‹ Dictionnaire de l'art, de la curiosité et du bibelotChapitre 303 sur 325 · TRICTRAC. —.TROMBONE · texte numérisé non relu

TRICTRAC. —.TROMBONE

TRICTRAC. — Sorte de table à jeu sur laquelle sont incrustées des flèches qui servent à placer des pions en ivoire ou en buis. Ce sont aussi des boites doubles qui servent à jouer le jeu dit de tricti-ac. Seuls les trictracs de la renaissance ont quelque valeur.

TRIPTYQUE. — Tablette de trois feuillets qui se replient sur eux-mêmes ; les deux feuillets de côté étant de moitié plus étroits

que le feuillet central, on les nomme volets. Il existe des peintures sur bois qui forment triptyques. Beaucoup de triptyques anciens sont peints sur cuivre, beaucoup aussi sont sculptés sur ivoire ; notre figure 688 en montre un de ce dernier genre. On voit dans le centre le Christ couronné, richement vêtu et assis sur un trône ; sa main droite est levée pour bénir ; clans l'autre main on voit un livre , les Évangiles ; le fond est décoré d'arabesques en relief.

Fig. 688. — Triptyque en ivoire (xme siècle).

Les angles de ce panneau central sont ornés des symboles des évangélistes. Les volets représentent Moïse et Aaron ; l'un tient les tables de la loi, l'autre une boîte et un encensoir. Cette sculpture date de la fin du xiiil' siècle ; elle fait partie de la collection delM. E. B. à Nice. Hauteur, 0m,32 ; largeur totale, 0m,35. — Vente San Donato. N° 388. Petit triptyque en ivoire sculpté, surmonté, parmi d'autres armoiries, de la fleur de lis de Florence. Le centre représente une reine donnant audience à un ambassadeur florentin. Ces personnages sont revêtus de costumes du xvi° siècle , ainsi que les deux figures des volets, dont l'une re-

présente un page et l'autre un majordome. Travail d'une grande finesse, portant de nombreuses traces d'or et de rehauts de couleurs. Haut., 0,u,14 ; larg. totale, 0m,165. 1,400 lires.

TROMBLON. — Sorte d'escopette ; mais le tromblon est plus court que celle-ci, sa gueule, plus large, est ronde ou ovale. C'est une arme espagnole. Les tromblons décorés d'ornements et de damasquines ont seuls une certaine valeur. Il existe aussi un type de tromblon mexicain, mais qui n'a pas une grande valeur.

TROMBONE. — Instrument de musique

TKOMPE DE CHASSE. — TEOMPETTE.

en cuivre ; c'est une sorte de grande trompette, composée de quatre branches ou tubes qui s'emboîtent l'un dans l'autre et qu'on nomme

Fig. 689. — Trombone à coulisses.

coulisses. Notre figure 689 montre un trombone à coulisses avec un pavillon droit.

TEOMPE DE CHASSE. — Voy. Cok.

Kg. 690. — Trompette de cavalerie.

Tkompe-l'œil. — Tableaux qui représentent certains objets avec un tel accent de vérité qu'ils font illusion au spectateur. Tout le monde connaît l'histoire des raisins que Zeuxis avait si bien imités que des oiseaux vinrent

les becqueter, et du rideau peint par Parrhasius, qui trompa Zeuxis même, puisqu'il dit à son confrère : « Ote ce rideau, afin de nous montrer ton tableau. »

Fig. 691. — Trompette Scandinave.

TROMPETTE. — Instrument de musique à vent, le tuba des Latins ; c'est un tube droit en cuivre, sans trous ni clefs. -Le Claikon (Voy. ce mot) est une sorte de trompette. Notre figure 690 montre une trompette de cava-

TRONCHINES. — TROUSSERE.

lerie. Cet instrument est très ancien en France, puisque la comix des Gaulois était une trompette en cuivre avec un pavillon courbe qui imitait la tête d'un animal.

Notre figure 691 montre une trompette Scandinave dénommée lourd. Cet instrument fait partie des collections du musée de Copenhague.

TRONCHINES. — Robes de dame parti-

culières au xvme siècle , ainsi nommées parce qu'elles avaient été inventées par un nommé Tronchin.

