ouTreau pour régler le tirage
laboratoire.
E, registre.
Toûte.
T, cheminée qui règle le tirage.
c'est ce qui arrive pour les fours carrés; d'autres fois ces foyers sont .multiples et répartis, également sur la base du four. On les nomme alandiers; de là, le nom de fours à aiandiers sous lequel
POT
les fours à porcelaine sont généralement connus. Les cheminées peuvent être multiples.
On a réalisé, dans quelques fabriques, une économie notable, au point de vue du combustible, en superposant deux ou plusieurs laboratoires. Lorsque ces laboratoires sont destinés à cuire une même poterie, on dispose, à chaque étage, une série de foyers qu'on allume d'étage en étage, quand le laboratoire inférieur est suffisamment cuit (ûg. 493).
Fig. 493.— Four à deux étages de Sèvres.
aai, alandier.
N^f cendrier.
cc'f ouverture pour l'air chaud.
ffl, foyer.
gg', passage de la flamme.
HH', cheminée
LL^ laboratoire.
ooi, ouvertures pour le passage 'de l'air
froid pendant le petit feu.
PF, portes.
Quand on fabrique dans la même usine des produits qui ne peuvent cuire aux mêmes températures, ceux qui n'exigent qu'un feu moindre sont placés dans les laboratoires supérieurs, et ils peuvent y être cuits sans le secours des alandiers supplémentaires, c'est-à-dire uniquement par la chaleur perdue.
Les fours carrés sont avantageux ou tout au moins suffisants pour les poteries qui cuisent à basses températures. Quand les foyers sont disposés sur une seule face, il peut y avoir irrégularité dans la cuisson, les parties les plus éloignées du foyer ne recevant nécessairement qu'ime chaleur moins intense. Toutefois en cuisant dans la flamme ou avec des gaz convenablement chauffés, on n'aperçoit que peu de différence entre toutes le» parties du laboratoire. Quand les poteries doivent cuire à des températures très- élevées, il faut préférer les fours à porcelaine, c'est-à-dire les fours à alandiers, et répartir également sur la circonférence les foyers installés en nombre suffisant. On peut avoir jusqu'à dix foyers flanqués à la base du même four pour chauffer le laboratoire, et si le diamètre est considérable, élever la température de rintérieur par un foyer supplémentaire qui déverse au centre toute la chaleur qu'il reçoit.
ENFOURNEMENT.
Quelle que soit la poterie qu'on fabrique, il faut, à moins que ce soit de la brique commune ou des tuyaux de peu de valeur, garantir au four la marchandise de l'action des cendres, des filmées et de la flamme. Il faut encore les soutenir les unes par les autres, ou indépendantes les unes des autres, quand on ne peut faire autrement. A cet effet on les maintient dans le four, soit sur des planchers faits exprès, soit les unes dans les autres, pêlemêle; soit enfin enfermées dans des étuis ou cazettes, ustensiles en terre qui doivent résister aux températures nécessaires pour la cuisson des poteries qu'on fabrique, quelque élevée que soit cette température.
On appelle enfourner placer les pièces dans le laboratoire du four, en observant toutes les conditions désirables pour obtenir le moins de rebuts et la plus grande économie dans les frais de cuisson. On distingue trois sortes d'enfournements : l'enfournement en charge^ l'enfournement en échappades et renfoumement en gazettes.
Autant qu'on le peut^ on place les pièces les unes dans les
autres, sans supports, sans étais, dont la fabrication s'ajouterait inutilement au prix des pièces, et dont la place au four serait complètement perdue pour les fabricants. C*est Tenfoumement en charge. On le pratique pour les poteries grossières, les briques, les tuiles, etc., etc.
Mais on comprend que la nature même de certaines poteries ou lourdes et ramoUissables ou recouvertes de glaçure, s'oppose à ce que ce mode d'enfournement soit employé toujours, et qu'il faille établir, de distance en distance, des espèces de planchers, sur lesquels on dispose les pièces de manière à ne pas les écraser sous leur propre poids. G* est l'enfournement en échappades. Enfin dans la fabrication des pateries de luxe, qui tirent de leur blanclieur une grande partie de leur valeur, il faut les protéger contre le contact de la flamme et des cendres que laissent les combustibles , en plus ou moins grande proportion, après la combustion. C'est alors Tenfournement en cazettes , étuis ou gO' zettes.
