JETON. — JUSTE
surnommé ambre noir; c'est le gagates de Dioscoride , qui l'avait ainsi nommé parce que dans l'antiquité on le tirait de Gagis, ville de la Lycie.
JETON. — Pièce de métal, d'os, d'ivoire, de nacre, etc., plate et ordinairement ronde, qui sert à calculer et à représenter une valeur fictive ; dans ce sens ce terme est synonyme de Fiche. (Yoy. ce mot.) — Dans les sociétés littéraires ou scientifiques, dans les académies, on nomme jetons de présence, des médailles qui représentent également une valeur de convention et qu'on rembourse en argent aux membres ayant assisté aux séances.
Jeton. — Ce mot paraît pour la première fois sur un jeton du XIIIe siècle sous le terme de getouers, puis de gectouers, jectoirs, et successivement gect, jets, jetons et jeton. — Ce terme est donc dérivé de jeter, parce que chaque somme perdue au jeu était jetée sur la table en jetons ; puis, à la fin de la partie, on additionnait la masse des jetons pour payer, ce qui, du reste, est indiqué par cette légende inscrite sur beaucoup de jetons anciens : Jey comptes et gectès bien, car la fin fera votre compte. L'antiquité a possédé des jetons; au Xe siècle on en voit de cuivre; au xiv% d'argent, et au xve, d'or. Ce n'est guère que dans les temps modernes qu'on a fait des jetons d'ivoire et de nacre. Ce ne fut pas seulement en vue de faciliter les comptes et d'assurer une bonne comptabilité que l'on créa les jetons, mais bien plutôt pour satisfaire la vanité. En effet, la noblesse, ne pouvant battre monnaie, fabriqua des jetons à sa devise, à ses armes ; de là l'immense développement que prit la fabrication des jetons.
JOAILLERIE. — Voy. Bijouterie.
JONCHETS. — Jeu très ancien, connu du temps d'Ovide, qui en fait mention, et qui consiste à jeter pêle-mêle les uns sur les autres, en paquets, de minces bâtonnets d'os, d'ivoire ou de bois, et à les retirer ensuite à l'aide d'un cro-
chet, sans faire exécuter aucun mouvement à ceux avec lesquels ils sont en contact.
JONQUE. — Dans le commerce de la curiosité, on donne ce nom à de petits navires chinois exécutés en ivoire, en cristal, en pierres fines, etc. Les Chinois nomment ces jonques tchouen.
JOYAU. — Ornement de parure monté de pierres fines et de perles ; c'est un bijou plus riche que le simple bijou d'or ou d'argent. C'est le joyau qui a créé la joaillerie. (Voy. Bijou et Bijouterie.)
JUDAÏQUE (Art).
(Art).
Voy. HÉRBAÏQUE
JUMELÉ. — Dans le blason, on désigne ainsi toute pièce formée de deux jumelles. (Voy. le terme suivant.)
JUMELLES. — Dans le blason, on désigne ainsi deux bandes, deux faces, etc., parallèles, qui n'ont que le tiers de la largeur ordinaire.
JUSTAUCORPS. — Vêtement collant et à manches qui serrait le buste de l'homme et descendait presque jusqu'au genou; il a été porté principalement à la fin du XVIe siècle et pendant tout le xvne siècle.
JUSTE. — Flacon de table d'une capacité fixe et invariable, mais dont la forme assez variée se rapprochait de celle des aiguières, des hydiïes et des pichiers. — La juste avait souvent des anses et un couvercle ; elle était tantôt en argent, et même en or; de petites justes, nommées justelettes, servaient à contenir la bière. Ce vase était connu dès le XIIe siècle, puisque nous lisons dans le Roman de Wace, en date de 1160 :
La juste estoit nioult bonne et chière, Tout estoit d'or noblement faite ; Cel qui la tint, avant la traite A présent duc la tendi.
KASCHEMIRIEN" (Art). —Le Kaschemir ou Cachemire est un vaste pays de l'ïïindoustan, borné par le Thibet au nord et à l'est, et par la province anglaise du Penjab à l'ouest et au sud. Le principal motif de décoration de l'art kaschemirien, c'est la palme ou fruit de V yucca gloriosa; à part ce détail caractéristique, cet art est confondu avec l'art Hindou (Voy. ce mot), bien que le Kaschemir ne fasse pas partie de l'Inde.
