PERS
lits , ce que nous nommons aujourd'hui rideaux et dosseret. Par extension, ce ternie servait à designer les tentures d'une alcôve.
PENTUPtES. — Bandes de fer plus ou moins ornées qui servent à renforcer et à décorer les vantaux de certains meubles et de certaines portes. Les pentures sont terminées par un œil dans lequel pénètre le gond sur lequel pivote la porte. Dans les meubles, les pentures sont aussi à charnière. Les plus anciennes pentures que l'on connaisse remontent à la fin du IXe ou au commencement du Xe siècle. On vend les pentures à tant la pièce ou à 0 fr. 10, 0 fr. 20 et même 0 fr. 25 le kilogramme, suivant leur travail de façon.
PÉRIDOT et PÉRIDON. — Pierre fine d'un vert jaunâtre, qui raye le verre, bien qu'elle soit moins dure que le cristal de roche. Nous voyons cette pierre mentionnée dans l'inventaire du duc de Berry daté de 1416 : « Une pierre appelée pèridon enchâssée en or xx sols t. y> Cette pierre est peu estimée, puisqu'un vieux dicton des joailliers et des lapidaires français dit : «. Qui a deux péri dots , en a un de trop. » En allemand, on nomme cette pierre olivenstaner, c'est-à-dire par un terme équivalent à olivine, parce que sa couleur rappelle celle du fruit de l'olivier. Les beaux péridots nous viennent du Levant, et principalement de l'île de Ceylan.
PERLE. — La perle est une concrétion calcaire qui s'étend en couche plus ou moins épaisse dans l'intérieur des anodontes et des mulettes. Quand cette concrétion est isolée dans l'eau de l'huître, c'est la perle plus ou moins parfaite. Quand elle forme une exubérance tenant à la coquille , on la nomme perle 'baroque, parce qu'elle n'est pas ronde. Ci-dessus, au mot Pent-a-col (fig. 578), le lecteur pourra voir deux perles baroques : l'une forme le corps du dragon de ce bijou, l'autre est posée en pendeloque. — L'huître qui fournit les plus belles perles et les plus régulières est Yavicula marijaritifera. Les perles les plus recherchées nous viennent de l'Inde et de l'île de Ceylan. — Très estimées dans l'antiquité, elles formaient
la décoration des plus belles parures. Nos lecteurs connaissent l'anecdote de Cléopâtre faisan t dissoudre une perle dans du vinaigre, afin de prouver qu'elle pouvait en quelques minutes absorber une somme considérable.
Nous venons de définir ce que c'est qu'une -perle baroque. Dès le commencement du xvie siècle cette expression était connue, nous la trouvons consignée dans l'inventaire de Gabrielle d'Estrées, daté de 1599 : « Un grand baril de serpentin garny d'argent doré avec de petites perles barocques et des roses de petits safirs, prisé six vingt escus. » — On nomme perles de compte des perles assez volumineuses pour être comptées, mais cependant trop petites pour être estimées suivant leur grosseur. La semence de perles désigne les perles trop petites pour être comptées ; elles se vendent au poids : on les utilise en général dans les broderies. — La perle piucelle est celle qui se trouve telle qu'elle était dans sa coquille, c'est-à-dire qui n'a pas été percée et n'a subi aucun travail, aucune manipulation. Quand une perle est très brillante, très nacrée, on dit qu'elle a un bel orient. Quand, pour une cause quelconque, une perle perd son orient, elle est dite perle morte; elle est alors terne et mate : on peut quelquefois Vaviver, c'est-à-dire lui rendre sa fraîcheur et son éclat, en supprimant la première couche qui la recouvre ; mais on ne peut pratiquer cette opération , assez longue et assez difficile, que sur des perles d'une certaine grosseur, car souvent, l'enlèvement de la première couche ne rendant pas son nacré à la perle, il faut opérer sur une deuxième couche.
