II. — DICT. DB CHIMIB INDUSTRIBLLB
MAT MATÉRUDZ DE gonshujgtion. 498
En fait de pouzzolanes, celle dltalie, prise à Ponzzoles, qui hi a donné son nom, et le traas d'Andemach ou de Hollande sont restés le type de leurs catégories ; ce sont des tufs volcaniques renfermant 70 pour 100 environ d'argile, grillés parles feux souterrains et en outre pulvérisés.
La composition des chaux et des ciments une fois déterminée par l'analyse, l'industrie s'est appliquée à reproduire par synthèse les meilleurs types. Ainsi la chaux hydraulique factice de Meudon, comme celle de Chartres, est im mélange de quatre parties de craie contre ime partie d'aigle. On la préfère aujourd'hui à la chaux naturelle de Senonches, qui eut d'abord de la réputation «et qui Ta perdue par suite du défaut d'homogénéité des bancs.
Dans les ciments naturels, le type supérieur est, en France, le ciment de Vassy, fabriqué avec des marnes de Toolithe ; il contient :
Chaux magnésienne 60 \ ,^^
Silice, alumine, oxyde de fer 40 (
En Angleterre, la réputation appartient à un produit artificiel, le ciment de Portland, mélange de craie avec les vases argileuses de la Tamise. Il renferme :
ci»a^^ «8 I j^
Silice, alumine, oxyde de fer 32 )
On reconnaît ici qu'on est presque dans le groupe des chaux hydrauliques, aussi le ciment est-il à prise lente ; après la solidification, il prend l'apparence et la couleur blanche des calcaires de Portland, ce qui lui a valu le nom qu'il porte.
Le succès du portland anglais, dans les travaux à la mer, a
fait rechercher s'il n'y avait pas des calcaires marneux qui, présentant naturellement la même composition, offriraient au constructeur les mêmes qualités. Effectivement, dans le Pas-de- Calais, les argiles de Kimmridge ont fourni des bancs excellents et homogènes, et Ton fabrique aujourd'hui à Boulogne un portland naturel qui l'emporte sur le produit anglais et artificiel. Sa composition est :
Chaux 66 ) j^^
Argile 34)
Mortiers. — Les chaux et les pouzzolanes, introduites comme lien entre les pierres d'appareil ou de moellon, ne s'emploient pas pures; on les mélange presque toujours aux deux tiers avec du sable de rivière, dans le but d'empêcher le retrait, de ralentir
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la prise, de développer le voliime et de multiplier les contacts. D'ailleurs le sable, en raison de sa nature siliceuse, n*est pas sans action : il tend à s'unir à la chaux et à former avec elle la combinaison stable de Thydrosilicate. Aussi les manipulations qui rendent les mélanges intimes, qui mettent le mieux et le pluB longtemps en présence les éléments à réunir, sont-elles des conditions essentielles. Il n'y a de mortiers énergiques que ceux qui ont été broyés au manège, rebattus au rabot et abandonnés à une lente digestion. Ces précautions, écrites autrefois dans les cahiers de charges, qui exigeaient deux ans de préparation, expliquent les succès des anciens dans bien des circonstances où nous échouons aujourd'hui. Les anciens ont fait tous leurs travaux à la mer avec des pouzzolanes et des chaux grasses. Les Hollandais n'ont guère employé que le traas ; mais les actions chimiques étaient préparées par des maniprdations répétées et surtout par une longue digestion des mortiers.
On comprend dès lors pourquoi les maçonneries gagnent à vieillir; c'est que le temps intervient pour développer et parfaire les actions chimiques. Les vieux murs sont carbonates jusqu'au milieu de leurs masses, les vieilles maçonneries des galets sont des rochers d'une pièce ; car le mortier et le silex ne sont plus à la surface de contact qu'une seule et même combinaison.