxe de la chandelle , c'est-à-dire la place que la mèche doit occuper. C'est en ce point, en effet, que la mèche est placée ; retenue à la partie supérieure par le crochet cfn fer, elle est fortement tirée par la partie inférieure, qu'elle