CHAPITRE V.— ETAIN
MET
forme ordinaire, communiquant avec une vaste chambre de condensation séparée en quatre ou cinq compartiments par des cloisons alternantes, et daus laquelle vient se déposer Tacide arsénieux. La partie supérieure du four sert à la dessiccation du minerai ; lorsque celui-ci est bien sec, on le fait tomber par un conduit percé dans la voûte même, sur la sole inférieure, et là on le chauffe graduellement en brassant constamment la masse, et ajoutant de temps en temps une petite quantité de charbon en poudre pour activer la décomposition des produits arséniosulfurés.
Les grandes usines d'Angleterre ont presque toutes adopté aujourd'hui pour cette opération le fourneau à sole tournante de Brunton (Bruntori's calciner). Celui-ci représente un four à réverbère ordinaire, portant au centre du plafond une trémie G, par laquelle on projette le minerai. La sole est remplacée par
Fig. 440. — Fournçau à sole tournante {Bruntoris calciner) pour le grillage des minerais d'étain.
un plateau conique en fonte B, relié au moyen d'un pivot à ime série d'engrenages qui lui communiquent un mouvement trèsleDt(un tour en quarante minutes) . Au plafond du four est scellé un râteau fixe D qui, arrivant presque au contact de la sole, remue le minerai, et en renouvelle les surfaces offertes à l'action oxydante de la flamme. Peu à peu, le minerai descendant suivant les génératrices du cône se grille, se transforme en oxyde d'un brun jaunâtre, et s'échappe enfin de lui-même par un carneau ouvert K, lorsque, allégé par sa calcination, il a pu rouler jusqu'à la base de l'appareil.
Élimination du wolfram. — On emploie, en Angleterre, depuis 1858, une méthode qui permet d'éliminer d'ime manière absolue tout le tungstène que renferment certains minerais, et d'en obtenir, par suite, de Tétain d'une grande pureté. Voici comment ce procédé est pratiqué : le minerai est mélangé avec ime quantité de sulfate de soude déterminée d'après sa teneur en tungstène, puis introduit dans un fourneau à réverbère où on le maintient au rouge sombre, jusqu'à ce que la masse prenne un aspect pâteux. La flamme doit être d'abord très-réductrice ; quelquefois même on projette dans le four de petites quantités de charbon, afin de favoriser la décomposition du sulfate de soude ; on brasse de temps en temps, jusqu'à ce que la matière ait perdu tout aspect phosphorescent; la flamme est alors rendue oxydante jusqu'à la fin de l'opération.