TRONE. — Siège élevé sur lequel s'assoient de grands personnages, rois, empereurs, princes, évêques, etc., lors de certaines solennités publiques. De nos jours on vend de tout, même des trônes ; à la vente San Donato, un trône sculpté en noyer et incrusté d'érable (n" 328)

Fig. 692. — Épreuve typographique (fac-similé d'une gravure eu taille-douce).

a été vendu 18,500 lires. Ce trône avait appartenu à Giuliano de Médicis, duc de Nemours ; c'était un travail italien du xve siècle. A la mort de Julien de Médicis , ce trône devint la propriété des Strozzi et orna l'un des palais princiers de cette famille, le palazzo nonfinito de la via del Proconsole, à Florence. Plus tard il fut transporté dans une villa qui fut donnée avec son mobilier à une fille du prince Strozzi, mariée au comte Nuti; celle-ci le vendit au prince Demidoff.

TROU-MADAME. — Jeu d'adresse auquel on joue avec dé petites billes en ivoire de 0m,015 de diamètre ; on les pousse avec la main dans des trous numérotés percés dans des arcades opposées au côté sur la face duquel se tient le joueur. Il faut avec les billes faire un certain nombre, mais ne pas le dépasser, sans quoi on est mis hors de la partie.

TROUSSERE. — Agrafe du moyen âge que les dames employaient pour relever leurs

Planche XXXIII. — Epreuve typographique Q.' Enfant prodigue, d'après une gravure d'Albert Durer).

TRUMEAU. — TYPOGRAPHIQUES (épreuves).

robes. Dans un auteur de 1498, J. Molinet, nous lisons :

Mais entre les autres j'y vis Dont l'une y donna un bréviaire :

Et l'autre un calice à devis , Et sa dame une cordelière Pour lui faire un trdussouaire.

TRUMEAU. — Partie de maçonnerie pleine comprise entre deux vides, entre deux baies (portes ou fenêtres). — Ce terme sert aussi à désigner le parquet et l'entourage d'une glace placée au-dessus d'une cheminée. (Voy. Boiseries.)

TRUMELIÈRES. — Voy. Grèves.

TUBA. — Sorte de longue trompette en cuivre, droite avec un pavillon droit. Ce terme latin est employé pour désigner les trompettes qu'on voit figurées sur des anciens monuments d'art. (Voy. Trompette.)

TULLE. — Étoffe légère à mailles fines et rondes. Il y a des tulles de soie, de coton et de fil. Cette étoffe est employée pour faire des robes légères pour daines, principalement des robes de bal.

Technique. — Anciennement le tulle se fabriquait à la main, comme la dentelle ; mais depuis le commencement du xixe siècle il existe des métiers à tulle. Vers 1808, un Anglais, M. Headcoat, en voyant fonctionner une machine propre à fabriquer des filets de pêche, eut l'idée d'en construire une à faire le tulle : ce fut le point de départ de toutes les machines créées plus tard pour faire de la dentelle. — Les fils employés sur le métier à tulle sont enroulés, ceux pour la chaîne sur des cylindres, ceux pour la trame sur de petites bobines plates formées par deux disques en laiton rivés ensemble, de manière à présenter une rainure circulaire qui reçoit le fil. Un mécanisme spécial permet aux bobines de tourner

autour des fils de chaîne et de les entourer pour former une sorte de maille. — Ce n'est guère que depuis vingt ans environ qu'on est parvenu à faire des métiers à la Jacquard pour tisser des dessins sur cette étoffe de manière à obtenir des tulles brodés.

TURQUOISE. — Pierre précieuse de couleur bleue, de nuances variées. Il existe deux espèces de turquoises ; la plus belle est connue sous le nom de turquoise orientale ; sa pesanteur spécifique est de 2,45 ; elle est insoluble dans les acides et infusible même au chalumeau, mais sous le jet de. celui-ci elle perd sa couleur. Quelques turquoises sont d'un bleu verdâtre, mais on les estime moins que celles qui sont d'un beau bleu foncé.

TYMPANON. — Chez les anciens, ce mot désignait toute sorte de tambours ; pendant le moyen âge, il était appliqué au Psaltérion (Voy. ce mot) ; chez les modernes, il sert à désigner une sorte de tambour de basque.

TYPOGRAPHIE. — Voy. Imprimerie, Gravure, Livre, etc.

