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Fig. 389. — Affinage h la forge.

La forge se compose essentiellement de deux soufflets, d'une tuyère et du creuset A (fig. 389), formé par l'assemblage de cinq plaques ou tagues en fonte (E,sole; B, contrevent; D, warme; la

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taque du derrière, haire ou rustine, et la laque du devant, chio ou laterol; cette dernière est percée de deux trous superposés pour Técoulement des scories).

On remplit le creuset de charbon et on avance dans le feu la gueuse C, en chargeant en même temps des scories basiques (somes) et de la battiture du fer (embracelets). ' Ces derniers fondent d'abord et constituent sur la sole un lit de sorne, sur lequel vient reposer la matière ferreuse provenant de la fusion graduelle de la gueuse, qu'on fait avancer dans le feu au fur et à mesure qu elle fond et qu'on remplace successivement par une seconde, une troisième gueuse, etc. Les parcelles de fonte fondue, en passant devant le courant d'air des tuyères, éprouvent un commencement d'oxydation qui leur enlève surtout du carbone et du silicium. Arrivant sur le lit de sorne, il s'y établit une réaction affinante entre la fonte et des silicates trèsbasiques. Il en résulte des silicates moins basiques ou scories crues qu'on laisse écouler de temps à autre par le trou de chio.

L'ouvrier procède ensuite au désornage et au soulèvement de la masse ferreuse à demi-affinée, qu'il soulève avec le ringard audessus du niveau de la tuyère pour en exposer les différentes parties à l'action oxydante directe du vent.

Là le carbone continue à se brûler, mais le fer s'oxyde en même temps, et cette oxydation déterminant une forte élévation de température, le métal fond de nouveau et descend sur la sole. En même temps, les scories crues qui imprègnent le fer se changent en scories sèches ou basiques qui accélèrent la décarburation. Les particules ferreuses bien affinées sont enfin réunies et agglomérées en une boule ou loupe {avalage de la loupe) unique, ou en différents lopins qu'on sort du feu et qu'on amène sous des appareils de cinglage, où le fer est fortement comprimé pour en souder exactement les différentes parcelles et pour en exprimer le laitier liquide ou semi-liquide qui se trouvait interposé.

Le cinglage peut s'opérer de différentes manières : par des marteaux, par des presses, par des cylindres, par des cônes cingleurs, etc.

Les massiaux ou maquettes sont enfin convertis en barres de formes diverses, soit par l'étirage au martinet, soit par le passage à travers un train de laminoir, comprenant plusieurs équipages ou jeux de cylindres, parmi lesquels des cylindres cannelés.

Les dispositions des forges, les dimensions du creuset et le procédé opératoire présentent, dans diverses contrées, des variations

21 CHAPITRE I. — FER, FONTE ET ACIER. iMÉT

(méthode comtoise, champenoise, bourguignonne, allemande, wallone, styrienne, etc.) qui dépendent de la nature des fontes, de leur pureté et en partie aussi du degré de perfectionnement apporté à cette opération. On peut traiter en vingt-quatre heures de 400 à 600 kilogr. de fonte, qui fournissent 78 à 90 pour 100 de fer brut et 72 à 78 pour 100 de barres étirées. Pour Taflanage de 100 kilogr. de fer, il faut de 60 à 100 kilogr. de charbon et même jusqu*à 200 kilogr., si l'on y ajoute le combustible employé pour retirage. On a réalisé de notables économies par remploi de feux voûtés au lieu de feux ouverts, par l'air surchauffé et par l'utilisation des gaz perdus, pour le réchauffage du petit fer, la production de la vapeur, la dessiccation du bois, réchauffement de Tair.

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