MUSETTE
montrer les points de ressemblance et de dissemblance qui existent entre ces deux instruments. L'outre de la cornemuse est insufflée
par la bouche, celle de la musette au moyen d'un soufflet placé sous le bras gauche de l'exécutant. Le bourdon de celle-ci est percé de plu-
Fig. 547. — Musette de Borjon.
sieurs trous bouchés par des chevilles de bois ou d'ivoire, appelées layettes, dont on ouvre à volonté un ou deux trous, suivant qu'on veut obtenir la tonique et la dominante du ton dans lequel on veut jouer. Nos figures 547 et 548 montrent la musette dite de Borjon avec son soufflet ; elle est ainsi désignée parce qu'elle se trouve dessinée en tête d'un traité de la musette écrit par un grave avocat au parlement, Emmanuel Borjon de Scellery, né à Pont-de-Vaux en Bresse en 1632 et mort à Paris en 1691. Ainsi donc l'instrument de musique que montre notre figure est, selon toute apparence, du XVIIe siècle, peut-être même du XVIe, car le volume in-4° de Borjon a été imprimé à Lyon en 1672. Quatre parties essentielles entrent dans la composition de cet instrument, beaucoup plus soigné et beaucoup plus fin que la cornemuse. Le soufflet, qui remplace le souffle humain, s'attache au moyen de cordons sur la hanche droite de l'exécutant, qui donne le vent en ouvrant ou en fermant
le soufflet avec son bras droit. Le second organe est le réservoir, qui distribue le vent dans les différentes parties de l'instrument; il
Fig. 548. — Soufflet de la musette de Borjon.
est fait d'une peau de mouton qui communique avec le soufflet au moyen du porte-vent. Une soupape laisse entrer l'air, mais ne le laisse sortir que par le bourdon. Le chalumeau, la troisième partie de la musette, est percé de
MUSIQUE (instruments de). — MUSULMAN (art). 487
toute sa longueur d'ouvertures parallèles et fermées par les layettes, dont nous avons parlé en commençant.
huit trous, dont sept sur le devant (on les aperçoit sur notre figure) et un sur le côté opposé. Le chalumeau est la partie essentielle de la musette ; il est destiné cà jouer la partie mélodique. Enfin la quatrième partie est le bourdon, c'est-à-dire le cylindre percé dans
MUSIQUE (Instruments de). — Les instruments de musique sont de plusieurs sor-
Fig. 548 bis. — Nablas des Grecs ou harpe à douze cordes.
tes ; nous n'avons pas à en parler ici, nous les avons décrits à peu près tous à leur rang ; mais nous donnerons un type de harpe à douze cordes d'après un vase peint de l' Apulie, vase qui fait partie des collections du musée de Munich. Ce genre de harpe (fig. 548 Us) était appelé chez les Grecs nablas (1). (Voy.
(1) Cf. Rambosson, les Harmonies du son; un vol. in-8°, Paris, Firmin-Didot.
Cor, Cornet, Caisse, Viole, Violon, Musette, Contrebasse,. Trombone, Hélicon, Saxhorn, Ophicléide, etc., etc.)
MUSULMAN" (Art). — De même que l'art moresque, l'art musulman n'est qu'une branche de l'art arabe ; les musulmans, en effet, sont les partisans de Mahomet, leurs mosquées et leurs édifices sont tous érigés dans le style Arabe. (Voy. ce mot.)
NABLE. — Sorte de psaltérion de forme triangulaire qui a ses cordes posées perpendiculairement à la base du triangle.
NACAIRE. — Instrument de musique du moyen âge ; ce sont (fig. 549 et 550) des timbales qui, au lieu d'être hémisphériques, ont la
Fig. 549. — Nacaire antique.
forme de la moitié d'un œuf. Ce terme est dérivé de l'arabe nagârah, qui signifie timbale; aussi quelques auteurs l'écrivent naquaire.
Fig. 550. — Nacaire du xvne siècle ; H, caisse ; I, peau.
NACRE. — Matière blanche et brillante {nacrée) qu'on retire de certains coquillages et dont on fabrique des objets divers : des manches de couteau, de poignard; des poignées d'épée et de sabre, etc. La nacre sert aussi dans la marqueterie, où elle est employée en incrustation et en piqué, soit dans les bois, soit dans les laques. Une belle variété de nacre est celle qui se nomme Burgaudixe. (Voy. ce mot.)
NANKIN. — Etoffe des Indes, dont la matière première est fournie par une plante analogue au coton ; seulement, tandis que le coton dans son enveloppe est blanc, le nankin est jaunâtre.
NAPPERON. — Diminutif de nappe, mais qui ne sert ici qu'à désigner de petites nappes en guipures ou brodées à jour.
NARGHILEH ou NARGUILÉ. — Pipe à eau turque, qui se compose d'un long tuyau, d'un fourneau ou pipe proprement dite, dans lequel brûle le tabac, et d'un vase en verre rempli d'eau parfumée, à travers laquelle passe la fumée avant d'arriver à la bouche du fumeur. Souvent les vases des narguilés sont en cristal gravé et doré, ou en argent damasquiné. En verre, ces pipes valent de 20 à 25 francs; en argent damasquiné, de 70 à 90 francs, quand les bouts sont en ambre ou en bel ivoire.
NARVAL. — Le narval est un cétacé qui porte au-dessus de sa tête une sorte de défense brillante comme l'ivoire. Cette défense à l'état naturel vaut 200 francs; sculptée, elle vaut, suivant son travail, 7 et 800 francs; quand c'est un travail de l'époque de la renaissance qui la décore, elle vaut jusqu'à 1,200 fr. On utilise cette défense pour faire des poignées d'épée, des manches de couteau ou de poignard, etc. .
NATURALISME. — Voy. Réalisme et
Spiritualisme.
NATURE MORTE. — Dans la langue des