TYPOGRAPHIQUES (Épreuves). — Épreuves imprimées au moyen de la presse typographique. — Aux mots Estampe et Gravure, nous avons fourni de nombreux renseignements sur les épreuves de gravure en tailledouce; nous devons dire ici, comme complément, quelques mots sur les épreuves de gravures typographiques. Ces épreuves se tirent directement sur des gravures en bois ou sur des clichés obtenus à l'aide de celles-ci. On peut même faire sur bois des fac-similés de gravure sur acier ou sur cuivre, et tirer celles-ci typographiquement. Notre figure 692 montre une gravure sur bois, de Ch. Jacque, qui reproduit une gravure au burin. .Notre planche XXXIII reproduit typographiquement une gravure en taille-douce célèbre : c'est Y Enfant prodigue d'Albert Durer.

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URANE. — Corps composé d'uranium et d'oxygène ; c'est un demi-métal faisant l'effet d'une pierre de Labrador. (Voy. ce mot.) Il se trouve d'assez grandes quantités d'urane en faibles échantillons en Saxe et en Bohême.

Fig. 693. — Urne cinéraire gauloise.

— L'urane, découvert par Klaproth en 1789, est d'une couleur sombre bleuâtre ; taillé en cabochon, il est employé dans la bijouterie ; sa pesanteur spécifique est de 6,50.

URANION. — Sorte de mélodium inventé au commencement du xixe siècle par un Saxon du nom de Buschmann.

URNE. — Vase qui servait chez les anciens

à puiser de l'eau. Il y avait également des urnes funéraires qui servaient à renfermer les cendres des morts incinérés. Nos figures 693 et 693 bis montrent deux urnes cinéraires gauloises. — Voy. Vase, et, dans notre Dictionnaire d'architecture, le mot Gaulois (Art).

Fig. 093 bis. — Urne cinéraire gauloise.

URNI. — Instrument de musique hindou formé d'une noix de coco décapitée, tendue d'une peau mince sur laquelle est également tendue une corde. Cet instrument ressemble beaucoup à I'Omerti. (Voy. ce mot.)

USTENSILE. — Terme générique qui embrasse quantité de petits objets et instruments, etc. Il y a des ustensiles de cuisine, de ménage, de culte, de sacrifices, etc.

VAIR. — Ternie de blason qui sert à désigner un métal formé de plusieurs pièces égales, ordinairement d'azur et d'argent, rangées alternatiYement et disposées de *façon que la pointe des pièces d'azur est opposée à la pointe des pièces d'argent et la base à la base. (Voy., dans notre Dictionnaire d'architecture, le mot Blason (fig. 17 et 19) et la planche X en couleur.)

VAISSELLE. — Ensemble des vases ou vaisseaux qui servent à l'usage de la table, depuis la vaisselle la plus commune en faïence jusqu'à la vaisselle plate ou en argent ; on disait même anciennement vaisselle en plate, pour vaisselle en argent. Ce mot plate était dérivé de l'espagnol pîata, argent ou métal massif, métal en lingot. Le terme de vaisselle est dérivé de l'ancien mot vaissel, qui servait à désigner les vases de toutes sortes fabriqués en argent; nous le voyons dans l'inventaire du duc de Normandie daté de 1368 : « Un vaissel rond à deux ten rous torn et est mis devant monseigneur quand il mange, etc. y> On disait aussi au moyen âge vaissellemente ; il y avait alors la vaisselle usuelle, dont on . se servait sur la table, et la vaisselle de parement, qui se plaçait sur le dressoir afin d'orner la salle à manger. C'est cette double destination qui explique ces deux genres de vaisselle, l'une si simple et l'autre si riche, d'un travail parfois si précieux et d'un art merveilleux. Celle-ci ne servait que dans les grandes occasions, dans les repas solennels, dans ces festins pantagruéliques qui comportaient un nombre de plats fabuleux, ainsi que dans ces collations

qui étaient encore eu usage au xvie siècle, et dont nous trouvons une description dans les mémoires de Pierre de l'Estoile à l'occasion de la collation donnée au roi par le cardinal de Birague. ce Y eust, dit l'Estoile, deux longues tables couvertes d'onze à douze cens pièces de vaiselle de Faënze, plaines de confitures sèches et de dragées de toutes sortes açcomodées en chasteaux, piramides, plate-formes et autres façons magnifiques. La plupart de laquelle vaiselle fut rompue et mise en pièces par les pages et laquais de la cour, comme ils sont d'insolente nature , qui fust une grande perte, car toute la vaiselle était excellemment belle. » Elle renfermait peut-être des œuvres de Palissy.