PERS. — Couleur bleue de tons très variés qui débute du plus pâle pour arriver au bleu le plus foncé ; mais en général le pers est un bleu très foncé. Le terme latin persicus, persica,persîcum, est souvent traduit pax persan, ce qui est parfois un contresens ; il faut toujours s'assurer si dans les ouvrages techniques ce terme ne peut pas être traduit par pers, eu égard à l'objet auquel il se rapporte. Ainsi color persica signifie bien souvent couleur pers , au lieu de couleur persane, surtout quand il est question d'émail.
PERSAN (art). — PERTUISANE
PERSAN (Art). — Ce terme sert à désigner l'art de la Perse moderne, c'est-à-dire celui qui s'est développé du Xe siècle de notre ère jusqu'à nos jours. Antérieurement à cette époque il a existé dans ce pays un art très ancien qui florissait à Persépolis et qu'on a nommé art jpersèpolitain. Nous ignorons la plus grande partie de l'histoire de cet art ancien; nous ne connaissons guère que l'architecture et la sculpture de l'ancienne civilisation persépolitaine , parce qu'il nous reste des spécimens précieux et considérables de ces deux arts ; mais nous possédons des renseignements beaucoup plus complets sur l'art persan moderne. Ce style est d'une grande richesse ; les couleurs les plus brillantes, les ors et le cristal s'unissent pour donner un air de richesse et de haut luxe à l'art persan. Quand l'édifice est ' modeste, les ornements sont peints dans une sorte de stuc ; dans les édifices de quelque importance, ce sont des faïences richement émaillées qui forment la base de l'ornementation. — Le palais de Tchar-Bach à Ispahan est une merveille ; il est impossible de rien voir de plus brillant, de plus scintillant même que l'intérieur de ce bel édifice , qui renferme une vaste cour couverte dont le plafond est supporté par quatre colonnes au pied desquelles sont adossées, par groupe de quatre, des cariatides portant chacune sur leurs épaules une tête de lion qui vomit de l'eau dans un bassin central. Les peintures et les dorures, qui décrivent des arabesques féeriques sur le plafond et sur les murs, se reflètent dans ce bassin aux eaux tranquilles, et tout cet ensemble est d'un effet magique. Le mobilier est souvent formé de piqué d'écaillé, d'ivoire et de nacre avec quelques bois de couleur. Les armes et l'orfèvrerie sont de véritables merveilles ; enfin les tentures et les tapis sont dessinés avec un goût exquis et coloriés avec une richesse de tons inconcevable. Dans ces dernières années, nos artistes ont beaucoup . étudié cet art oriental et certains d'entre eux ont appris de cette façon l'art du coloriste.
PERTUISANE. — Arme du moyen âge qui participe à la fois de la pique et de la hallebarde. La pertuisane se distingue facilement de celle-ci , parce que son fer de pique
porte seulement deux ailerons en forme de demi-croissant montant vers la pointe du fer ; sa lame est plate et quelquefois flamboyante ; on y voit souvent des gravures, des dates et des devises. On s'est servi de la pertuisane
Fig. 579. — Pertuisane.
dans les armées jusque vers la fin du xvne siècle (1670); elle servait à arrêter l'élan de la cavalerie, à défendre les retranchements et à repousser l'assaut des remparts. Au commencement du xviii6 siècle, les invalides et les gardes des poudrières et des arsenaux s'en servirent seuls. La pertuisane des gardes de la manche de Louis XIV avait sur sa lame
PÉRUVIEN (art;.
l'image du soleil avec la devise : Nec pluribm impar, et la figure d'Apollon sur un char attelé de quatre chevaux. (Voy. notre fig. 579.)
PERUVIEN (Art). — Les anciens Péruviens ont créé des monuments et des routes remarquables. En ce qui concerne les autres
Fig. 580.
