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DEMI-TEINTE

DÉCORATIONS. — Insignes de distinction ou de récompense consistant en rubans, croix, colliers, médailles, etc. Les décorations sont civiles ou militaires, et accordées à des citoyens en récompense d'actions d'éclat ou de services rendus à leur pays.

L'usage des décorations remonte à une haute antiquité; les soldats romains por-

taient des médailles nommées phalères. De nos jours, tous les peuples ont créé des quantités de décorations pour satisfaire à l'ambition et à la vanité humaine ; aussi la profusion des ordres honorifiques les rend moins enviables , d'autant que leur obtention n'est souvent qu'une affaire de faveur et de courtisanerie. En France, pour éviter l'abus, une

Fig. 327. — Danse macabre (Bâle).

loi de 1871 a fixé le nombre des chevaliers, des oificiers, des commandeurs, des grandsofficiers et des grands-croix de l'ordre national de la Légion d'honneur.

Vente Double. N° 180. — Décoration du grand inquisiteur cardinal Torquemada. Bijou pendentif formé d'une topaze entourée d'ornements en argent enrichis de rubis et de roses et orné au centre d'une plaque d'or émaillée représentant les attributs de l'inquisition. Travail du xvme siècle. 480 francs.

DÉJEUNER. — Ensemble des pièces en

CICT. DE L'ART.

faïence, en porcelaine, qui composent la vaisselle nécessaire pour un déjeuner au chocolat ; ces pièces sont : des tasses et soucoupes, un sucrier, une chocolatière, une crémière. Les déjeuners en porcelaine de Saxe ou de Sèvres atteignent des prix très élevés; suivant leur décor, ils valent de 500 à 5,000 francs.

DEMI-TEINTE. — Dans l'art du dessin on désigne sous ce terme les tons de couleur moyenne qui séparent l'ombre et la lumière, et qui donnent du relief et de la rondeur aux objets qui portent cette demi-teinte.

DENCHE. — DENTELLES.

DENCHÉ. — Dans le blason, toute pièce de l'écu bordée de pointes ou de dents est dite denchèe.

DENTELLES. — Ornements de la toilette ; sorte de passement à jour, à mailles plus ou moins fines, dont on fait des parures.

Historique. — On ignore l'époque précise ainsi que le pays où la dentelle a fait son appa-

Fig. 328. — Dentelle de Bruges.

rition parmi les objets de toilette. Ce qu'on peut affirmer, c'est que si les premières dentelles n'ont pas été fabriquées dans les Pays-Bas, c'est dans cette contrée, du moins, que leur fabrication a pris son premier essor et un très grand développement. Les faits, les noms mêmes des dentelles en pays étranger, prouvent que ce sont bien les Flandres qui sont le berceau de cet objet si estimé des dames, et qu'à certaines époques les hommes ont également beaucoup porté ; en Italie, on les nomme encore merlelti di Fiandra. On peut donc dire que c'est en

Flandre, puis en Italie que furent fabriquées les premières dentelles. Vers la fin du xive siècle, en 1390, il est déjà question de dentelles dans un traité de commerce passé entre l'Angleterre et la ville de Bruges. Notre figure 328 montre une dentelle de Bruges. Jusqu'au xvn° siècle la France fut tributaire de l'étranger pour les dentelles, car ce n'est qu'en 1665 que Colbert introduisit en France cette belle industrie ; les premières fabriques furent établies à Reims, à Alençon, à Aurillac, et à cette époque on fit venir en France des ouvrières vénitiennes et bruxelloises. Aurillac ne fut pas la seule ville de l'Auvergne où Colbert implanta l'industrie dentellière ; en effet, nous voyons se fonder un nouvel établissement en 1669 à Saint-Flour. Au début de sa carrière , cette fabrication fut assez languissante, parce que la concurrence étrangère écrasait l'industrie française. Mais bientôt une prohibition prononcée contre l'entrée des marchandises étrangères donna une grande impulsion à nos fabriques et , le goût des dentelles se répandant avec une grande rapidité , l'industrie fut sauvée ; du reste , les hommes et les femmes en portaient à l'envi, en décoraient leur mobilier; on en mettait jusqu'à l'intérieur des carrosses et aux chevaux. Aussi dès 1698 il venait en France tant d'ouvrières belges qu'il ne fallut rien moins qu'un édit pour retenir les dentellières à Bruxelles. Ce même édit prononçait, en outre, la confiscation des biens de ceux qui auraient encouragé ou favorisé le départ de ces ouvrières pour la France. Au début de l'industrie, la bisette, la gueuse et la campane étaient des tissus plus solides qu'élégants ; puis vint la guipure, qui était très remarquable et beaucoup plus belle que celle de notre époque. On fit alors des guipures non seulement de soie, mais d'or et d'argent. Bientôt après firent leur apparition le point de Venise et le point de Gênes, dit argentella (fig. 329). La barbe en point de Gênes que montre notre figure est de l'époque Louis XV. Ces produits furent à leur tour remplacés par ceux d'Anvers et de Bruxelles, qui, par leur légèreté, leur grâce, leur élégance et leur souplesse , sont restés le type de la dentelle, type auquel ont recours encore les fabricants de nos jours. Il