Quel que soit le mode d'enfournement auquel on a recours, il doit satisfaire à des conditions générales, qu'il n'est pas toujours facile de réunir, mais qui sont d'une importance considérable. H est d'impérieuse nécessité pour une cuisson régulière, que la flamme circule avec la même facilité dans toutes les parties du four, par conséquent qu'il y ait entre chaque pièce, chaque échappade ou chaque pile de cazettes, l'espace nécessaire au passage des produits de la combustion.
ENCASTAGE,
L'enfournement en cazettes exige ime opération spéciale à laquelle on donne le nom i'encastage^ et qui consiste à mettre les pièces à cuire dans les étuis qui doivent les protéger contre l'action des cendres, de la flamme et de la fumée. L'encastage est variable avec la nature des pièces qu'il faut cuire ; si elles sont en pâte non ramollissable^ sans glaçure, l'encastage exige moins de soins que si les produits sont en pâte avec glaçure; les poteries sont-elles en pâte ramollissable, les difficultés sont bien plus considérables, surtout si ces poteries sont recouvertes de glaçure.
Lorsque les poteries sont en pâte non ramolUssable, on se borne à les empiler les unes sur les autres, de manière qu'elles se soutiennent mutuellement, mais en ne portant pas cet entassement jusqu'à récrasement,
Lorsque les poteries sont recouvertes d'une glaçure qui se transforme en verre par l'action du feu, il faut éviter qu'elles se touchent, et encore ne doivent-elles être en contact avec les parties qui les supportent que par les points les moins nombreux. Ces points prennent le nom de touches. On se sert alors de supports particuliers qui offrent des points et des arêtes vives; ce sont, suivant leurs formes, les pernettes^ les colifichets et les paOe^ de coq.
Lorsque la pâte est ramollissable au feu de cuisson, npn-seulement il faut soutenir la pièce, mais il faut la maintenir dans sa forme; elle porte alors non plus sur un petit nombre de points, mais sur des surfaces développées, convenablement choisies pour qu'elles ne viennent occasionner aucune déformation; en général, autant qu'on le peut, on choisit une forme qui épouse celle de la pièce à cuire ; on donne à ce support le nom de renversoir. Ils peuvent être en terre réfractaire et servir plusieurs fois; ils peuvent être en pâte crue de la même nature que la pâte à cuire j ils ne doivent alors servir qu'une fois. Ils accompagnent la pièce dans tous les mouvements qu'elle subit au four par suite de la retraite à laquelle elle est soumise.
C'est surtout lorsque la pâte ramollissable est recouverte de glaçure qu'il devient difficile de la cuire et de la maintenir dans sa forme. Il faut qu'elle soit bien assise sur un rondeau parfaitement dressé. Le pied par lequel elle porte est dégarni de tout mélange fusible; et, s'il n'est pas possible de conserver la forme de la pièce sans mettre un support spécial sur l'ouverture supérieure, on polit les bords ou on recuit une seconde fois pour émailler les parties qu'il a fallu réserver pour le premier feu.
L'encastage, en comprenant dans cette opération la fabrication des étuis, Gazettes, rondeaux^ cerces, renversoirs et autres supports^ est important, surtout dans la fabrication des porcelaines dures, à cause de la haute température à laquelle se cuit cette sorte de poterie.
La fabrication des étuis et des cazettes est, du reste , la même que celle des autres objets de terre cuite. Le choix de la DMitiére première est une condition de succès. La terre doit être très-résistanle à la. casse, à la fusion et aux coups de feu.
Lorsque l'encastage est préparé, les poteries sont enfournées, c'est-à-dire placées dans le four soit en charge, soit en échappades ou chapelles, soit en cazetles. Dans ce dernier cas, les piles sont
POT
placées verticalement, les unes à côté des autres, maintenues par des accots. Le devant des feux est protégé par un double encastage. Les étuis, placés les uns sur les autres, sont soigneusement lutés^ c'est-à-dire garnis de lut qui s'oppose au passage de la flamme, des cendres et de la fumée, et qui protège les pièces contenues dans Fintérieur.
^h^WSM^
Fig. 494.
A, transport dei poteriei au feu de dégourdi.— B, préparation de Tancattage.
