COM
cifttlqn d*ouvriers pour la composition d'un travail quelconque. Les grandsjournaux de Paris sont, à peu d'exceptions près» tous faits en commandite.
U existe dans le public, à propos de la commandite typographique, une erreur qu'il importe de rectifier. Pour les uns, c'est le partage des bénéfices entre le patron et les ouvriers qu'il emploie; pour d'autres^ c'est l'annihilation même du patron, qui ne serait plus alors qu'un simple bailleur de fonds. La œmmandite n'est pas du tout cela. Un client apporte au bureau un journal quotidien à imprimer, par exemple ; le prix ^st débattu et fixé entre celui-ci et le mattre imprimeur, ou plus ordinairement son prote, ce qui revient au même. Ce dernier désigne alors un certain n ombre d'ouviers pour exécuter le travail, seize à vingt pour les grands journaux, ou bien il charge l'un d'eux de réunir Véquipe nécessaire. Ces ouvriers élisent leur metteur en pages et se partagent chaque semaine la somme
qui leur revient d'après le Tarif, en faisant toutefois un léger avantage au metteur.
Voilà la commandée» Il y en a de deux sortes : la commandite autoritaire et égalitaire est celle au sein de laquelle chaque assorâé est obligé de faire un mloiniiim de lignes déterminé, la somme gagnée étant ensuite partagée également ^tre tous les associés; et la commandite au prorata, dans laquelle chacun toudie d'après le travail qu'il a fait.
C'est la plus juste des deux et la plus humain^ : les jeunes gens et les .vieillards peuvent y trouver place ; les hommes dans la force de l'âge et de Thabileié -n'y perdent rien.
Compagnon, s. m, Gamarade de rang. Dans les ateliers, les rangs sont disposés pour deux compositeurs; chacun des deux çat le compagqon de Tautre : Dis donc, mon compagnon, prête-moi ta pointe, .
Compositrice, 9. f. Jeune fille ou femme qui se livre au travail de la composition.
Nous ne réveillerons pas ici
GOH
la question tant de fois débattue du travail des femmes ; nous ne rappellerons pas les discussions qui se sont élevées particulièrement à propos de la mesure prise par la Société typographique, qui interdisait à ses membres les imprimeries où les femmes sont employées à la casse à un prix inférieur à celui fixé par le Tarif accepté. Contentonsnous de dire que nous sommes de l'avis de MM. les typographes qai^ plus moraux que les moralistes, trouvent que la place de leurs femmes et de leurs filles est plutôt au foyer domestique qu'à l'atelier de composition» où le mélange des deux sexes entraine ses suites ordinaires. — Quoi qu'il en soit, il existe des compositrices; nous devions eh parler. MM. les philanthropes qui les emploient vont les recruter dans les ouvroirs, les orphelinats ou les écoles religieuses. Ces jeune» filles, en s'initlant tant bien que mal à Tart de Gutenberg, ne manquent pas de cueillir la Une fleur du
langage de l'atelier et de devenir sous ce rapport de vraies typotes, comme elles se nomment entre elles.
L'argot typographique ne tarde pas à se substituer à la langue maternelle; mais il en est de Fargot comme de l'ivrognerie*: ce qui n'est qu'un défaut chez l'homme devient un vice chez la femme, et il peut en résulter pour elle plus d'un inconvénient. L'anecdote suivante en fournit un exemple :
Un employé, joli garçon, courtisait pour le lion motif sa voisine, unetompositrice blonde, un peu p&lotte (elles le sont toutes), qui demeurait diez ses parents. La jeune fille n'était point insensible aux attentions de son galant voisin. Un samedi matin, les deux jeunes gens se rencontrent dans l'escalier : « Boqjour, mademoiselle, dit le jeune homme en s'arrèlant; vous êtes bien pressée. — Je /S/« mon nasud ce matin, répondit-elle; c'est aujourd'hui le batimij et mon meileur goberait son hœufiiie prenais du safé. »
Ayant dit, notre blonde
OOM