‹ Dictionnaire de l'art, de la curiosité et du bibelotChapitre 175 sur 325 · Etrier de François Ier (musée de Cluny · texte numérisé non relu

Etrier de François Ier (musée de Cluny

comme ornement que des peintures et des dorures assez effacées. Les jeunes filles de Beauvais le portaient autrefois en procession à la fête de saint Angodresme. Suivant le type adopté au XVe siècle, cet étendard avait la forme d'un long pennon. Si son ornementation n'accusait pas une origine bourguignonne, on ne saurait en douter en lisant le commencement du mot Burgundia qui se trouve inscrit après les arquebuses en croix placées à la suite de saint Laurent, qu'on voit debout tenant un gril dans sa main droite. — Les étendards n'ont qu'une valeur historique.

ETOFFE. — Terme générique qui sert à désigner toute sorte de tissus de coton, de laine, de soie, de crin, de jute, etc. Les seules étoffes

dont nous nous occupions ici sont les étoffes pour meubles et les tentures; les principales sont : le brocart, la brocatelle, le damas, la veloutine , la coteline, l'imberline, la certosine, le reps, l'algérienne, etc. Notre figure 375 montre un spécimen d'une superbe soie damassée et brochée du xive siècle; elle fait partie de la riche collection d'étoffes du Musée germanique.

ÉTOLE. — Ornement ecclésiastique ; c'est mie bande d'étoffe plus ou moins riche qui se suspend au cou. Les extrémités sont élargies en forme de pelle, aussi les nomme-t-on polies. Les étoles n'ont une valeur marchande qu'autant qu'elles comportent des broderies, des orfrois ou des pierreries.

ÉTRIER. — Sortes d'anneaux en fer ou de tout autre métal qui pendent de chaque côté de la selle et qui servent au cavalier à appuyer ses pieds. Les étriers sont fixés à la selle au moyen de courroies, nommées ètrivûres, qui passent dans des Mettes ou anneaux qui comportent parfois de belles plaques de recouvrement, comme dans les exemples que nous donnons ici. Notre figure 376 reproduit un des étriers de François Ier. Son arcade, basse et

ÉTRIER. — ÉTRUSQUE (art).

Fig. 377. — Étrier en bronze (face).

massive, est décorée d'une salamandre au-dessous de laquelle on lit la devise du roi galant : Nutrisco et extinguo. La semelle de cet étrier est ajourée et d'un beau style. — Nos figures 377 et 378 montrent des étriers en bronze du XVIe siècle, c'est-à-dire de la même époque que ceux qui précèdent ; mais les premiers sont du commencement, tandis que ceux-ci sont de la seconde moitié, sinon de la fin du xvie siècle. Nos figures 379 et 380 montrent des étriers du XVIIe siècle qui ont appartenu à Wallenstein ,

le fameux capitaine de la guerre de Trente Ans. Ils portent ses armes sur la plaque de la bielle (fig. 379) ; il sont en fer richement travaillé et ajouré. Ces deux types d'étriers font partie l'un et l'autre du musée de Munich. — Les beaux étriers anciens sont fort rares ; ceux en fer, arabes, orientaux, mexicains, ont une très grande valeur, de même que ceux en bronze qui proviennent de la Chine ou du Japon.

Fig. 378. — Étrier en bronze (profil).

ÉTRUSQUE (Art). — L'Étrurie était une vaste contrée, dont la Toscane actuelle formait le noyau central. D'où venaient les premiers habitants qui peuplèrent ce vaste pays ? A cet égard plusieurs versions contradictoires sont en présence, car l'origine des Étrusques, de même que celle de beaucoup de peuples de l'antiquité, est enveloppée d'obscurité. L'opinion la plus généralement admise est que les Etrusques ne seraient qu'une ramification de la grande race pélasgique, originaire de l'Asie.

ÉTEUSQUE (art).

