‹ Dictionnaire de chimie industrielle (volume 2)Chapitre 175 sur 290 · I.— ESSENCES DE HOUILLE · texte numérisé non relu

I.— ESSENCES DE HOUILLE

houille, distillée au point de vue de la fabrication du gaz

jàxL coke, donne comme produit secondaire un goudron qui lus ou moins abondant , plus ou moins liquide, suivant que

distillation a été faite plus ou moins vivement. Ce goudron de une odeur de gaz et d'ammoniaque ; sa couleur est noire.

t état , il est employé dans beaucoup de travaux ; ainsi il sert erver les bois, les métaux, les cordages, etc., de l'humidité,

depuis longtemps il est employé avec beaucoup d'avantage ■Vf l'assainissement et pour éloigner des végétaux , par son PPar, les insectes nuisibles à leur développement. Oïl l'emploie aussi pour obtenir, par sa distillation, des essen-

et des brais. Les goudrons sont alors conduits des usines à k aux usines de distillation dans des tonneaux enfer, contenant 3^on 1000 litres, munis à la partie supérieure d'un trou ^Omrne destiné à l'introduction du goudron, et à la partie feïieure d'un gros robinet de vidange. A son arrivée à l'usine Soudron est emmagasiné dans des réservoirs généralement Ces en terre, à proximité des chaudières de distillation ; une iipe distribue le goudron dans les appareils distillatoires, qui ivent contenir 2000 kilogrammes. Ceux-ci se composent d'une ixidière en forte tôle, des dimensions suivantes : 2 mètres de 'gueur, 1 mètre de largeur et 1 mètre 20 centimètres dé hau- -r, chauffée inférieurement et latéralement, au moyen de cartiix montants jusqu'au niveau le plus bas du liquide. La partie Srieure, qui est légèrement cintrée, repose sur une voûte en ques, destinée à protéger du coup de feu la tôle, qui, sans cette ï caution, serait bien vite brûlée, surtout quand les matières, * la fin de l'opération, commencent à épaissir. lie dessus ordinairement disposé en dôme est muni d'un trou

ËSS ESSENCES.

d'homme qui permet d'opérer le nettoyage et les réparations, d'un robinet d'introduction des goudrons et d'un tuyau appelé col de cygne, de 30 à 35 centimètres de diamètre, pour conduire les vapeurs dans un serpentin entouré d'eau froide. La conduite de Topération se fait sans difficulté. On chauffe d'abord légèrement pour évaporer les eaux ammoniacales qui se trouvent toujours en certaine quantité dans h goudron, et ensuite on augmente graduellement le feu jusqu'à li fin de l'opération.

La densité des vapeurs, produites dans la distillation, varie t chaque instant.

Les premières huiles essentielles que Ton recueille mélangéei avec de l'eau sont très-légères. Peu à peu cette légèreté spécifique diminue et les dernières huiles obtenues sont plus denseï que l'eau, si l'on a chassé par la chaleur 25 poui* 100 du goadroB employé.

A la sortie des serpentins, les produits condensés sont reçod dans des seaux et portés suivant leur densité dans des bassi» destinés à les recevoir. La distillation terminée, ou vide la chau) dière à l'aide d'un tuyau placé à la face opposée au foyer.

Les produits de la distillation se distinguent par leurs den sites, en essences et en huiles lourdes ; et les brais, en brais liquides et en brais secs.

Brai liquide et brai gras. — Pour obtenir le brai liquide, en sup posant la chaudière chargée de 2000 kilogrammes de goudron, on retire seulement par la distillation Teau et environ 126kii0'i grammes d'essence marquant 14° à l'aréomètre. Le produit restant dans la chaudière est le brai , qui trouve un très-grand débouché dans la fabrication du noir de fumée, et surtout dansli fabrication des charbons agglomérés, du charbon de Paris, et dans d'autres industries. Les essences à 14© sont rectifiées i nouveau, puis transformées en un produit d'un très-grand eiBploi que le commerce désigne sous le nom impropre de benzine. On obtient cette essence de difî'érentes manières; la pi* simple consiste à traiter les essences de houille par- l'acide sulfurique concentré, à les désacidifîer parla soude caustique, ei ensuite à les rectifier. Mais de quelque procédé qu on l'obtienne, elle est très-impure, d'une couleur blanche jaunissait un peu à l'air; son odeur est aromatique, sa densité égale 39* Baume.

La benzine, outre son emploi pour le dégraissage, sert à pro-

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duire une essence appelée mirbane ou nitro-benzine, employée dans la parfumerie pour donner une odeur rappelant celle des amandes- amères, et principalement pour la fabrication des couleurs d'aiiiline dont Tusage est si grand dans la teinture.

Pour obtenir le brai gras, on pousse la distillation plus loin : ainsi sur 2000 kilogrammes on retire également Teau et 120 kilogrammes d'essence à 14°; ensuite 60 kilogrammes d'essence plus lourde, 450 kilogrammes d'huile lourde, et comme résidu dans la chaudière, le brai gras. Ce dernier produit est employé ordinairement dans Tusine même à la fabrication des mastics destinés à faire les asphaltes artificiels. Pour obtenir ceux-ci, on prend environ un quart de brai gras, que Ton mélange avec un quart de craie préalablement séchée et tamisée, et moitié de terre à four calcinée; on fait le mélange dcîns une chaudière placée en terre, et une fois le mélange bien intime, on moule le mastic dans la terre sous forme de pains cylindriques.

Les essences venant après celles à 14° sont employées à la fabrication de Tacide picrique. Les huiles lourdes contiennent beaucoup de naphtaline, substance solide à la température ordinaire , plus dense que l'eau et d'une odeur caractéristique, qui adhère fortement à tout corps qui en a été imprégné. Cette substance a du reste peu d'emplois. Les huiles lourdes servent à la conservation des bois, et, depuis quelque temps, comme éclairage, à Taide d'une lampe construite par M. Dony et dans laquelle Thuile, amenée par un réservoir à niveau constant, est brûlée sous l'influence du courant d'air produit par un ventilateur.

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