‹ Dictionnaire de l'art, de la curiosité et du bibelotChapitre 54 sur 325 · BLASON. — BOIS · texte numérisé non relu

BLASON. — BOIS

■ BLASON. - — Art d'expliquer et de décrire les armoiries; ensemble des connaissances constituant Y art héraldique. Ce terme est également synonyme d'armoiries. Dès une époque très reculée, les guerriers et leurs chefs portaient sur leurs boucliers ou leurs étendards des emblèmes distinctifs propres à les faire reconnaître ou à les rallier sur les champs de bataille. Les Romains avaient des armoiries qui se transmettaient héréditairement ; c'étaient souvent des armes parlantes, telles par exemple qu'un corbeau pour la famille Corvinus, etc. Il est néanmoins certain que l'origine des armoiries, telles que nous les connaissons aujourd'hui, ne remonte qu'aux temps des croisades. Lorsqu'on veut blasonner, il faut s'occuper du champ de l'écu, dont la forme est variable et sur lequel il y a lieu de distinguer le centre, le canton dextre du chef, le canton senestre du chef, le flanc dextre, le flanc senestre, la pointe, le canton dextre de la pointe et le canton senestre de la pointe. En style de blason, le côté droit ou dextre est à la gauche du spectateur, donc le côté gauche ou senestre est à sa droite. Neuf émaux servent à distinguer les partitions de l'écu, savoir : deux métaux, Y or (jaune) et Y argent (blanc) ; cinq couleurs, Y azur (bleu), le gueules (rouge), le pourpre (violet), le sinople (vert) et le sable (noir) ; enfin, deux fourrures, Yhermine et le vair, auxquelles on peut joindre la contre-hermine et le contre-vair. Les Anglais ont ajouté la sanguine (couleur de chair) et Y orangé (couleur orange). Lorsque les armoiries ne sont pas peintes et ne peuvent par conséquent présenter leurs émaux sous leurs couleurs caractéristiques, on les indique suivant des signes conventionnels, traits ou hachures, etc., qui sont en usage depuis la fin du xvie siècle. Ainsi Yargent est représenté par un fond entièrement uni sans hachures ni pointillé ; Y or, par une surface semée de points ; Y azur, par des traits horizontaux ; le gueules, par des traits verticaux ; le pourpre et le sinople, par des hachures obliques allant, pour le premier, de la gauche à la droite de l'écu, et, pour le second, de la droite à la gauche. Le sable s'indique par des lignes horizontales et verticales croisées ; Y hermine,

par des mouchetures noires sur champ blanc ; le vair, par des cloches d'azur et d'argent contrariés ; la contre-hermine, par des mouchetures blanches sur champ de sable, et enfin le contre-vair, par des cloches bleues et blanches, métal sur métal. La sanguine est représentée par des lignes diagonales croisées , et Y orangé, par des traits verticaux croisés de diagonales allant de droite à gauche. Une des règles les plus sévères du blason prescrit de ne pas mettre couleur sur couleur ni métal sur métal; cependant on y a très souvent dérogé, pour le contre-vair notamment, ensuite pour certaines armoiries. Pour plus de détails sur ce sujet intéressant, nous renverrons le lecteur à notre Dictionnaire d'architecture, qui donne, pour ainsi dire, un traité succinct mais complet du blason, v° Blasox'.

BOIS. — Divers bois sont utilisés pour faire des' coffrets , des meubles et autres objets qui sont répandus dans le commerce de la curiosité.

Fig. 128 lis. — Bois de sandal gravé.

Le bois de sandal sert à faire des coffrets et des couvertures de livres. Notre figure 128 bis montre un spécimen de gravure sur bois de sandal qui décore un coffret fabriqué à Mysore. Les bois les plus employés pour meubles de prix sont le bois de rose, le noyer, le poirier, l'ébène, le citronnier ; enfin tous les bois et toutes les racines les plus colorés et les plus tourmentés sont employés en placage. — Vente J. Jacquemart, avril 1881. — N° 267. Deux panneaux bois sculpté japonais, 300 fr.

Bois pétrifiés ou agatisés. — Cette pierre est formée de silice, elle n'a conservé de son origine végétale que la forme et la structure intérieure de son tissu ligneux. Le palmier (phœnix dactylifera) ainsi pétrifié, quand

Page 1