Lorsque le four est plein, la porte est murée; toutefois on réserve à une certaine hauteur ime ouverture qu'on ne ferme qu'avec un tampon de terre. Cette ouverture permet, quand on le juge convenable, de voir la couleur du feu, celle de la flamme et de retirer de l'intérieur de la cazelte un ou plusieurs fragments analogues à la poterie qu'il s'agit de cuire, pour surveiller l'état d'avancement de la cuisson. On nomme montres ou pyroscopes ces petits fragments; tantôt ils ont une composition spéciale, tantôt ils sont exactement formés comme toutes les pièces qui sont dans le four, et recouverts de la même glaçure que la fournée tout entière. On juge par Taspect qu'ils prennent si Ton doit arrêter ou continuer le feu. Le pyromèlre de Wedgwood, dont on connaît le principe, est quelquefois employé pour évaluer les températures élevées. Mais on préfère recourir à l'emploi des
pyroscopes pour juger le degré de cuisson. On quitte souvent le feu de vernis sur des colorations particulières qui n'apparaissent qu'à des températures nettement déterminées.
Quelle que soit la forme du four, la nature du combustible employé, le genre de poterie qu'on veut cuire, on peut établir que toujours on commence le feu lentement; cette première période de la cuisson se nomme petit feu. On termine par im coup de feu qu'on peut mener assez rapidement; on donne à cette période le nom de grand feu. Comme les pâtes contiennent généralement une forte proportion d'argile, et que cette argile ne perd son eau qu'à des température^ supérieures à 100 degrés, il est indispensable, pour éviter les fêlures, de dégager <iette eau avec une très-grande lenteur, même pour les pâtes dans^ lesquelles le ciment ou toute autre matière antiplastique a ménagé des vacuoles capables d'éconduire la vapeur d'eau sans avoir de grands obstacles à vaincre.
n est important d'observer ici que la température n'est pas le seul élément qu'il faille considérer dans la cuisson des poteries. On a remarqué l'influence qu'exerce sur le résultat obtenu la composition de l'atmosphère du four, à des époques déterminées de la cuisson, et certainement on trouverait que certaines formes de four correspondent à des compositions nettement tranchées, ou neutres, ou oxydantes, ou réductrices. La nature des produits que l'expérience a conduit à cuire dans des fours de formes déterminées se trouveraient donc en relations directes avec ces mêmes formes.
Lorsque les pièces ont reçu le feu convenable pour cuire la pâte et développer le bjillant de la glaçure, on ferme, avec de la terre, toutes les ouvertures des foyers, puis on laisse refroidir aussi lentement que possible. Au bout de plusieurs jours, quelquefois huit, on défourne, et les produits sont classés en premier, deuxième, troisième choix; dans les fabrications communes, tous les objets sont vendus sans choix ; ils sont livrés tout venant.
On a pu voir, dans les premières pages de cet article, les différentes sortes de poteries que le commerce admet. A ces différentes sortes correspondent des dosages variés et quelques pratiques spéciales, qu'il peut être utile de résumer ici.
Poteries vernissées. — En prenant le type de ces poteries dans celles qui se font à Paris, on rencontre des poteries vertes, jaunes et brunes (marmites, poêlons, coquelles, etc.). La pâte se compose d'argile plastique brune, extraite du sud de Paris, des villages de Gentilly, Arcueil, Vaugirard, Issy, Vanves, etc.; de sable siliceux, mélapgé d'im peu de marne ferrugineuse des hauteurs nord de Paris (Belleville). On prend environ : sable, 20; argile, 80. L'argile est épluchée pour éhminer les pyrites qu'elle peut contenir. La pâte est gâchée, marchée et façonnée par tournage sans toumassage. Quelquefois moulée : souvent Tintérieur seul est tournasse. Les pièces ovales sont moulées. Les garnitures faites à la main et collées immédiatement.
Les vernis colorés sont faits en prenant, savoir :
Pour le vernis
jaune, brun. vert. noir.
Lithwge 70 64 65-60
Argile de Vanves 16 15 16 15
Peroxyde de manganèse » 6 4 6
Battitures de cuivre i> » 3 »
Oxyde de cobalt » > > 4
Le tout est mêlé et posé par arrosement ou immersion.
Le vernis de plomb a dans Tusage des inconvénients trèsgraves, quand il est trop altérable. Il est avantageux de faire usage des glaçures alcalino-terreuses, appropriées à la composition de la terre. On cuit au bois, dans des fours carrés.
