‹ Dictionnaire de l'art, de la curiosité et du bibelotChapitre 291 sur 325 · SPIRITUALISME DANS L'ART · texte numérisé non relu

SPIRITUALISME DANS L'ART

tre marque Y, c'est-à-dire 1762. Ancienne collection Pichon. 11,700 lires. — N° 1201. Soupière de forme basse en argent repoussé et ciselé; sur le pourtour et sur le couvercle, feuilles, guirlandes et ornements courants brunis sur fond graindorgé ; au centre de la soupière , deux têtes de chèvre ; sur le couvercle surmonté d'un f ruitelet , anses formées de branchages, bordures d'oveset de perles. Travail italien du temps de la régence. 1,550 lires. — N° 1206. Soupière ovale en argent repoussé et ciselé, culot à feuilles de chêne et de laurier entremêlées, perlé et feuillages à la base ; anses en ceps de vigne • bordures de rinceaux avec écusson comtal supporté par deux griffons terminés en feuilles ; couvercle à canaux contournés , surmonté d'oignons, épis de blé et feuilles de vigne. Travail français du xvme siècle. 11,500 lires. — N° 1215. Soupière de forme ronde avec plateau de forme ovale en argent repoussé et ciselé ; quatre pieds à volutes donnant naissance à des feuilles de chêne qui s'étendent le long du culot ; pourtour godronné, avec écusson portant un lion de gueules surmonté d'une couronne à neuf perles entourée de feuilles ; anses en ceps de vigne ; couvercle surmonté d'un bouquet de fleurs et de feuilles. Travail du temps de la régence. 5,200 lires.

SOURDON. — Voy. Sordone.

SOUTACHE. — Tresse plate de galon en laine ou en soie tissée d'or et d'argent, qui sert à dessiner sur des étoffes des broderies dites à la soutache.

SOUVENIR. — Petit portefeuille à l'usage des dames ; il est recouvert tantôt d'écaille ou de galuchat, tantôt de plaques d'or ou d'argent, de feuilles d'ivoire, etc. ; des plaques émaillées servent aussi à sa décoration. — On désigne également sous ce terme un genre d'étui large et aplati, ainsi que divers menus objets qu'on donne en souvenir, tels que bonbonnières, boîtes, coffrets, etc.

SPATH ADAMANTIN. — Cette pierre, appelée par les minéralogistes corindon harmo-

phane, est opaque ou légèrement translucide; sa structure est lamelleuse ; elle se présente sous toutes les couleurs des autres pierres ; son extrême dureté lui a fait donner l'épithète d' 'adamantin, qui signifie diamant. On nomme spath soyeux, ou pierre satinée, une variété de spath que les minéralogistes désignent sous le nom de chaux car oonatèe fibreuse ; spath fluor ou fluorine, une variété de pierre translucide à fond grenat, opaque avec des veines blanches.

SPIRITUALISME DANS L'ART. — Le

contraire du naturalisme, du réalisme dans l'art, c'est le spiritualisme. Ici le dessinateur, le peintre, en un mot l'artiste, ne reproduit pas strictement, brutalement le modèle naturel qu'il a devant les yeux ; il pousse beaucoup plus loin son travail, il reproduit son modèle tel que son esprit le lui représente, dans l'idéal de la beauté. Ainsi donc, d'après ce qui précède, nous définirons la spiritualité, ou plutôt le spiritualisme dans l'art, une manière de reproduire la matière à travers l'idéal de l'esprit ; ce que Paul Delaroche définissait de cette manière : ce II faut, disait-il, qu'un artiste oblige la nature à passer par son intelligence et son cœur. » C'était l'interprétation de ces paroles de Raphaël : ce Comme je n'ai pas de beaux modèles parfaits, je me sers d'un certain idéal que je possède dans mon esprit. » Cicéron, qui certes n'était pas un grand artiste , nous l'avons vu dans notre introduction, était un grand orateur (nous n'apprendrons rien à personne en écrivant ceci), Cicéron, disons-nous, se laissant emporter par son éloquence, dit dans son de Oratore : ce L'artiste qui, l'œil fixé sur l'immuable, le prend pour modèle et le reproduit, ne peut manquer de produire une œuvre d'une beauté accomplie, tandis que celui qui a l'œil fixé sur ce qui est périssable ne fera rien de beau. Quand Phidias créait une statue de Jupiter ou de Minerve , il n'avait point sous les yeux un modèle particulier dont il s'appliquait à exprimer la ressemblance ; mais c'est au fond de son âme qu'il cherchait le type idéal de la beauté sur lequel il tenait ses regards fixés, et c'est celui-là qui guidait et son art et sa

Page 1