LAVABO. — LAVIS
che de vernis de laque ; on ponce ensuite avec un morceau de schiste fin, puis on donne une seconde, une troisième, une quatrième couche, en ayant soin de poncer, après que chaque couche a durci. On ne donne jamais moins de quatre couches ; mais quelquefois il faut vingt couches pour obtenir certains laques rouge vermillon, qui sont alors unis et brillants comme la surface d'une glace. Voilà pour la fabrication de la laque unie. Quand il s'agit de peindre et d'obtenir des reliefs, voici comment opère l'artiste. Avec une sorte de céruse il trace son dessin, jusqu'à ce qu'il en soit satisfait ; il peint alors avec des laques de couleur par-dessus, après avoir préalablement employé un mordant. Pour les reliefs, il burine son dessin, comme le fait l'émailleur champleveur; puis il pose successivement dans ces gravures des couches de laque, jusqu'à ce qu'il ait obtenu un relief suffisant ; il passe alors une sorte de mordant à la laque et il dore au pinceau pour les dorures brillantes et au tampon pour les dorures mates. On nomme laques usées les laques avec décors sans relief, parce qu'on a usé ces reliefs avec la pierre à polir; généralement le décor des tablettes d'étagère est ainsi exécuté. La laque usée porte souvent des dessins or très nets ; en Chine la laque usée a son décor en or, tandis qu'au Japon elle est parfois exécutée en couleur. Voici les diverses variétés ou couleurs de laque : la laque fond d'or, l'aventurine, la noire, le rouge ancien, le rouge ordinaire, la laque burgautée, la laque xyloïde, la laque ciselée. (Voy. Salvocat.) Le Japon produit des ouvrages de laque admirables, beaucoup plus beaux et beaucoup plus estimés que ceux de la Chine. En France et en Angleterre, surtout à Birmingham, on fait de la fausse laque avec des vernis et du noir d'ivoire. On laque beaucoup de cartons-pâtes. Laque de Coromandel. — On désigne sous ce terme un genre de laque dans lequel les dessins sont indiqués par de petites cloisons saillantes réservées dans le bois absolument comme les cloisons de cuivre dans les émaux champlevés. Les meubles en laque de Coromandel sont certainement originaires de la Chine, car les légendes qu'ils portent sont chinoises, écrites même en caractères de l'es-
pèce dite régulière (Jetai) ; les sujets représentés, de même que les emblèmes, les dragons, les grues, les fong-hoangs, tout cela est certainement du Céleste Empire ; mais ce qui est encore très certain, c'est que sur la côte de Coromandel on n'a jamais, à aucune époque, fabriqué de meubles analogues; aussi est-il bien difficile de s'expliquer une pareille désignation. Dans ce genre de laque, les diverses couleurs, les ors, sont déposées sans épaisseur dans les cavités, et ces couleurs sont d'autant plus nettes, d'autant plus tranchantes qu'elles sont séparées par la cloison laquée en noir. Il existe en laque de Coromandel de grandes armoires, des cabinets, des paravents. Les plus beaux paravents que nous ayons vus dans ce genre étaient chez M. Decaisne, dont la science regrette la perte récente. En général, ces meubles paraissent avoir été fabriqués au xvn° siècle pour l'Europe ; un armateur anglais pourrait bien avoir été l'initiateur de ce genre de meuble. (Voy. Mobilier, § 10, Meubles de l'Orient.)
LAVABO. — Objet mobilier, table de toilette garnie des ustensiles nécessaires pour faire sa toilette, tels que pot à eau, cuvette, éponges, boîtes à savon, à pâte, etc.
LAVE. — Produit volcanique dont on fait des bijoux de peu de valeur. L'Italie, surtout la ville de Naples, fait avec la lave des broches, des colliers, des bracelets, des pendants d'oreilles, etc.
LAVIS. — Peinture à l'eau, dans laquelle on emploie principalement de l'encre de Chine ou de la sépia. Les dessins ainsi faits se nomment dessins au lavis, dessins à l'encre de Chine, dessins à la sèpia. Les aquarelles sont des dessins au lavis ; mais comme on emploie plusieurs couleurs, l'usage a prévalu de désigner les dessins au lavis à plusieurs couleurs sous le nom d'aquarelles. Les dessins lavés avec une seule couleur, en bleu, en' vert, en carmin, sont désignés sous le nom de camaïeux.
On nomme gravure au lavis ou à Vaquatinta un genre particulier de gravure qui imite les dessins lavés. (Voy. Gravure.)
LECTRIN.