Faïences commwies. — En prenant encore pour type de cette faïence celle qui se fait à Paris, on voit qu'il faut distinguer deux terres de faïence, l'une à glaçure blanche opaque, Tautre brune ou noirâtre. On trouve souvent sur la même pièce Témail blanc & rintérioir, le vernis brun à Textérieur (poêlons, jattes, etc.).
On prend à Paris pour faire la pâte de faïence :
Argile plastique d'Arcueil.
Marne argileuse verdâtre.
Marne calcaire blanche,. . .
Sable impur et marneux. .
blanche.
brune
Les matériaux de la pâte sont mêlés dans une caisse rectangulaire nonmiée gdchoir; les corps étrangers sont éliminés par décantage et tamisage. La pâte, mélangée de nouveau, est raffermie généralement par projection sur des murs parfaitement secs. Elle est conservée dans des fosses où elle s'améliore, on la marche et on la façonne sous masses de 25 kilogrammes qui sont bien battus; le façonnage se fait au tour. Les pièces sont terminées par Tébauchage , surtout pour les faïences brunes ; les blanches sont tournassées; les garnitures sont moulées; les pièces terminées sont cuites en biscuit, en charge et en chapelles à boucheton^ c'est-à-dire bord sur bord renversé. Les pièces plates, comme les assiettes, sont cuites les unes dans les autres, et moulées à la croûte sur des moules de plâtre; elles sortent du four pour être mises en glaçure. La glaçure est ou Témail opaque qui cache la couleur de la pâte, ou le vernis noir qui brunit la pièce. On réserve quelquefois Témail blanc seulement pour l'intérieur des objets.
On fait à Paris deux compositions d'émail : Tune dure, l'autre tendre. Elles sont essentiellement formées d'oxyde d'ëtain, d'oxyde de plomb, de sable, de sel marin et de soude. L'oxyde d'étain est mêlé à l'oxyde de plomb à l'état de calcine. Les métaux sont oxydés à Tair et sous Tinfluence de la chaleur, dans un four spécial nommé foumette. On fait fondre la calcine avec d'autres ingrédients, dans la partie du four qui a le plus de feu, et qu'on nomme bassin; cette partie est au-dessous du four et à l'arrière du foyer. La température est évaluée vers 60 ou 70 degrés du pyromètre de Wedgwood.
N» 1 (dure). N» 2 (tendre).
(Plomb 77) (Plomb 82;
Calcine.< [ 44. Calcine.l .
(Etain 23) (Etain
Minium 2 Minium »
Sable de Nevers 44 Sable de Nerers 47
Sel marin 8 Sel marin 3
Soude d'Alicante 2 Soude d'Alicante 3
La masse fondue n'est pas toujours parfaitement blanche, elle
est quelquefois noire ; mais broyée et mise sur les pièces, elle cuit blanc.
On pose la glaçure bien broyée sur le biscuit, on par arrosement, oupar immersion. Quand l'extérieur est brun, on le fait en mélangeant :
Minium 50 à 55
Oxyde de manganèse 7à 5
Poudre de briques de SarceUes 45 à 40
On l'applique en plongeant jusqu'au bord la pièce à tremper. L'intérieur se remplit d'émail blanc à l'état de bouillie, qu on promène partout où l'émail doit prendre, avec un mouvement de main approprié ; on décante l'excès de barbotine.
Les pièces émaillées à épaisseur convenable sont réparées; on retouche au pinceau les places qui manquent d'émail. On enlève celui qui se trouve sous les pieds des pièces.
On cuit à Paris dans le môme four le biscuit et l'émail ; l'enfournement se fait en partie en chapelles, en partie en cazettes. Les pièces émaillées se cuisent dans les deux tiers inférieurs du four, les pièces en cru dans le tiers supérieur. Le four est carré ; il faut autant que possible maintenir à l'état neutre l'atmosphère du four, éviter la réduction de l'émail stannifère et plombifère, éviter l'oxydation de la terre, qui prendrait xme teinte trop rouge et trop coûteuse à masquer par l'oxyde d'étain.
Les pièces creuses sont placées les petites dans les grandes, maintenues par des colifichets ou des pattes de coq; les assiettes sont garanties dans des étuis, supportées par des pemetîes.
Les étuis sont ëmaillés intérieurement.