Notre figure 694 montre un type de vaisselle en argent du xvme siècle ; c'est une écuelle vendue à la vente San Donato (n° 1219 du catalogue), et dont nous avons donné la description au mot Ecuelle.

VASE. ■ — Ce terme désigne d'une manière générale un ustensile, un vaisseau destiné à contenir des liquides ou tout autre objet. Le vase affecte souvent une forme élégante ; il comporte un piédouche, des anses, une riche ornementation peinte, gravée ou sculptée. L'antiquité nous a légué de fort beaux vases faits avec toute sorte de matières ; ils étaient en terre cuite, en marbre, en albâtre, en bronze, en or, en argent, etc. Nos figures 695 et 696 montrent des dessins exécutés sur des vases antiques : l'une (fig. 695) représente un hippolectryon, ou cheval-coq, qu'on utilisait pour décorer les navires et dont la figure a servi aussi de

VASE

type aux comparaisons d'Aristophane : c'est une peinture noire exécutée sur un vase de Vulci ;

l'autre (fig. 696) est une frise en bas-relief d'un vase noir en terre de Chiusi. On voit à

droite un centaure avec la forme humaine et l'arrière d'un cheval; il porte sur l'épaule une branche à laquelle est suspendu un faon ; de-

vant lui est assise une chimère bicéphale, à la suite un homme tenant un Jagoholum (pedum) renversé, puis une femme ailée tenant une

VASE

cuisse d'animal ; enfin on voit un autre centaure. Les deux vases qui portent nos dessins faisaient partie de l'ancienne collection Pour-

Fig. 695. — Hippolectryon.

talés. Notre figure 697 montre un vase en agate onyx, dit vase de Mantoue ; notre figure 698, un vase en porcelaine, en forme de poire (piriforme), réticulé, des collections de la manufacture de Sèvres. Un autre vase de la même collection est représenté par notre figure 699 : c'est le vase dit de Rimini; la forme est de M. Diéterle, les figures ont été exécutées par M. H. Régnier; tout le décor est en pâte blanche sur fond céladon. Enfin notre figure 700 reproduit le vase Barber ini ou de Portland, qui a été découvert au milieu du xvie siècle , à deux milles environ de Rome, à Monte del Grano. Il mesure 0m,28 de hauteur sur 0,n,20 de largeur ; il était placé dans un sarcophage qui servait de tombeau à l'empereur Alexandre Sévère et à sa femme Julia Mammsea ; il fait

célèbre. La matière employée pour sa fabrication est bleue, vitreuse ; les figures, collées contre sa panse, sont blanches et paraissent faites

Fig. 696.

Frise en bas-relief d'un vase.

partie des collections du British Muséum, après avoir pendant des siècles appartenu à la famille Barberini, puis au duc de Portland ; d'où les deux noms sous lesquels est connu ce vase

Fig. 697. — Vase en agate onyx, dit vase de' Mantoue.

avec cette variété particulière de porcelaine nommée Biscuit. (Voy. ce mot.) La finesse et la pureté admirables du dessin de ces figures font supposer que, bien que la forme du vase soit

VASE

étrusque ou romaine , l'ornementation est d'un artiste grec. — Au mot Japonais (Art), le lecteur pourra voir divers vases en bronze du Japon, et, pour les différents noms des vases dans l'antiquité, lire, dans le IV0 volume de notre Dictionnaire d'architecture, un très long article illustré de 80 figures, v° Vase. — Prix de vente

Fig. 698. — Vase en porcelaine.

