DIAPASON
l'apparence du cristal de roche. C'est du carbone parfaitement pur; chauffé à une haute température, il brûle dans l'oxygène sans donner aucun résidu et en se transformant en acide carbonique. Sa densité est de 3,50. Le diamant, en général incolore et transparent, possède un éclat extraordinaire, qu'on a dénommé éclat adamantin. Il existe des diamants jaunes,, verts, bleus (ces derniers sont très rares), enfin des diamants roses; quand ceuxci sont d'une belle eau et sans défauts, ils sont plus chers que les diamants incolores, qui de tous les diamants sont ceux qui atteignent, après les diamants roses, les plus hauts prix. C'est un corps extrêmement dur qui n'est usé que par sa propre poussière. C'est au moyen de la meule qu'on lui donne sa forme par facettes et son poli. Suivant la taille qu'il a reçue, le diamant porte les dénominations suivantes : le brillant à simple et à double taille; le demi-brillant; les pendeloques; la rose, qui se subdivise en rose de Hollande, demi-rose et rose du Brabant. Le prix du diamant est très élevé et susceptible de grandes variations. Les diamants en cabochon valent de 35 à 48 francs le carat ; ceux taillés, qui pèsent 1 carat, valent environ 200 francs ; de 2 carats, 1 ,800 francs ; de 4 carats, 4,500 francs ; de 8 carats, 12,000 francs; de 10 carats, 20,000 francs. Au delà de ce poids il n'est pas possible d'établir de prix, même très sensiblement éloignés de leur vraie valeur; disons cependant que les diamants de 20 carats valent de 80 à 90,000 francs. Le plus gros des diamants connus est celui du rajah de Bornéo, il est d'une très belle eau, il a la forme d'un œuf et pèse 367 carats ; viennent ensuite : le Grand-Mogol, il pèse 279 carats ; celui de l'empereur de Eussie, qui pèse 193 carats, acheté par l'impératrice Catherine, 2,360,000 francs et une rente viagère de 115,000 francs. Un des plus beaux, si ce n'est le plus beau des diamants connus, est le Pitt ou le Régent, qui appartient à la France et que montre notre figure 339 dans sa dimension réelle ; il pèse 136 carats, avant sa taille il en pesait 410 : il a donc perdu 274 carats par la taille, qui a nécessité deux ans de travail. On le désignait autrefois sous le nom de Pitt, parce qu'il fut
acheté durant l'enfance de Louis XV à un Anglais de ce nom pour la somme de 2,500,000 francs ; on l'estime aujourd'hui 6 ou 7 millions. Notre figure 340 montre de profil et grandeur naturelle un autre diamant de France : c'est le Sancy; il pèse 55 carats; on le nomme ainsi parce qu'il fut acheté, au mois de mars 1475, après la déroute de Charles
Kg. 339. — Le Régent.
le Téméraire à Granson, par Nicolas Haiiai, sieur de Sancy.
On récolte les diamants principalement dans le Brésil et dans les Indes. — On nomme rivière de diamants un collier fait avec ces belles pierres. A la fin du xvie siècle on appelait
Kg. 340. — Le Sancy.
chesnes les rivières, comme peut en témoigner l'inventaire de Gabrielle d'Estrée de 1599 : « Une chesne de diamants contenant trentedeux pièces sçavoir huict chiffres du roy et de madame la duchesse, huict grandes pièces faictes en enseigne ; au milieu de chacune y a un diamant à seize nœuds garni aussi de diamants et au milieu de chacun y a un diamant plus grand que les autres prisés douze mille escus. »
DIAPASON.— Petit instrument de diverses formes ; la plus usuelle affecte la forme d'un U ; les branches, longues de 0m,08 à 0m,09, sont faites en acier et montées sur un pied au point de leur courbure; elles se rapprochent un peu dans le haut, de sorte qu'en passant une tige
DIATRETA. — DIPTYQUE.
de fer entre les deux branches et en tirant , le frottement les fait vibrer et donner la note la, qui est à vide sur les instruments à archet de France. Du reste , il existe trois diapasons différents : 1° le diapason nouveau, dit normal, adopté dans les théâtres et les musiques : c'est le seul ayant une base fixe, déterminée par 870 vibrations d'un diapason à branches donnant le la; 2° le diapason ancien, généralement usité en France, dans le midi de l'Europe et l'Amérique du Sud : c'est celui qui se rapproche le plus du diapason normal ; 3° enfin le diapason haut , généralement adopté en Angleterre, en Belgique, en Hollande, dans l'Amérique du Nord et en Australie ; il est presque d'un demi-ton plus haut que le diapason normal.
