‹ Dictionnaire de l'argot des typographesChapitre 9 sur 48 · BON · texte numérisé non relu

BON

çaise et de leur impardonnable ignorance de l'argot typographique.

Bœul^ s. m. Colère, mécontentement; synonyme de CHÈVRE. V. ce mot. Ajoutons cependant que le bœuf est un degré de mécontentement plus accentué que la chèvre. Le bœuf est une chèvre à sa plus haute puissance. Il Gober f avoir son bœuf, Être très contrarié, se mettre en colère.

Bœuf, s. m. Composition de quatre ou cinq lignes qu'un compagnon fait gratuitement pour son camarade momeutanémeut absent .

S'emploie presque exclusif vement dans les journaux.

On disait autrefois tocagë.

Bœufier» s. m. Facile à mettre en colère ;'qui gobe facilement son bœuf.

Boire de l'encre. C'est la situation fâcheuse à laquelle parait réduit un frère qui, invité à prendre sa part d'une consommation, arrive quand la fiole a été vidée rubis sur l'ongle. Dans son désappointement, il ne manque pas de s'écrier : Est-ce que vous croyez que je vais boire de

l'encre? Non, car on fait alors apporter aussitôt une autre fiole.

Boite, s. f. Imprimerie, et particulièrement Mauvaise petite imprimerie. C'est une boite, dit un vieux singe; ii y a toujours mèche, mais hasard I au bout de la quinzaine, banque blèche. \\ Casse. Faire sa boite, c'ebt distribuer dans sa casse. || Pilleur de boites ou fricoteur, celui qui prend, i\ l'insu et au détriment de ses compagnons, et dans leurs casses, les sortes de caractères les plus courantes dans l'ouvrage qu'il compose, et qui manquent au pilleur ou qu'il a déjà employées. V.

PLANQUER les SORTES.

Bon, s. m. Épreuve sur laquelle l'auteur a écrit :

Bon à tirer, c'est-à-dire bon à imprimer. Cette épreuve est lue une dernière fois, après l'auteur, par le correcteur en seconde ou en bon.

Bon (avoir du), v. Avoir de la composition non portée sur son bordereau, et qu'on garde pour la compter à la prochaine banque. C'est le contraire du salé,

BOU

BOU

BoiiIiaiiia«(pAiftB),v. So

dit, au jeu des oadntino^ quand l'un d'eux, par un hasard inouï, reste debout.

Ce coup merveilleux annule le coup de blècke.

Bonnet, s. m. Espèce de ligue offensive et défensive que forment quelques compositeurs employés depuis longtemps dans une maison, et qui ont tous, pour ainsi dire, la tète sous le même bonnet. Rien de moins fraternel que le bonnet. Il fait la pluie et le beau temps dans un atelier, distribue les mises en pages et les travaux les plus avantageux à ceux qui en font partie d'abord, et, s'il en reste, aux ouvriers plus récemment entrés qui ne lui inspirent pas de crainte. Le 6onnet est tyrannique, injuste et égoïste, comme toute coterie. Il tend. Dieu merci!

à disparaître; mais c'est une peste tenace.

Boulage, s. m. Rebuffade, refus.

Bouler, v. a. Refuser, mal accueillir, repousser,

Bonlotter, y. intr. Manger. Il AUer boulotter, c'est

aller prendre son repas.

Cette expression est comiiHine à d'autres argots.

Bowdon» s. m. Omission d'un mot, d'wa membre de phrase ou d'aoe phrase. Ces omissions exigent souvent un grand travail pour élre mises à leur place quand la feuille est en pages et imposée dans les châssis. V.

Jacques {Aller à Saint-),

ALLER EN GaULÈB, EN GbR- MANIE.

Le bourdon défigure toujours le mot ou la phrase d'une façon plus ou moins complète. On raconte que la guerre de Russie, en 1813, fut occasion oée par un bourdon. Le rédacteur du Jtjurnal de l'Empire, en parlant d'Alexandre et de Napoléon, avait écrit : « L'union des deux empereurs, dominera l'Europe. » Les lettres ton furent omises, et la phrase devint celle-ci : « L*un des deux empereurs dominera l'Europe. » L'autocrate russe ne voulut jamais croire à une faute typographique.

Âvouons-le tout bas, nous sommes de son avis; car trois lettres tombées au bout

BOU

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