Faience fine, — Le type de la faïence fine peut être pris dans les fabrications anglaises. On mélange :
Argile de Montereau, lavée « 56
Kaolin lavé 97
Silex ou sable broyé 14
Feldspath altéré ou pegmati te 3
Les matériaux sont parfaitement tamisés; les silex provenant de la craie sont calcinés et broyés , les éléments de cette poterie sont mélangés à Tétat de bouillie d'ime densité convenable, dans de grandes caisses de dosage; la pâte est trop liquide pour pouvoir être maniée ; on la raffermit dans des caisses longues chauffées en dessous nommées slip-kiln ; la pâte est brassée, puis emmagasinée ; on la pétrit soit à la main, soit au moyen de tines à malaxer, soit à l'aide de lourds cylindres.
La pâte est plastique; elle se travaille facilement; Tébauchage se fait sur le tour au ballon ou à la housse, suivant la forme. On moule les assiettes; les pièces ébauchées sur le tour sont finies par le toumassage ; celles qui ont été moulées sont réparées avec soin; les garnitures sont faites à la filière, ou moulées à la balle ou à la croûte. Elles sont collées, et on porte à cuire au four. Le four est cylindrique, à six ou dix alandiers. Les pièces à cuire en biscuit sont enfournées en étuis, souvent empilées les unes dans les autres. Après la cuisson, on met en vernis; ce vernis est dur, mais il cuit à moins haute température que le biscuit : le biscuit exige de 90 à 100 degrés du pyromètre de Wedgwood. Le four à vernis cuit entre 27 et 30 degrés du même instrument.
Pour Mre ce vernis, on fait fondre :
Feldspath altéré de Cornwall 40
Minium 23
Borax 23
Carbonate de soude sec 14
On ajoute im peu de cobalt, 2 ou 3 millièmes, pour corriger le ton jaunâtre de la pâte. La pâte est peu poreuse. Le vernis est broyé et mis dans Teau â la consistance d'une bouillie assez épaisse. On l'applique par immersion ou trempage. On retouche avec soin; on plonge les pièces en les tenant au moyen de pinces en métal à trois branches.
L'encastage des pièces vemisséeaest délicat; les étuis doivent être recouverts de vernis à Tintérieur pour ne pas absorber celui des pièces. Les gazettes doivent être lutées pour éviter les cendres et les fumées. Le pied des pièces qui cuisent à plat est garni d'esquilles de silex, pour qu'il n'y ait pas adhérence avec le rondeau qui les supporte.
Le four à vernis est rond. On peut cuire dans le même four successivement le biscuit et le vernis. Il vaut mieux avoir deux fours distincts . Le four â vernis est alors plus petit. Les deux cuisent à la houille.
Pour cuire le biscuit^ on se sert de sphères creuses, et on juge par la retraite qu'elles ont prise et la couleur rouge, pâle, rougeâtre et brune par laquelle elles passent, si la cuisson est terminée.
Pour cuire le vernis^ on recouvre les mêmes sphères d'une glaçure plombifère très-fusible. Le vernis parait d'abord rouge clair, puis rougeâtre, et enfin brun, à mesure que la température s'élève. Il faut tirer promptement ces montres de leurs cazettes pour éviter
qu'elles ne s'enfument et qu'elles ne prennent une couleur autre que celle qui convient pour quitter le feu.
Porcelaines tendres. — Les porcelaines tendres anglaises se rapprochent beaucoup, comme composition, des faïences fines. L'élément fusible est le phosphate de chaux ; on les façonne par coulage ; les assiettes se font par moulage : le petit creux par tournage.
La pâte qu'on destine aux objets de service de table se corn* pose de :
Kaolin argileux 11 ou 41
Argile plastique blanche 19 — >
Silex 21 —16
Phosphate de chaux 49 — 43
La glaçure se compose de :
Feldspath » . . . . 48 ou 44
Silex 9 — 8
Borax brut 22—28
Verre cristallin 21 — »
Kaolin » — 5
Potasse et soude » — 10
A la fritte n® 1, on ajoute 11 à 12 parties de minium ; à la fritte n* 2, on ajoute 3 parties de borax.