DENTELLES

est même fâcheux que ce genre de dentelles ait détrôné les guipures et les points de Gênes et de Venise, qui ont de grands mérites : style, ampleur et solidité. La mode y reviendra, car ces deux genres sont tout différents, et dès lors l'un ne peut' exclure l'autre ; ils ont même

chacun pour leur emploi une saison marquée ; la guipure peut servir pour les toilettes de ville de l'hiver, et les dentelles pour les toilettes d'été et de soirées. — Quoi qu'il en soit, il y a lieu d'établir pour les dentelles faites à la main et au fuseau quatre divisions principales :

Fig. 329. — Point de Gênes (argentella) •

1° le point d'Alençon, dont nous avons parlé à son rang (Voy. Alençon) et dont nous donnons ici une superbe barbe du xviue siècle, d'après un modèle de South Kensington Muséum (fig. 330) ; 2° le point de Bruxelles, improprement dénommé point d'Angleterre; 3° la dentelle de Matines (fig. 331), qu'on nomme aussi broderie de Matines parce que les fleurs

se détachent sur le fond par un fil saillant qui entoure le dessin et le fait ressembler à une broderie; 4° enfin, la dentelle de Valenciennes et celle de Lille, qui sont faites l'une et l'autre au fuseau et du premier coup, mais la première possède beaucoup plus de solidité. Nous ne donnerons pas d'autres détails sur les points de dentelles; des figures parleront beaucoup

DENTELLES

Fig. 330. — Point d'Alençon (South Kensington Muséum).

mieux aux yeux des lecteurs. Notre figure 332 montre un point dit fond cinq trous ou mariage ou encore six pointes. Cette maille a quelque

analogie avec le fond tulle du Puy. Notre figure 332 lis reproduit le point de gaze. Le réseau et les fleurs sont faits à l'aiguille ; quand les

DENTELLES

fleurs sont rapportées sur un fond, on nomme ce genre application, par exemple dentelle ap-

plication d'Angleterre. Notre croquis 333 figure le point normand, appelé aussi point de Caen,

Fig. 330 bis. — Dentelle allemande (xvne siècle).

dentelle de Caen; c'est une fort jolie dentelle bien qu'un peu lourde. Nos figures 334 et 335

montrent le point Coller 7, et le point d'Argentan fabriqué au xviii6 siècle (spécimen de South

DENTELLES

Kensingtpn Muséum). — Notre figure 336 montre un bout de dentelle Chantilly véritable, car aujourd'hui on fabrique de cette dentelle au métier. On reconnaît la vraie de la fausse,

Dentelle de Malines.

parce que la première a ses mailles fort irrégulières comme dimensions. Notre figure 337

Fig. 332. — Point mariage.

montre une blonde, c'est-à-dire une dentelle faite avec des fils de soie. Il existe des blondes blanches et des blondes noires ; notre figure

représente une de celles-ci. Dès le xviie siècle la fabrication des blondes existait au Puy, puisque François Régis obtint de Louis XIII la révocation d'un édit qui prohibait cette fabrication, importée, au commencement du XVIIIe siècle, à Chantilly, puis à Mirecourt, département des Vosges. Notre figure 330 bis montre une superbe dentelle allemande du xvne siècle, genre guipure.

Fig. 332 bis. — Point de gaze.

FABEiCATiOïsr. — Ce tissu aérien se fait à la main avec des fils de lin d'une extrême finesse qui sont enroulés sur de petites bobines placées au bout de fuseaux très déliés. On manœuvre ces bobines sur un tambour de manière à croiser les fils autour d'épingles piquées sur un papier fixé sur le tambour. C'est sur ce papier qu'est dessinée la dentelle. Le croisement des fils forme un réseau à jour sur lequel le ramage des fleurs s'enlace avec délicatesse et netteté. — Disons, en terminant, que dans ces derniers temps on a imaginé une machine, la dentellière, qui fait, dit-on, de la vraie dentelle, si parfaite qu'il est difficile de distinguer la vraie de la fausse.

Dentelles d'aegent. — Vente San Donato. — N° 908. Grande bande de dentelle d'argent montée sur taffetas groseille, bordée des deux côtés d'une crête en argent. Venise , xvne siècle. Longueur, 3m,52 ; largeur, 0m,24. 190 lires. — N° 905. Bande de dentelle d'argent à dents lambrequinées ; elle est posée sur taffetas vert. Venise, xvne siècle. Longueur, 3m,15; largeur, 0m,26. 140 lires. — N" 913. Bande de dentelle d'argent; Ve-

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