‹ Dictionnaire de l'architecture du Moyen âgeChapitre 91 sur 140 · U MOU · texte numérisé non relu

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versée , ou bien encore être aplatie ou recreusée suivant la position des centres d'où sont décrites les courbes formant le profil.

Comme dans les monuments antiques les moulures se bornent à celles que nous venons d'énumérer, les traités d'architecture n'en admettent point d'antres: aussi chercherait-on vainement des dénominations pour désigner celles , pourtant assez nombreuses, qui, dans l'architecture chrétienne, s'éloignent des types que nous venons d'indiquer. lien résulte que la description des mouluras qu'on retrouve dans les édifices du moyen âge , description nécessaire s'il en est une, est souvent impossible. N'ést-c« donc pas là quelque chose de très-fâcheux , et à quoi il est urgent de porter remède ?

Nous sommes si bien convaincu que cette pénurie d'expressions est vraiment regrettable, que, malgré la conscience que nous avons de notre infimité comme archéologue, nous nous hasarderons à proposer des noms pour quelques-unes de ces moulures qu'il faut absolument pouvoir spécifier clairement. Nous n'osons que peu espérer, nous l'avouons, de les voir sanctionner par l'usage ; mais nous aimons à penser que si notre hardiesse n'est pas couronnée de succès, elle pourra au moins attirer l'attention de quelques-unes de nos sommités archéologiques, et les décider enfin à suppléer à l'insufiisance de la nomenclature existante.

Le chanfrein : ce mot est assez généralement adopté , mais il serait bon qu'on distinguât, ce qu'on ne fait pas , le chanfrein ordinaire , n° 1 ; le chanfrein renversé^ n** 2 ; le chanfrein dou ble. 11» 3.

Vanglet: cette expression est reçue aussi , mais elle est d'un usage fort restreint et très-rare. Elle désigne une rainure rectangulaire; maison pourrait l'employer pour toutes en général, en

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modifiant son nom de la manière suivante. Anglet carré, ii° i ; —

anglet à chanfrein ordinaire, n° 2 ; — (mglet à chanfrein renversé, n® 3 ; — anglet à chanfrein double, n® 4 ; — anglet à cavet ordinaire , n° 6 ; — anglet à cavet renversé , n° 6 ; — anglet à double cavet, 11° 7 ; — anglet trapézi forme, n° 8 ;— anglet trapézi forme rectangulaire, !i° 9.

Les moulures curvilignes sont beaucoup plus difficiles à «distinguer; elles offrent/ en effet, surtout au XV* siècle, des contours si compliqués, qu*on ne peut guère croire qu'on parviendra à les classer toutes ; mais de ce qu'on ne peut faire tout, il ne résulte pas qu'on ne doive rien faire du tout. Nous proposons donc de nommer :

Tore elliptique, celui dont la coupe est une demi-ellipse cou pée suivant son petit diamètre, n® i ; — tore elliptique plat, celui dont la coupe est également une demi-ellipse, mais coupée suivant son grand axe, n® 2 ; — tore ogive, celui dont la coupe est une forme ogivale, n 3 ; — tore lancéolé, celui qui affecte la forme dite lancéolée, n*» 4 ; — tore en soufflet, n^ 5, celui dont les contours rappellent ceux de cet instrument*. (Voyez aussi A, 2* vignette de l'article Prismatique.)

1 Celle flppellalion n*élaiU point dissimulée sous une forme grecque, pourra paraître par trop triviale à quelque» personnes; nous leur ferons observer que

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Nous bornons ici nos innovations, non sans éprouver quelque inquiétude île la témérité dont nous faisons preuve. Au reste, nous dirons avec franchise que les désignations qui précèdent, quelque peu heureuses qu'on puisse les trouver, seraient souvent d'un très-grand secours dans les descriptions que cet ouvrage a pour but principal de faciliter. On sait, en effet, à quelles périphrases embrouillées, et conséquemment obscures, on est obligé d'avoir recours en mainte circonstance, pour dépeindre' des formes pour lesquelles il o*est pas de nom.

Les moulures de la seconde espèce appartiennent toutes à Tarchitecturé à plein-cintre, et presque exclusivement; il n'y en a que quelques-unes qui n'aient point été entièrement abandonnées à l'adoption du style ogival, et, encore ont-elles peu survécu à cet événement. Elles sont excessivement nombreuses, et conséquemment n*ont pu recevoir toutes un nom ; mais' les plus communes ont reçu des désignations particulières, comme frette, damier, nébules, et les autres se rapportent à des types pour lesquels il existe des expressions génériques, comme entrelacs, enroulements, etc.

Ayant, dans le courant de ce livre, consacré un article particulier à chacune des moulures dont nous avons à parler ici, nous allons seulement en donner les noms qui, par suite de la nouvelle nomenclature proposée par le Comité des Ans, sont souvent doubles. Nous placerons les expressions proposée^ par M. de Caumont, les premières; elles sont presque toutes traduites de l'anglais :

L'' gros tore ou tore simple. — Le zigzag^ chevron ou tore brisé *. — Les zigzags contre-zigzagués, chevrons contre- chevronnés, ou

Phifibert Deiorme se sert do la même pour désigner certaines Heb pendantes, et qu'il n'est pas plus ridicule de l'employer en parlant d'une moulure. Il nous semble aussi qu'elle peint assez bien les contours que nous voulons représenter à l'esprit, et s'il en est ainsi, on ne niera pas qu'elle ait au moins un avantage.

* S'il n'y a qu'un seul chevron, on le nomme love brisé, mais s'il y en a

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