LAP
Kil-kil. Expression qui vient des Arabes, importée assurément dans l'atelier par quelque zéphyr ou quelque zonave typographe.
Dans le patois algérien, kif'kifBÏgaïùe semblable à :
kif-kif bourico, semblable à un ftne. Les compositeurs remploient pour dire qu'une chose est la même qu'une autrJ : C'est kif-kif, c'est équivalent, c'est la même chose.
L'absinthe ne vaut rien après déjeuner. Locution peu usitée, que l'on peut traduire : Il est désagréable, en revenant de prendre son repas, de trouver siu* sa casse de la correction à exécuter. Dans cette locution^ on joue sur V absinthe, considérée comme breuvage et comme plante. La plante possède une saveur amère.
Avec quelle amertume le compagnon restauré, bien dispos, se voit obligé de se coller sur le marbre pour faire un travail non payé, au moment où il se propo-
sait de pomper avec acharnement. Déjà, comme Perrette, il avait escompté cet après-dtner productif.
Lapin (manger un), v.
Aller à l'enterrement d'un camarade. Cette locution vient sans doute de ce que, à rissue de la cérémonie funèbre, les assistants se réunissaient autrefois dans quelque restaurant avoisinànt le cimetière et, en guise de repas des funérailles, mangeaient un lapin plus ou moins authentique. Cette coutume tend à disparaître; aujourd'hui, le lapin est rem-
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placé par un morceau de fromage ou de la charcuterie et quelques litres de vin.
Nous avons connu un compositeur philosophe, le meilleur g^arçon du monde, qui, avec raison , se croyait atteint d'une maladie dont la terminaison lui paraissait devoir être fatale et prochaine. Or, une chose surtout le chiffonnait : c'était la pensée attristante qu'il n'assisterait pas au repas de ses funérailles ; en un mot, qu'il ne mangerait pas son propre lapin. Aussi, à l'automne d'antan, par un beau dimanche lendemain de banque, lui et ses amis s'envolèrent vers le bas Meudon et s'abattirent dans une guinguette au bord de l'eau. On fit fête à la friture, au lapin et au vin bleu. Le repas, assaisonné de sortes et de bonne humeur, fut très gai, et le moins gai de tous ne fut pas le futur macchabée.
N'est-ce pas gentil ça (1) î
C'est jeudi. Il est midi ;
(1) Le typographe auquel II est fait aUuftkm id s'appelait Oenty ; U est mort depuis que ces lignes ont été écrites.
une trentaine de personnes attendent à la porte de l'Hôtel-Dieu que l'heure de la visite aux parents ou aux amis malades ait sonné. Pénétrons avec l'une d'elles, un typographe, « dans l'asile de la souffrance. » Après avoir traversé une cour étroite, gravi un large escalier, respiré ces odeurs donce&tres et écœurantes qu'on ne trouve que dans les hôpitaux, nous entrons dans la salle Saint-Jean, et nous nous arrêtons au lit n<» 35.
Là gît un homme encore jeune, la figure h&ve, les traits amaigris, râlant déjà.
Dans quelques heures, la mort va le saisir; c'est le faux noyé dont il a été question à l'article attraprsciEMCE. Au bruit que fait le visiteur en s'approchant de son lit, le moribond tourne la tête, ébauche un sourire et presse légèrement la main qui cherche la sienne. Aux paroles de consolation et d'espoir que murmure son ami, il répond en hochant la tête : « N-t-nt, c'est fini, mon vieux. Le docteur a dit que je ne pas*