‹ Dictionnaire de l'architecture du Moyen âgeChapitre 79 sur 140 · LAR · texte numérisé non relu

LAR

Elle signifie d*abord un membre en saillie destiné à rejeter Teau au loin du mur ; c*est là son premier et véritable sens, ainsi que Tindique le mot même de larmier, qui désigne un objet d'où Feau tombe en gouttes, en larmes.

Le type le plus complet du larnlier de cette espèce, c'est le cordon qu'on appelait larmier gothique, parce qu'il a été com-

mun dans les monuments à ogives. Formé d'un glacis ou plan incliné K, présentant un bord A, nommé 6ec, el garni d'un canal E, creusé dans son plafond, il était parfaitement adapté à sa destination ; aussi en a-t-on fait usage jusque dans le XVIP siècle. A cette époque il était toujours horizontal ; mais au moyen âge il couronnait quelquefois les baies, en suivant la courbure de leurs arcs.

C'est à cause de leur forme en talus qui favorise l'écoulement des eaux, qu'on appelle aussi larmiers les abat- sons des clochers, et les redents en talus qui forment les retraites successives des contreforts ; mais il serait plus juste de dire que ces objets sont disposés en larmiers^ que de les nommer larmiers, car le membre qui mérite vraiment ce nom doit être en encorbellement.

Le second sens du mot larmier est de désigner une moulure carrée, qui n'est autre qu'un filet de grande dimension. Cette moulure peut occuper bien des places, comme on voit : ainsi, elle est celle dont sont formés la plupart des cordons romans; elle sert aussi de membre supérieur aux tailloirs des chapiteaux de môme style, etc. ; mais il faut bien observer, ce qu'on ne fait gé-

LiA 1191

néralemeni pas, que lorsqu'elle sert de base, elle perd son nom ; ce n'est plus qu'une plinthe ou un socle, et non plus un larmier,

LATIN. C'est une expression très convenable pour désigner le style architectural employé du V® au XI" siècle. Adoptée dans les Instructions du Comité des Arts, elle a été employée pour la première fois, par M. Albert Lenoir, dans un Mémoire qu'on doit regretter de ne pas voir imprimer, et qui a pour titre : Histoire de l'Architecture depuis Constantin jusqu'au XIW siècle inclusivement. Ce Mémoire a été couronné en 1834, par l'Académie des Inscriptions, comme ayant mérité le prix qui fut alors proposé par M. de Caumont.

LAVABO, m. Ce mot a été employé dans le même sens que lavatorium.

LAVATORIUM. (Voyez Lavoir.)

LAVE, /. Lorsque les volcans sont en éruption, ils lancent une matière en fusion, nommée lave , laquelle en durcissant devient une pierre de bonne qualité : aussi, fait-on usage des laves dans les pays où il s'en trouve. Elles ont été beaucoup employées dans les monuments de l'Auvergne.

LAVOIR (Lavatorium), m. Fontaine placée au milieu d'un cloître, et servant aux ablutions des moines. On y lavait aussi les cadavres avant de les enterrer.

LÉ21ARDE, f. Fente qui se déclare dans un vieux mur, par la désunion des pierres qui le forment.

LIAIS, m. Pierre très-dure, d'un grain fin et d'une texture compacte et uniforme. Elle est fort bonne pour la sculpture.

LIAISON, /. On désigne quelquefois ainsi la partie qui relie deux membres d'architecture ; on dit, par exemple : A la fin du XII» siècle, les liaisons des modillons sont souvent de petits

trèfles.

Des pierres ou des briques sont posées en liaison, lorsque leurs joints verticaux ne sont jamais placés les uns au-dessus des autres; cet arrangement est celui de Vopus insertum. (Voyez Appareil.)

Ldaison signifie encore les substances qui unissent deux pierres ; on dit : liaison dé ciment, liaison de mortier.

i 92 LIN

LIBAGE, m. Pierre d'une pétrification imparfaite, ot qui, grossièrement taillée, est employée dans les fondations ou les remplissages.

LIERNES, /. Nervures qui vont de la clef d'une voûte jusqu'à la rencontre destiercerons.