DIATRETA. — Vases en cristal taillé des anciens, qui portaient extérieurement des dessins taillés et se détachant du corps même du vase : c'était donc pour le vase une sorte d'enveloppe ajourée.
DINANDERIE. — Travail exécuté au repoussé sur cuivre jaune ou rouge, ainsi appelé parce que la ville de Dinant en Belgique a eu la spécialité de cette fabrication au moyen âge. Outre la chaudronnerie historiée, qui a créé de véritables œuvres d'art , les chaudronniers de Dinant, qu'on nommait potiers d'airain, ont exécuté au marteau des personnages, des lutrins d'église, des chandeliers, des candélabres, etc.
DIORITE. — Roche qui se compose de feldspath et d'amphibolite ; le diorite est une matière analogue au basalte; on l'appelle en allemand grunstein. On utilise cette roche, principalement le diorite oroiculaire, pour faire des bases et des piédestaux de statuettes et de divers objets. Cette dernière variété doit son nom à des noyaux qui produisent des orbes, une fois la pierre sciée. C'est une sorte de syénite à cristaux de feldspath et à pâte d'amphibole.
DIPTYQUE. — Double tablette qui s'ouvrait et se fermait comme un livre, mais nous n'avons pas à nous occuper de ce genre de dip-
tyque , qui était une sorte de carnet sur lequel les anciens inscrivaient leurs notes. Les diptyques qui nous intéressent sont des plaques d'ivoire sculpté se repliant l'une sur l'autre ou servant de couverture à des livres. Nous possédons de ces diptyques des xn°, xnie xive, XVe et xvi° siècles ; ils sont généralement sculptés, et leurs sculptures représentent des sujets religieux. Nos figures 341 et 342 montrent un diptyque en ivoire de la bibliothèque de Sens ; il représente le triomphe de Bacchus et sert de couverture au fameux Missel des fous ou de l'âne, composé au commencement du xme siècle par l'archevêque Pierre de Corbeil. Ce diptyque, qui mesure 0m,35 de hauteur sur 0m,16 de largeur, est appliqué sur des ais de bois très épais et bordés d'argent. Le faire de ce travail est large , bien que certaines négligences trahissent une main peu exercée.
Le musée de Cluny, à Paris, possède de nombreux et beaux ivoires (environ 183, des nos 1032 à 1215) parmi lesquels se trouvent de beaux diptyques; nos figures 343 et 344 en montrent un sculpté sur ses deux faces, qui provient des collections de ce musée; on en ignore l'origine, mais il est probable que ces plaques ont fait partie de la couverture d'un livre. Suivant un ancien livret du musée, ces sculptures dateraient du xne siècle; suivant le nouveau catalogue (éd. de 1881, page 78), elles remonteraient au XIe et même au xe siècle. Bien qu'il soit difficile de rien préciser à cet égard, nous pensons que le nouveau catalogue a commis une erreur en voulant faire remonter au Xe siècle ces ivoires qui nous semblent postérieurs au xne siècle. Si nous nous permettions de leur assigner une date, nous les classerions comme œuvres d'art du commencement du xme siècle. La finesse de l'ornementation, la correction du dessin, la facture, surtout l'allure des personnages placés sur la plaque figure 343, indiquent très certainement un travail du xnie siècle. Nous regrettons de n'être point d'accord en ceci avec le savant rédacteur du catalogue, qui nous fournit les détails suivants sur ce diptyque (loc. cit.) : « Ces deux plaques d'ivoire sont des monuments aussi précieux par leur époque reculée que par leur exécution. On