Partie de l'armure qui
ÉPÉE. — Arme offensive ; c'est l'arme noble par excellence. Elle comprend deux parties distinctes : la lame et la poignée. La lame se subdivise elle-même en soie, talon, corps de la lame et pointe. — La soie est la partie qui s'emmanche dans la poignée ; elle est toujours droite. — Le talon, partie la plus large de la lame, porte des gorges d'évidement plus ou moins longues; ces gorges, on gouttières, sont des filets creux souvent accouplés, placés soit sur le milieu, soit sur les deux côtés du talon. — Le corps de la lame va en se rétrécissant graduellement jusqu'à la pointe. Celle-ci, toujours aiguë dans les épées de ville, l'est fort peu dans les épées d'armes. — La poignée de l'épée comprend le pommeau, la fusée, les quittons, les gardes simples, doubles et quelquefois
triples, les contre-gardes, lesjxts-d'âne, Yècusson et les tranches. — Le pommeau est la boule qui termine la fusée, de laquelle il est indépendant. — La fusée est la partie que la main saisit, empoigne. — Les quillons sont des branches transversales qui forment une croix avec la fusée et la lame. — La garde et la contregarde sont deux plaques de fer, plates ou concaves, pleines ou ajourées, placées de chaque côté de la fusée et perpendiculaires à son axe ; la garde est placée en dehors et la contre-garde en dedans. Celle-ci, au lieu d'être une plaque, est souvent formée de plusieurs branches : deux, trois, quatre et quelquefois cinq. — Le pas-d'âne est formé par deux anneaux qui partent des quillons et se recourbent vers la lame, mais dans le plan de celle-ci. — L'écusson est le point où les deux quillons se rejoignent contre la fusée ; il fait partie de ceux-ci et souvent il affecte la forme d'un écusson héraldique. — Enfin les branches relient les gardes au pommeau de l'épée, soit directement, soit obliquement; elles sont toujours recourbées. — Notre figure 366 montre la magnifique poignée de l'épée que la ville de Paris offrit au comte de Paris le 2 mai 1841, en souvenir de sa naissance survenue le 24 août 1838, comme le porte une inscription en lettres d'or incrustée sur la partie supérieure de la lame immédiatement sous la poignée. La poignée de cette épée est dédiée à la Force et à la Prudence-, c'est cette dernière que montre notre gravure. La charpente de la poignée ou forme nue est en acier fondu, forgé et sculpté, tandis que les figures et une partie des ornements sont en or repoussé et incrusté. Le milieu de la coquille est occupé par un médaillon dans lequel on voit un jeune enfant couché sur un vaisseau : l'enfant est le jeune prince et le vaisseau symbolise la ville de Paris. Les deux femmes posées de chaque côté du médaillon sont la Fortune propice à droite et la Ville de Paris à gauche. Sur le devant de la garde on voit un coq aux ailes éployées, qui symbolise à la fois la nation française et la vigilance indispensable au guerrier. Ce coq porte sur une sorte de petit socle formé de trois pierres précieuses, un saphir, un brillant et un rubis dont les couleurs, bleu, blanc et rouge, sont celles du drapeau national. Un
Fig. 366. — Toignée de l'épée du comte de Paris.
ÉPEE
dragon termine la garde, sa tête est adossée au pommeau d'or de la poignée qui représente la couronne du prince royal. La lame de l'épée est dédiée à la Guerre.
Après avoir décrit les différentes parties de l'épée, il ne nous reste qu'à en étudier les différents types. Dans l'antiquité, elle était de fer
La \ansquenette, épée des lansquenets et des Suisses, est très large et très courte ; elle n'a que des quillons. — Le oraquemart, que nous
Vs. ^ Fig. 3S7. — Épée de justice (fragment).
ou de bronze; au moyen âge, l'épée type, pourrions-nous dire, fut l'épée d'armes du cavalier bardé de fer. La lame était à deux tranchants avec deux arêtes saillantes dans son milieu. — » 1? estoc, ou épée d'arçon, se portait suspendu à l'arçon de la selle ; sa poignée, comme celle de l'épée d'armes, n'avait que les quillons, qui formaient parfois une simple garde à jour. —
Fig. 368 et 369. — Épée et glaive des Ashantis.
avons décrit à son rang, tient le milieu entre l'épée et la Dague. (Voy. ce mot.) — La rapière, qui était l'arme de duel, à lame très effilée et souvent d'une longueur démesurée, est triangulaire ou taillée en carrelet. La belle époque de la rapière, c'est le xvie siècle et le commencement du xvne siècle. La garde de cette arme, tantôt en corbeille, tantôt en ber-