CHAUFFERETTE. — CHAUSSURE
nos ouvrages (1), non.-; disons : « Nos ancêtres avaient aussi Vescaufailh ou pomme à chauffer les mains, qui était une houle de métal contenant de la braise ardente. Nous dirons à ce propos que, dans un inventaire de Gabiïelle d'Estrées en 151)9, il est question d'une pomme d'agate garnie d'argent pour rafraîchir la main des malades ; ce qui prouve que les petites dames de ce temps-là avaient leurs maisons bien montées et ne se privaient de rien. » Du reste, l'escaufaille du moyen âge n'était que la réédition de la trulla des anciens. — Ces escaufailles avaient été réservées dans les églises d'abord à l'usage des évoques, comme semble le témoigner le passage que nous donnons un peu plus loin du voyage de Yillard de Honnecourt. Plus tard toutes les grandes daines s'en servirent. Voici le passage de l'architecte du xme siècle (1248) : « Si vos voleis faire une escaufaille de mains, feries aussi corne une punie de Keuvre de ij moitiés clozeice. Par dedans le punie de Keuvre doit avoir vj ciercles de Keuvre, cascuns des ciercles à ij toreillons et ens, en milieu doit estre une paelete à ij toreillons. Li toreillons doivent estre caugiet en telle manière que al fu demeur a dès droite ; car li uns des toreillons porte l'autre, etc. » Dans notre figure 235, on aperçoit bien les cercles de cuivre dont parle Villard de Honnecourt ; mais dans notre type il n'y a que trois cercles, au lieu de six.
CHAUFFERETTE. — Petit meuble disposé de façon à recevoir des cendres chaudes
et de la braise incandescente dans son intérieur, et qui sert à se chauffer les pieds ; aussi les nomme-t-on également chauffe-pieds. Ce meuble a été inventé après le chauffe-mains.
Fig. 236. — Soulier à bec (fin du XVe siècle).
(Voy. l'article qui précède.) En effet, les plus anciennes chaufferettes sont du XVe siècle; c'étaient des cylindres creux en terre, munis
Fig. 237
Soulier camus de hallebardier suisse.
d'une anse en fer; on les plaçait dans de petites boîtes de bois en forme de tabouret.
CHAUSSURE. — Partie du costume qui sert à recevoir les pieds de l'homme Qt à les
Fig. 238. — Patin à poulaine à pointe modérée.
préserver de toute atteinte. La chaussure garantit les pieds contre l'eau, la poussière, etc.
(1) Traite complet théorique et pratique du chauffage et de la ventilation, p. 30 ; 1 vol. gr. in-8° de 262 pages, accompagné de 250 figures intercalées clans le texte, Paris, 1875.
La forme de la chaussure et la matière employée à sa confection ont varié suivant l'époque et suivant les pays. Dans les pays chauds les hommes ont porté des chaussures plus légères que dans les pays froids ; elles étaient en lin, en sparterie, en étoffe. Dans d'autres contrées, au contraire, les chaussures étaient faites avec des