PISTOLET
met, ou pipe du sauvage; le chibouque, ou pipe turque à long tuyau de merisier avec embout (bec) en ambre ;la pipe à eau, ou Narghilé. (Voy. ce mot.) Suivant la matière dont elles sont faites, on distingue : la pipe en terre blanche dite terre de pipe ; — la pipe en terre rouge du Levant , l'une des meilleures à f umer : elle est dorée et vient de Smvrne , de Constantinople , de Tunis , du Maroc , d'Alger; une fabrique marseillaise (J. Gambier) fait des pipes de terre rouge ou brune excellentes ; — la pipe en kummer, dite écume de
mer ; — les pipes en porcelaine : beaucoup de ces pipes sont fabriquées en Allemagne et décorées de peintures erotiques dont les moines et les religieuses fournissent principalement les sujets ; — les pipes en racine de bruyère, les pipes en bois ; les pipes en bois de coco, en corrozo, etc. — La pipe à fumer l'opium a son réchaud plus petit qu'un dé à coudre ; elle est d'origine chinoise ou japonaise et a très peu de valeur : 2 ou 3 fr. au plus.
PIPPE. — Ancien terme qui servait à dési-
Fig. 583. — Pistolet-briquet.
gner une tigette de métal à laquelle on attachait les signets des livres. Quelquefois ce terme est improprement appliqué au bouton d'ivoire ou de métal fixé sur le plat d'une couverture et qui recevait le fermoir du livre.
PIQUE. — Terme générique servant à désigner toute espèce de lance. Sous Louis XIII, elle était fort longue; elle ne mesurait pas moins de 15 pieds, près de 5 mètres; aussi la raccourcit-on sous Louis XIV de près de moitié et la nomma-t-on demi-pique ou esponton. Une ordonnance royale de 1708 supprima la pique comme arme de guerre. Le fer de la pique
est plat avec deux petits oreillons ; c'est un diminutif du fer de la Peetuisane. (Voy. ce mot et la figure qui raccompagne.)
PISTOLET. — Arme à feu qu'on pourrait appeler la petite-fille du mousquet, car celuici donna naissance au poitrinal ou pètrinal, qui n'est qu'un mousquet raccourci ou un pistolet très allongé. Le pistolet a fait son apparition au XVe siècle, car les argoulets ou soldats de la milice étrangère au service de Louis XI étaient armés de pistolets, assez mauvais du reste, ce qui fait qu'on nomme aujourd'hui un mauvais fusil non seulement un flingot, mais aussi un argoulet. Ce terme tirerait son
PITONG. — PLASTIQUES (arts).
origine d'une ville italienne, Pistoia, où l'on fabriquait des poignards ou plutôt des dagues ou mains-gauches armées d'un pistolet. Les premiers pistolets furent à rouet ; on les conserva jusqu'au milieu du xviè siècle, car en 1554, à la bataille de Keuty, les reîtres allemands étaient armés de pareils pistolets : c'est, du reste, à partir de cette époque que le pistolet commença à prévaloir sur la lance dans la cavalerie légère, et au commencement du xvne siècle la grosse cavalerie l'adopta. Notre figure 583 montre un pistolet-briquet du xviii6 siècle ; il est enrichi d'incrustations d'argent finement ciselées. Il faut la regarder de bien près pour voir que cette arme n'est qu'un ustensile remplacé aujourd'hui par nos allumettes chimiques. La moitié supérieure du canon s'ouvre comme un couvercle de coffre sur des charnières parfaitement ajustées ; quand on presse sur un ressort , on voit se dresser un petit cylindre creux portant une mèche de coton qui s'enflammait au moyen de la poudre contenue dans le bassinet. Ce genre de briquet est extrêmement rare ; c'était plutôt un objet de fantaisie et de' curiosité qu'un ustensile d'un usage journalier. — Vente Double. N° 214. Paire de pistolets à rouet, avec monture en bois uni (xvne siècle). 850 fr. — N° 215. Pistolet à rouet avec monture en bois uni (xvne siècle). 200 fr. (Généralement les pistolets seuls se vendent proportionnellement beaucoup moins cher que par paire.) — N° 238. Deux pistolets dont la monture est couverte d'ornements en argent doré et repercé à jour. Travail oriental. 390 fr. — N° 239. Deux pistolets à crosse sphérique (travail oriental). 130 fr.
PITONG. — Vase cylindrique utilisé par les Japonais et les Chinois, soit comme vase d'ornement , soit comme dépôt de pinceaux ou de roseaux à écrire. Ces vases sont faits en bambou uni, sculpté ou gravé, et n'ont pas beaucoup de valeur; ils sont aussi en bois laqué, en ivoire sculpté ou laqué, en faïence, en porcelaine, en bronze uni, gravé, sculpté, damasquiné, en bronze émaillé, en argent, en jade. Au mot Bronze (fig. 158), nous avons donné un pitong japonais. Les pitongs qui at-
teignent dans les ventes les prix les plus élevés sont ceux de jade gravé : ils valent de 300 à 550 francs, suivant leurs dimensions ; puis ceux en émail champlevé, qui valent, suivant leur grandeur, de 350 à 600 francs. La maison Christophe fabrique des pitongs en bronze damasquiné et en bronze champlevé presque aussi beaux que ceux du Japon.
PLAQUE DE FOYER. — Aujourd'hui les amateurs de ferronnerie vont chercher dans les démolitions les plaques de foyer en fonte des époques Louis XIV et Louis XVI, et les payent des prix 'assez élevés, jusqu'à 150 et 180 francs.
PLAQUETTE DE BRONZE. — On désigne sous ce terme de petits bas-reliefs en métal très recherchés par les amateurs de curiosités. Notre figure 584 montre une de ces plaquettes , exécutée par le célèbre orfèvre de Vicence de la fin du xve siècle , Valerio Belli, dit Valerio Vicentino. Cette plaquette repré-
Fig. 584. — Plaquette en bronze.
sente Scipion l'Africain remettant au roi africain sa femme captive. Cette œuvre paraît être l'épreuve d'une gemme, car Valerio a gravé beaucoup de camées et d'intailles. Les TJffiti de Florence possèdent de cet artiste un superbe coffret en cristal de roche sur lequel se trouvent vingt-quatre scènes de la vie du Christ gravées en creux. Dans le bas de notre plaquette on lit : VALE. VI. F. ; c'est la si-