IL— MATIÈRES PREMIÈRES EMPLOYÉES POUR LA FABRICATION DU GAZ
Nous venons de voir que l'étude de l'action du feu sur la houille a conduit aux premières notions du gaz de l'éclairage et que Lebon avait proposé l'emploi du gaz de bois, tout en affirmant que les graisses et la houille, distillées dans son appareil^ pouvaient fournir un gaz propre à l'éclairage. Ces matières ne sètit pas les seules, et l'on s'est servi à différentes époques, êékm les convenances, de résines, de tourbes, de boghead et de éofrps gras proprement dits ; cependant, de toutes les substances IWiouille est certainement la plus avantageuse, car elle donne p* 100 kilogrammes environ 22,000 litres de gaz, du coke dont ii^leur est plus de moitié égale à la sienne, du goudron et de
ËCL ÉCLAIRAGE PAR LE GAZ. ÎU
rammoniaque ; il n'est pas même jusqu'aux scories dont on ne puisse tirer parti. Nous avons fait voir, en effet, que ce silicate multiple ou mâchefer, pulvérisé finement et mélangé par moiûè avec de Targile constitue après cuisson une matière d'une dureté et d'une sonorité considérable qu'on utilise au dallage desatelim de distillalion.
La nature des houilles est si diverse que, de pnme abord, a comprend que toutes ne doivent pas remplir le but que se propose d'atteindre la fabrication^, la houille n'est point un corps honw» gène, elle parait au contraire formée au moins de deux principe» différents: l'un, soluble dans l'éther, le sulfure de carbone, ta hydrocarbures volatils, constitue le corps appelé principe gras des houilles; l'autre, insoluble danslesmémesdissolvants, se ramollit à peine au feu. Le premier de ces corps est un produit brun roogeâtre, à odeur de benzine, qui s'oxyde à l'air; aussi laUératioa que subit la houille exposée à Tair paraît-elle porter tout entièrt sur lui.
La houille est en effet soumise à une cause de détérioratioa constante. M. de Marsilly a constaté qu'à lair libre, dans leviâi ou sous pression elle dégage de l'hydrogène protocarboné oubie» de l'azote et de Tacide carbonique, et que le principe grasqd facilite, la formation du coke s'altère au point qu'une houille ex-' posée quelques mois à Tair devient impropre à la fabrication.
L'étude chimique du principe gras des houilles est encore à faire ; il est probable qu'elle permettrait d'expliquer (ce que rai* lyse élémentaire ne peut faire) pourquoi deux houilles de com* position identique donnent à la distillation des produits difféi-entl èh qualité et en quantité.
On admet généralement que dans une houille la proportioa d'hydrogène réellement utile à la formation du gaz est représentée* par la quantité qui se trouve en excès sur la somme d'oxygène que contient le corps.
Cette donnée théorique qui, appliquée aux graisses, aux huilei et aux résines, se rapproche de la vérité, est certainement erronée pour la houille, matière complexe, et ne se vérifie même pas pour des isomères comme le ligneux, le sucre et l'amidon.
Aussi sommes -nous convaincu que l'analyse élémentaire d'una houille ne peut, dans l'état actuel delà science, conduire à te connaissance de la valeur et de la quotité des produits qu'elto fournira à la distillation. ,
Pour se renseigner à ce sujet, le fabricant devra toujours es- 1