Nous ne nous arrêterons pas plus longtemps sur cette question, qui serait ici déplacée; du reste, nous l'avons traitée ailleurs avec assez de développement. (Cf. Dictionnaire- d'architecture, v° Étrusque.) Nous définirons ici l'art étrusque, en disant qu'il a pris naissance et qu'il s'est développé dans l'Étrurie ancienne. Ce qui distingue surtout cet art, c'est la simplicité de ses ornements et de ses procédés dé-

Fig. 379. — Étrier de Wallenstein (face).

coratifs. Ce que les Etrusques affectionnaient par-dessus tout, c'étaient des palmettes, des oves, des entrelacs, des rinceaux de feuilles courants sur des fonds unis. Dans cette décoration composée toujours des mêmes éléments, les Etrusques avaient su créer une variété infinie. Suivant l'objet qu'ils décoraient, le fond était tantôt obscur, et alors l'ornement se détachait en clair ; dans d'autres objets , au contraire, les ornements bruns, jaunes, ou noirs se détachaient sur un fond rouge, jaune clair ou blanc. Ce qui caractérise encore l'art étrusque, c'est l'unité que l'on rencontre dans ce

style ; les mêmes éléments de décoration sont partout utilisés avec une simplicité étonnante ; et cependant, quand on se trouve en face d'une œuvre d'art étrusque, on ne peut se lasser de l'admirer, tant les combinaisons innovées sont variées dans leur application. Si l'on étudie un vase de terre ou de bronze, on trouve des profils divers, des ornements différemment traduits ; sur celui-ci on admire un entrelacs tout

Fig. 380. — Étrier de Wallenstein (profil).

différent d'un second, d'un troisième reproduits sur d'autres vases. Sur la panse de celui-ci, on voit une scène ; sur la panse d'un autre, la même scène et les mêmes personnages ont des postures toutes différentes. Si l'on étudie le costume ou la coiffure, au premier abord ils semblent les mêmes, puis on aperçoit bientôt de grandes différences ; les plis d'une draperie transforment le même vêtement en divers costumes. — Bien que l'art étrusque ait une grande unité, on y distingue cependant trois périodes différentes : une période archaïque ou primitive, une période secondaire, enfin

ÉTRUSQUE (aet).

une période finale très brillante pendant laquelle ce peuple a atteint son apogée. Bien des auteurs ont appelé respectivement les deux dernières périodes, période èginètique et période hellénique ; nous pensons que c'est là une

Fig. 381. — Canthare en terre noire.

erreur, les Etrusques n'ayant rien pris aux autres civilisations, mais leur ayant donné, au contraire, des éléments et des matériaux dont

tirer un admirable parti. — Les Étrusques furent également d'habiles fondeurs; au mot Beonze, nous avons dit que L. Valérius Flaccus avait recueilli dans une seule ville, à Yul-

Fig. 382. — Cyatnus en terre noire.

sinies, près de deux mille statues de] bronze. Us furent également des ciseleurs habiles ; les boucliers, les candélabres, les coupes, les mi-

queiques-uns , les Grecs par exemple, ont su I roirs, les patères, les chars qu'ils nous ont lais-

Réchaud en terre noire.

ses, témoignent surabondamment de l'habileté du ciseau de leurs artistes. Enfin, comme céramistes, on peut dire qu'ils ont produit les œuvres les plus remarquables que nous ait léguées l'antiquité : le lecteur pourra en juger par les quelques spécimens que nous donnons

ici. — Nos figures 381 à 383 montrent un canthare, un cyathus ainsi qu'un réchaud étrusque en terre noire, sans glaçure. Ces réchauds, dénommés par les Italiens focolari, servaient à un double usage : c'étaient de simples braseros destinés à élever la température d'un local

ÉTRUSQUE (art) où on les plaçait ; ou bien ils servaient soit à

chauds les plats d'un repas. Quelques archéologues ont prétendu qu'on les utilisait aussi comme plateaux pour contenir des ustensiles de toilette, ou bien que c'étaient des nécessaires