de divers vases : les vases décorés, en or, en argent , ciselés ou repoussés, garnis de pierres précieuses , enrichis de gemmes , d'intailles ou de camées, décorés d'émaux, ont une très grande valeur en dehors du prix réel de la matière. Dans certaines ventes, on a vu des vases de Sèvres atteindre 150,160 et jusqu'à 190,000 fr. ; ceux en porcelaine de Saxe arriver au chiffre de 80 et 90,000 fr. ; les vases en faïence de Marseille atteindre 10,000 fr.; les rouen bleu, de 50 à 180 fr. ; les nevers, 200 fr. ; les majoliques italiennes, de 50 à 500 fr. Parmi celles-ci, des

vases de pharmacie ont atteint le prix de 4 et 5,000 fr. Les faïences de Perse ont diminué de valeur dans ces dernières années; mais les beaux vases persans, presque toujours à anses, valent seuls 5 et 600 fr., ou 12 ou 1,500 fr. la paire. Les vases de marbre blanc, principalement ceux en couleur d'un ton chaud et brillant, les vases en porphyre, en granit, en lumachelle, en bleu turquin, en cipolin, en rouge antique, en portor, en campan, en brèche, atteignent des prix considérables ; mais les plus belles sculptures sont exécutées sur marbre blanc. Le lecteur verra un peu plus loin qu'une paire de vases en marbre blanc sculptés par Clodion a été vendue 70,700 lires, soit 63,630 francs de notre monnaie.

Vente San Donato. — N° 27. Deux vases en porcelaine de Chine, à long col évasé et festonné, décorés de médaillons de paysages avec figures et de fleurs entaillées en couleurs. Haut., 0m,92. 880 lires. — N° 88. Vase en majolique de Ginoiï, de forme ovoïde, avec col relié par deux chimères servant d'anses et reposant sur un piédouche décoré de grotesques. Haut., 0ra,54 ; larg., 0m,32. 480 lires.— N° 106. Deux vases en marbre blanc, exécutés en 1782 par Clodion pour le palais de Versailles. Us ont la forme de vases antiques, pour anses des têtes de béliers, d'un grand caractère, aux cornes desquels sont suspendues des guirlandes de pampres. Sur la face et au revers, des médaillons soutenus par un nœud de rubans et traités en bas-relief. Hauteur totale, lm,32 ; largeur entre les deux anses, 0m,95. 70,700 lires. — N° 120. Deux vases de forme étrusque, à deux anses surélevées, en porcelaine de Sèvres, fond vert représentant sur la face un sujet de trois figures sans encadrement : Départ du guerrier et Retour du guerrier, par Georget ; socles en bronze doré. Haut, totale, 0m,69. 1,600 lires. — N° 121. Une paire de vases forme Médicis, en porcelaine de Sèvres, à fond bleu de roi, décorés d'arahesques, de têtes dechiens, de carquois, de flèches et de feuillages d'or ; au revers, des arabesques, des cors de chasse et un médaillon d'or. Sur la face, des sujets oblongs peints par Robert ]: Chasse de l'empereur à Choisy-le- Bac, près Compiègne, avril 1810. Socle en . bronze. Hauteur totale, 0m,68. 4,150 lires. —

VASE

N° 122. Une paire de vases forme Médicis, en porcelaine de Sèvres, à fond écaille blonde, décorés d'une couronne de pampres, de palmettes et d'arabesques d'or. Sujets oblongs sur les faces : Vue prise dans le parc de Saint-Cloud ;

Vue du château de Saint-Cloud. Socle en bronze doré. Hauteur totale, 0m,66. 4,700 lires. — ]ST° 128. Vase en porcelaine de Sèvres, fond rouge d'écaillé, de forme ovoïde allongée, à piédouche ; monture mobile à deux anses et

Fig. 699. — Vase de Bimini.

socle en bronze doré. Hauteur totale, lm,05. 2,300 lires. — N° 1559. Une paire de fort beaux vases d'albâtre oriental, de forme ovoïde, enserrés de feuilles de laurier, à anses ajourées portant sur des têtes de béliers aux cornes desquels se rattachent des draperies avec pampres ; le tout en bronze doré. Couvercle à can-

nelures en spirale, à bouton en grappe de raisin, en bronze doré ; base octogonale de même et angles cintrés. Hauteur, 0m,69 ; larg., 0m,37. 55,500 lires. — N° 1560. Une paire de vases de forme ovoïde, en albâtre oriental, à couvercle en bronze doré, à têtes de béliers servant d'anses, à frise circulaire ajourée, à

VASE

Fig. 700, — Vase Barberini ou de Portland.

palmes séparées par des roses ; frise sur laquelle porte le couvercle à feuilles d'acanthe enserrant

le vase, et à base octogonale, les faces formant des angles cintrés; le tout en bronze doré,

