‹ Dictionnaire de diagnostic médical, comprenant le diagnostic raisonné de chaque maladie, leurs signes, les méthodes d'exploration et l'étude du diagnostic par organe et par région [electronic resource]Chapitre 188 sur 245 · II. Phlébites profosidês · texte numérisé non relu

II. Phlébites profosidês

S'il est possible, dans la plupart des cas, de diagnostiquer une phlébite superficielle, il s'en faut de beaucoup qu'il en soit de même pour les phlébites profondes. Elles sont, en effet, le plus souvent latentes, et ce n'est ordinairement que par les symptômes subits de la résorption purulente, que j'ai rappelés plus haut, qu'elles se manifestent pendant la vie. C'est ce qui explique comment plusieurs pathologistes ont considéré cette résorption comme une simple période de la phlébite.

Pour le praticien, l'important est de rapporter les phénomènes de la résorption à sa véritable origine, et d'avoir présentes à la pensée les conditions pathologiques de la phlébite profonde. 11 doit toujours craindre la phlébite en présence d'une solution de continuité susceptible d'inflammation (plaies profondes, fractures comminutives, etc.), d'une simple contusion des veines, surtout de celles qui sont contiguës ou qui appuient sur les os (au crâne, par exemple), à la suite de toute violence exté" rieure, de toute inflammation pouvant s'étendre à une veine voisine, ou de toute autre affection pouvant en déterminer la phlegmasie. Mais il faut surtout redouter la phlébite après les grandes opérations, après V accouchement, dans les cas àe piqûre anatomique ou de simple excoriation, mises en contact avec des liquides putrides, et enfin chez le nouveau-né, dans les cas (V inflammation survenue dans le Voisinage de la veine ombihcale.

Dans ces circonstances variées, la probabilité d'invasion de la phlébite est loin d'être la même dans tous les cas. Son imminence se révèle quelquefois par quelques phénomènes qui ont dès lors une grande importance. — Chez le nouveau-né, suivant M. Duplay (Journ. 1 Expérience, 1858), on soupçonnera la phlébite de la ijeine ombilicale à l'érysipèle de la paroi abdominale avec ictère, à h péritonite, sans qu'il y ait du reste d'autres signes particuliers. — La phlébite utérine, qui survient chez les femmes en couches, est ordinairement précédée de symptômes inflammatoires du côté de l'utérus, et entre autres de la suppression des lochies. — La phlébite des sinus de la dure-mère, étudiée d'abord par MM. Ribes (1825), Tonneié [Journ. hebdom., 1829), puis par beaucoup d'autres auteurs, se manifesterait par des signes de congestion cérébrale ou de méningite. Mais MM. Barthez et

PHLEGMÂÏIA ÂLBA DOLENS. /U/

Rilliet ont constaté l'absence de tout symptôme cérébral; cette affection a donc besoin d'être encore étudiée, d'autant plus qu'il est certain qu'on a pris pour des phlébites de simples obstructions des sinus dues à l'oblitération de la veine cave supérieure par compression. Votorrhée purulente serait quelquefois, selon M. Bruce {Gaz. méd., 1841), le point de départ de la phlébite des sinus. — Enfin on a cherché à déterminer les symptômes propres à certaines phlébites, dont la cause est mal connue, et que l'on considère comme spontanées : telle est la phlébite de la veine porte.

Cette plilébite de la veine porte a donné lieu à des travaux contradictoires. — Tantôt on n'a désigné comme signes de la maladie que ceux qui résultent de l'obhtération veineuse de la veine porte, Vascite, puis ï œdème des membres inférieurs; tantôt au contraire on a attribué à l'alfection un ensemble de phénomènes particuliers, qui ne pourrait s'appliquera aucune des maladies généralement admises. M. Leudet a fait à ce sujet de consciencieuses recherches {Arch, de méd., 1853, t. I), et il a conclu d'après les faits observés que les phénomènes propres à cette phlébite étaient les suivants : douleur épigastriqiie souvent initiale, s'irradiant à l'hypochondre droit, augmentant avec la maladie ; météorisme abdominal, qui serait, suivant Waller, un des symptômes les plus importants , des frissons violents avec claquement de dents, survenant dès le début de l'affection ou irrégulièrement dans son cours, avec malaise considérable, sans être suivis de sueurs constantes, frissons survenant sans altération de la rate ni abcès du foie (Schœnlein) ; développement simultané ou isolé du foie et de la rate, considéré comme phénomène important de l'affection; ictère dans certains cas. Djs symptômes moins fréquemment observés seraient des sueurs profuses, des troubles digestifs, le coma, le délire (surtout vers la fin) et l'affaiblissement considérable des forces, qui se montrerait parfois dès le début.

Le pronostic des phlébites profondes emprunte toute sa gravité à l'infection purulente qui les complique et qui est ordinairement mortelle. J'ai vu guérir une jeune dame à laquelle j'ai donné récemment des soins, et chez laquelle la résorption purulente puerpérale s était accompagnée d'abcès sous-cutanés et péri-articulaires qui se résorbèrent spontanément. De pareils cas sont très-rares.

PHLEGMASlESé — V. Fièvre (p. 369).

PHI.EGMATIA ALBA BOLENS. — Cette maladie qui atteint les femmes nouvellement accouchées, et plus rarement les individus tuberculeux, cancéreux, cachectiques, est une affection locale qui occupe ordinairement un des membres inférieurs, parfois un des membres supérieurs (Gruveilhier). Ses signes sont ceux de l'oblitération des veines, oblitération attribuée à la phlébite ou à la simple coagulation du sang dans un tronc veineux.

Elle se reconnaît aune douleur plus ou moins vive occupant tout le membre, oU seulement le trajet des vaisseaux cruraux, à un gonflement œdémateux constant^ d'un blanc mat, souvent parsemé de bandes rougeâtres le long des vaisseaux, oïl de taches rouges, et quelquefois de vésicules noirâtres (Rob. Lee), avec sphacèlé du derme sous-jacent (Saignes), et enfin au cordon dur et noueux (|ue l'on rencontre dans la phlébite, et qui peut occuper presque toutes les veines du membre (Lugol). En même temps, on peut constater dans le membre de Vanesthésie cutanée, de la chaleur, une lymphangite, des abcès, un érysipôle, des escharres gan-

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gréneuses, lésions consécutives qui rendent ordinairement la maladie mortelle. Il en est de même des lésions puerpérales de l'utérus et de ses annexes, de la résorption purulente, et des embolies veineuses qui peuvent se détacher du caillot obturateur et occasionner la mort, en remontant dans les divisions de l'artère pulmonaire, ainsi ([ue MM. Charcot et Bail en ont rapporté un exemple (Gaz. hebdom., 1858).

PHLEGMONS. — 11 a été déjà question des affections phlegmoneuses dans plusieurs articles de cet ouvrage, et notamment aux mots abcès, morve, phlébite, etc. ; aussi n'ai-je à m'occuper ici que des phlegmons de la fosse iliaque et des plileg^nons dits péri-utérms,

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