BAY
BATI , m. Assemblage des montants et des traverses qui soutiennent une maçonnerie; c'est comme sa carcasse. Un assemblage de triangles de fer s'appelle aussi un bâti.
BATIÈRE, f. Le toit d'un clocher est dit en batière, lorsqu'il n'a que deux côtés, et présente conséquemment un pignon à ses deux extrémités. (Voyez Comble.)
Les toits en batière sont assez rares ; ils coiffent le plus souvent des clochers antérieurs au XII'' siècle.
BATONS ROMPUS, m. G*est un ornement appartenant à l'architecture classique, et qu'on appelle bâtons rompus parce qu'il ofire en effet quelque ressemblance avec un bâton qu'on briserait de distance en distance, et auquel on ferait former une suite d'angles droits. Les bâtons rompus qu'on nomme aussi moulures grecques et méandres, se voient dans un petit nombre de monuments du X1I« siècle.
=r.LTLT.
Avant que la langue architecturale du moyen âge eût pris quelque précision, des antiquaires ont nommé bâtons rompus ce ^ qu'on appelle maintenant freties, (Voyez ce mot.)
BATTANT DE PORTE, m. On dit plutôt vantail.
Le battant d'une cloche, c'est le morceau de métal qui est suspendu dans l'intérieur de la cloche, et qui la fait sonner en la frappant.
BAYLE {f>aUium), m. Dans les grands châteaux, il y en avait deux : le premier, c'était l'espace découvert compris entre la première et la seconde enc^einte. Il renfermait communément une chapelle, des magasins et diverses autres constructions accessoires*. Le second bayle, ou bayle intérieur, était celui qui
* Groote's Military antiquUie*^ â^ vol., p. 3.
existait entre la seconde enceinte et le donjon qui était rréquemment placé dans un de ses angles. Quelques châteaux avaient trois hayles.
BEC, m. C'est la partie qui Torme le rebord du canal creusé duns un plafond de larmier (Voyez Lai-mier.)
Les becs d'oiseaux sont un ornement très-<»mmuR en Anglett^rre, dans les monuments à plein-cintre. Il représente une léle d'oiseau, garnie d'un bec crocbu, dont la courbure s'adapte sur (;elle d'un tore d'archivolte ou de pied-droit.
BEFFROI, m. Espèce particulière de tour qui s'élève au-dessus des toits d'un hôlel-de-ville, et est desiinéfà renfermer une cloche qu'on ne sonue que dans les occasions solenneilfts, soit par réjouissance, soit pour prévenir d'un danger imminent; dans quelques châteaux, la tour la plus élevée, celle d'où on faisait le guet, s'appelait aussi (c/fio; , par» qu'elle renfermait la cloche d'alarme.
Le nom de bejfToi se donnait d'abord à une machine de guerre, à une toni mobile qui permettaitd'approi^er des murailles d'une ville et de les saper à l'abri ; par analogie on appela ensuite de la même façon d'autres tours placées à l'intérieur des villes, et sur lesquelles on plaçait deR sentinelles qui avertissaient par leurs cris des pénis qui menaçaient la cité; eniîn on ajouta à ces tours une cloche, afin que l'alarme se répandit plus aisément, et telle fd, dll-on, l'origine des belfrois, dont la cloche étiil appelée rliichf banak, [MU'ce qu'elle appelait aux armes tous les ha-
BÉN 57
bitants du même ban. Le droit d'avoir un beffroi constituait un des privilèges d'une commune ; ce droit pouvait être retiré, car, en 1322, Charles- le- Bel en priva les habitants de la ville de Laon^ pour les punir d'un meurtre commis dans Téglise de cette ville.
Dans le nord de la France et en Belgique, les beffrois ne sont pas rares. Un des plus célèbres et des plus beaux est celui de Bruxelles ; il fut construit au commencement du XV* siècle.
Un beffroi, c'est encore l'assemblage de charpente qui est né-^ cessaire pour soutenir des cloches. Il doit être disposé de manière 5 ne pas toucher les parois de la tour qui le renferme; c'est afin que l'ébranlement que lui causent les cloches en volée,^ ne se communique pas aux murailles, ce qui les fatiguerait beaucoup.
BÉLIÈRE, f. Anneau auquel est suspendu le battant d'une cloche.
BENI A. Mot grec, synonyme de sanctuaire, mais qui a été employé pour désigner aussi un ambon et le siège de Tévêque.
BÉNITIER, m. Vase placé à l'entrée d'une église, et dans lequel se trouve l'eau bénite dont on mouille ses doigts pour faire le signe de la croix.
L'usage de faire sur soi-même une aspersion d'eau bénite en entrant dans l'église, remonte aux premiers siècles'. Il devait donc exister des bénitiers dans les basiliques : on sait qu'il y avait effectivement un bassin destiné aux ablutions dans l'atrium ou le porche, et on pense "que souvent les fonts devaient être employés comme bénitiers.
Le type de bénitier qiie nous avons rencontré le plus souvent au moyen âge, consiste en un calice orné de moulures ou de feuillages, et soutenu par un pied prismatique exhaussé sur un socle; souvent aussi, dans les monuments à ogives, nous avons vu des bénitiers placés dans une niche, etoff'ranl tout-à-fail l'aspect des crédences. Quant aux bénitiers en encorbellement, nous n'avons jamais eu l'occasion d'en observer qui fussent antérieurs au XV« siècle.
* Dictionnaire de Théologie^ par Bergier, page 459, tome II.
BERCEAU (Voûtes en). Les voûtes de cette espèce présentent la forme d'un demi-cylindre creux. 11 n'en est pas beaucoup d'exemples au moyen âge, où les voûtes sont constamment d*arêle, ainsi que nous l'avons déjà dit. C'est en Auvergne qu'on peut le plus souvent voir des voûtes en berceau ; elles couronnent la nef principale, et quelquefois n'ont pas même d'arcs-doubleaux. Dans les mômes églises, les voûtes des triforium sont en demi-berceau^ cest-à-dire que leur contour est formé d'un quart de cercle.
Le nom de voûte en berceau se donne souvent à toutes les voûtes cintrées, quelle que soit leur courbure.
BESANT, m (Blason.) Disque rond d'or ou d'argent. Les besants de couleur sont dits tourteaux.
Pai* analogie, on a appelé besants des disques figurés quelquefois dans les archivoltes romanes.
BESTIONS, m. Cette expressioti, employée par Philibert Doiorme, désigne sans doute ces animaux fantastiques si communs dans les sculptures du moyen âge.
BÉTON, m. Espèce de mortier propre aux constructions hydrauliques, parce qu'il durcit sous l'eau. Il y entre de la chaux, du ciment, des cailloux et des éclats de pierre.
BIAIS. Sh dit, en architecture, de tout ce qui n'est pas d'équerre. Ainsi, une porte est biaise, quand ses tableaux forment avec le parement du mur où elle se trouve, l'un, un angle obtus, et l'autre, un angle aigu, au lieu de deux angles droits que forme une porte ordinaire. Il faut observer que dans le cas où les deux tableaux d'une baie forment un angle égal, aigu ou obtus, avec le parement extérieur de la muraille, cette baie ne peut être nommée biaise, mais doit être appelée ébrasée, dans le premier cas, intérieurement , et dans le second , extérieurement. (Voyez Ébrasé.)