Les glaçures amenées à l'état de bouillie épaisse se posent par trempage sur le biscuit complètement privé de toute propriété absorbante. Les gazettes sont faites dans le Staffordshire avec de l'argile schisteuse interposée dans les bancs de houille. Les pièces sont cuites comme les faïences dans les mêmes fours. Le feu de biscuit dure 50 heures, le feu de vernis 17 à 20 heures.
Les porcelaines tendres françaises se composent d'une fritte et d'un mélange de marne et de craie.
Pour composer la fritte on prend :
Sable d'Étampes 7
Soud€^ d'alicante * 2
On fritte et on broie après avoir lavé à l'eau chaude, on ajoute :
Fritte précédente 100
Marne argileuse 12 à 9
Craie 9 à 12
La glaçure se compose de :
Sable > le
Minimum 28
Borax * 4
Nitre 1
traces d'oxyde de cobalt.
Les procédés de fabrication diffèrent de ceux des poteries qui précèdent à cause du manque de plasticité. On opère généralement le façonnage par coulage. Le biscuit est enfourné d'abord. La glaçure cuit après, mais à une chaleur beaucoup moindre.
Porcelaine dv/re, — Dans la fabrication de la porcelaine dure, la glaçure et la pâte cuisent en même temps : le dégourdi n'a pour but que de rendre la mise en couv^rte plus facile et plus prompte. On se borne à citer les compositions que fournissent les dosages de Sèvres qu*on peut prendref pour type de mélange. C'est à cette sorte que se rapportent les détails de façonnage qui précèdent.
Argile de kaolin lavé et décanté 80
Sable de kaolin, caillouteux. 20
Craie de Bougival décantée 8
La glaçure se compose uniquement de pegmatite du Limousin : elle est équivalente à beaucoup de pétrosilex plus ou moins compacte. Celle de Saint-Yrieix contient environ 8 pour 100 d'alcali.
Les fours à porcelaine sont cylindriques ; ils cuisent au charbon de terre ou au bois.
La fabrication des poteries, qui comprend non-seulement les objets d'usage domestique, mais encore les poteries décoratives, exige nécessairement des connaissances spéciales et propres à la décoration. Les matières employées doivent posséder une aussi grande inaltérabilité que la poterie elle-même. L'exposé de ces connaissances , presque essentiellement chimiques, que nous allons passer rapidement en revue dans ce chapitre, terminera Tétude sommaire que nous avons voulu présenter ici.
Les matières qui servent à la décoration sont tantôt minérales, toujoure indestructibles au feu, puisque la chaleur rouge doit les fixer sur la poterie; tantôt ce sont des métaux à l'état métaUique.
Les premières sont placées tantôt dans la pâte, tantôt sur la pâte sous la glaçure, tantôt dans la glaçure et tantôt enfin sur la glaçure. On peut obtenir des colorations variées en superposant des couleurs à des glaçures colorées dans la masse.
Les matières qui décorent par leur éclat ne sont jamais posées
que sur la glaçure. Quelquefois, néanmoins, mais dans le cas de la peinture en émail, le métal est recouvert d*ime couche assez épaisse de fondant ou flux vitreux; il forme V émail sur paillons.
Les couleurs sont obtenues de différentes manières, généralement par l'intervention d'oxydes colorants, qui colorent en vertu de leur nuance propre ou par leur transformation en silicate. C'est ainsi que les oxydes de cobalt et de cuivre, de chrome et de fer, sont des éléments précieux qu'on peut employer dans la pâte elle-même, mais à la condition que les glaçures dont on les recouvre soient complètement transparentes.
Les pâtes de porcelaine dure, celles de porcelaine tendre anglaise ou française, celles des grès fins, sont colorées par des oxydes colorants convenablement choisis pour donner les nuances en rapport avec l'atmosphère du four dans lequel on cuit les poteries. Ces couleurs sont dites de grand feu; eUes exigent, pour être cuites, la même chaleur que la poterie elle-même ; elles doivent résister à cette température.
Lorsqu'on décore des faïences fines, on les peint sous glaçure, en général par impression ; les couleurs sont ordinairement des oxydes simples ou composés, auxquels on ajoute assez de fondant pour les faire adhérer légèrement à la poterie sous l'influence du feu nécessaire pour brûler les essences. On repose quelquefois sur le vernis transparent qui recouvre cette peinture imprimée, de l'or et des couleurs.
