‹ Dictionnaire de chimie industrielle (volume 2)Chapitre 52 sur 290 · COULEUR DE L*ALUMINE · texte numérisé non relu

COULEUR DE L*ALUMINE

Outremer, — On sait préparer l'outremer. On le produit régulii rement, facilement, et alors il est à l'analyse identique au la] lazuli que nous présente la nature, seulement on ne peut pas comment sont groupés les éléments qui le constituent : on connaît pas sa formule rationnelle. Les matières qui entrent sa composition sont la silice, Yalumine, la soude, le soufre; tains praticiens ajoutent à leur recette l'arsenic, mais on n'en pas employer; quelques analystes ont également constaté présence du fer, mais ce produit semble être accidentel. On a ( que l'outremer pourrait bien être un sel d'alumine dont l'acide, composé oxygéné du soufre , serait bleu. Nous partageons cettemanièrede voir, parce que cet acide encore hypothétique ne serait pi&}^ seul qui communiquât à ses sels une couleur bleue, et parce que 1-^ l'instabilité d'un acide n'implique pas l'instabilité du sel; enfin, l;j parce que lorsqu'on dissout le soufre dans Tacide sulfimquecon-t-^. centré, mêlé d'acide anhydre, on obtient une magnifique couleur 1^ bleue, due très-probablement à la formation d'un composé oxy gêné du soufre.

Il est à espérer que M. Guimet, à qui on est redevable de cette \r brillante découverte de la production de l'outremer artificiel, fera connaître son procédé, qui, jusqu'à ce jour, est encore un secret, dont deux honorables académiciens sont les seuls dépositaires. M. Guimet, a été conduit à sa remarquable invention par les données de la science, il doit à la science de lui offrir aujourd'hui les résultats de sa pratique qui, à leur tour, éclaireront la théorie.

L'outremer a été observé pour la première fois par Taffaert (en 1814), dans les circonstances que voici : on démolissait un four à soude qui recevait du sulfate de soude, de la craie et du charbon, or une inatière bleue se trouva sur les briques du four , c'està-dire sur la silice et Talumine. Vauquelin , qui fit l'analyse de ce composé, y rencontra la silice, l'alumine , la soude et le soufre. Tels furent les indices qui guidèrent M. Guimet, puis MM. Robiquet et Ferrand, Gélin, Tiremon, Brunner, Armet, de Zuber et tant d'autres.

Les procédés publiés pour la préparation de l'outremer sont en apparence très-différents entre eux, mais ils peuvent, par un examen attentif, être soumis à une explication commune. M. Pruckuor a fait connaître la marche suivie à Nuremberg. Elle

"^01 COULEUÉ DE l'alumine. COU

«insiste à mélanger une argile non ferrugineuse et bien fine svec 4 fois son poids d'une dissolution de bisulfure de sodium i(i 25 pour 100 de sel sec) ; le mélange bien intime est desséché M l'absolu et réduit en poudre. La poudre est distribuée dans des ^noufles par couches de 6 à 8 centimètres d'épaisseur, et portée «u rouge en renouvelant les surfaces et donnant accès à Vair. La ^(Datière, dans ces conditions, se colore successivement en brun ^ foie , rouge , vert et bleu. Quand elle est à la teinte qu'inique la pratique , on la retire des moufles, on la lave à Teau, Jbn la sèche, on la pulvérise finement, puis on l'introduit de 3iouveau dans des moufles, on la soumet à la température d'un Xeu modéré. La couleur bleue se développe et s'affine, il ne areste plus qu'à opérer le broyage sous des meules en granit,

M. Brunner fait un mélange de silice, sable quartzeux et alumine provenant de la calcination de l'alun ammoniacal (sable, 70; alumine, 240); il ajoute : soufre en fleur, 144 ; carbonate de soude (cristaux séchés et calcinés), 240; charbon de bois, 48. Le mélange est broyé dans la machine à gobilles et rendu trèsintime, puis calciné légèrement dans un creuset où il subit un ramollissement, se tasse et se présente finalement sous forme d'une masse jaune verdâtre. Cette matière, retirée du creuset, est lavée à l'eau froide : elle donne comme produit une poudre bleue verdâtre qui, séchée, est d'un gris de cendre. Cette matière sèche^ mêlée à la fleur de soufre et à une fois et demie son poids de carbonate de soude, est chauffée de nouveau dans le creuset; sa teinte s'enrichit par ce deuxième traitement. Une troisième opération l'affine encore ; quelquefois une quatrième est nécessaire. Enfin un dernier traitement consiste à étendre sur une plaque de fonte une couche de fleur de soufre, puis par-dessus une couche du bleu en préparation et à porter cette plaque au four. Le soufre s'enflamme, le courant d'air chasse l'acide sulfureux produit. Cette opération qui achève la fabrication doit être répétée jusqu'à ce que le bleu ait l'intensité et la pureté de nuance que Ton désire.

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