‹ Dictionnaire de chimie industrielleChapitre 15 sur 284 · L — MINERAIS DE CUIVRE · texte numérisé non relu

L — MINERAIS DE CUIVRE

Le cuivre est le plus utile de tous les métaux après le fer. Il est dur, et en même temps tenace, très-malléable et très-ductile. Sa fusibilité et son peu d'affinité pour l'oxygène permettent de remployer dans des circonstances où le fer et la fonte ne conviendraient pas.

On peut diviser les minerais servant à la métallurgie du cuivre en trois classes : la première comprend le cuivre natif et combiné à l'oxygène ou à des acides; la seconde, les minerais sulfurés; la troisième, des minerais très-complexes , où le cuivre se trouve combiné à l'antimoine et à l'arsenic, et mélangé à des sulfures, arséniures et antimoniures d'autres métaux, tels que l'argent, le zinc, le mercure, le plomb, le bismuth, etc.

Les minéraux qu'on rencontre dans les minerais de la première classe sont : le cuivre oxydulé, à 88 pour 100 de cuivre; la malachite, à 57, 3 pour 100 (dans les Cordillères, au Chili, en Sibérie), l'azurite, à 55 pour 100 (à Chessy et au Pérou).

Ceux de la seconde classe sont : le cuivre sulfuré à 7 ,79 pour 1 00 de cuivre, le cuivre pyriteux à 34 pour 100 (très-répandu), le

cuivre panaché, qui se distingue par des coulem-s irisées, à 55 pour 100. Ce dernier est souvent mélangé au cuivre sulfuré (Toscane, Comouailles, Suède, Norvège, Algérie). Les eaux qui ont été en contact avec les gîtes de ces minéraux sont quelquefois chargées de sulfate de cuivre ; on les fait cristalliser ou on en extrait le cuivre par la cémentation.

La dernière classe comprend la boumonite, antimoniure de plomb et de cuivre, à 41 , 7 0/0 de plomb et 12, 7 0/0 de cuivre, et les fahlerz, arséniureset antimoniures de cuivre, d'argent, de zinc, de fer et de mercure, qui contiennent de 30 à 48 pour 100 de cuivre, suivant leur richesse en métaux étrangers.

Essais des minerais de cuivre. — On peut employer la voie sèche et la voie humide. La voie sèche s'emploie d'ordinaire pour obtenir rapidement la quantité de cuivre que contient un minerai. La voie humide donne des résultats plus certains, mais les analyses sont plus difficiles. Pour ces dernières analyses, nous renverrons à Vlntrodtiction^ p. 435 et 453. Nous ne parlerons ici que de l'essai ordinaire par la voie sèche. On choisit des morceaux représentant à peu prés la teneur moyenne du minerai; on les broie, et si le minerai appartient à la première classe, il suffit de les soumettre à une fonte réductrice qui donne un boulon de cuivre noir impur qu'il faut purifier. Dans le cas des minerais de la deuxième ou de la troisième classe, il faut soumettre le minerai à un grillage préalable. On le mélange alors avec du charbon ou toute autre matière analogue pouvant faciliter la réduction des oxydes d'antimoine et d'arsenic, et par cela même faciliter la volatilisation de ces deux corps. Le mélange, placé dans lin têt, est soumis à une température graduellement croissante dans l'intérieur d'un fourneau à moufle. On règle la température et l'accès de l'air au moyen de la porte du fourneau de façon que le minerai s'oxyde et ne fonde pas. L'opération est finie, quand le minerai a pris un aspect terreux, et qu'il n'exhale plus d'odeur alliacée. On mélange alors le produit ainsi grillé avec du borax et du flux noir, dans un creuset, et on le soumet dans un fourneau à vent à une fonte réductrice. Les métaux plus oxydables que le cuivre se scorifient, et le produit est du cuivre noir, produit impur qui doit contenir tout le cuivre du minerai. Les quantités de flux noir et de borax à employer varient d'après la nature du minerai et sa richesse en cuivre. Si on mettait trop de flux, du cuivre serait réduit et passerait dans la scorie, ce que l'on remarquerait facilement; car, dans ce cas, la scorie est rou-

kh CHAPITRE II. — CUIVRE. MET

geàtxe; dans le cas où on en mettrait trop peu, le cuivre serait très-impur et la fonte pâteuse ; aussi le métal aurait-il de la peine à se rassembler au fond du creuset. Le cuivre ainsi obtenu peut contenir d'autres métaux , du fer, de lantimoine, de l'argent, du plomb, de l'arsenic, du bismuth et de Tor. Tous ces métaux, à l'exception de Tor et de Targent, sont plus oxydables que le cuivre. Donc, en soumettant Tessai à une fonte oxydante, on peut le purifier de ces derniers. Sur un têt qu'on a placé préalablement dans un fourneau à moufle, on introduit le morceau de cuivre noir avec une certaine quantité de borax plus grande qu'il ne faut pour scorifier les métaux plus oxydables; on règle le courant d'air par la porte; le bouton de cuivre se meut en tous sens jusqu'à ce qu'une espèce d'éclair se produise. Le cuivre devient brillant et vert ; à ce moment, il faut arrêter l'opération et plonger le têt dans l'eau. La scorie est toujours rouge, ce qui indique que du cuivre s'est scorifié. On' ajoute au poids trouvé un dixième. On obtient par cette méthode des résultats assez satisfaisants.

On traite les minerais par la voie sèche et par la voie humide*. La voie sèche convient à toutes les classes de minerai ; la voie humide s'applique exceptionnellement et seulement aux deux dernières classes.

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