VASQUE. — VERRE (peinture sur).

style Louis XIV. Hauteur, 0m,58; largeur entre les anses, 0m,41. 25,000 lires. — N° 1635. Paire de vases en porcelaine ancienne de la Chine, genre céladon truite coupé de deux frises brunes lambrequinées, avec socle en bronze doré et monture mobile de l'époque Louis XV formée de serpents en bronze doré, enserrant les deux mascarons de têtes soutenant des anneaux placés aux flancs de ces vases. Haut., 0m,41 ; larg., 0m,19. 9,000 lires. — N° 1636. Vase en porphyre oriental rouge, avec monture Louis XVI en bronze doré, formant trépied fourchu et à têtes de boucs. Au centre des trois cintres de la base, un mascaron de tête de femme. Hauteur, 0m,55. 3,600 lires. — N° 1637. Deux vases forme balustre à deux anses rocaille, en porcelaine, fond rose, décorés de médaillons de pastorales encadrés d'or ; socles en bronze doré. Haut., 0m,20. 510 lires. — N° 1638. Vase forme balustre aplati, en néphrite, fond gris, à anses formées de fleurs, les faces décorées de rosaces de fleurs et feuillages, bordures de rinceaux ; sur base en bois sculptée à branchages de fleurs et crabes. Hauteur totale, 0m,32. 220 lires. — N° 1639. Paire de vases en porcelaine de Chine, forme balustre aplati, fond blanc à décor de médaillons de vases de fleurs, dont une en relief; anses formées de dragons en rouge et or. Haut., 0m,50. 760 lires. — N° 1641. Deux grands vases, panse de forme conique, à col évasé et piédouche, en bronze japonais, à patine brune, à fond réticulé ; sur le pourtour des vases, sujets hiératiques ; base et col à fleurs, arbustes et oiseaux en relief ; anses formées de troncs d'arbres. Haut., 0m,75. 1,020 lires.

VASQUE. — Bassin rond et peu profond qu'on place sous une fontaine ; il y a des vasques en pierre, en marbre, en fonte, en bronze. (Voy. Fontaine.)

VELIN". — Littéralement ce terme signifie peau de veau (viteïlina, sous-entendu pellis). C'est une sorte de parchemin préparé avec des peaux de veaux très jeunes, âgés de six semaines au plus; les meilleurs vélins proviennent, du reste, de veaux mort-nés. On a utilisé depuis fort longtemps les vélins pour faire des ma-

nuscrits; de nos jours, les diplômes et titres sont souvent imprimés sur vélin ; on exécute sur cette matière des miniatures , on imprime même des volumes sur vélin. — On nomme papier vélin un papier qui imite, par le ton et le glacé de sa surface , le vélin animal.

VELOURS. — Étoffe de laine ou de soie qu'on emploie principalement pour l'ameublement ; on en fait des rideaux, des portières, des tentures de toutes sortes. Le velours sert également à recouvrir des meubles. Les plus beaux velours de laine sont ceux qu'on fabrique à Utrecht ; ils sont unis ou frappés, c'est-à-dire à dessins obtenus par un fer comprimant à chaud la surface du velours. Les velours de laine à dessins de couleurs sont imprimés ou tissés. Les plus beaux velours de soie pour meubles se font à Lyon. Les fabriques de Venise, de Lyon, de Beauvais, de la Savonnerie, de Nîmes, etc., font de beaux velours unis et à dessins pour meubles. (Voy. Tapisseries.)

VELU AU. — Ancien terme qui servait à désigner une enveloppe en étoffe épaisse dans laquelle on enfermait les beaux livres, surtout ceux qui étaient ornés de belles reliures ; les veluaux servaient à préserver celles-ci de tout contact qui aurait pu les détériorer.

VENISE (Verres de). — Voy. Verrerie (Art de la).

VÉNITIENNE (École). — Une des écoles de peinture de l'Italie. (Voy. École, § École italienne.)

VENT AIL. — Partie du casque du moyen âge. (Voy. Casque.)

VERGETTE. — Terme de blason qui sert à désigner le pal diminué, qui n'a que le tiers de la largeur du pal ordinaire quand il se trouve seul sur l'écu, et qui a même moins que le tiers quand il s'en trouve plusieurs.