KAKÉMONOS. — Stores japonais en soie richement brodée avec de beaux dessins polychromes rehaussés de fils d'or.
KAMA. — Dague circassienne à lame longue et large, souvent damasquinée d'argent ou d'or et ornée d'inscriptions. Chaque plat de la kama porte une gouttière, mais qui ne correspond pas au centre de la lame, afin de ne pas l'affaiblir et ne pas en diminuer la solidité. Il y a des kamas kurdes, géorgiennes et persanes. La poignée de cette dague est en corne noire, en ivoire, et ornée de rosaces d'acier découpées ou d'argent niellé ; certaines kamas ont leur poignée faite en dent de morse. Le prix de cette arme varie de 120 à 180 fr., suivant la beauté de ses damasquines.
KANNETJÉ. — Poteries de grès dont l'origine est puisée dans la légende que voici. Une comtesse de Hollande, Jacqueline, née en 1400 et fameuse dans l'histoire, quoique morte bien jeune, à 36 ans, aimait à tirer au Papegay. (Voy. ce mot.) Pendant cet exercice, elle se faisait apporter à boire dans des kannetjés et,
après les avoir vidées, elle les jetait dans les fossés de son château. Vers 1635, on trouva un grand nombre de ces kannetjés dans les fossés d'un château situé entre la Haye et Leyde. Ce fut assez pour donner une nouvelle créance à la légende de Jacqueline, et des auteurs n'hésitèrent pas à écrire que la comtesse de Hollande pétrissait elle-même la terre de ses poteries, les tournait , les enfournait et surveillait leur cuisson. C'est de la sorte, c'est-à-dire transformée en potier, que divers livres populaires d'Amsterdam montrent cette princesse.
KAOII-KLOU. — Petit meuble musulman que beaucoup d'amateurs achètent comme ètagere-console. Ce terme arabe signifie porte-turbcm; en effet, ce meuble richement sculpté sert à porter les turbans, il remplace le porte-chapeau de notre pays. Il se compose d'une grande plaque sculptée ou décorée de dessins ajourés ; cette plaque sert de fond, elle porte à son tiers inférieur une tablette arrondie supportée par une potence découpée de dessins à jour. A la vente du décorateur Séchan, il a été vendu un assez grand nombre de kaou-klou, dont le prix a varié entre 40 et 120 francs.
KASS. — Sorte de tambourin fait d'un morceau de palmier creusé et recouvert d'une planche mince. Un kass beaucoup plus grand et d'une forme un peu différente se nomme Jcasso ou Joassuto.
KATHAE. — Poignard indien dont la poignée comporte deux balustres posés horizontalement par rapport à la lame et réunis de cha-
KETCHKOULL. — KHMEB (art).
que côté par deux lames d'acier. La lame des kathars est en damas, souvent ciselée et décorée d'ornements d'or ou d'argent. Ces poignards sont parfois d'une grande richesse et garnis de pierreries ; ils valent de 50 à 350 fr. — Vente J. Jacquemart (avril 81). N° 141. Kathar damasquiné d'or. 235 fr. — Vente Double. N° 244. Kathar indien, avec poignée à doubles branches
reliées par une double traverse en fer, damasquinée d'or. La lame est décorée de figures d'animaux ciselées en relief. Le fourreau, de velours ponceau, est orné d'une rosace garnie de topazes. 350 francs.
KETCHKOULL. — Le bel ustensile couvert de riches arabesques sculptées et d'ins-
Fig. 486. — Ketcbkoull (profil).
Fig. 487. — Ketchkoull (dessous).
criptions que montrent nos figures 486 et 487 se nomme en persan ketcJiIcoirfl (de ketch, cintré, courbe, et Icoull, épaule ) ; en effet, cette sorte de vase convexe est portée sur l'épaule par le derviche ou mendiant nomade de la Perse, ou bien suspendue par une chaîne. Il mesure environ 0m,24 de longueur, 0m,14 de largeur, et 0m,13 de profondeur ; nos dessins le représentent donc réduit de moitié. Ce beau
vase est fait en coquille de noix des îles Maldives ; il a été ciselé par un sculpteur de Chiraz ; il servait de coupe à boire.
