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VIL— DÉ L'ALTÉRATION DU GAZ

Nous avons vu plus haut que le gaz est formé de deux parties bien distinctes : la partie non éclairante, composée en presque totalité de produits gazeux non liquéfiables et d'une grande fixité; la partie éclairante constituée, à part quelques millièmes de gaz oléfiant, par des vapeurs d'hydrocarbures; benzine, toluène, etc., tenus en dissolution, et par conséquent susceptibles de condensation.

L'altération, que dans la pratique, on observe toujours, quelles que soient les précautions employées pour la prévenir, provient de l'abaissement de la température. En passant de Tusine au gazomètre où il doit séjourner, le gaz, dont la température était plus élevée que celle de Pair ambiant tend à se mettre en équilibre avec celle-ci, et, comme à chaque température correspond une tension de vapeur différente, il laisse déposer d'autant plus d'hydrocarbures, que la température s'abaisse davantage. Pendant Thiver, la perte de pouvoir éclairant est considérable ; on peut anéantir celui-ci presque complètement en faisant cheminer lentement le gaz dans un tube de verre plusieurs fois recourbé et plongé dans un mélange réfrigérant.

Il faut ajouter à cette cause l'action mécanique produite parle frottement contre les parois du gazomètre et des tubes de distribution de ville ; de telle sorte que le gaz est soumis à une déperdition continuelle de pouvoir éclairant, depuis le gazomètre où il est conservé jusqu'au bec où on le brûle.

Parmi les causes d'altération qui se produisent pendant la fabrication, il faut encore signaler l'emploi exagéré de l'eau ammoniacale qui détermine dans la colonne à coke la précipitation des hydrocarbures légers; la présence de l'air dans les cuves neuves d'épuration lors de leur mise en activité ; celle de l'acide carbonique dont l'influence est funeste (nous avons constaté, en effet, une perte moyenne de 11 pour 100 de pouvoir éclairant par la présence de 1 pour 100 de cet acide dans le gaz); l'usage d'une houille humide, et enfin, chose dont on ne parait pas comprendre rimportance dans la pratique, l'emploi de l'eau froide sur les jeux d'orgues ou colonnes qui en font l'office, cette première condensation des goudrons devant se faire mécaniquement à la température la moins basse possible.

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Vni.— DES GAZOMÈTRES.

Le but des gazomètres est de recevoir le gaz épuré et de Temmagasiner jusqu'au moment de la dépense et de lui donner pendant ce temps ime pression régulière qui assure Tuniformité de l'éclairage.

On distingue trois espèces de gazomètres : le gazomètre à suspension, celui à mouvements libres, et le gazomètre télescopique.

Un gazomètre se compose de deux parties distinctes : d'une cuve cylindrique en bois, en fonte ou en maçonnerie, remplie d'eau, et d'un cylindre en tôle fermé à la partie supérieure et dont la partie inférieure plonge dans la cuve. C'est ce cylindre qui sert de réservoir au gaz.

La hauteur du gazomètre est^rdiaairemeni égale au rayon de la base dont le diagnètre est vanable.

Les cuves en bois sont peu en usage, elles sont soumises à des causes de détérioration trop fréquentes.

En Angleterre et en Belgique, où le prix de la fonte est peu élevé, on se sert plus souvent de cuves en fonte qu'en France, où l'on a adopté généralement la cuve en maçonnerie. Les matériaux qui la composent varient avec la localité ; mais il est d'un grand intérêt qu'ils soient bien choisis, imperméables et reliés entre eux avec un mortier hydraulique de la meilleure qualité.

Les cloches sont formées de plaques de tôle de 2 à 3 millimètres d'épaisseur, rivées entre elles -solidement et recouvertes d'une couche de goudron qu'on a soin de renouvelçr de temps en temps.

Gomme leur poids est considérable, il est important de pouvoir guider leurs mouvements afin d'obtenir ime pression régulière et constante.