VERRE. — Voy. Verrerie (Art de la).

VERRE (Peinture sur). — Voy. Vitrail.

VERRERIE (ART DE la).

VERRERIE (Art de la). — Cet art est très ancien, Pline en attribue la découverte aux Phéniciens ; en effet, ceux-ci et les Egyptiens ont pratiqué cet art dans une antiquité très reculée. Ces peuples savaient même tailler, ciseler, colorer et dorer le verre ; dans les ruines de l'ancienne Egypte on a trouvé des débris assez considérables pour dissiper tous les doutes sur ce point. D'un autre côté, Strabon nous

c'étaient certainement des œuvres analogues au vase de Portland, que nous avons donné cidessus (fig. 700). Quoi qu'il en soit, il est certain que les Romains connaissaient le verre coloré et l'émail blanc, et qu'ils faisaient avec ceux-ci des filets, des ornements et des anses d'une rare perfection. Du reste, chez les Grecs

Fig. 701. — Coupe de Charleniagne (musée de Chartres).

apprend qu'on fabriquait à Thèbes des verres transparents diversement colorés qui imitaient les pierres précieuses, telles que le saphir, le rubis, l'hyacinthe et l'émeraude, et que Sésostris avait même fait couler une statue en verre qui imitait cette dernière gemme. Pline, dont il faut toujours un peu se méfier, dit que certains objets en verre blanc se payaient autant que leur équivalent fabriqué en or, et que Néron acheta 6,000 sesterces deux petites coupes :

Kg. 702. — Verre à ailerons de Venise (xvic siècle).!

et chez les Romains, les objets de verre furent toujours considérés comme des produits de haut luxe, et leur prix était considérable ; pendant le Ier siècle de l'ère vulgaire, les vitres étaient fort rares ; au IIe siècle, beaucoup de maisons commençaient à être vitrées, mais ce ne fut qu'à la fin du me siècle, ou au commencement du ive; que l'usage du verre à vitres devint assez général. Du reste, l'art de la verrerie a toujours été beaucoup plus avancé en Orient qu'en

VERRERIE (art de la).

Occident, et cela dès l'antiquité la plus reculée ; aujourd'hui même où beaucoup de fabriques produisent des œuvres en verre si remarquables, aucune que nous sachions, pas même les fabriques vénitiennes, n'a pu retrouver les procédés employés par les Égyptiens pour fabriquer ces petites urnes à filets dentelés que l'on

Verre à ailerons de Venise (xvie siècle).

a exhumées à diverses époques des hypogées de Thèbes et de Memphis.

Pendant le moyen âge , l'Orient a continué ses importantes fabrications, tandis qu'en Occident, à partir de la chute de l'empire romain, "Venise et Murano furent les seuls pays qui empêchèrent l'art de la verrerie de disparaître de l'Europe ; mais ces fabriques ne furent réellement prospères qu'aux xive et xve siècles, alors que la fabrication orientale était, pour ainsi dire, ruinée. Les fabriques vénitiennes avaient

DICT. DE L'ART

parfaitement imité, copié même les procédés orientaux : par exemple, elles faisaient dans la perfection le mélange d'émail pointillé bleu et blanc qu'on voit sur la coupe arabe du musée de Chartres et qu'on a improprement dénommée hanap de Charlemagne (fig. 701), puisque

Fig. 704. — Hanap couvert en verre (xvue siècle).

l'inscription coufîque témoigne que cette belle pièce, qui mesure 0m,24 de hauteur, ne peut remonter au delà du xne siècle. Voici la traduction de cette inscription d'après le savant orientaliste Reinaud : « Que sa gloire soit éternelle et sa vie longue, et saine ; que son sort soit heureux, son siècle favorable et sa fortune parfaite. » Le pied de cette coupe est en cuivre argenté, ciselé à sa partie supérieure ; le milieu du verre proprement dit est décoré d'entrelacs obtenus par des filets dorés, et l'intérieur de

VERRIERE. — VERROTERIES.

ses entrelacs est décoré de ces petits points biens et blancs en relief, en émaux incrustés, dont nous parlions plus haut.