Fig. 384. — Caducée eu bronze.

des préparations culinaires, soit à maintenir

Fig. 385. — Caducée en bronze.

funéraires destinés aux offrandes. Ce sont là des

Fig. 386. — Cimaise de Métaponte.

suppositions qu'aucun texte n'autorise. Évidemment on a retrouvé de cesfocolari dans des

tombeaux ; l'un d'eux, dans une sépulture de l'ancienne Clusium, renfermait des vases de

ÉTRUSQUE (art).

diverses formes ; mais nous n'ignorons pas que souvent, pour ne pas dire presque toujours, les anciens plaçaient auprès du défunt tous les objets qu'il avait aimés pendant sa vie.

On a beaucoup discuté sur l'origine de ces poteries noires ; les uns ont pensé que cette couleur était due à une terre spéciale , les autres à

une préparation particulière qu'on faisait subir à ces vases pendant leur cuisson. C'est cette dernière supposition qui est aujourd'hui la plus généralement admise. Voici comment les Etrusques auraient obtenu ce ton noir. Quand leurs poteries étaient sèches et prêtes pour l'enfournement, au lieu de les mettre dans le four à

Fig. 387. — Vase en terre de Vulci.

la manière ordinaire, les potiers auraient placé ces vases dans des cazettes, remplies ensuite de copeaux et de sciure de bois ; puis ces cazettes, lutées convenablement, étaient placées dans le four. Les copeaux et la sciure de bois se carbonisaient et produisaient une fumée qui, condensée dans l'intérieur des cazettes, colorait en noir les vases. Nous ajouterons que quelques chimistes, qui ont analysé la composition de la pâte de ces vases noirs (creta nera), ont prétendu que cette coloration était due à la

présence dans cette pâte d'oxydes de fer et de manganèse; or ces deux oxydes ne peuvent fournir le beau noir des vases de Chiusi. Quelques archéologues ont dit aussi que la terre de ces vases était mélangée avec du bitume et du charbon. Ces deux suppositions sont également erronées, car la température de cuisson nécessaire pour ces vases aurait volatilisé le bitume et réduit en cendi*e le charbon. Donc, jusqu'à preuve du contraire, nous nous en tiendrons au procédé ^enfumage comme

ÉTRUSQUE (art).

colorant. Les vases que montrent nos figures 381 à 383 font partie de la collection Cam-

Fig. 388. — Vase des trois Muses.

pana (musée du Louvre). — Nos figures 384 et 385 montrent deux sortes de caducées ou

Fig. 389. — Étui à ciseaux.

pedum en bronze. Le premier (fig. 384), qui se termine en douille, devait porter un manche en bois ou en ivoire. La partie supérieure

est formée par cinq têtes de serpents mordant des branches de fer dont il ne reste que des tronçons servant de support à un anneau de bronze, dont les extrémités légèrement coudées venaient sans doute buter contre la tête placée dans le haut de l'instrument. Dans la figure 385 , les têtes de serpents sont remplacées par deux têtes de béliers ; on sait que cet animal est souvent l'acolyte de Mercure, dieu pasteur, et qui à ce titre intervient aussi fréquemment dans les sacrifices. — Notre figure 386 montre un fragment célèbre de la cimaise d'un temple de Métaponte. — Notre figure 387 reproduit un vase étrusque d'un très beau caractère ; mais un peu lourd de forme ; enfin notre figure 388, le vase dit des trois Muses, de la collection Campana (musée du Louvre). Sa forme en œnochoé indique son usage : il servait à verser le vin dans les repas.

(xvic siècle.) (xviie siècle.)

Fig. 390 et 391. — Étuis à ciseaux.

Sur la panse de ce beau monument céramographique, on voit les trois personnages qui lui ont fait donner son nom : ce sont les ' trois

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