Le gazomètre diminuant ou augmentant de poids suivant qu'il s'élève ou s'enfonce dans le liquide, il se produit des irrégularités dans la pression, il faut donc étabhr des compensations dans l'un ou l'autre cas. Ce but se trouve atteint par un moyen d'une grande simphcité. Il consiste dans l'emploi de chaînes de fer attachées d'un côté au sommet de la cloche, de l'autre à des contre-poids et roulant sur des poulies. Si l'on suppose le gazomètre au milieu de sa course, la partie de la chaîne qui se trouve du côté du gazomètre étant égale à celle qui reste du côté du contre-poids, il y a équilibre; mais si le gazomètre s'enfonce, il

ECLAlltASE PAR LE GAI.

perd une partie de son poids qui lui est rendu par le poids calculé de chaîne qu'il a entraîné. Ce poids de la chaîne doit être égal au poids du volume d'eau déplacé par le gazomètre.

Les contre-poids, qui sont ordinairement en fonte, doivent égaler le poids du gazomètre lorsqu'il est plongé dans l'eau, moins la pression à donner au gaz.

Les gazomètres à mouvements libres ne produiseflt pas une pression aussi régulière que les précédents, mais on y remèdieau moyen du régulateur.

On a imaginé, pour diminuer' le prix élevé de l'établissemenl d'un gazomètre, un appareil d'un genre particulier qui a reçu le nom de gazomètre à télescope.

Il est formé de deux ou d'nn plus grand nombre de cylindres s'emboitant les uns dans les autres, et dont la partie inférieure, relevée en rigole intérieurement, agrafe la partie supérieuie i-epUée en sens contraire. Quand il n'y a point de gaz dans l'appareil, toutes les parties sont emboîtées les unes dans les autreset le cylindre supérieur est au niveau de l'eau dans la cuve. Le gw arrivant, la pression qu'il exerce soulève le premier cylindre el le force à s'élever ; quand il est plein, le second cylindre s'accroche dans la rigole pleine d'eau et s'élève à son tour ; ainsi de suite. On voit qu'il ne peut y avoir de perte de gaz, puisqu'il y a fenneture hydraulique par la rigole qui est toujours pleine d'eau et dont la hauteur doit nécessairement être supérieure à la colonne d'eau, à laquelle la pression du gaz fait équilibre. Ce genre de

DES GAZOUÂrnSS,

imëtre, trèB-usité en Anglelerre, est

Fig 310 — Gazomèlr

0 gaz est amené dans la cloche par une couduile aouterrame lii vient affleurer la surface du liquide de la cuve et s'écoule une autre conduite T' semblablement disposée, auwels a imaginé un système qui consiste à faire arriver le par lapartie supérieure du gazomètre. Celui que représente la re 341 fonctionne à l'usine d'Ivry.

Fig. 341.— Gazomètre de PauweU.

consiste en deux genouillères, l'une pour l'entrée, l'autre r la sortie du gaz. Chacune se compose dfe deux tuyaux T,T',

ëGL jëclairage par i£ gaz. iM

mobiles, dont le jeu de l'artictilatiou G, &, se Mt dans on stuffnjbox. On évite ainsi l'établissement de siphons dans rintérieur delà maçonnerie de la cuve pour la vidange des produits de coDdensation.

Nou? avons dit go'on se sert de régnlatenr ponr assurer une pression constante au gaz et l'unifonnîté de l'éclairage. Le plm simple et le plus em^oyé est le régulateur Pauwels.

Le tube T, par lequel arrive le gaz, reçdl dans sa goi^e un obturateur conique H.

Lorsque la pression fait élever la cloche G, l'obturateur s'engage plus avant dans le tube et rétrécit le passage du gaz; si elle diminue, au contraire, la cloche s'abaisse, l'obturateur descend et le gaz, trouvant on plus large orifice d'écoulement, sort eu pi» grande quantité; de sorte qu'en changeant le gazomètre de poids, on peut le tenir il» j Fig. 342.— KéguUtBur hauteur voulue et augmenter ou diniinuB de pression. ^ volonté la pression.

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