Phalères romaines.
arts , ils savaient extraire et travailler les métaux, fabriquer des objets d'orfèvrerie; nous en avons donné un spécimen très ancien au mot Bijouterie (fig. 128). Ils fabriquaient
également des poteries. Mais nous devons avouer qu'en dehors de leurs grands travaux d'utilité publique, tels que les routes, les anciens Péruviens avaient un art fort peu avancé,
PETRINAL. —
si nous en jugeons par les spécimens importés en Europe. Des auteurs prétendent que les Péruviens étaient d'excellents orfèvres, mais que leurs plus beaux produits ont été fondus par les vainqueurs de ce peuple, ou que les vaincus eux-mêmes les auraient anéantis en les jetant dans les grands lacs de leur pays pour les soustraire à la rapacité des Espagnols. Ce sont là des faits difficiles à contrôler. — Cf. notre Dictionnaire $ architecture, v° Péruvien (Jrtf).
PETRINAL. — Yoy. Poitrinal.
PHALERES. — Décorations militaires chez les Romains; c'étaient des médailles d'or ou d'argent qui présentaient des figures diverses. A l'origine, les phalères paraissent avoir servi à enrichir les harnais des chevaux. Souvent on réunissait les phalères pour en faire comme des colliers ; mais plus ordinairement les Romains portaient' ces insignes sur la poitrine, comme le montre notre figure 580, qui reproduit ces décorations d'après un moulage du musée d'artillerie.
PHARMACIE. — Petit meuble en forme de cabinet, ou petite trousse, qui renferment des produits pharmaceutiques. — Vente Double. N° 265. Pharmacie de voyage de François II, en forme de cabinet, en bois d'ébène, fermant à deux portes, avec ustensiles, boîtes et bouchons des flacons en . argent doré. Un des tiroirs renferme vingt-cinq petites boîtes cylindriques en ivoire guiUoché. Cette pièce reposait sur une table oblongue à pieds tors en bois noir. Hauteur du cabinet, 0m,34 ; largeur, 0m,35. 800 francs.
PHÉNICIEN (Aet). — Les monuments d'art phénicien (1) sont extrêmement rares,
(1) Ce terme paraît dérivé defeine (irlandais, probablement), labourer, et oice, eau de mer (laboureur de la mer). Nous savons, en effet, que les Phéniciens étaient d'excellents marins. C'est du mot oice qu'est dérivé océan (oice, mer, et cean, principal), mer principale. On nommait aussi les Phéniciens Scuits, mot qui en irlandais veut dire vaisseau, navigateur. La capitale de la Phénicie s'appelait Tyr (tir, tior), ce qui signifie la terre par excellence.
PHLEBOTOME.
nous ne pouvons même d'après eux juger de cet art. Nous savons seulement que les Phéniciens avaient une civilisation très avancée, puisqu'ils possédaient une marine assez importante pour leur permettre de faire des voyages de circumnavigation autour de l'Afrique; nous savons aussi que l'époque la plus brillante de l'histoire de la Phénicie s'étend du xie au vie siècle avant notre ère, c'est-à-dire embrasse une période qui va du roi David à la conquête de Cyrus. Pendant cette époque ils possèdent un art bien à eux, et ils ont des artistes teUement capables que Salomon en demande à Hiram, roi de Phénicie, ainsi que des contremaîtres pour la construction du temple de Jérusalem. — Voy. Hébraïque (Art) ; et cf., dans notre Dictionnaire d'architecture, l'article Phénicien (Art).
Fig. 581. — Phlébotome.
PHLEBOTOME. — On nomme phlébotome ou lancette à ressort un petit instrument servant à pratiquer des saignées. Notre figure 581 montre une lancette à ressort du xviii6 siècle ; eUe est montée en argent gravé et enrichie de grenats. Quelques praticiens, à qui nous avons montré le croquis que représente notre figure, pensent que, vu la forme triangulaire de la lame de cet instrument et le puissant ressort qui l'actionne, c'était plutôt un scarificateur ou un instrument de vétérinaire. Il pouvait pratiquer dans la peau des incisions assez, profondes pour vider des poches ou loupes renfermant du sang accumulé