Certaines faïences et quelques poteries vernissées reçoivent des émaux colorés de toute pièce : les émaux ombrants, qu'on a faits pour la première fois à Rubelles, près Melun, sont colorés dans la masse ; on les emploie dans les mêmes conditions que les glaçures ordinaires et par les mêmes méthodes. On peut en varier les nuances en les posant sur des pâtes incolores ou colorées.
La décoration céramique s'effectue le plus généralement par l'apphcation sur la poterie, recouverte préalablement de glaçure cuite au feu. Quelquefois, cependant, comme pour la faïence staimifère commune, les couleurs sont appUquées sur l'émail cru ; de là, de grandes diflacultés.
On se sert pour décorer la porcelaine dyre, la porcelaine tendre et quelques faïences, ou de couleurs déjà préparées, ou d'émaux proprement dits, ou de lustres ou de métaux.
Les couleurs se composent d'un oxyde simple ou composé, mêlé d'une quantité de fondant dont le rôle est double ; il avive la nuance de l'oxyde en le faisant adhérer à la poterie et le recou-
vrant d'une sorte de vernis; il remplace donc Thuile et le vernis de la peinture à Thuile. L'oxyde n'est qu,Hnterposé.
Les émaux sont des matières vitreuses qui sont très-transparentes et colorées par quelques centièmes seulement d'oxyde dissous; l'effet produit par les émaux, qu'il faut appliquer avec un certain relief, est tout différent de celui qu'on obtient avec les couleurs proprement dites. De là, l'aspect caractéristique des porcelaines de Chine, par exemple.
Les lustres métalliques sont appliqués sous une épaisseur trèsfaible. La couche très-mince de ces matières, qui recouvre la poterie, décompose la lumière blanche et reflète les colorations de l'iris.
Les métaux sont réduits à l'état de poudre impalpable par précipitation chimique et broyage sur une glace; ils doivent résister à l'action des agents répandus dans l'air. On ne fait usage que de l'or, de l'argent et du platine.
L'or est précipité soit au moyen de la couperose, soit au moyen d'une dissolution de protonitrate de mercure, n foisonne beaucoup plus dans ce cas que lorsqu'on le précipite par le sulfate de protoxyde de fer. Il faut observer, dans la seconde méthode, que les liqueurs soient bouillantes au moment du mélange, et dans la première, que la dissolution de couperose soit aussi étendue que possible.
Les matières destinées à la décoration sont broyées et mêlées à des essences de térébenthine et de lavande, qui permettent de les coucher ou de les étendre.
Le travail se fait au pinceau, pour la peinture ; au putois, pour la pose des fonds ; au moyen de l'impression pour les décors économiques, qui coûteraient trop de temps et de soins s'il fallait les exécuter à la main.
On laisse les essences se sécher, puis on cuit dans des moufles de fonte ou de terre, comme on le voit dans la figure 495. Lorsque les pièces sont sèches, on les enferme dans des moufles, en évitant qu'elles se touchent par les points recouverts de peinture; on ferme la porte, on fait le mur, et, au moyen d'ime grille, on chauffe, tantôt avec du bois, comme en France et en Allemagne, tantôt avec du charbon de terre, comme en Angleterre.
Si la peinture n'est pas soignée, on se laisse guider par la couleur du feu, qu'on peut apercevoir au moyen d'une douille réservée dans la porte. Si la peintinre est, au contraire, une œuvre d'art, on surveille la manière dont la température s'élève an
POT
moyen de petites montres de carmin, qui changent de ton avec la chaleur qu'elles ont subie, et avec laquelle le cuiseur est familiarisé.
Quand on pense que le feu est suffisant pour cuire la peinture, ou la dorure, ou le fond de couleur, on arrête le feu et on bouche toutes les ouvertures. Le refroidissement est aussi lent que possible. Après ce premier feu, on retouche la peinture, s'il y a lieu,
Fig. 495. — Décoration des poteries en couleurs de moufles.
et on cuit une deuxième ou troisième fois, suivant que le cas l'exige. Lorsque les pièces peintes sont chargées de métaux précieux, on les brunit pour donner au métal l'éclat dont il tire sa valeur.
C*est par l'ensemble de ces procédés qu'on transforme une matière sans grande valeur en des objets d'une très-grande richesse. Il faut alors, pour atteindre ce but, réunir l'utile influence des sciences et des beaux arts.
SALVÉTAT.
m. — DICT. DB CHIMIE INDUSTIUELLB.