Lesliernes, généralement an nombre de quatre, mais fréquemment plus nombreuses, form«^nt dans le premier cas une croix dont la clef de voûte est le centre. (Voyez la vignette du mot Nervure,)

Les liernes et les tiercerons ne se voient pas avant la seconde partie du XV« siècle. Gepen^lant, dans certains monuments du XII' siècle, on trouve des liernes qui, partant du point d'intersection des croisées dogive, vont jusqu'aux clefs des arcs-dou bleaux et des formerets. Poqr les distinguer des autres, on pourrait les nommer grandes liernes.

LIMAÇON, m. Au XV' siècle,^ ainsi que nous Tavohs dit ailleurs, les crochets sont souvent formés par des animaux. Parmi eux on remarque quelques exemples de limaçons traînant leur coquille, et qui, pur leur galbe, s'harmonisent avec la forme générale des crochets de cette époque.

Escalier en limaçon, (Voyez Escalier à vis.)

LIMON, m. Cours rampant de pierres en coupe, qui supporte Tune des extrémités des marches d*un escalier. Il y a des escaliers à deux limons.

LINTEAU, m Pierre ou poutre horizontale qui forme la partie supérieure d'une baie, qui la ferme.

LOB i 93

Dans les monuments à plein-cintre, l'extrados des linteaux est souvent en dos d'àne, comme celui (L) figuré sur le dessin. Nous avons déjà fait remarquer qu'au moyen âge, la fermeture des baies carrées n'était presque jamais formée que par un linteau, et non par une plate-bande.

LISTEL, m. Synonyme de filet.

LIT, m. Ce mot a plusieurs significations ; On appelle lit de carrière d'une pierre, la direction afîectée par la couche dont elle faisait partie. Une pierre doit toujours être placée dans le sens de son lit de carrière. La poser autrement, c'est lui faire perdre de sa force; c'est ce qu'on nomme la déliter.

Le lit de dessus d'unft pierre, est celui sur lequd pose l'assise supérieure ; le lit de dessous est au contraire celui qui porte sur rassise inférieure.

On appelle lits eh joints, ceux qui sont inclinés, comme cela a lieu pour les claveaux. Les lits en parement sont les lits visibles ; ainsi, les pierres qui forment un balcon ont des lits en parement.

LITHOLOGIE, f. Science qui traite de la nature des pierres.

LITRE, m. Bande de couleur noire sur laquelle étaient peintes de. distance en distance des armoiries, et qui était appliquée sur les murs intérieurs et extérieurs de certaines églises.

Le droit ùe litre, qui n'est pas vraisemblablement de beaucoup antérieur au XHl* siècle, était la propriété exclusive des seigneurs-patrons-fondateurs et dés seigneurs hauts-justiciers. U n'existe plus depuis Tabolilion de la féodalité.

LOBE, m. Dans l'architecture chrétienne, on se sert beaucoup de ce mot pour désigner les segments de cercle que présente la forme de certains ornements, tels que les roses qui en offrent ordinairement quatre ou six. ,

On peut dire que, généralement, ces lobes ont d'abord été formés d'une portion de cercle, que plus tard ils devinrent ogives, puis lancéolés, et enfin cymatiformes ou chantournés en cymaise. (Voyez pour l'intelligence de ceci la dernière vignette du mot Rose.)

Les festons de l'intrados des arcs, lorsqu'ils sont découpés en segments de cercle saillants, n' 1, se nomment aussi lobes; on

i94 LOS

les appelle con<re-lo6e« lorsqu'au contraire ils sont découpés en creux, n. 2. (Com.) Les dessins que voici feront comprendre cette distinction qu'il est bon d*observcr.

LOMBARDE. Un des noms qu'on donnait à Tarchitecture à plein-cintre, antérieure au XIll* siècle. On supposait qu'elle avait pris naissance en Lombardie, après la chute de Fempire romain.

LONG-PAN, m. Le plus long côté d*un comble en pavillon.

LOSANGES, m. Moulure romane dont le nom indique la forme.

Les losanges sont ordinairement évidés en losange, et souvent liés les uns aux autres ; dans ce cas, on les appelle losanges

Page 1