KHMER (Art). — L'art khmer est, pour ainsi dire, une branche de l'art hindou qui s'est développée à une époque que nous ignorons dans la partie méridionale de l'Indo-Chine nommée Cambodge. Ce pays renferme des mo-
KHMER (art).
numents imposants par leurs dimensions, par la finesse de leur sculpture et de leur décoration; ce sont les témoins vivants, quoique bien mutilés, d'une civilisation très avancée, mais
aujourd'hui disparue. La statuaire chez les Khmers était fort remarquable ; les représentations le plus souvent reproduites sont celles de Prèa-Put (Boudha), de Brahma, de Siva,
Fig. 488. — Sculptures des Khmers. (Côté droit de la galerie.)
qui forment ensemble la trimourty, ou trinité indoue. Ces œuvres sont sculptées dans le grès ou coulées en cuivre rouge et dorées ; souvent même les statues faites avec des pierres tendres
sont recouvertes d'un vernis noir et épais, que les Cambodgiens modernes emploient encore et qu'ils nomment mereaclc. Ce vernis protégeait beaucoup les finesses de la sculpture pour
Fig. 489. — Sculptures des Khmers. (Côté gauche.)
les statues en plein air ; du reste, il était bien souvent lui-même recouvert d'or. La sculpture des Khmers présente des types étranges, parfois bizarres quand eUe reproduit des animaux. Le sculpteur khmer a excellé dans ce genre ; rien de terrible comme ses éléphants,
ses lions sans crinière, mais chargés de bracelets et de bijoux ; rien de fantastique comme les nagas ou serpents, les garudas ou figures humaines à tête et à pattes d'oiseau, comme les yaîis, ces animaux fabuleux participant à la fois du lion et du dragon.
KHOLE.
KUSSIR.
Quand le sculpteur khmer modèle, au contraire, la figure humaine, nous nous trouvons en face d'une beauté surnaturelle et pour ainsi dire idéale.
Les bas-reliefs nous montrent des figures souples et alertes, couvertes d'une riche ornementation d'un goût parfait et d'une puissante coloration. Les têtes des dieux du Cambodge ont une grande finesse d'expression ; ce qui caractérise les divinités, c'est leur attitude calme ; elles sont généralement immobiles, pensives et accroupies, et surchargées de bijoux avec une profusion inouïe, profusion qui rappelle l'exubérante végétation du climat sous lequel habitent ces dieux.
Les parties faibles de la statuaire sont les extrémités ; les pieds et les mains, les emmanchements des poignets et des chevilles laissent beaucoup à désirer; ensuite la perspective, toute de convention, ignore les plans et évite les raccourcis.
Mais si un peuple a su employer avec science la sculpture décorative, c'est bien le Khmer ; en effet, tous les entablements et les frontons qui surmontent les portes, toutes les balustrades de ponts, toutes les hautes tours qui se dressent au-dessus des temples, tout cela est couvert d'ornements, et, fait digne d'attirer l'attention, si le sculpteur ignore les plans et fuit les raccourcis, comme nous venons de le voir, l'ornemaniste recherche la difficulté ; certaines frises semblent avoir été ajourées à plaisir : ce sont de véritables claires-voies (clerestories), bien autrement remarquables, comme tour de force et exécution, que celles pourtant si magnifiques qu'on retrouve dans nos monuments du moyen âge de la belle époque des xme et xive siècles.
La révélation de l'art khmer est un fait très considérable ; c'est avec raison que Fergusson a pu dire, dans son Histoire de l'architecture (1), que la découverte des villes ruinées du Cam-
(1) History of architecture in ail countries.
bodge est sans contredit un fait aussi important, pour l'histoire de l'art en Orient, que les fouilles qui nous ont fait connaître les cités enfouies dans le sol de l'Assyrie. Nos figures 488 et 489 montrent divers spécimens de sculptures en ronde bosse, telles qu'elles se trouvaient exposées dans la galerie du rez-dechaussée du musée de Compiègne. Ces monuments sont aujourd'hui exposés au musée du Trocadéro, à Paris. (Cf. notre Dictionnaire d'architecture, v° Khjier, où nous avons donné un très long article et de nombreuses figures. )
KHOLE. — Instrument de musique hindou ; sorte de tambour dont le corps, au lieu d'être en bois, est en terre cuite. On appelle aussi quelquefois le même instrument mirdeing.
