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ENGRAIS ANIMAL

Si l'on compare la composition des végétaux avec la composition des excréments des animaux, on est frappé de la grande analogie dans la nature de leurs éléments et dans lem's proportions. C'est cette comparaison qui fait dire à M. liebig que les excréments, liquides et solides, ne sont que les cendres des végétaux brûlés dans l'organisme animal. Ainsi les animaux, par leiîrs déjections, Tendent à la terre ce qu'ils en ont enlevé par les végétaux qu'ils se sont appropriés.

« Quant à la manière dont cette restitution pourra se réaliser, il sufGLt de se rappeler que toute substance qui a vécu, une fois soustraite à la vie, tend à se décomposer et à ramener ses éléments organiques à l'état minéral : elle y ramène le carbone sous forme d'acide carbonique, l'hydrogène sous forme d'eau, l'azote BOUS forme d'ammoniaque. » (Malaguti.)

Mais si les animaux vivants fertilisent les terres par leurs excrétions, morts ils l'engraissent par toutes les parties de leur corps. L'agriculture a tiré parti de toutes ces sources de fécondité, et a xéduit de nouveau en aliments les excréments, les débris d'animaux, et les résidus de substances animales employées dans les fabriques.

Eazréments solides de Vhomms, — Les excréments humains constituent le plus riche de tous les engrais. Pour en apprécier la valeur, il suffit de rappeler les résultats obtenus par Hermstaed et Schubler. Un sol, supposé capable de donner spontanément trois fois la semence, donnera à surface égale :

Avec des engrais végétaux 5 fois la semence.

— du fumier d'étable 7 —

— de la colombine 9 —

— du fumier de cheval 10 —

— de l'urine humaine 12 —

— des excréments humains 14 —

On emploie cet engrais de différentes manières. Aux environs de Grenoble, on le donne aux chanvres tel qu'il sort des fosses. A Lyon et dans quelques localités de la Toscane, on le délaye dans l'eau, et on en arrose les champs, surtout la luzerne.— En Chine, on le pétrit avec de Targile, et on en forme des briques que Ton pulvérise lorsqu'elles sont sèches. — A Paris on le dessèche, et on en forme la poudrette par un procédé qui exige de 4 à 6 ans.. — En Flandre, on le recueille dans les villes; on le transporte aux

fermes, et on le jette dans des citernes construites exprès pour cet usage ; là on laisse fermenter pendant quelques mois, et Ton ne vide jamais complètement : on ajoute de nouvelles matières^ à mesure qu'on en tire pour les besoins. Il en résulte une matière plutôt visqueuse que liquide : c'est Vengrais flamand, la gadoue, la couche-graisse, — En 1833, M. Salmon conçut l'idée de désinfecter les matières fécales, et de leur conserver toute leur puissance feiflilisante, en fixant et en condensant les principes volatils par des substances absorbantes : il y réussit en les mêlant au terreau calciné; ce produit a été appelé noir animalisé.^ Aujourd'hui MM. Brigonet et G® commencent par désinfecter les matières fécales dans les latrines, en y jetant de la couperose, ou vitriol vert; l'hydrosulfalte d'anunoniaque est alors décomposé en sulfure de fer et en sulfate d'ammoniaque. On les transporte ensuite à l'usine, et on les mêle à un volume égal de terre carbonisée. A mesure que le mélange se dessèche, on y ajoute d'autres matières fécales, jusqu'à ce que la terre reste dans la proportion d'un quart de tout le volume. Au bout d'un ou deux mois l'engrais est formé et constitue une autre variété de noir animalisé. M. Mosselmann le prépare sous forme de magma en le mélangeant avec de la chaux éteinte dans les eaux vannes.

D'après Berzéhus les excréments humains ont la composition suivante :

Eau 73,3

IBile 0,9 ) Albumine 0,9 f Matièreextractireparticulière 2,7 ( ^'"^ Sels 1,2 )

Résidus insolubles des aliments digérés (débris organiques). ..... 7,0

Matières insolubles qui s'ajoutent dans le canal intestinal, tels que mucus, résine biliaire, graisse, matière animale particulière, etc. 14,0

La poudre tte de Montfaucon et de Paris est composée comme il suit :

Eau 32,5

Sels ammoniacaux, représentant 1,35 d'ammoniaque 3,9

Matières organiques azotées, représentant 0,93 d'ammoniaque.... 18,1 Matières minérales fixes 25,0

La meilleure méthode d'apphquer cet engrais est celle qui donne Vengrais flamand : mais elle présente le grand inconvé-

nient d'exhaler une odeur repoussante et nuisible. La transformation en poudrette est un véritable gaspillage. Le noir animalisé constitue la forme d'application la plus convenable, parce que les principes volatils sont fixés dans le mélange, l'odeur infecte est détruite et la décomposition retardée.

L'engrais humain est d'une grande puissance, mais très-chaud; son action ne se prolonge donc pas au delà de la saison. Il convient à toutes les périodes de la végétation ; mais il ne faut pas remployer dans le temps sec, parce que la chaleur le décompose trop rapidement et en dissipe les principes volatils : c'est pourquoi on préfère le distribuer dans les journées couvertes ou pluvieuses.

On emploie par hectare 120 à 140 hect. d'engrais flamand, 18 à 25 hect. de poudrette, 15 de noir animalisé.

Colombine et poulaille, — Les excréments des pigeons et des poules ont une action fertilisante supérieure à celle des excréments des herbivores. Voilà leur composition, d'après M. Girardin.

Excréments de Pigeons. Poules.

Eau 79,00 72,90

Matières organiques (débris de ligneux et de plumes, acide

urique, urate d'ammoniaque) 18,11 16,20

Matières salines (phosphate et carbonate de chaux, sels

alcalins), etc 2,28 5,24

Graviers et sable siliceux 0,61 5,66

Dans le nord de la France, on l'emploie dans les champs, parce qu'on y élève beaucoup de pigeons; partout ailleurs on s'en sert pour Thorticulture. C'est un engrais puissant et chaud. Il en faut près de 2,000 kil. par hectare.

Guano, — Dans la mer du Sud, en Amérique et même en Afrique, on trouve sur les côtes des couches de guano qui ont jusqu'à 20 mètres d'épaisseur : ce sont des excréments d'oiseaux de mer, accumulés pendant des siècles. M. de Humboldt les signala au commencement du siècle, et Davy recommandait le guano en 1810 : mais ce ne fut qu'en 1841 que M. Myers de Liverpool en fit venir une certaine quantité pour fumer ses terres ; depuis lors l'importation s'en est accrue d'une manière étonnante.

La richesse de cet engrais n'est pas égale dans toutes les espèces: l'américain, par exemple, est plus riche que l'africain ; et dans Tun et l'autre il y a une différence selon la diversité des

lieux oil gisent les dépôts. L'analyse chimique donne des résultîls très-différents : en voici quelques-uns.

SuBao d^Amériquo.

Guano d-AMijut

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