Ce n'est guère que vers la fin du xne ©u au commencement du xme siècle que ce genre d'émail a été employé sur les verreries orientales; ainsi donc l'époque de cette coupe est bien nettement indiquée aussi bien par la légende que par son émaillerie décorative. Au xvie siècle et au xvne siècle, Murano est en pleine prospérité ; ses œuvres splendides sont recherchées dans le monde entier, et les princes de l'Orient viennent se pourvoir à Murano des œuvres orientales si bien imitées dont ils ne trouvent plus chez eux les originaux. Nos figures 702 et 703 montrent deux verres à ailerons de Venise du XVIe siècle ; notre figure 704, un hanap, spécimen des plus remarquables de la verrerie espagnole du XVIIe siècle. Ces trois pièces appartiennent au musée de Limoges, elles proviennent de l'ancienne collection Gasnault ; nous les avons dessinées d'après une planche de la Revue des arts décoratifs éditée par M. A. Quantin, revue qui a rendu et qui est appelée à rendre de si* bons et utiles services à nos industries d'art, car le choix des modèles présentés dans cette publication sont de tout point remarquables. — A cette époque, Venise, par l'habileté de ses ouvriers et l'importance de ses fabriques, exerçait en Europe un véritable monopole. L'Allemagne et la Bohême s'affranchirent les premières de celui-ci ; la Flandre et la France ne tardèrent pas à suivre l'exemple donné par les pays allemands, et sous Colbert l'art de la verrerie fut très prospère dans notre pays. Depuis lors il a suivi une marche, ascendante ; mais nous devons ajouter que l'énorme production moderne, l'obligation de faire vite et à bon marché, ont donné lieu à un grand nombre de produits industriels dans lesquels l'art fait trop souvent défaut. La chimie moderne a perfectionné la matière, nous avons des verres beaucoup plus blancs, beaucoup plus propres, sans bouillons et sans éraflures; mais l'art a perdu, à côté de cette perfection matérielle, parce qu'il faut produire à vil prix. Les plus belles verreries ou cristalleries du monde sont celles de Baccarat dans le département de Meurthe-et-Moselle. Cet

établissement a été fondé vers le milieu du xvme siècle, vers 1766; son premier directeur fut Antoine Renault, avocat au parlement, qui dirigea l'usine jusqu'à sa mort, survenue en 1806. Vers 1822, il se forma une société d'exploitation qui a continué la fabrication des beaux produits de Baccarat, et qui fournit plus de la moitié des cristaux consommés en France et en exporte pour un chiffre considérable à l'étranger. Sur les douze millions de cristaux fabriqués annuellement en France, la cristallerie de Baccarat en fournit à elle seule plus de sept millions.

Estimation de quelques verreries. — Les quelques rares lampes arabes en verre émaillé et doré qui figurent dans les ventes valent environ 400, 600 et jusqu'à 2,000 francs. — ■ Les verres de Venise, qui se rapprochent le plus des verreries de l'Orient, valent, suivant la dimension des pièces, de 25 à 1,500 et 1,800 francs. La beauté de la taille, la richesse de l'ornementation, font le haut prix de ces pièces ; les plus recherchées sont celles des xvie et xvne siècles. Parmi les pièces les plus rares, citons les coupes dites à la goutte de sang. Ajoutons que, depuis une vingtaine d'années, les fabriques de Murano produisent des quantités considérables de verrerie qui s'efforcent d'imiter les anciens modèles; mais la lourdeur des pièces, l'incorrection de leurs profils et des dessins de leur ornementation font reconnaître facilement les contrefaçons des belles pièces anciennes. — Les verreries allemandes, qui remplacent l'émaillerie d'ornement par des sortes de peintures, valent de 20 à 300 francs; les pièces les plus recherchées datent des XVIIe et xvine siècles. — Les verreries de Bohême, d'une bonne exécution, bien qu'un peu lourdes, valent de 20 à 250 francs; les produits les plus estimés de ce pays sont ceux des xvie et xvne siècles.

VERRIÈRE. — Voy. Vitrail.

VERROTERIES. — Terme générique sous lequel on désigne tous les objets en verre de peu de valeur, colliers, bracelets, pendants d'oreilles, perles, contrefaçons des verres de Venise et de Bohême, ornements divers en verre, etc.

Planche XXXIV. — Vidrecome en vermeil (xnc siècle). Collection San Donato (n° 1257).

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