KOKREE. — Arme hindoue, sorte de poignard dont la lame recourbée décrit presque un quart de cercle et est renflée dans son milieu. Souvent le manche est orné. Les kokrées du Népaul d'une riche fabrication valent 150 à 350 francs ; les types plus ordinaires valent 10, 15 ou 25 francs au plus.
KRISS. — Arme hindoue, dont la lame est souvent flamboyante. Généralement la poignée et le fourreau de cette arme sont en or et décorés de pierreries, de diamants, de rubis; d'autres fois, les poignées sont en ivoire, en ébène, en argent, mais toujours richement ciselées ou sculptées. On se sert du kriss dans l'île de Ceylan et dans toute la Malaisie. Souvent la pointe des lames est empoisonnée : avis aux amateurs de ne point essayer la pointe avec le doigt. Les kriss ordinaires valent de 30 à 40 francs ; les plus beaux, 700 et 800 francs. — Vente J. Jacquemart. N° 194. Kriss malais. 435 fr.
KUSSIR. — Instrument de musique turc.
C'est une sorte de calotte en bois de 0m,25 de diamètre ; elle est recouverte d'une peau sur laquelle sont tendues cinq cordes.
LABRADOR. — Variété de feldspath qui se présente dans la nature sous d'assez gros volumes. Les premiers échantillons de cette pierre sont venus de l'île Saint-Paul, située près de la côte du Labrador (Amérique septentrionale). Sa couleur est gris foncé avec des reflets bleuâtres nacrés, mélangés de pourpre et d'orangé, qui donnent à son chatoiement le reflet opalin, autrement dit gorge de pigeon. Taillée en cabochon, cette pierre est utilisée dans la bijouterie. Elle agit sensiblement sur l'aiguille aimantée ; ce fait n'est pas étonnant quand on sait qu'elle renferme dans sa composition 25 pour 100 de fer. Cette pierre s"e trouve également en Russie et en Norvège ; les belles pièces ont une grande valeur, comme le lecteur pourrale voir par les prix suivants. — Vente San Donato. N° 116. Huit colonnes en labrador reposant sur des bases en marbre rouge de Maremmes ; montures (bases et chapiteaux) en bronze doré. Hauteur des colonnes et des chapiteaux 2m,20. 29,800 lires. — N°117. Deux grands vases en labrador, forme balustre, ornés de riches montures en bronze doré et oxydé. Les anses reproduisent celles des vases de la galerie du palais Pitti, à Florence. Haut, totale, lm,28 ; larg. aux anses, 0m,95. 8,200 lires.
LACRYMATOIRES. — On désigne sous ce terme de petits vases en terre, en albâtre, mais surtout en verre et à long col, qu'on trouve dans les urnes funéraires. Ce terme appartient plutôt à l'archéologie qu'à la curiosité, nous l'avons cependant donné dans ce Dictionnaire parce qu'il s'en trouve beaucoup dans les collections des amateurs. Un grand nombre de la-
crymatoires sont gallo-romains ; on les vend à peine 2 et 3 francs pièce.
LAMBEL. — Terme de blason qui sert à désigner une brisure, c'est-à-dire une figure qui distingue les cadets d'avec les aînés. C'est un filet auquel sont attachés trois pendants de forme trapézoïdale ; on le place à la partie supérieure de l'écu, un peu au-dessous du bord ou bien en fasce.
LAMBREQUINS. — Ce terme a trois significations différentes ; ce sont : 1° des découpures de bois , d'étoffe ou de métal estampé , qui couronnent un store, une tente, une draperie de fenêtre; 2° dans le blason, ce sont des festons qui couronnent et embrassent l'écu avec la même couleur que les émaux; 3° des étoffes découpées en festons et flottantes, qui couvraient le casque et le protégeaient contre la pluie et la poussière.
LAMBRIS. — Boiseries qui servent de revêtement à des murs. On nomme lambris d'appui ceux qui n'ont que 0m,90 à lm,20 de hauteur. Les lambris en chêne sculpté, ceux en poirier, ceux décorés de peintures, sont les seuls qui atteignent des prix élevés dans les ventes.
LAME. — Partie essentielle des épées, des sabres, des poignards, kathars, etc. Les lames les plus réputées dans la curiosité sont les bonnes lames de Tolède, puis les lames allemandes de Solingen.
LAMPADAIRE. — Porte-lampe. Cet us-