‹ Dictionnaire de l'art, de la curiosité et du bibelotChapitre 134 sur 325 · CRIBLE · texte numérisé non relu

CRIBLE

montre la face supérieure de la couverture en bois de l'évangéKaire conservé à la bibliothèque <le Noyon, département de l'Oise; elle est formée de deux planches en bois de chêne couvertes de peau, de cuivre et d'un placage de corne. La face que montre notre figure a un double encadrement en ivoire : la surface ainsi enclose est décorée de croix évidées qui laissent voir un méplat de maroquin rouge, un ivoire principal flanqué de quatre plus petits, de monnaies et de textes gravés en creux ; le médaillon central représente le Christ ayant à sa droite deux apôtres. Des trois petits ivoires qui subsistent, deux représentent des animaux symboliques; quant aux deux monnaies d'or carolingiennes placées dans le haut et dans le bas de notre couverture, elles retiennent des reliques placées en dessous d'elles. (Voy. Ivoiee et Reliuke, où nous avons donné d'autres couvertures remarquables, entre autres celle du psautier de Charles le Chauve.)

CRAQUELE. — On dit qu'une faïence, une porcelaine, sont craquelées quand leur émail est couvert d'une sorte de réseau de petites fentes. Le Céladon (Yoy. ce mot) est toujours craquelé. Ce ternie est également un subi- tan tif.

CRATÈRE. — Grand vase à deux anses, dans lequel les anciens puisaient le vin mélangé à l'eau que buvaient dans leurs coupes les convives d'un festin. (Voy. Vase.)

CRÉDENCE. — Ce terme a dans la langue usuelle des significations diverses ; nous ne les signalerons pas. Dans le langage de la curiosité, ce mot sert à désigner un petit meuble d'église, petite table ou console, placé près de l'autel et qui supporte le bassin et les burettes. Les niches simples ou géminées, pourvues de piscines ou lavabos pour les mains, se nomment également crèdences; enfin on désigne sous ce terme les buffets, les bahuts, les cabinets, etc. Or, en fait de meubles. en bois, le mot crèdence ne sert qu'à désigner un coffre mouluré ou sculpté monté sur quatre ou six pieds complètement isolés ; ou bien encore les

pieds de derrière sont adossés sur un fond du bois mouluré ou sculpté, de sorte que sous le coffre il y a un vide qui se trouve quelquefois séparé par une tablette d'entre-jambes. Les crèdences de la renaissance, qui sont des meubles superposés, dont l'un, celui du bas, est remplacé par des colonnettes ou des pilastres , servaient à recevoir les ustensiles de table : c'étaient donc des variétés de buffets et de dressoirs. Les crèdences de cette époque valent jusqu'à 7 et 8,000 francs. Les Italiens nomment credenza le meuble à deux corps, à tiroirs et à quatre vantaux qui, dans les salles à manger, sert à serrer l'argenterie, le service de table et les mets principalement les desserts. De l'Italie l'usage s'en est introduit en France , de sorte que nous nommons aujourd'hui couramment les meubles à deux corps crèdences, ce qui est faux : ce sont des Cabinets. (Voy. ce mot et Mobilier.)

Vente San Donato. — X° 1170. Crédence du xvie siècle, en bois de noyer sculpté, de forme triangulaire, surmontée d'un dais avec horloge. La partie triangulaire représente deux groupes et trois figures de bergers en haut relief. Le dais à montants et consoles offre un basrelief représentant V Adoration desmages. Hauteur totale, 3m,30 ; largeur, 1"',30. 1,450 lires.

CRÉNEQUIN ou CRANEQUIN. — Instrument en forme de pied de biche qui servait à bander l'arbalète dite à erênegum. Les cavaliers armés de l'arbalète (crénequiniers, cranequiniers) portaient cet outil à leur ceinture. Les beaux crénequins gravés se vendent de 90 à 100 francs. (Voy. Arbalète.)

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